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La Réunion (jour 15) La finale

Dimanche 10 juillet
marche – Gîte de Basse Vallée @ ville Basse Vallée – 8:15am à 10:30am et reprendre l’autobus jusqu’à St-Denis
nuit – surprise

Nous nous levons en même temps que le groupe pour prendre le petit déjeuner tous ensemble. Cette nuit, il y a eu le déluge et encore ce matin quelques gouttes de pluie tombent. Pourtant, ce n’est pas la saison du tout, ici c’est l’hiver qui devrait être frais et sec de mai à novembre, contrairement à l’été chaud et pluvieux de décembre à avril. Toute règle a une exception faut croire! Nous partons pour la dernière portion de notre traversée de l’île et ce, sous la pluie comme lors de notre premier jour….on boucle la boucle.

Ce dernier tronçon est assez court, mais c’était trop pour l’ajouter à la journée d’hier. C’est principalement de la descente puisque nous sommes dans la colline et que nous devons joindre le village de Basse Vallée sur les rives de l’océan Indien. En cours de route, la pluie diminue jusqu’à s’arrêter avant de nous avoir trempé. Nous longeons des terres agricoles et marchons principalement dans la forêt.

Petite descente facile sans aucune difficulté pour bien terminer cette traversée. Nous arrivons au coeur du village de Basse Vallée sur la route principale en face d’un arrêt d’autobus que nous devons prendre. Ca y est, c’est la fin du GR (grande randonnée), mais pas la fin de notre aventure puisque nous commençons celle de la remontée vers St-Denis en transport en commun. Nous devons prendre un bus qui nous mènera à St-Benoit et de là un autre jusqu’à St-Denis.

Nous sommes dimanche et il y a beaucoup moins de trajets de bus qui s’offrent à nous, surtout pour des longues distances, ce que nous devons accomplir. On marche un peu sur le bord de la route puisque le prochain autobus n’est que dans une heure. En marchant, on s’arrête au Puits des Anglais qui est en fait une aire de pic-nic sur le bord de l’océan. Là on en profite pour manger une salade avant de prendre l’autobus. Nous avons une belle vue sur les vagues qui viennent se fracasser sur les rochers.

A l’heure, l’autobus arrive, mais il ne va pas jusqu’au bout de son trajet, il s’arrête à mi-parcour. Nous choisissons quand même d’embarquer, on fera le reste à pied ou on fera du pouce, ça fera déjà ça de moins à faire. De toute façon, le prochain bus qui peut nous amener à St-Benoit n’est qu’à 5:30pm et il est actuellement midi. Sur la pancarte, nous avons vu qu’un autobus partait de Bois Blanc à 1:15pm et nous tentons de l’attraper à pied, mais tout en sachant qu’il est peu probable que nous y arriverons puisqe c’est trop loin. Toutefois, grâce à cette longue marche sur la route, nous traversons trois coulées de lave récentes qui ont rejoint l’océan. La plus récente date de 2010 et ça fume encore à quelques endroits!

Notre tentative d’auto-stop reste infructueuse, mais il y a des voitures garées sur le bord de la route près d’une coulée de lave durcie et nous en profitons pour les interpeller. Comme elles sont arrêtées, c’est difficile de nous ignorer. La tactique fonctionne bien d’autant plus qu’elles se dirigent dans la même direction que nous sans aller jusqu’à St-Benoit. Encore une fois, ça fera ça de parcouru. Les dames nous déposent à Piton de Ste-Rose là où il y a eu aussi une coulée de lave qui est passée à travers les maisons et l’église. Plusieurs personnes s’arrêtent pour visiter l’église qui a survécu, mais qui est assez endomagée et est maintenant à plus d’un mètre sous le niveau de la route.

A l’arrêt d’autobus, nous découvrons qu’il y a un autre bus qui passe par ici et qui est scédulé pour 2:11pm et il est 2:00pm. Nous l’attendrons jusqu’à 3:00pm et il ne passera jamais finalement. On se décide d’aller au restaurant d’en face pour leur demander de nous appeler un taxi, mais il n’y en a pas qui dessert la ville, surtout le dimanche. On se résigne à manger au restaurant et d’attendre le prochain autobus qui passe ici seulement à 6:00pm. Une longue attente débute.

Au restaurant, il y a un grand groupe de motocyclistes qui terminent leur repas et nous assistons à leur départ bruyant et remarqué en l’honneur du propriétaire du restaurant. Le repas a été long, mais au moins nous a rempli notre temps d’attente. On saute dans l’autobus de 6:00 pm pour enfin se rendre à Saint-Benoit où on espère pouvoir prendre le dernier bus pour rejoinder Saint-Denis, notre destination finale. Finalement, on arrive a Saint-Benoit assez tard, car il fait déjà nuit. On regarde les horraires, il y a un bus dans 30 minutes qui nous ammènera à Saint-Denis, mais après verifications, fausse joie, il ne passe pas le dimanche En plus, on a manqué le dernier bus de 30 minutes.

Là on est un peu dans la merde et nos deux dernières solutions sont soit de trouver un taxi ou un hotel. On marche vers la ville pour chercher un hotel, mais le dimanche, surtout le soir c’est mort mort mort, tout est fermé. On demande alors à des passant de nous indiquer l’hotel le plus proche et la, réponse tout à fait innatendue…il n’y a pas d’hôtel ici. Ah bon, ok un taxi alors ? Ah pas de taxi non plus… La ça va de plus en plus mal. On se dit que les gens sont mal informés et que l’on va trouver d’autres personnes sur notre route pouvant mieux nous aider. On passé devant l’église qui elle, est plein de monde, c’est la sortie d’une messe célébrant une fête quelquonque. La boulangerie est ouverte à cette heure tardive, car plein de gens font leur course avant de rentrer à la maison pour souper. Brigitte a la bonne idée d’aller à la boulangerie où il y a plein de monde, comme cela à 5-10 personnes, il y a surement quelqu’un qui saura nous indiquer un hôtel ou une chambre à louer. Réponse négative de tous, pas d’hôtel ici. Mais par contre un femme vient nous dire personellement qu’elle a une chambre libre chez elle et qu’elle et son mari seraient contents de nous y accueillir. Ayant épuisé nos plan B, et ayant confiance à cette offre surement plus sure que de coucher dans la rue dehors…on accepte, et en deux minute on rencontre son marie et sa fille de 12 ans, tous sortis de l’église il y a quelques minutes.

Comme on se rend chez eux, on discute ensemble et c’est déjà un climat de respect et de confiance mutual qui s’installe. On est même invité à manger avec eux, à leur table et on discute de tout et de rien, de voyage, de politique, de travail et de religion avec eux. Ce sont des gens tout à fait sympatiques, ouverts aux autres et surtout un modèle de charité chrétienne comme il ne s’en fait plus. On est immensément reconnaissant envers eux et surtout très chanceux que Dieu ou simplement la chance les ait mis sur notre route (ils sont catholiques croyants et pratiquants..on ressent ici déjà les effets!). On sera même reconduit par la dame, et ce très tôt le matin, à la gare routière pour prendre finalement le premier bus pour l’aéroport. La suite et fin de notre voyage se termine donc parfaitement bien. On est tôt à l’aéroport, on peut manger et c’est dans relax que l’on retourne chez nous à Genève.

En conclusion, en tout et pour tout, le voyage fut extraordinaire, les randonnées à chaque jour, toujours très différente les unes des autres n’étaient pas trop difficiles. Même les jours les plus froids ou venteux, avec humidité constante et le manque d’eau chaude non pas été des facteurs négatifs, mais font surtout partie de l’expérience. On a terminé dans une forme assez correcte, pas de bobo ni de blessure. On a rencontré des gens super sympathiques, fiers de leur île, encore attachés aux valeurs traditionelles, d’un accueil et d’une gentilles comme il ne s’en fait plus. Oui au final la Réunion c’est la France (techniquement), mais j’ai ressenti ici un mélange de culture, de langue et de fierté de vivre.

