Chine (jour 23) Beijing – La Grande Muraille

Mardi 23 août 2011: Nous voici rendus à ce jour où nous verrons enfin de nos propres yeux la célèbre Grande Muraille de Chine. Je vous le dis tout de suite et c’est même confirmé par les astronautes, la Grande Muraille n’est pas visible de l’espace. C’est simplement physiologiquement impossible. C’est l’équivalent de demander à notre oeil de voir un trait de crayon de 1mm d’épaisseur à 1 kilomètre de distance, c’est un mythe. De l’espace, on peut voir les continents, les déserts et des nuages c’est tout.

Revenons à nos moutons…ce matin avant d’aller à la Grande Muraille, on fait un arrêt au Temple du ciel qui est en fait un immense parc avec plusieurs bâtiments destinés aux cérémonies impériales pour rendre hommage au Ciel et prier pour les bonnes moissons. La cérémonie exécutée par l’empereur se fait deux fois par année, soit au solstice d’hiver et à l’équinoxe d’été. Tout y est construit pour être conforme aux idéologies chinoises. Par exemple, tous les escaliers ont neuf marches puisque neuf signifie longévité; le plafond du temple est séparé en trois niveau dont un niveau a douze arcs représentant les douze mois de l’année…

Ici, c’est aussi un endroit très prisé par les gens pour faire du tai-chi sur la grande place. Les gens paient ou prennent un abonnement pour entrer sur le site. Dans les rues, on ne voit que des jeunes de 20-30 ans partout, mais ici c’est la place des plus vieux. Ils sont regroupés en petits groupes de 5 à 20 personnes et font de la danse, du tai-chi sous toutes ses formes ou n’importe quel sport de détente avec une sorte de professeur, le tout agrémenté par de la musique. Il y a même des cours de danse plus classique ici et là. On peut se joindre aux groupes sans problème et c’est ici que Brigitte a pratiqué ses premiers mouvements de tai-chi. Évidemment, ça manque de fluidité, mais avec un peu de pratique, elle pourra effectuer les mouvements les plus simples. Elle a même expérimenté quelques mouvements avec un deuxième groupe qui faisait du tai-chi avec une raquette et une balle et l’objectif est de faire tournoyer la raquette sans faire tomber la balle!

[Photos de Chine (jour 23) Beijing – Temple du ciel]

Ensuite, on prend la direction de la Grande Muraille Matianyu à 90 kilomètres de l’hôtel. Sur la route, on s’arrête dans une fabrique de cloisonnerie où ils fabriquent les vases, assiettes, bols typiques chinois. On nous présente les étapes de production en commençant par la formation en bronze du morceau, bien oui, ils ne sont pas en porcelaine, mais en bronze alors c’est incassable! Ensuite, ils prennent des fils de bronze qu’ils plient et tordent pour coller sur les vases et faire les formes et dessins sur la pièce. Ensuite, ils remplissent avec de la couleur les différentes cloisons sur la pièce avant de faire chauffer et polir. Ces objets nécessitent de grands talents et ce, à toutes les étapes de la fabrication. Durant la visite, je me suis fait un ami…un petit chat blanc et caramel a bien apprécié mes câlins. Nous avons terminé la visite dans la boutique où se succédaient les pièces fabriquées allant de tous les styles, grandeurs et prix.

[Photos de Chine (jour 23) Beijing – Fabrique de cloisonnerie]

Nous arrivons enfin au site de la Grande Muraille, section Mutianyu. La Grande Muraille est une fortification militaire construite pour marquer et défendre la frontière nord de la Chine. C’est la structure architecturale la plus importante jamais construite par l’homme à la fois en longueur, en surface et en masse. La longueur de la muraille est d’environ 6’500 km et traverse neuf provinces au nord de la Chine sur l’axe est-ouest. En moyenne, la Grande Muraille mesure 6 à 7 m de hauteur et 4 à 5 m de largeur. Évidemment, elle n’est pas construite que sur du plat et ainsi suit le relief du sol jusqu’au sommet de quelques montagnes. Les murs sont construits de pierres et de briques, mais aussi de quelques corps humains des travailleurs morts sur le chantier ou envahisseurs qui ont été enterrés sur place au lieu de les ramener en ville située souvent assez loin.

La Grande Muraille est une des principales attractions touristiques du pays. Les endroits les plus fréquentés sont les passes de Badaling, Mutianyu, Simatai, Juyongguan, Xifengkou, Jiayuguan et Shanhaiguan. Nous nous concentrons sur la section de Mutianyu. C’est une partie vraiment moins commerciale et moins touristique que les autres. La section de Badaling est plus courte et est assaillie par les touristes en meute, ici c’est nettement plus tranquille et on peut marcher sans se faire pousser, enfin! On commence à en avoir assez de se faire pousser!!! Pendant notre longue balade au gros soleil et à la chaleur écrasante, nous rencontrons peut être cinquante personnes toutes aussi en sueur que nous.

