Grèce (jour 13) Ascension du mont Zeus

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Samedi 8 juin 2013 : On repart aujourd’hui pour une rando, après une difficile nuit avec Justine. On lui a fait manger de la pizza et on l’a couché tôt, alors elle a eu des gargouillis dans le ventre toute la nuit, elle est restée réveillée pendant 2h au milieu de la nuit où elle a joué avant de se rendormir. Ensuite elle était debout prête à partir à 6h, pas nous ! Note à nous-même, plus de pizza pour Justine jusqu’à ses dix huit ans (blague!).

Pour se rendre à notre point de départ, nous devons prendre l’autobus qui part du port. Il nous faut acheter les billets à l’avance, car aucun billet n’est vendu dans l’autobus. Après 45 minutes de route toujours plus sinueuse et étroite, le chauffeur nous dépose en plein milieu du “no where”, c’est-à-dire à Agia Marina (juste après Filoti) où l’on prend notre départ avec un autre couple d’habitués de la Grèce et surtout mieux équipés en carte.

Après un départ difficile, en fait, il faut s’orienter et trouver le début du sentier, ce qui n’est pas évident. Enfin, on trouve la petite chapelle, Agia Marina, après avoir marché quelques minutes sur la route secondaire et où une dame nous pointe le sentier qui commence juste derrière. Elle nous dit, “vous allez faire ça avec le bébé ?” Heu non on la laisse dans une poubelle et la reprend au retour….?!?! bien sûr que le bébé suit! “Mais avec le soleil?” Euh, on a un parapluie pour la protéger en tout temps, plus de la crème solaire. “Et pour l’eau”, eh c’est un chameau, pas besoin ! Bien sûr qu’on lui donne de l’eau et on s’arrête 2-3 fois pour l’allaiter en plus. Le but c’est d’avoir du plaisir en famille, pas d’aller la porter sur le toit d’une montagne pour la voir mourir. Des fois les gens nous prennent pour des épais ou ne réfléchissent pas, mais bon, on fait leur éducation. Ce n’est pas si sorcier que ça avoir un bébé, elle a besoin de la même chose que nous. Mais bon, on sait ce que c’est la randonnée en montagne et ce n’est pas écrit dans notre front.

Le plus drôle c’est qu’à la descente, un couple de jeunes hommes avait des gougounes et crocs au pieds pour faire de la rando, pas fort. Anyway, le gars passe à côté de nous à bout de souffle et dit, “si elle peut faire ça avec un bébé alors go, je suis capable”. Si tu le dis ! mon athlète toi avec ta camisole et tes gougounes tu vas faire de la plage demain ! Un pas à la fois comme on dit!

Bon assez de “bitcheries”, on fait notre ascension jugée difficile par le guide, mais en fait on la considère plutôt moyen. Le gradient est toujours constant et le sol presque pavé et aménagé avec des escaliers par endroit. Absolument rien pour être classifié difficile, mais la dame nous a dit, qu’en haut ça se corse, on verra. Rendu au 3/4 effectivement, les cailloux et les rochers sont pêle-mêle sur le sol ce qui rend la montée un peu plus hasardeuse, mais c’est de la rando, pas de la marche sur tapis roulant, il faut être 100% concentré, c’est la loi. Si on regarde le paysage, on s’arrête car toutes les fois qu’on s’est planté, c’était quand on regardait ailleurs en marchant, c’est la catastrophe à tous les coups. Ça prend vraiment une seconde pour perdre pied et se ramasser par terre.

Au début, on a marché dans une simili forêt pour ensuite passer à côté des enclos de chèvres fait de roches. Le sentier sur terre et roche circule entre les bosquets lorsque nous commençons la montée. Le sentier est tellement clair, net et précis qu’il faudrait être aveugle pour se perdre et c’est connu, les aveugles font assez peu de rando. Plus on grimpe, plus la vue est belle sur les îles voisines.

Tout va pour le mieux et on arrive sain et sauf (comme si c’était dangereux) en haut en une heure et demi, juste pour midi. On mange notre casse-croûte avec vue à 360 degrés. Bébé mange ainsi que papa et maman et tout le monde est de bonne humeur. Pendant notre repas, les oiseaux volaient au dessus de nous ou plutôt planaient avec l’effet du vent et passaient à toute allure près de nos têtes.

On voit des gens monter par un sentier autre que le nôtre, alors moi qui déteste repasser sur mes pas, je dis que l’on redescend par celui-ci, Brigitte est d’accord car c’était prévu comme cela dans notre préparation de tout façon. Alors on amorce la descente, oh! my god, tout le contraire de la montée! Plusieurs sentiers empruntés par des chèvres, mais un seul bon pour nous avec des inukshuk (empilement de pierres) et quelques marquages rouges très très délavés et éparse ici et là. Il nous faut un maximum de concentration juste pour la descente qui se fait en direct (pas de gauche droite) et dans les rochers. Il faut s’arrêter aux deux minutes pour refaire le point et viser le prochain point de passe, comme dans un rallye, du grand n’importe quoi. Il faut s’assurer de prendre la bonne direction, car une fois que nous perdons de vue le sentier, il est difficile de se retrouver.