Notre aventure tire à sa fin et l’idée d’y ajouter La Réunion pour nos longues vacances fut vraiment excellente. En espérant que notre voyage vous a donné le goût de découvrir par vous-même ce beau petit coin de pays.

MAM

[Photos de La Réunion (jour 15) La finale]
[Photos de La Réunion (jour 16) retour en avion]
[Photos de La Réunion pano et PSD]

[Vidéo de La Réunion, 37:22 minutes]

La Réunion (jour 14) 1700m de descente

Samedi 9 juillet
marche – Gîte du Volcan (2250m) @ Gîte de Basse Vallée (600m) – 8:30am à 4:15pm
nuit – Gîte de Basse Vallée

Après un léger retour sur nos pas pour reprendre le GR-R2 à la Griffe du Diable, nous commençons notre longue journée de descente. Au début, nous sommes sur un terrain volcanique avec des cailloux un peu partout et de la végétation rare. On s’approche de plus en plus du rempart de Bellecombe jusqu’à ce qu’on le longe sur une bonne distance. De là, nous avons une vue sur le Piton de la Fournaise et l’enclos Fouqué. La vue est magnifique et nous en profitons pour prendre notre première pause. Cette partie du trajet est assez aisée avec un sol uniforme et sans trop de pente.

Sur notre sentier, nous croisons quelques pitons dont le piton Rouge, le piton Hubert et celui de Bois Vert. De là, on prend une tangente pour quitter le bord du rempart et se diriger vers Basse Vallée. Un passage entre les bosquets nous mène sur un petit sentier qui passe entre des petits volcans dont le Puys Ramond qui est en fait une grosse cavité ouverte sur laquelle la végétation a bien repris. Un peu plus loin, nous avons un magnifique point de vue sur les villes au bord de l’eau, la forêt devant nous et l’océan Indien. On en profite pour se poser et prendre notre casse-croûte puisque trois heures de descente intense nous attend ensuite. Nous mangeons l’ananas que nos co-chambreurs d’hier nous ont donné. Il était délicieux.

Nous voici prêts pour dévaler la pente à travers la forêt. Au début, ce sont des petits arbustes d’altitude qui nous côtoient et qui de plus en deviennent garnis et là nous sommes dans une forêt tropicale. Il y a plein de lianes, fougères et du lichen sur tout. L’humidité se fait de plus en plus sentir ainsi que la chaleur. Le sol est jonché de cailloux instables, rien n’est plat et chaque pas doit être pensé. La descente demande notre entière concentration durant les trois heures que ça dure. Nos genoux et notre équilibre sont mis à rude épreuve, il faut être prudent pour limiter les pieds tordus et les chutes dues à des glissades. J’ai glissé et mes fesses ont atterri sur une belle roche bien pointue….ce qui a laissé un bel ecchymose sur ma fesse.

Ensuite, la forêt devient moins dense, on recommence à voir le ciel, mais la descente est toujours aussi pentue. La descente d’aujourd’hui est assez en ligne directe comparativement aux zig-zag des jours précédents. Nous avons tout de même un bon rythme et arrivons enfin à destination plus ou moins dans les temps, mais complètement épuisés. Il reste encore deux heures de descente pour terminer le grand tour du GR-R2, mais nous les ferons demain puisque c’est assez pour aujourd’hui. D’ailleurs, c’est ce qui était planifié de toute façon.

Une bonne douche chaude est bien méritée, surtout après deux jours de douche froide! Nous nous joignons au groupe de treize personnes pour le souper et passons une belle soirée

Brigitte

[Photos de La Réunion (jour 14) Gîte du Volcan à Gîte de Basse Vallée]

La Réunion (jour 13) Piton de la Fournaise

Vendredi 8 juillet
marche – Aller-retour du Gîte du Volcan au Piton de la Fournaise (volcan) – 8:15am à 2:15pm
nuit- Gîte du Volcan

Après la pluie qui est tombée toute la nuit, le beau temps est de retour ce matin pour nous permettre d’aller marcher jusqu’au volcan. Nous avons pris le petit déjeuner avec œufs brouillés au beau restaurant du gîte avec une belle vue sur la vallée. Malgré le soleil, il fait frais et c’est très venteux alors nous mettons plusieurs couches de vêtements pour s’assurer de ne pas avoir froid. Ainsi, nous mettons nos fichus pour couvrir nos oreilles, on s’enroule un chandail autour du cou pour bien le garder au chaud (à défaut d’avoir un foulard) et mettons les bas de pantalons. Bien vêtus, nous pouvons commencer par le sentier du Pas de Bellecombe qui débute juste en face du gîte.

Le piton de la Fournaise a deux immenses cratères, le Dolomieu et le Bory. Arrivés au bord du rempart, il y a une pancarte qui explique les dernières éruptions volcaniques et les éboulements d’une partie du cratère Dolomieu ce qui fait que nous ne pouvons plus en faire le tour. Le piton de la Fournaise est le volcan actif de l’île de La Réunion, Depuis 1998, une ou plusieurs éruptions surviennent chaque année, la dernière éruption date du 9 au 10 décembre 2010. Toutefois, la partie qui nous amène à un point de vue du cratère est encore accessible et nous pouvons y aller. Nous passons le portillon qui s’ouvre sur un sentier en lacets, ce sera une première descente vers l’Enclos Fouqué. Devant nous s’étend un paysage lunaire sur lequel un petit volcan, le Formica Leo, se pointe. Nous y ferons un petit détour afin de monter sur les rebords et même aller à l’intérieur.

Nous progressons sur un sol de lave durcie avec de petites lignes de peinture blanches peintes sur les roches rapprochées les unes des autres en cas de brouillard. Même sans brouillard, ça délimite bien le chemin et nous évite de se perdre puisque nous ne voyons pas de trace de pas. On voit différents amas de lave et au cours du parcours, il y a des affiches explicatives des types de lave. Ainsi, on peut en voir de style de gros cailloux bien lisses, d’autres qui ressemblent à des spaghetti, d’autres à des vagues et enfin à des charbon de bois. Il y a aussi plusieurs couleurs, du jaune, du rouge, du bleu et du noir. Ceci est dû aux différents minéraux inclus dans la lave.

La chapelle Rosemont marque le début de l’ascension du volcan. La chapelle est en fait une cavité dans un amas de lave haut de 4-5 mètres et c’est un bon refuge en cas de mauvais temps. La montée se fait facilement, du moins la pente est douce, mais à certains endroits c’est plus difficile à cause du sol en gratton (petit cailloux instables). Comme nous contournons le cratère, on ne voit jamais le sommet avant les derniers mètres. Toutefois, nous avons une superbe vue sur les environs.

Arrivés au sommet à 2500m, les nuages sont en dessous de nous. La vue sur le cratère Dolomieu est magnifique. Le trou est profond de 350 mètres et se rempli un peu à chaque éruption. Le piton de la Fournaise est encore un volcan actif avec plus d’une centaine d’éruptions recensées depuis le début du XXe siècle. Il est considéré comme l’un des volcans les plus actifs de la planète. On sent les émanations de soufre qui s’envolent dans l’air. Sur les parois intérieures du cratère Dolomieu, on remarque les différentes couches qui résultent des différentes coulées de lave au fils du temps, ce qui crée un effet « millefeuilles ». Encore ici, on remarque les couleurs jaune et rouge sur les parois. Heureusement, durant notre passage, les différents volcans sont demeurés au repos et aucune éruption n’a eu lieu.

Juste avant la descente, chéri à pris ma main et déposé son genou au sol tout en me demandant de l’épouser, de partager le reste de mes jours avec lui, de devenir la mère de ses enfants et enfin de m’occuper des chats…..à toutes ces demandes j’ai répondu « oui ».

