Islande (jour 3) Chutes d’eau et glacier

Vendredi 2 septembre 2011: Nous dormons très bien dans les lits douillets en Islande et nous sommes réveillés avant le cadran. Une belle journée semble se promettre à nous, mais ici le temps peut changer rapidement et à plusieurs reprises, alors on prend le temps comme il vient. Nous ne ferons pas beaucoup de route aujourd’hui puisque toutes nos activités sont proches l’une de l’autre. Je prends le volant de mon gros camion 4X4 et on se promène dans la partie sud-ouest de l’île.

A droite, l’océan s’étend à perte de vue tandis qu’à gauche les montagnes au loin se succèdent avec des plaines verdoyantes en premier plan. Les paysages sont magnifiques, c’est vaste et on croise parfois des fermes et leurs animaux. Il y a surtout des vaches, moutons et chevaux et on s’est arrêté à quelques reprises pour prendre des photos d’eux. Les moutons sont assez peureux et on doit être rapide pour prendre la photo avant qu’ils ne se sauvent. Les chevaux, eux, sont curieux et s’approchent même de la clôture pour avoir une caresse sur leur museau. On prend vraiment beaucoup de plaisir à être avec eux et à les prendre en photo.

En route, nous apercevons les chutes de Seljalandsofoss que nous avions identifié comme point intéressant à voir lors de notre préparation. La chute, mesurant 65 mètres de hauteur se trouve à proximité de la chute de la Skogafoss. Ce qui est bien en Islande, c’est qu’il y a une route principale, la N1, qui fait le tour de l’île et tous les points intéressants sont indiqués et parfois visibles de cette route. Aussi, tous les points touristiques que nous avons vu jusqu’à présent sont naturels, aménagés et gratuits. Ainsi, nous laissons la voiture dans le stationnement et partons à pied pour voir de plus près cette chute. La particularité de celle-ci et la raison principale qui a fait que nous l’avons mis dans notre programme, c’est que nous pouvons marcher derrière la chute. Il y a un petit sentier qui fait le tour et nous passons à flanc de montagne sous la chute, sans se faire arroser ou du moins quelques gouttes à peine.

La chute est très haute et le débit est assez rapide ce qui fait un bruit assourdissant et crée un souffle puissant. Notre promenade sous la chute est très agréable et nous sommes à peine quelques touristes sur le site. On dirait que nous sommes au fin fond d’un champs tellement c’est calme. Le contraste avec notre voyage en Chine est d’autant plus frappant ici avec le calme, les champs, le peu de monde et l’absence de grandes villes. Une fois le tour de la chute terminé, on longe la montagne vers une deuxième chute beaucoup moins large. On voit une grotte un peu plus haut et on décide d’escalader sur le terrain pentu et glissant pour aller voir de plus près. Ce fut une belle aventure trépidante, nous avons eu chaud, mais nous ne sommes pas tombés malgré les endroits assez glissants.

[Photos des chutes de Seljalandsofoss]

De retour au camion, on reprend la route afin de se rendre à notre rendez-vous avec un guide pour une promenade de trois heures sur le glacier. Nous avons du temps devant nous alors on fait le trajet lentement et on prend le temps de s’arrêter pour photographier le paysage, les fermes et les animaux qui veulent bien se prêter à la séance photo. Nous avons vu plusieurs vieilles bâtisses basses avec du gazon qui remonte sur le toit et aussi certaines construites presque dans le flanc de la montagne. On s’est arrêté pour en visiter une et à l’époque ils croient que la section dans la roche (grotte) servait d’entreposage pour le foin tandis que la partie rectangulaire en bois servait de forge.

Nous empruntons une route non pavée pour atteindre le point de rencontre pour l’exploration glacière avec Islandic Mountain Guide sur le glacier Sólheimajökull constituant une langue glaciaire du Mýrdalsjökull. Le Mýrdalsjökull, en français « le glacier de la vallée du marais », est une calotte glaciaire d’une superficie de 596 km2, il est le quatrième plus grand glacier du pays. Il fond et s’écoule en direction du sud et donne naissance à un torrent qui se jette dans l’océan Atlantique. Nous pourrons explorer une parcelle de cette langue glacière et environ dix autres personnes se joignent à nous pour compléter notre groupe. Le guide nous donne nos crampons et un pic à glace avant de commencer la randonnée sur la section en roche. Un peu plus loin, il nous explique comment installer les crampons à nos chaussures et nous donne quelques consignes.

Nous sommes étonnés de constater que le glacier n’est pas tout blanc, il y a plusieurs endroits noirs, comme si la glace était sale. En fait, c’est parce que le glacier est situé sur un volcan et lors des éruptions précédentes, la cendre a recouvert certaines parties du glacier et y est restée collée, ce qui fait qu’à plusieurs endroits c’est noir. Aussi, la cendre protège le glacier et ralenti relativement la fonte de celui-ci. A la queue leu-leu, nous commençons l’ascension facile sur le glacier. Ce n’est pas de la glace à proprement dit, ça ressemble plutôt à de la neige durcie ce qui fait que nos crampons agrippent bien sans avoir à donner de grands coups de pieds.