La section de la Grande Muraille de Mutianyu est une des sections les mieux conservées et est plus ancienne que celle de Badaling. Cette section comporte 22 miradors (ou tourelles) sur une longueur de 2.3 km. Le parking est situé tout en bas de la colline et nous devons monter pour atteindre la Grande Muraille. Nous avons opté pour la montée à pied, mais il y a un téléphérique et une chaise mécanique pour monter les gens rapidement et sans effort. Une autre caractéristique de la section de Mutianyu est la piste de luge sur roues qui permet de descendre la muraille sur une piste métallique sinueuse, moyen que nous avons utilisé pour descendre…..nous avons eu bien du plaisir!

Une fois atteint la muraille, nous avons marché presque jusqu’au bout de la section restaurée. Comme je vous l’ai dit avant, ce n’est pas plat et nous avons fait notre exercice de la journée avec les douces montées soutenues. On s’est arrêté juste avant une méga montée de 400-500 marches avant de refaire le chemin inverse. Le fait de marcher sur cette célèbre et impressionnante muraille nous fait tout drôle. On est ébahi et réalise la quantité de travail que ça a dû prendre pour construire ce monument, surtout avec les moyens de l’époque. Autour, il n’y a que des arbres et montagnes à perte de vue ou du moins aussi loin que le smog et brouillard nous permet de voir. A la fin de notre marche, la lumière était définitivement plus belle et a on pris quelques bonnes photos malgré l’air toujours aussi épais et le smog permanent.

De retour en bas de la montagne, là où sont tous les kiosques de marchands toujours à l’affût des touristes, nous rejoignons notre guide au petit resto où elle nous attendait et on se prend un boisson fraîche. On reprend la voiture pour deux heures de route vers l’hôtel. On a jasé de tout et de rien lors du retour.

[Photos de Chine (jour 23) Beijing – Grande Muraille]

Juste avant d’arriver à l’hôtel, on s’arrête dans un magasin d’état où ils fabriquent de la soie. Vous savez sans doute que la Chine a une histoire très ancienne avec la soie et est le point de départ de la célèbre route de la soie qui traverse le pays jusqu’à Rome. On voit dans quelques bocaux remplis de formols les vers à soie aux diverses étapes de leur vie, en passant des larves, vers, chenilles et enfin cocon. C’est à l’étape de cocon que la soie est créée. En fait, le cocon en forme de petit oeuf est une boule de soie. Ils n’ont qu’à tirer sur un petit fil de plusieurs cocons pour faire un fil assez fort et en faire des bobines. Ensuite, plusieurs utilisations sont possibles avant d’arriver au tissu final dans la forme que nous connaissons. C’est très beau ce qu’ils font, très intéressant, mais très cher et surtout on n’est pas acheteur de draps, vêtements et tapis.

[Photos de Chine (jour 23) Beijing – Magasin de soie]

Pour la soirée, nous avons acheté des billets pour assister au fameux opéra de Pékin, de renommée internationale et un must à voir selon tous les guides que nous avons lus sur la Chine. On ne sait pas trop à quoi s’attendre, mais on espère seulement ne pas trop se faire casser les oreilles. Après avoir mangé un peu et pris une douche, on est tout frais pour notre spectacle dans un théâtre tout près de l’hôtel. La salle est à moitié pleine, remplie principalement de touristes étrangers qui viennent ici pour s’initier à cet art millénaire. On dit dans les livres que c’est le plus beau fleuron des arts chinois.

Tout d’abord, opéra signifie pour moi du chant avec de la musique. Ici, c’est plus un spectacle de théâtre combinant le chant, la danse, les beaux-arts et la littérature. C’est assez déstabilisant et ça ne ressemble à rien de ce que j’ai déjà vu. Brigitte, après le premier acte est prête à sortir, mais moi je leur donne encore une chance. C’est vraiment bizarre, un peu acté en en mettant vraiment trop, beaucoup de gestuelle et mimes, peu de chant et de parole. Heureusement qu’il y a un panneau avec affichage en anglais qui explique l’histoire et écrit les paroles de ce qui est dit sur scène. D’ailleurs, ils parlent plutôt qu’ils ne chantent enterrés par une musique assourdissante. Il y a sur scène des musiciens avec des instruments d’époque qui jouent à tue-tête et avec un ton assez aigu. Ce ne sont pas des instruments que nous connaissons et le son n’est pas très agréable, surtout à cette intensité.

Au final, c’est une expérience à ne pas renouveler, mais on ne quittera pas Pékin en se demandant ce que nous avons manqué. L’opéra, c’est pour les initiés et on est très néophyte en ce domaine. L’opéra chinois c’est encore plus bizzare et je ne suis pas certain de comprendre ou d’apprécier. De toute façon, c’était une soirée divertissante même si ce n’était pas à notre goût. Regardez le vidéo pour vous faire votre propre idée et dites-vous que c’est représentatif de l’heure de spectacle que nous avons eu… je me répète, c’est bizarre, étrange et déstabilisant.

De retour à l’hôtel, c’est la routine, ménage des photos, écriture des post et dodo.

[Photos de Chine (jour 23) Beijing – Opéra]

Marc-André


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