Une fois remis de nos émotions, nous retournons sur nos pas pour faire le trajet en sens inverse. La descente fut rapide et presque sans douleur pour nos genoux. Nous avons appris au cours des différentes randonnées à descendre d’une façon plus souple et d’éviter les coups sur les genoux. Nous croisons quelques randonneurs qui font la montée, mais la plupart d’entre nous descendons. Le soleil est à son paroxysme et nous chauffe bien. Il nous faut fournir un dernier effort pour remonter les escaliers et rejoindre le gîte. Il est encore tôt et on peut profiter des rayons de soleil pour assécher nos vêtements avant de faire une petite sieste.

MAM et Brigitte

[Photos de La Réunion (jour 13) Piton de la Fournaise (volcan)]

La Réunion (jour 12) Contre le vent

Jeudi 7 juillet
bus : St-Pierre @ Bourg Murat
marche – Bourg Murat (1607m) @ Gîte du volcan (2250m)- 8:00am à 3:30pm
nuit – Gîte du Volcan

Dès 7:00am, nous sommes dans le bus H qui fait St-Pierre/St-Benoit et une heure plus tard, nous descendons à l’arrêt Maison du Volcan comme la dame à l’office touristique nous l’a indiqué. Il nous faut nous situer et trouver le sentier, mais selon les informations des gens à qui nous avons demandé, nous sommes trop bas. On marche donc sur la route jusqu’à la jonction avec le sentier…..et nous marchons presque une heure. Nous aurions pu descendre au moins trois arrêts plus loin; le nom de l’arrêt en question l’indique bien « GR Piton des Neiges »…avoir su. Bref, à 9:00am, nous sommes sur le sentier et enfin prêts pour notre randonnée principalement composée de montée.

Au début, nous sommes sur un chemin agricole, mais on arrive bientôt sur un sentier qui passe à travers les champs. Il nous faut passer sur un petit escabeau qui enjambe la clôture et on peut poursuivre le chemin entre deux clôtures barbelées. Le paysage est totalement différent des jours précédents puisque nous sommes dans des champs de vaches, la végétation est plus rare et les arbres sont plus petits.

Un peu plus haut, le sentier devient boueux et glissant sur environ 2km soit une heure de marche. Ca monte tranquillement et on est assez haut pour être exposé au vent. On est bien habillé, mais on réussit tout juste à garder notre chaleur. Malgré la pente douce, on ressent une certaine fatigue, dû à notre journée de repos ou simplement au fait que l’on marche depuis dix jours, qui sait? On avance à bons pas et on rencontrera même des vaches. La vue est magnifique, on enchaine montées et descentes sur des petits sommets, pas très hauts et ayant tous des noms. On se posera pour le pic-nic vers midi bien assis avec le vent qui souffle et nous fait greloter.

On repart pour une montée sur un sol de plus en plus en pierre volcanique. Les couleurs alternent entre le jaune, le rouge et le noir, ce qui crée un bel effet avec les bosquets verts et le ciel bleu. Sur notre sentier, on passe à côté d’un sanctuaire en l’honneur d’un garde forestier, Josémont Lauret, qui est mort de fatigue et de froid en 1887. Toujours en montant, nous approchons du sommet de la journée où l’oratoire Sainte-Thérèse est placé au bord du rempart. De là haut, on voit de l’autre côté de la montagne notre première vue sur le volcan. Nous voyons le fond de la rivière de l’Est qui coule tout au fond des montagnes qui l’entourent. On voit même une maison de l’autre côté des montagnes et pensons que c’est le gîte où nous nous dirigeons….ça s’avérera vrai.

Comme nous sommes tout en haut, il faut maintenant redescendre un peu par un sentier en zig-zag parsemé de roches. Une fois en bas, on s’engage sur la plaine des Sables qui est une vaste étendue minérale. Maintenant, on marche sur du petit gravier volcanique et c’est plat….ahhh ça fait du bien. On fait une dernière ascension par le petit sentier avant d’atteindre la route qui nous mènera au gîte du Volcan.

Le gîte est accessible par la route, alors il y a quelques voitures dans le parking. Le site est magnifique avec plusieurs bâtisses au toit rouge, un grand restaurant et des petits arbustes qui longent le trottoir pour nous mener à notre chambre. Nous avons un petit dortoir de quatre lits et accès à une gigantesque cuisine dans la bâtisse des grands dortoirs. A peine arrivés, les gouttes de pluie fine se mettent à tomber avant de devenir une pluie soutenue. Nous sommes arrivés à temps et avons pu profiter de la vue avant que les nuages bouchent tout. Espérons que ça se découvrira pour demain puisque nous avons prévu faire l’ascension du volcan, le Piton de la Fournaise. Nous prendrons une petite soupe pour nous réchauffer avant de faire notre petit repas maison. Demain, nous mangerons au restaurant puisque nous restons deux nuits ici.

Brigitte

[Photos de La Réunion (jour 12) Bourg-Murat à Gîte du Volcan]

La Réunion (jour 11) Thermes et bus

Mercredi 6 juillet
Pause et dorlotage à Cilaos
Bus de Cilaos à St-Pierre
nuit – Résidences Ognard à St-Pierre

Aujourd’hui c’est la journée de repos à Cilaos où nous profiterons des thermes. Première constatation, on n’est vraiment pas aussi fatigués que j’aurais cru. C’est certain qu’après les deux premières journées, j’étais détruit et pensais ne pas passer au travers, mais les étirements de fin de journée et une meilleur gestion de l’effort sur le long terme nous ont permis de se sentir presque neuf au début de chacune des autres journées, même après 1500 mètres de montée. Comparativement à notre randonnée en Corse (GR-R20) l’an dernier où nous étions épuisés et en avions assez de marcher, nous sommes encore en pleine forme et on a toujours autant de plaisir à débuter chaque randonnée.

Nous avions préalablement réservé nos soins hier et on sait exactement ce que sera notre journée. Contrairement à notre croyance, ce ne sont pas des bains publics chauds et saunas, mais plutôt des salles de soin plus comme dans un centre de réadaptation avec curiste. Nous avons choisi comme premier soin un sauna sur une chaise vapeur de 20 minutes, sorte de gros four vapeur fermé dans lequel on est assis, mais les jambes et la tête sorties. Un peu bizarre, mais pour se réchauffer, c’est bon. Aussi chaque soin est individuel, sauf pour un, donc Brigitte et moi alternons de salle en salle avec petites pauses repos dans la salle à chaises longues.

Le second soin, c’est un enveloppement d’algue sous coque vapeur étendus comme sur une machine à bronzage. Les algues sont étendues sur notre corps à l’aide d’un pinceau et ensuite 20 minutes de vapeur-chaleur pour laisser agir. C’est assez agréable, mais un peu long, s’ensuit un 10 minutes de nettoyage sous douchette chaude, mais le réglage de départ était froid pour fermer les pores de peau et nous avions presque le souffle coupé, mais l’eau chaude étant arrivée le tout s’est rétabli. Le troisième soin, douche à multiples jets verticaux, très puissants et fins. Les jets arrivent de tous les côtés, on est debout et ils sont verticalement tout autour de nous. C’est direct que c’est limite intolérable tellement que ça chatouille. Après 10 minutes c’est supportable, mais tout de même c’est rigolo au final.

Après que l’on ait fait alternativement chacun des soins mentionnés, on a doit à un bain tourbillon avec sel de mer et eau thermale. On est bien, c’est chaud et on a même un petit jeu de lumière sous l’eau. Pour finir, on a pris un massage en chaise shiatsu, car un vrai masseur n’était pas disponible. Je pensais que ce serait moche, mais j’ai bien aimé, c’est intense et ça fait ce que ça doit faire même si le massage avec mains est plus profond et reposant. Alors au final, ce n’est pas aussi chic ni reposant ni aussi relaxant que les traitements que l’on peut avoir au Québec, mais ce fut assez agréable. Je continue de trouver les hammams à vapeur chaude et eucalyptus suivi d’une saucette dans l’eau glacée plus revigorant.

