Pologne (jour 3) Tours guidés à Cracovie

Vendredi 16 septembre 2011: La ville de Cracovie regorge d’endroits à visiter et gagne à être découverte. Comme dans la plupart des grandes villes européennes, des tours guidés gratuits sont offerts d’une durée de trois heures environ. Cracovie ne fait pas exception à la règle et deux tours gratuits sont offerts, soit un de la vieille ville et un autre pour le quartier juif. Ayant une journée libre et désireux d’en apprendre plus sur la ville, nous nous joignons aux deux tours guidés, un en fin de matinée et l’autre en milieu d’après-midi.

Le premier tour début à 11ham et se concentre sur la vieille ville médiévale et la colline du château Wawel. La particularité des tours offerts en Pologne c’est qu’uniquement les locaux peuvent devenir guide puisqu’ils doivent passer un examen en Polonais et que ce n’est pas une langue très courante, contrairement aux autres grandes villes où se sont des expatriés qui deviennent guides. Ainsi, un grand Polonais super dynamique est notre guide pour le premier tour. Il sait comment nous captiver, rendre les histoires intéressantes et surtout simplifier ce qu’il nous raconte surtout la partie historique qui est bien complexe.

Durant les trois heures qu’ont duré le tour guidé, nous en avons appris un peu plus sur l’historique de Cracovie et par ricochet un peu de la Pologne. Ils ont un passé meublé de guerres avec tous les voisins et la Pologne était impliquée dans plusieurs conflits. Au début de leur histoire, elle gagnait presque toutes les guerres, mais le vent à tourné de côté et ils ont essuyé plusieurs défaites à la fin. Sans faire un cours d’histoire, nous savons que la ville date de quelques siècles, a été la capitale durant la majorité de cette période avant que le roi ne décide de déménager la capitale à Varsovie puisque c’est une ville plus centrale. Depuis ce temps, ça date quand même du 18e siècle, il existe une rivalité entre ces deux villes, mais Cracovie demeure quand même la capitale culturelle de la Pologne.

La ville de Cracovie n’avait pas les proportions qu’elle a aujourd’hui, elle était restreinte à une faible superficie entourée de fortifications. Quelques 45 tours étaient disposées afin de protéger la ville de style barbican, c’est-à-dire que la tour comporte 9 portes en forme de L ce qui obligeait le char sur roue de bois des ennemis qui avait pénétré la première porte de se retourner. Cette manœuvre prenait beaucoup de temps à cause des roues de bois du char, ce qui permettait aux gardes de se défendre et de contraindre les envahisseurs. Ces tours sont très efficaces.

Nous avons été surpris de constater que les bâtiments ont l’air quand même vieux, on s’attendait à voir une ville reconstruite suite à la deuxième guerre mondiale. En fait, la Pologne a capitulé rapidement après l’envahissement des Allemands. Les bâtiments datent d’environ 150 ans seulement puisque toute la ville avait été ravagée par un incendie déclenché par des noix. Quand des noix sont en feu, elles explosent et créent plusieurs foyers d’incendie. Les Polonais juifs avaient été accusés à l’époque, d’ailleurs lorsque quelque chose de mal arrivait, comme des épidémies, les juifs étaient blâmés. La ville a été reconstruite, les juifs évincés de la ville se sont installés dans un village juste à côté, Kazimierz. De nos jours, ce village fait maintenant partie de Cracovie et fait partie de la deuxième visite guidée.

Aussi, les bâtisses autour de la place du marché ont un ou deux niveaux de sous-sol. C’est dû au sol de la rue qui a augmenté progressivement au cours des années par l’ajout de terre au lieu de balayer et les débris causés lors du grand incendie qui sont demeurés dans les rues au lieu de les déplacer ailleurs. Ainsi, le niveau de la rue est beaucoup plus élevé qu’il y a une centaine d’années. Aussi, quand on se promène dans les rues de la vieille ville médiévale, on rencontre quelques personnes qui tiennent une pancarte de magasin ou restaurant. Nous avons demandé à notre guide pour quelle raison ces gens étaient là. Il nous a expliqué que c’est moins cher de payer le salaire d’une personne à tous les jours pour tenir la pancarte / affiche de la dite compagnie que de payer un permis de la ville pour afficher la pancarte sur le mur.