Le sentier, toujours sinon plus difficile, se poursuit en longeant un grillage. Heureusement qu’il est là pour qu’on puisse s’y accrocher pour ne pas glisser. Plus on descend, plus ça se corse…déjà que la descente est plus difficile que la montée! Après le grillage, on perd un peu le chemin de vue, mais on réussit à retrouver le sentier de peine et misère grâce à des flèches sur une roche.

Par la suite, les indications sont plus claires et on aperçoit deux trois personnes au loin, ouf, on est sur la bonne voie. Ici, on commence la descente dans un éboulis. Le sentier a l’avantage d’être clair, mais il n’en est pas moins facile. Il faut être prudent, faire attention où on pose les pieds et surtout ne pas glisser. On passe même devant la fameuse grotte, qui est un must, mais sans lampe de poche, c’est juste un gros trou noir et froid. On s’est arrêté pour y jeter un coup d’oeil, mais on a vite repris notre chemin.

On continue la descente ridicule pendant encore une quinzaine de minutes avant d’arriver à un point d’eau et un parking. Comme nous sommes à pied, on emprunte le sentier qui nous conduira à Filoti en 35 minutes selon la pancarte. Il n’a vraiment pas l’air d’être utilisé souvent, c’est comme si on suivait une rigole. On marche dans les herbes piquantes qui nous arrachent les jambes, on se fait grafigner au point où une greffe de peau sera nécessaire, ou presque. À ce point, je regrette notre beau sentier de ce matin, mais il est déjà bien trop tard pour reculer. Le sentier est encore moins bien indiqué (ou plus du tout) et c’est absolument au feeling que l’on se dirige. À un certain moment, on arrive à un croisement et aucune indication. Ça fait déjà plus de 30 minutes que nous marchons et il n’y a toujours pas la ville en vue. On choisit les chemins qui se dirigent à peu près vers l’endroit où devrait être le village et où il y a le plus de crottes de chèvre, donc plus utilisé, donc plus passant, donc plus sécuritaire. C’est du n’importe quoi et avec quelques passages où on n’aurait jamais dû. Il faut vraiment trouver un chemin, car on ne doit pas manquer le dernier bus qui passe à Filoti pour rejoindre Chora.

On fini par rejoindre la grande route où on retrouve la civilisation, les voitures et l’arrêt d’autobus. On est dans les temps, même une grosse demie heure d’avance pour le bus. Ça nous permet de faire manger et jouer Justine qui passe ses journées accrochée à maman, et je vais chercher deux rafraîchissements bien mérités.

Ce fut une magnifique montée, une vue hallucinante, une montagne de 1000 mètres d’altitude grandiose suivie d’une descente d’enfer… En fait, une journée bien remplie. Pour ceux qui voudraient faire la randonnée, on recommande de s’arrêter au parking après les caves et de marcher sur la route pour se rendre à Filoti.

De retour à l’hôtel, la douche est tellement bonne, l’eau est brune tellement on est sale. Brigitte fait manger Justine pendant que je vais chercher notre souper. Encore des gyros, cette fois délicieux et on passe la soirée bien tranquille dans le lit à écrire pour vous millier de lecteurs… Oui oui vous avez largement dépassé les 2000 par mois, c’est fou hein!

Demain, on loue une voiture et on se promène sur l’île, on brûle du gaz et on fait de kilomètres pour visiter la plus grande de toutes les îles des cyclades.

Note: lors de nos voyages précédents, on écrivait les posts et à notre retour on faisait le ménage des photos et complétait le tout. En ayant apporté deux mini ordinateurs et ayant accès wifi (vitesse tortue) un peu partout, ça nous permet de publier les textes, mais pour les photos, ça sera fait à notre retour. J’espère que vous serez nombreux à venir voir et commenter les galeries de photos (on vous avisera lorsqu’elles seront en ligne), car si une photo vaut mille mots, je shot 200-300 photos par jour, alors ça en fait de la jasette que vous n’avez pas vu/lu encore. Je vous promets que vous ne serez pas déçus, on les sélectionne amoureusement pour ne garder que le meilleur, ce qui vous raconte le mieux en image, ce que le texte tente de vous faire vivre.

Marc-André

[Photos de la Grèce (jour 13) Ascension du mont Zeus]


4 Responses

  1. yvon et Lyne 18/06/2013 at 14:59 #

    merci

  2. Kim 18/06/2013 at 19:03 #

    Oh boy que Justine ressemble à ta mère!

  3. Lise 18/06/2013 at 23:26 #

    Aye, Aye, Aye! Courageux que vous êtes de vous aventurer sur des sentiers aussi tortueux avec ce beau petit nain de jardin. Mais… par les photos que l’on a vues à date… ça vaut le défi. Encore merci. Lyz & Jack.

  4. Cécile 19/06/2013 at 20:47 #

    je suie votre voyage avec beaucoup d’intérêt !

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