Notre séance terminée, on retourne à l’office du tourisme pour réaligner notre tir… notre journée autobus-marche de demain ne peut se faire à cause des horaires. En fait, il faut prendre trois autobus pour se rendre à Bourg-Murat et la synchronisation des horaires nous fait arriver trop tard au début du sentier, principalement à cause du troisième bus que l’on doit prendre ne passe que deux fois par jour. Il nous faut faire 1.5h de bus de Cilaos à St-Louis, ensuite une dizaine de minutes dans un second autobus de St-Louis à St-Pierre et finalement un troisième et dernier autobus de St-Pierre à Bourg-Murat. Donc nous sommes allés voir à l’office du tourisme pour qu’ils nous indiquent un gîte près de la station d’autobus à St-Pierre pour éviter de s’y rendre avant d’avoir trouvé un endroit pour dormir. La dame nous a trouvé une résidence et nous pourrons faire une partie du trajet cet après-midi et prendre le troisième bus demain matin à une heure plus raisonnable pour rejoindre le GR-R2 et marcher dès 8:00am.

Nous avons quelques heures à passer à Cilaos avant de prendre le bus cet après-midi. Nous irons faire le tour du lac, oui Cilaos a un lac nommé la Mare à joncs. Le site est très beau et il y a des restaurants et cabanes à sandwiches tout autour. On se pose à un petit bistro extérieur où l’on mange chacun une salade très très bonne et originale, la mienne contient des frites! et un sandwiche plutôt ordinaire. Il nous reste une heure avant le bus pour Saint-Louis et on fait le repérage pour la gare routière qui n’est rien d’autre qu’un arrêt ordinaire dans une rue.

Devant l’arrêt, il y a le chai de Cilaos, qui veut dire place où l’on fait et garde le vin. Nous, toujours intéressés par les vins du monde, on entre dans la boutique et on se fait proposer de visionner un film sur le vin de Cilaos suivi d’une dégustation de quatre vins produits ici. Le film est instructif et très pertinent. On y apprend que Cilaos, par sa position dans l’île et surtout son environnement n’a pas moins de 50 microclimats. Les cépages sont choisis selon les résistances aux conditions climatiques extrêmes allant de très chaud, très pluvieux et à plutôt froid et sec.

Après le film, la dégustation d’un blanc sec, d’un rosée, d’un blanc moelleux et un rouge vraiment très impressionnants tant par leur nez unique que par leur saveur en bouche assez complexe et remarquablement bien maîtrisés. Les vignobles sont assez jeunes, les artisans aussi. Tout au plus, ils ont 10 ans d’expérience et le vin a déjà une appellation de vin de pays. Le chai achète tous les raisins de tous les producteurs viticoles de la région et eux seuls vinifient 25000 bouteilles en tout et pour tout. C’est très peu. Ils font en sorte de garantir la qualité et aussi de centraliser l’expertise. Le résultat, un produit plus que correct que la région et surtout l’île doit apprendre à connaître. On a acheté une demie bouteille de rosé, il reste un peu de place dans nos sacs et ce n’est pas trop lourd à porter.

C’est exactement l’heure de sortir prendre notre bus et on est parti pour une descente de la route aux 400 virages. A plusieurs endroits la route est très étroite et le bus passe de justesse. Dans les virages, il doit klaxonner pour aviser les voitures en sens inverse qu’il arrive et qu’il prend toute la place, alors les autos doivent libérer la voie. A deux endroits, il y a un tunnel à une voie et il y a à peine deux centimètres entre le miroir et la paroi. Les chauffeurs sont des champions.

Nous arrivons à la gare de St-Louis et embarquons presque aussitôt dans le deuxième bus pour St-Pierre. Ce trajet est beaucoup plus court et nous permet de voir un peu de la ville, mais sans plus. Arrivés à la gare, nous partons à pied pour se rendre aux résidences Ognard. Il ne reste quelques minutes pour aller faire nos courses au supermarché pour le souper et le petit déjeuner, ouf nous arrivons juste avant la fermeture. On se concocte une petite bouffe simple avant d’aller prendre une bonne douche chaude et d’aller se coucher.

MAM

[Photos de La Réunion (jour 11) Cilaos]

La Réunion (jour 10) Brouillard, bruine et nuages

Mardi 5 juillet

marche – Caverne Dufour(2479m) @ Cilaos (1233m) – 10:00am à 1:15pm

nuit – gîte le Calbanon

Quelques personnes se sont levées très tôt ce matin, autour de 4:30am pour faire l’aller-retour au Piton des Neiges, le sommet le plus élevé de l’océan Indien. Nous avons plutôt planifié le faire après le lever du soleil, c’est plus agréable de marcher quand il fait clair. Lors de notre réveil à 6:30am, on constate que nous sommes dans les nuages et qu’il pleut, d’ailleurs il a plu toute la nuit. On demande au gardien qui connait bien sa montagne s’il croit que ça va s’éclaircir en matinée et il nous a dit non, qu’ils annonçaient de la pluie sur toute l’île pour la journée. On retourne se coucher alors puisqu’il n’y a aucun intérêt à monter au Piton des Neiges si on n’a aucune vue.

Ainsi, ce matin on fait un peu la grâce matinée et on prend notre petit déjeuner plus tard qu’à l’habitude et on va même retourner se coucher un peu après. Nous pouvons rester au gîte jusqu’à 10:00am et ensuite on part tranquillement pour la descente jusqu’à Cilaos. Le temps est toujours aussi couvert et une petite bruine tombe encore. On s’habille chaudement et se couvre bien pour éviter d’être tout trempé et on part.

Nous marchons lentement sur les cailloux puisque c’est un peu glissant, mais ce n’est pas aussi pire qu’on le pensait. La descente est assez pentue avec un dénivelé négatif de 1324m. Encore, il y a de grosses marches à descendre, mais sinon la descente se fait assez bien. C’est moins glissant que notre deuxième journée entre Roche Écrite et Dos D’âne. Le trajet se fait en forêt, ce qui nous protège un peu de la pluie. Heureusement qu’on a une visibilité devant nous, mais au loin c’est tout blanc, on ne voit absolument rien du paysage.

Le chien du gîte marche avec nous au début et on dirait qu’il veut nous montrer le chemin. Il n’était pas au gîte hier soir, alors il a dû faire la montée ce matin et là il est bien parti pour faire la descente. Il doit connaître le sentier par cœur à force de le parcourir. Il nous a délaissé et c’est avec surprise qu’on le retrouvera presque une heure plus tard. D’ailleurs, vous verrez la réaction de Marc-André lorsque le chien nous rejoint.

Après 2.5h de descente en forêt, on arrive à la route pavée qui nous amène à Cilaos. Au lieu de reprendre le sentier en forêt, nous avons terminé la marche sur le chemin. D’ailleurs, nous n’avons pas vu la jonction qui nous ramenait en forêt, mais comme il y a peu de voitures, ce n’était pas si mal de marcher sur le chemin.

Juste avant d’arriver au centre de Cilaos, on aperçoit Dorren au loin qui marche vers nous (c’est l’Australienne rencontrée au début du voyage). Quel plaisir de la revoir. Elle reste aussi à Cilaos pour quelques jours et nous aurons sans doute l’occasion de la recroiser. Nous en profitons pour prendre quelques photos avec elle et ainsi garder un souvenir « tangible » d’elle.

Nous trouvons facilement notre gîte où nous avons réservé une salle familiale, c’est-à-dire une chambre avec une cuisinette. On pourra faire quelques courses et acheter les ingrédients pour faire nos petits déjeuners. On repart en ville pour diner et faire nos emplettes avant de revenir prendre notre douche. En marchant, on a vu l’office touristique où on s’est arrêté pour prendre le plan de la ville et savoir où sont les restaurants et prendre les horaires de bus pour le surlendemain. On se trouve un petit restaurant qui sert des repas traditionnels et on se partage un menu pour manger léger.