Après la deuxième guerre mondiale, la Pologne fut communiste. Tous les commerces et les produits vendus étaient contrôlés autant en terme de quantité que de nature. Le premier commerce privé ouvert fut un restaurant McDonald. Les gens faisaient la file durant des heures pour entrer dans le restaurant et ce, non pas nécessairement pour manger ni parce qu’ils aimaient les produits, mais simplement parce que c’était une façon de voir comment était le reste du monde. Les enfants, encore aujourd’hui, sont très attirés par le McDo, mais pas pour les mêmes raisons que nous.

Nous terminons le premier tour guidé sur la colline Wawel avec un palais et une cathédrale qui trônent sur le sommet. La cathédrale est dissimulée derrière quelques chapelles avec une toiture différente. Chacune a son style construite avec des matériaux, styles et couleurs différentes. Chaque chapelle contient une tombe d’un roi précédent. Nous visiterons l’intérieur le lendemain et en discuterons davantage dans le prochain post. D’ailleurs, avant de repartir et une fois ce tour guidé terminé, nous sommes allés acheter le billet d’entrée pour visiter l’intérieur du palais pour le lendemain matin.

[Photos du tour guidé de Cracovie ville]

Nos billets en main, nous prenons un sandwich kebab en route pour arriver à l’heure au second tour guidé qui commence à 3hpm. Comme écrit plus haut, ce tour se concentre sur le quartier juif de la ville et nous commençons par Kazimierz, ancien village annexé maintenant à la ville de Cracovie. Cet quartier de Kazimierz a été créé par les juifs Tchèques qui s’y sont installés suivis des juifs de Cracovie suite à leur expulsion (accusés d’avoir mis le feu tel qu’écrit plus haut). Ils ont donc formé une très grande communauté juive.

Par la suite, nous avons marché jusqu’à une partie qui était le ghetto de 1941 à 1943. 17’000 personnes vivaient dans un endroit pouvant en accueillir habituellement seulement 3’000. Pas besoin d’expliquer dans les détails que des problèmes de salubrité et d’épidémie se répandaient plus rapidement dans ces conditions. Comme nous avons expliqué dans le post des camps de concentration, lorsque les juifs ont quitté le ghetto, ils ont emporté les fournitures, mais ont laissé les meubles. Une fois l’appartement libéré, les nazis sortaient les meubles des appartements et les empilaient sur la place centrale, ce qui a créé un immense tas. Pour commémorer ceci, des chaises en bronze sont installées sur toute la place.

Nous avons vu divers quartiers juifs et en fait ils ressemblent aux autres quartiers de la ville. Nous avons terminé le tour par la visite de la fabrique Schindler. Je me suis permis de copier le texte du site internet « http://www.jewishkrakow.net/fr/see/oscar-schindlers-factory/ » puisqu’il explique bien le récit autour de Schindler.

« Son histoire et sa personne (Oscar Schindler) sont devenues célebres grâce au film de Steven Spielberg « La Liste de Schindler ». C’était une personne controversée et déchirée intérieurement. Au début de la guerre, il semblait être intéressé uniquement par l’argent qu’il pouvait gagner grâce aux évenements tragiques de l’époque. Comme tous les autres Allemands, Schindler reprenait les entreprises juives – deux usines de vaisselles émaillées. En octobre 1939 à Zabłocie (Cracovie), l’usine de vaisselles émaillées « Emalia » est une des usines reprises par Schindler. Il a fait fortune en utilisant ses connexions commerciales et la main d’oeuvre pas chère des ouvriers juifs. Il a mené une vie très active et a profité de tous les avantages accessibles grâce à la position sociale qu’il occupait.