A plusieurs endroits, notre guide nous explique ce que nous voyons, tel que crevasses, moulins, glace morte (dead ice)… Les moulins sont de grands trous formés par l’eau qui s’écoule et peuvent être très profonds. Y glisser est souvent fatidique, alors mieux vaut ne pas s’approcher trop près. La glace morte est disposée à l’extérieur du glacier, souvent sur les parois de la montagne. En fait, cette partie du glacier ne sera pas renouvelée puisqu’elle n’est plus dans la trajectoire du glacier qui avance grâce au poids de celui-ci. La glace morte fond lentement puisqu’elle est souvent recouverte de cendre ou roche et diminue d’année en année. Nous avons aussi appris que lors d’éruption volcanique, la lave coule sous le glacier, fait fondre une grande partie du glacier vu la chaleur intense de la lave et crée un grand courant. Cette coulée ramasse tout le sol sous le glacier et descend tout en bas, ce qui crée un espace de roches ou sable noir, nommée ici mer noire. Le glacier avance en moyenne d’environ 100 mètres par année, mais fond quelques 170 mètres ce qui fait qu’il recule un peu à chaque année. En sept ans, le glacier a perdu environ un kilomètre de longueur puisqu’il se rendait presque jusqu’au parking à l’époque.

Nous n’aurions pas pu choisir meilleure journée pour faire notre tour sur le glacier puisque le beau temps est au rendez-vous. Ici en Islande, la température change très souvent et il n’est pas rare d’avoir du soleil, du vent et de la pluie dans la même journée, voire dans la même heure ou en même temps. Aujourd’hui, le temps est à prédominance ensoleillé avec quelques gouttes de pluie ici et là. Avec notre guide, nous faisons simplement une randonnée assez facile, ce n’est pas une sortie de spéléologie, ni d’escalade, c’est une découverte du glacier. La marche est agréable, instructive sans être incroyable. C’est une activité originale, instructive et c’est la seule façon d’aller sur un glacier et de faire un peu plus que de prendre une photo de loin. C’est une occasion presque unique puisqu’il n’y a pas des glaciers partout, mais ici il y en a plusieurs. Nous nous promettons d’aller faire du ski sur le glacier au Mont-Blanc, un de ses jours.

Les trois heures que durent notre activité passent à la vitesse de l’éclair et nous aurions marché encore plusieurs heures puisque c’était agréable et pas tellement difficile. Il n’est que 3h pm et avons encore plein de temps devant nous pour faire d’autres activités, surtout que nous sommes juste à côté de notre hôtel. Il y a une autre chute que nous pouvons aller voir, c’est celle de Skogafoss située à Skogar. Skógafoss (Skógá étant le nom de la rivière, signifiant « forêt », et foss signifiant « la chute d’eau ») La rivière Skógá se jette de ses falaises et tombe de 62 mètres en formant une chute d’une largeur de 25 mètres. La chute est une des plus célèbres et des plus visitées du pays.

[Photos du glacier Sólheimajökull]

La chute large et haute fait un vacarme fou tandis qu’autour les moutons broutent calmement de l’herbe dans les champs verts. On s’avance sur le sable noir jusqu’au pied de la chute, mais on ne peut s’avancer trop près puisque l’eau crée un grand courant d’air et projette les gouttelettes d’eau qui nous mouillent rapidement. Un grand escalier permet de monter tout en haut de la chute d’où nous avons une superbe vue en plongée. Un sentier longe le cours d’eau et nous fait découvrir d’autres cascades un peu plus loin. La vue sur la rivière, la plaine et les montagnes autour est magnifique. Nous marchons ainsi pendant un peu plus de trente minutes avant de rebrousser chemin.

[Photos de la chute de Skogafoss]

Une fois de retour en bas, on part à la recherche de la ferme qui nous héberge pour la nuit. Nous trouvons facilement l’endroit qui est plus commercial puisqu’il y a plusieurs chambres dans une bâtisse distincte et un restaurant. Nous prenons le repas ici puisque nous n’avons vu aucun autre restaurant ouvert autour (la saison touristique vient de s’achever). Nos assiettes sont bien garnies et c’est bien bon. Ici il faut s’habituer aux prix, surtout au cours de la devise qui est 100 fois la devise canadienne en plus d’avoir un coût de la vie plus élevé, ainsi notre souper nous a coûté 18’000 ISK (180$). Il n’y avait pas de demi bouteille de vin rouge ni de vin servi au verre alors on s’est gâté avec une bouteille que nous avons bu au complet….c’est beaucoup trop, mais pas de gaspillage….nous avons bu plus que d’habitude et c’est bien ronds que nous traversons le couloir pour retrouver notre chambre. Heureusement que nous n’avions pas besoin de conduire.

Brigitte


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