La pluie n’a pas cessée et on ressort sous les gouttelettes de pluie. Il y a un marché couvert juste à côté et on y entre….il n’y a pas grand chose, mais on réussit quand même à trouver des bananes, du jambon en tranche et du jus d’orange. Nous nous arrêtons ensuite à la boulangerie pour acheter une baguette et au supermarché pour le fromage, le beurre et les chips. Nous avons tout ce qu’il nous faut pour déjeuner et on rentre au gîte.

Notre prochaine tâche de la journée est d’aller réserver les massages aux Thermes de la ville. D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle on a décidé de faire la pause ici, c’est pour se faire dorloter. Nous marchons alors une bonne quinzaine de minutes comme c’était indiqué sur la pancarte sur une route en serpentin et en descente pour enfin se rendre nul part et surtout avec aucun thermes. Je me souviens que j’ai la carte dans ma poche et c’est là qu’on réalise que nous n’avons pas pris le bon chemin et que nous sommes beaucoup trop loin. Évidemment, ça faisait longtemps que nous n’avions pas pris le mauvais chemin alors on s’est rattrapé ici en prenant la route à gauche au lieu de juste monter la petite bute où le centre est situé. Nous apprendrons par la réceptionniste que nous ne sommes pas les seuls à faire cette erreur, fiou nous ne sommes pas si fous finalement.

Enfin revenus sur nos pas, on arrive au centre des Thermes. Nous pensions qu’il y avait des bains et qu’on pouvait prendre un massage en plus, mais en fait ce ne sont que des soins, sans bain. On regarde ce qui est offert dans la brochure et on fait une sélection de plusieurs soins en forfait et on fait la réservation pour le lendemain matin puisque c’est fermé le mercredi après-midi.

Nous rentrons au gîte pour prendre notre douche et on rencontre les deux autres personnes qui seront dans la chambre à côté. C’est un couple de Français qui habite sur une petit île à côté de La Réunion qui font aussi la traversée de l’île, et ce pour la troisième fois. Nous mangeons des sandwichs fait maison chauffés au four puisque nous n’avons pas envie de ressortir dehors et n’avons pas très faim tandis qu’eux mangent avec d’autres gens du gîte le repas traditionnel. On termine notre repas avec une bonne tasse de thé, une clémentine et du chocolat 52%, très bon.

Brigitte

[Photos de La Réunion (jour 10) Pitons des Neiges à Cilaos]

La Réunion (jour 9) Vers le sommet

Lundi 4 juillet

marche – Hell-Bourg (960m) @ Caverne Dufour(2479m) – 8:00am @ 2:15pm
nuit – refuge du Piton des Neiges (Caverne Dufour)

Aujourd’hui, c’est une journée toute en montée avec plus de 1400 mètres de dénivelé positif. Nous marchons sur des roches en éboulis, il y a de grosses marches à monter et quelques endroits où on fait un peu d’escalade. On ne pourra pas pas prendre le GR R1 qui passe par Bélouve tel que prévu, car après discussion avec un guide on apprend que le sentier est plus ou moins fermé en raison de passages dangereux à cause de la pluie. On ne prendra pas la chance d’aller voir par nous-même et on se rabat sur le sentier alternatif qui est une montée plus directe vers le Cap Anglais. Un chemin plus court, plus pentu et plus difficile, mais que cela ne tienne, on est fort en montée, ça ne nous fait pas peur.

On tiendra plus de 3.5hr d’intense montée avant de commencer à avoir faim et d’espérer arriver au Cap Anglais. Après une petite barre de fruits et encore 45 minutes de marche, on arrive enfin à la jonction du sentier au Cap Anglais pour le dîner officiel. On mange rapidement notre morceau de pain saupoudré de poivre et fromage Vache qui rit. On ne veut pas perdre de temps puisque nous voulons essayer de faire la montée pour le Piton des Neiges aujourd’hui.

On repart vert les 12:45pm pour la partie finale de notre montée qui nous mènera dans les petits arbustes et cailloux le long d’un contrebas vers le refuge du Piton de Neiges (Caverne Dufour). On l’apercevra au loin rapidement, mais il nous faudra encore presque 30 minutes pour enfin y mettre les pieds. On arrive à 2:15pm, ce qui donne un très bon temps pour la distance et la montée. Toutefois, les nuages de mi-journée son déjà présents et on abandonne l’idée de monter cet après midi au Piton puisque avec les nuages nous n’aurons pas la vue sur le cirque autour. On le fera tel que prévu demain matin.

On est presque les premiers au gîte, ce qui fait que l’on a le choix des lits dans le dortoir de 15 places (5×3 lits de haut). On nous indique que le gîte sera plein ce soir, ce qui fait très différent des autres jours où nous étions seuls. On se prépare une petite soupe, question de se réchauffer, car à cette altitude, les vent souffle et c’est frisquet. On laissera faire pour la douche à l’eau froide, mais on se rafraichit rapidement avec une débarbouillette. Après notre soupe, on en profite pour faire une petite sieste, question de garder la forme et de se reposer un peu.

A notre réveil, on constate que les autres randonneurs sont arrivés et on les rencontrera lors du souper. On mangera pour un deuxième soir consécutif nos plats lyophilisés, car ici ce n’est pas reconnu pour la qualité des plats cuisinés. C’est ce que les randonneurs croisés au cours des jours précédents s’accordent à dire. On ne se mêle pas trop aux gens finalement et on retourne se coucher assez tôt, il y a des soirs comme ça où on est moins intéressé à s’intégrer.

MAM

[Photos de La Réunion (jour 9) Hell-Bourg à Piton des Neiges]

La Réunion (jour 8) En voiture

Dimanche 3 juillet:

route – Grand Îlet (Casabois) (1280m) @ Hell-Bourg (960m)
nuit – gîte La Mandoze

Jusqu’à présent, notre randonnée se déroule très bien et grâce à nos étirements quotidiens, nos muscles sont en pleine forme. Toutefois, nous voulons profiter du fait que la ville de Grand Îlet est reliée par bus à notre prochaine destination, Hell Bourg pour prendre une petite pause avant d’affronter deux grandes et longues journées de marche. Notre projet était de visiter un peu Grand Îlet, de prendre le bus jusqu’à Salazie et visiter cette ville avant de reprendre un autre bus pour nous conduire jusqu’à Hell Bourg et visiter aussi cette ville où est notre gîte.

Lors de notre souper de la veille, nous avons reçu une offre du couple Réunionnais qui passait par Salazie et nous ont pris avec eux dans leur petite bagnole. Ca nous arrange puisque les bus du dimanche sont rares et il commence à pleuvoir. On fait une petite halte sur un promontoire pour voir un peu le paysage, mais avec tous les nuages autour, on ne voit pas grand chose. Aussi, ils se sont arrêtés à une chute nommée Voile de la Mariée afin que nous puissions prendre des photos. Ils se sont bien plus dans leur rôle de guide touristique! Arrivés à Salazie après une heure de route, ils nous déposent devant la mairie et l’église et nos chemins se séparent.

Nous entrons dans l’église pour se mettre à l’abri et couvrir nos sacs avec les toiles imperméables. Il nous faut maintenant trouver l’arrêt et le bus qui nous mènera à Hell Bourg ainsi voir quand il passera. Je discute avec des locaux qui me donnent les informations et entre temps, le couple qui nous avait conduit réapparait et nous offre de nous conduire à Hell Bourg puisqu’ils ont changé leurs projets. Leur visite de Salazie a été plus rapide que prévu, c’est tellement petit et le seul restaurant ouvert accueille une réception et n’a pas de place pour d’autres personnes. Ainsi, nous remontons dans la voiture pour prendre la route vers notre destination finale. Ce fut facile finalement comme trajet, la vie met les bonnes personnes sur notre route.