La cruauté du régime nazi a contribué à la métamorphose de Schindler, l’homme pour qui le seul but était de gagner le plus d’argent possible s’était transformé en homme dont la mission consistait à sauver le plus de vies humaines. Les atrocités de la guerre ont transformé Schindler. A chaque fois que ses ouvriers étaient menacés par la déportation vers les camps de concentration, il arrivait à obtenir des permissions nécessaires pour les garder à l’usine. Son action était possible car son usine était très importante pour l’industrie allemande de guerre. Sans cela, il n’aurait pas eu la possibilité de sauver autant de personnes. Si cela était nécessaire, il falsifiait les documents, les risques qu’il encourrait étaient immesurables – p.ex. les personnes figurant sur les listes comme les ouvriers qualifiés n’étaient en réalité que des enfants. Grâce à cela, ses ouvriers ont pu survivre à l’extermination.

Quand le ghetto de Cracovie a été liquidé, en mars 1943, Schindler a profité de ses relations proches avec le commandant du camp de Płaszów – Amon Goethe, et a créé sur le site de l’usine une sorte de « filiale » du camp, ou malgré les conditions défavorables, il a assuré aux ouvriers un bon traitement. En octobre 1944, au moment de l’approche de l’Armée Rouge, Schindler a obtenu la permission de créer une usine à Brünnlitz (Brnenec) en Tchéquie. Mais avant que ses ouvriers aient pu le joindre, ils ont été déportés à Auschwitz et à Rogoźnica (Gross Rosen) – camp de concentration à proximité de Wrocław. Schindler a réussi à les sortir de là-bas. Au total, dans la nouvelle usine environ 1 100 personnes ont trouvé refuge; toutes ont été traitées aussi bien que le permettaient les conditions. L’usine de ce brave homme existe toujours, elle est située dans la rue Lipowa, au numéro 4, (arrêt Plac Bohaterów Getta), 20 à 30 minutes à pied depuis Kazimierz. »

Voilà, nous avons visité cette usine qui est maintenant un musée qui montre plusieurs publications, reportages de l’époque avec des décors très ressemblant et nous ramène à la réalite de l’époque. Nous y avons passé une rapide heure puisqu’il est maintenant tard, que mon ventre crie famine et que nous devons retourner au centre de la vieille ville pour trouver un restaurant intéressant.

[Photos du tour guidé de Cracovie quartier juif]

Brigitte


2 Responses

  1. Alison Astre 02/09/2012 at 04:39 #

    Bonjour,

    Étudiante à la Sorbonne, je réalise actuellement dans le cadre de mon master 1 CIMER un site internet (qui va probablement être publié sur le site du CIRCE) sur le sujet des musées mémoriaux autour de la Shoah.
    Je vais notamment parler de Cracovie et de sa place Zgody.
    Je voudrais étayer mes commentaire par des images.
    J’ai vu que vous en aviez quelques unes dans un fichier sur la Pologne :
    http://notreaventure.com/suisse-525/gal.php
    J’aurais voulu savoir si je pouvais exploiter ces images pour mon site, en spécifiant bien sûr les copyrights.

    En vous remerciant d’avance.

    Alison Astre

  2. menardmam 02/09/2012 at 09:24 #

    Bonjour madame Alison Astre

    Tout d’abord, je suis ravie que vous utilisier mes photos pour un travail sur ce sujet. Si vous voulez utiliser des photo de d’autre post c’est aussi approver. Voici la procedure. Toutes les photos sur les site sont de grandeur 800 ou 900 pixel, bien suffisant pour un travail du style « dans word » ou PDF. La foncon de telecharger les photos : remplacé gal.php par images et vous allez avoir access a la liste des images comme ceci : http://notreaventure.com/suisse-525/images.

    Après avoir cliquer sur l’image que vous désirez, sous celle-ci il y a des bouttons, next, previous, et information. Quand vous cliquer sur information un fenetre a gauche s’ouvre avec l’option : Download full-size image VOILA ce qu’il vous faut

    Avec cette procedure vous pourvez acceder a toutes les images. Si vous avec besoint d’images en plus haute resolution, juste a m’en faire la demande avec le nom des images…

    Aussi pour le « caption » ou copyright le mettre sous l’image comme suit : Photo : Marc-André Ménard, http://www.notreaventure.com

    voila.. si vous avec d’autres question… n’hesitez pas

    Ah oui, a la fin de votre travail, j’aimerais avoir une copie du document, question de voir ce qui a été fait. merci

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