Une fois à Hell Bourg, nous découvrons un joli petit village coloré et animé malgré les quelques gouttes de pluie qui tombent encore. On quitte le couple pour aller déposer nos sacs à notre gîte avant de se trouver un petit restaurant. Nous traversons la rue principale où tous les commerces sont concentrés ainsi que les touristes. Il y a plusieurs boutiques de souvenirs, des restaurants et même une banque. Nous achetons un petit verre à shooter de La Réunion pour ajouter à notre collection souvenir de notre tour d’Europe.

Nous avons sélectionné une petite case créole typique où le chef cuisinier est aussi le serveur. La salle à manger a un cadre charmeur. Pour repas, nous avons choisi une salade créole (carottes et chou rapés, laitue avec petites bouchées créoles – samoussa), une pizza au jambon-fromage-olive et une portion de frite. Ca fait du bien de manger différemment puisque tous les soirs on mange la même chose. C’est très bon et on prend notre temps. Durant qu’on mange, la pluie a cessée et quelques rayons de soleil ont pointé leur bout du nez.

On part à la découverte des anciennes thermes qui ont été abandonnées. En 1832, la découverte de sources thermales a fait naître ses bains thermaux qui ont été ensuite abandonnées pour des raisons financières au profit de celles de Cilaos. Les dégâts provoqués par le cyclone de 1948 signèrent l’abandon définitif des thermes d’Hell-Bourg. Toutefois, les ruines ont été mises en valeur à des fins touristiques et nous pouvons nous promener dans les anciennes bâtisses au creux de la forêt. Ca nous fait une petite marche et en même temps, ça nous permet de trouver le point de départ pour notre randonnée de demain matin. D’ailleurs, le point de départ est plus difficile à trouver puisque nous ne passerons pas par le GR-R1 étant donné que nous avons été informés au début de notre voyage que ce tronçon était fermé. Une chance qu’il y a un chemin alternatif que nous prendrons. Il sera plus court, mais plus pentu…heureusement c’est en montée, ce que nous préférons.

Il est maintenant 3:00pm et on peut accéder à notre chambre pour faire une petite sieste. Les gamins jouent dans la cour et crient à tue-tête, ce qui nous réveille rapidement, mais nous avons assez dormi. On va dans la salle à manger pour écrire le post et un couple nous rejoint. Nous discuterons et prendrons le souper avec eux sur place. Bouchra et Dominique sont hyper sympathiques, intéressants et ont beaucoup voyagé. En fait, ils gardent des maisons pendant que les gens sont en voyage et demeurent environ une année dans chacun des pays qu’ils font. Ils ont la chance alors de bien visiter et surtout de connaître la place et ses habitants. La fille vient du Maroc et nous a invité chez elle et nous les avons invité à passer nous voir lors de leur prochain périple au Canada. Nous avons bien hâte de les revoir.

Brigitte

[Photos de La Réunion (jour 8 ) Hell-Bourg]

La Réunion (jour 7) Petite marche dans les plaines

Samedi 2 juillet
marche – La Nouvelle (1420m) @ Grand Îlet (Casabois) (1280m) – 8:15am à 2:00pm

nuit – Le Cimendef

A notre réveil, la température est plus froide que les matins précédents. On a de la difficulté à sortir du lit et il nous faut de la motivation et on s’habille rapidement. Ce matin aussi, un petit feu de foyer nous attendait avec le petit déjeuner. C’est très apprécié pour se réchauffer un peu. Après la routine habituelle, on prend quelques photos et nous sommes prêts pour le départ.

Comme nous avions fait du repérage la veille, il est facile de partir du bon pied et surtout dans la bonne direction. Disons que sur les quatre premiers matins, nous avions fait trois faux départs. Ici, il y a plein de bifurcations et très peu d’indications, alors mieux valait se préparer. Aujourd’hui, on laisse le GR-R2 pour entreprendre le GR-R1 qui fait le tour des cirques pour ensuite reprendre à Cilaos le GR-R2 pour la fin de notre périple.

Donc, une fois biens partis sur le GR-R1, nous commençons par une petite pente douce en forêt, ce qui active rapidement le cardiovasculaire et nous réchauffe un peu. La montée ne dure pas trop longtemps et est sans difficulté. Nous arrivons à la plaine des Tamarins traversée par un sentier aménagé de rondins afin de retenir le sol. On remarque déjà le changement de notre environnement. Ce sont maintenant des arbres (des tamarins) et un sol en gazon qui nous entourent. Nous croisons beaucoup de gens qui marchent en sens inverse et ça nous surprend puisque habituellement il n’y a presque personne, c’est un choc. Comme on en croise de plus en plus, que ce soit des groupes d’ados, d’adultes ou des familles, on trouve qu’il y en a beaucoup jusqu’à ce qu’on réalise que nous sommes samedi et que le sentier par lequel nous passons est près d’une route aménagée avec parking. Ces groupes réalisent une excursion d’un jour, ce qui ajoute beaucoup de circulation. Au lieu de s’arrêter pour notre pause, on se sauve plus loin pour retrouver le calme.

Notre itinéraire nous fait passer par le Col de Fourche à une altitude de 2009m qui est reconnu pour être le plus sportif. Bien heureux, les randonneurs d’un jour ne passent pas par là et nous retrouvons le calme pour notre petit goûter. Puisque nous sommes au sommet, le reste de la journée se fait en descente pour les trois prochaines heures. Nous laissons derrière nous le cirque de Mafate pour entrer dans le cirque de Salazie. Sur ce sentier, il y a quelques coureurs (oui oui coureurs) qui parcourent le sentier comme entrainement pour le Grand Raid aussi nommée Diagonale des fous. Cette course aura lieu en octobre prochain et consiste à la traversée de l’île, sensiblement le même trajet que nous faisons, mais partant du sud au nord pour un total de 160 km et 9000m de dénivelé positif. Les plus rapides le font en moins de 24h et les plus lents en 65h…..et nous nous prenons 14 jours! Bon, ok ils le font aussi de nuit, mais quand même ce n’est pas le même sport!

C’est une journée assez facile, on se croirait en petite promenade dans la forêt, ce qui fait changement des journées où c’est plus athlétique. La fin du parcours se fait sur la route asphaltée, ce qui enlève tout le charme de la marche en montagne. Nous marcherons environ une heure sur ce chemin en descente pour rejoindre le village de Casabois, juste après Le Bélier où on arrive rapidement à notre gîte bien avant que nous ne l’espérions. C’est une belle maison richement décorée et notre chambre privée au deuxième étage nous offre bien du confort.

Comme il est tôt, nous prenons nos petites pattes pour se rendre au village de Grand Îlet (30 minutes à pieds plus bas) pour faire de petites courses et manger une crème glacée. En attendant le souper, nous écrivons le post et profitons du temps frais pour relaxer et préparer nos prochaines journées.

Au souper, nous sommes beaucoup autour de la table, il y a huit autres personnes avec nous. Ca parait, nous sommes samedi et les gens sortent de chez eux. Six d’entre eux sont des expatriés venus travailler et habiter à La Réunion tandis que deux autres sont originaires d’ici. Ce qui fait que nous sommes les vrais seuls touristes en vacances ici. La plupart d’entre eux sont des marcheurs et même coureurs puisqu’ils participent à des courses à travers l’île. D’ailleurs, notre hôte et l’une des invitées a déjà fait le Grand Raid et se sont bien classés. Donc la conversation a tourné autour des raisons qui les ont amené à vivre à La Réunion et les courses. Le repas était différent des autres, tout en demeurant traditionnel créole. La soirée a été animée et on s’est couché tard, bon 10:00, mais ici c’est tard!

Brigitte

[Photos de La Réunion (jour 7) La Nouvelle à Grand Îlet (Casabois)]

La Réunion (jour 6) Descente et montée vertigineuses

Vendredi 1 juillet:

marche – Roche Plate (1132m) @ La Nouvelle (1420m) – 8:30 à 2:00pm

nuit -  Maxime Oreo

On s’est permis un petit quart d’heure de plus de sommeil pour être certain qu’il fasse jour lorsque sera le temps d’aller prendre le déjeuner. Hier, le retour a été périlleux, une chance que le monsieur nous a prêté sa lampe de poche sinon nous n’aurions rien vu avec la notre dont les piles sont presque mortes. Nous déjeunons sur leur grande terrasse remplie de verdure et bien décorée.

Nous traversons le petit village de Roche Plate pour poursuivre la randonnée par le fonds de Mafate. Ainsi, une descente vertigineuse à flanc de falaise nous attends puisqu’il faut descendre jusqu’à la rivière aux galets (742m). Un pas à la fois et nous arrivons à la rivière dans les temps prévus par le topoguide. On prend une petite pause avant d’affronter la montée.

Évidemment, nous devons franchir la rivière pour se rendre de l’autre côté et ce, trois fois plutôt qu’une! Marc-André a réussi à traverser sans se mouiller les pieds, mais il a dû passer par des endroits difficiles….faire de grands pas et un peu d’escalade, ce que je n’ai pas été capable de faire vu ma petite taille et que je suis craintive. Alors, moi je suis passée les deux pieds dans l’eau sans même prendre la peine d’enlever mes chaussures tellement j’en avais marre. J’ai tenté de passer à quelques endroits sans me mouiller, mais à chaque fois, je figeais et devais trouver une alternative. Alors, de passer directement dans l’eau a beaucoup facilité la tâche. Seulement la traversée qui aurait dû nous prendre environ 15 minutes, nous en a pris 45!

Une fois franchie la rivière, nous avons pris deux échelles à flanc de rocher et là commençait le pur plaisir de la rude montée d’un dénivelé de 571m vers La Nouvelle. Au début, nous étions sur les rochers avec peu de prise et ensuite nous avons commencé à faire des lacets toujours en rude montée. A certains endroits, c’était très très étroit, pas même deux pieds de large. Il fallait resté concentré à chaque pas, mais à un moment donné, il y avait des toiles d’araignées partout et on devait lever les yeux pour ne pas s’en prendre une en plein visage.

Presque arrivés à destination, un jeune homme Réunionnais nous a dépassé avec son gros chandail à capuchon et un ordinateur portable sous le bras…..mais il sort d’où lui? En fait, il y avait des maisons juste derrière nous et il devait se rendre au centre du village. Aussi, depuis le début de notre périple, nous avons rencontré plusieurs locaux qui faisaient de la randonnée ou du moins passait d’un village à l’autre et ce, en gougoune (tong ou flip flop pour nos amis européens)!

Arrivés au centre du village, deux hélicoptères transportant des marchandises font la livraison sous nos yeux. Il n’y a pas de pancarte pour le gîte, alors on demande à un résident de nous indiquer le gîte de Maxime Oreo. Une fois trouvé, le site est superbe avec du gazon, trois grandes bâtisses avec plein de fenêtres. Notre chambre double est à l’écart et encore une fois, nous sommes seuls. C’est une des grande différence avec le GR20 en Corse que nous avons fait l’an dernier et où il n’y avait qu’un seul gîte par étape. Ici, nous sommes dans des villages, c’est plus chaleureux et il y a plein de possibilités d’hébergement.

Pendant l’après-midi à La Nouvelle, nous avons étendu notre linge pour le faire sécher, d’ailleurs vous le verrez sur les photos, notre linge est étalé partout sur la galerie. On écrit le post du jour sur notre petit ordinateur, fait une petite sieste et finalement sommes allés nous promener dans le village. La Nouvelle est le plus grand village de Mafate avec ses 100 habitants. Lors de notre promenade pour repérer le départ pour demain matin, nous sommes passés entre quelques maisons, l’église, une épicerie, un snack bar, une boulangerie et une école fraichement rénovée. Toutes les bâtisses sont jolies, colorées et assez bien surtout au milieu de nul part. Juste à côté de notre gîte, il y a un terrain de soccer où les enfants ont joué un match durant notre sieste.

A notre retour, on se prépare pour le souper et ils nous ont allumé un beau feu de foyer que nous apprécions beaucoup pour se tenir au chaud.

Brigitte

[Photos de La Réunion (jour 6) Roche Plate à La Nouvelle]

La Réunion (jour 5) Escalier, escalier et encore escalier

Jeudi 30 juin:
marche – Grand Place Cayenne (663m) @ Roche Plate (1132m) – 8:00am à 2:00pm

nuit – Vivette Thiburce Roche Plate

Nous laissons derrière nous les larges chemins au profit de petits sentiers qui nous amènent vers le sommet. Nous passons près de deux villages, îlet des Lataniers et îlet des Orangers. Nous sommes en ascension constante et les escaliers nous rendent la tâche un peu plus facile. Entre les deux îlets, le sentier pentu suit la canalisation d’eau qui fuie à quelques endroits. D’ailleurs, nous avons croisé des ouvriers qui étaient en train de changer un des tuyaux.

Nous avons fait la première partie de la montée exactement dans les temps stipulés dans le livre et même meilleur….pour une fois! On préfère les montées et là nous sommes bien gâtés! On s’arrête à îlet des Orangers pour une longue pause même s’il n’est pas encore midi puisqu’il ne nous reste que 2h à faire selon le topoguide. On profite alors du soleil pour faire sécher notre linge et nous sommes installés sur une petite terrasse pour notre casse-croûte avec en bruit de fond de la musique hip-hop. On a une belle vue sur le village qui s’étend sur la crête en face. Il y a une maison qui a mis sa musique à tue-tête et devinez quoi….c’était du Céline Dion!

On repart bien reposés et rassasiés pour la poursuite de la montée dans les escaliers. A certains endroits, ce sont des escaliers en roche, d’autres en ciment ou seulement en terre retenue par des morceaux de bois. Sur le sentier, au milieu de nulle part, on voit une pancarte qui annonce une exposition de sculpture. Intrigués, on fait les 10 mètres requis pour arriver à la clôture. De là, on peut voir quelques sculptures. Comme mentionné sur la porte, on crie pour qu’ils viennent nous ouvrir…faut croire qu’on ne crie pas assez fort, personne n’est venu, on repart.

La montée se poursuit de plus belle et arrivés enfin au sommet, nous avons un point de vue époustouflant, tellement haut que j’en ai le vertige. Je dois m’assoir pour m’acclimater et reprendre mes esprits surtout que la suite du sentier se fait à flanc de montagne avec une main courante accrochée à la paroi. Finalement, cette partie de la descente s’est bien déroulée, j’ai eu peur pour rien.

Après une descente toujours avec des escaliers, nous arrivons rapidement au village de Roche Plate et trouvons notre gîte. Comme il n’est pas encore 3:00pm, le gîte est fermé et nous en profitons pour étendre (encore) notre linge et nous nous posons sur le gazon pour relaxer. A l’ouverture, on se rend chez le gardien du gîte pour récupérer la clef et là nous pouvons prendre une bonne douche chaude et en profiter pour laver nos cheveux. Encore une fois, nous sommes seuls au gîte. C’est propre, bien organisé et surtout nous avons une belle vue sur le village au loin et le cirque.

Le souper à 6:30pm est servi chez le gardien et ce, à 15 minutes de marche des dortoirs…..une lampe torche est nécessaire pour le retour, espérons que la notre tiendra le coup puisque nos batteries sont presque mortes. Les gardiens du gîte ont une très belle terrasse où notre souper est servi. Nous avons droit au traditionnel repas, soit salade en entrée (youpi on aura notre dose de légumes), du riz, des lentilles parce que ça donne beaucoup de fer, des saucisses de porc et pour terminer, un gâteau aux bananes.

Durant le repas, le gardien nous jase et nous apprend beaucoup de choses sur la vie ici à Roche Plate. D’abord, on apprend que îlet signifie petit village. Aussi, l’approvisionnement est assez difficile. Il se fait soit par hélicoptère au coût de 260 EUR aller et le même prix pour le retour, sachant que le prix varie si c’est d’un autre îlet. Ils ont droit d’apporter 750 kilos dans un filet et autant de marchandise qui entre dans la cabine. Ce ne sont pas toutes les familles qui peuvent se payer ce type d’approvisionnement ou sinon limitent les fréquences. Les familles les plus pauvres font le trajet à pieds en passant par le Maïdo pour se rendre au prochain village d’où ils prennent alors le bus pour se rendre à St-Paul et y faire leur courses. Ils doivent partir très tôt le matin pour arriver à l’heure pour attraper le bus et surtout revenir à temps pour le bus du retour à 2:00pm et faire le trajet inverse et ce, bien chargés.

Dans le village, il y a une trentaine de familles et 20 enfants. Les enfants vont à l’école du village jusqu’à un certain niveau et ensuite vont à l’école à St-Paul ou quittent tout simplement les études. Les emplois au village sont assez limités. Les garçons peuvent être gardiens d’école, leurs tâches consistent à récupérer les enfants le matin (à pieds évidemment) et de les conduire à l’école. Durant les classes, ils font le ménage de la cour, des toilettes, aident à la préparation du repas de midi et reconduisent les enfants à la maison le soir. Sinon, certains peuvent travailler pour l’ONF (Organisation Nationale des Forêts). Encore, il n’y a pas beaucoup de postes, 5 si on se souvient bien. Toutefois, ils ne peuvent que travailler 1 an sur 4 pour laisser la chance à toutes les familles d’avoir un homme qui travaille. Pendant les 3 ans de chômage, ils ont l’occasion d’aller travailler en ville ou sur leur terre.  Tant qu’aux filles, il n’ont le choix que de travailler dans la cuisine de l’école, beaucoup moins de possibilité. Alors, certains enfants restent à St-Paul pour y travailler et ne reviennent plus au village tandis que d’autres ne travaillent pas du tout.

Bien informés, nous rentrons au gîte éclairés par la lampe de poche que le gardien nous a prêté. Heureusement, parce qu’il fait très noir et le retour est une aventure en soi.

Brigitte

[Photos de La Réunion (jour 5) Cayenne à Roche Plate]

La Réunion (jour 4) De village en village

Mercredi 29 juin:
marche – Aurére (926m) @ Grand Place Cayenne (663m) – 8:00am à 3:00pm

nuit – Gîte de Grand Place Cayenne

Ce matin, pour le petit déjeuner, nous avons eu droit à des bananes en plus de l’habituel repas servi. Nous ramassons notre linge que nous avions laissé étendu sur la corde, mais comme c’est tout le temps humide par ici, ça ne sèche pas. Alors, nous accrochons quelques vêtements sur nos sacs pour sécher en route et on met les autres dans des sacs de plastic pour faire sécher plus tard.

Dès 8:00am, nous sommes prêts pour le départ. On remarque rapidement la pancarte qui annonce la direction de îlet à Malheur, vers où nous voulons justement aller. Toutefois, ce n’est pas le GR-R2, mais une alternative qui croisera plus loin le GR-R2….ça on s’en rend compte seulement plusieurs minutes après être partis. Pour éviter de rebrousser chemin, on décide de poursuivre sur ce sentier.

Arrivés à la rivière, on a beaucoup de difficulté à trouver les indications pour la suite. Après presque 20 minutes, on voit enfin la petite marque de peinture blanche sur la roche de l’autre côté de la rive. Toutefois, on ne voit pas d’endroit pour traverser et on s’aventure pas à pas sur les roches hyper glissantes. On se résigne à enlever les chaussures et continuer dans l’eau pour accélérer la manœuvre. Enfin, on atteint l’autre côté et de là, on voit les marques bien claires…évidemment nous ne sommes pas passé par le chemin prévu, mais au moins nous y sommes arrivés.

Au milieu de matinée, nous avons une longue ascension en bord de falaise. La montée a été assez rude, mais sans trop de difficulté grâce aux marches en ciment et cordes pour faciliter la montée. On marche surtout sur des sentiers jonchés d’aiguilles de pins, c’est moelleux et ça sent bon. Ces sentiers nous font passer par de petits villages tel que îlet à Malheur, la Plaque et îlet à Bourse où nous avons pris notre pause pic-nic. A l’approche de ces villages, les abords du sentier sont bien aménagés avec des boîtes à fleurs fait en bambou, c’est super beau. Dans chaque village, il y a une école, une église et on s’est même arrêté à un bar / épicerie où il y avait beaucoup de choix. Ces endroits ne sont accessibles que par hélicoptère ou à pied, aucune route ne s’y rend, raison pour laquelle ces villages portent le nom de îlet. En fait, ils sont accrochés dans les montagnes, souvent dans de petites ravines ou parties plates.

On reprend la route pour la dernière portion du trajet de la journée, cette fois-ci plutôt en descente jusqu’à Grand Place. Nous arrivons à une jonction où on indique Cayenne 1.5h vers la droite, ce qui nous fait sortir du sentier GR-R2 pour une seconde fois, mais cette fois-ci nous prenons cette direction consciemment. C’est un raccourci et nous évite de passer par Grand-Place. Enfin, nous traversons une petite rivière sur des roches et arrivons à 3:00pm au gîte.

Nous rencontrons le groupe de Français qui a fait escale au gîte, mais qui repartira pour encore 2h de marche jusqu’au prochain village. Nous serons alors seuls sur le bel emplacement bien coloré au bord de la falaise avec une vue superbe sur les montagnes. Nous devons être sur une axe principale pour les hélicoptères puisqu’il y en a une qui passe aux 10 minutes environ. D’ailleurs, tout au long de la journée, nous avons entendu plusieurs hélicoptères passer tout près. Ca doit être la journée de livraison!

Nous sommes bien contents d’avoir terminé la journée tôt pour se reposer un peu. Nous sommes à notre 4e journée de marche et il en reste encore 12. Pour l’instant, aucune douleur sauf quelques muscles raides. On fait nos étirements à tous les jours pour s’assurer de faire le parcours tel que prévu et atteindre notre objectif. Comme à tous les après-midi, les nuages couvrent le ciel et surtout dans les vallées, les nuages descendent plus bas. Il fait quand même chaud, mais dès que le soleil est couché (7:00pm), il commence à faire plus frais…comme ça on dort mieux!

Brigitte

[Photos de La Réunion (jour 4) Aurère à Cayenne]

La Réunion (jour 3) – Traversées de la rivière

Mardi 28 juin:

marche – Dos d’Âne (918m) @ Aurére (926m) – De 8:00am à 4:00pm

nuit – Gîte Georget Boyer, Le pointsettia

Ce matin nous avons droit à des petits œufs de caille pour le petit déjeuner avec du pain et des clémentines. On s’en prend un peu pour notre diner puisque nous n’avons pas pris de réserve autre que les gelées de fruits et amandes. On prend la route à 8:00, environ 2km avant de rejoindre le départ du GR-R2. En fait, il faut se rendre à l’église et de là reprendre le sentier. Nous suivons les quelques marques rouges et blanches peintes sur les murets, mais on s’aperçoit que nous avons sans doute dépassé la jonction puisque la borne nous indique que nous sommes à une altitude moindre et grâce à la montre de Marc-André qui donne l’altitude, nous savons que nous sommes trop bas. A ce moment, une dame nous croise et on en profite pour lui demander où est l’église. Elle confirme que c’est derrière nous et nous donne des indications pour l’atteindre. Nous l’apercevons rapidement, ce n’est pas trop loin.

Dès les quelques pas sur le sentier, on commence la descente sur le flanc de la montagne. Il y a une forte pente en forêt qui nous permet d’atteindre la rivière après 3.5h de marche. Il y avait des passages difficiles, des endroits glissants, mais en général c’était bien. Par endroit, il y avait une corde pour se tenir puisque le passage était étroit ou très pentu. Nous avons descendu une échelle parce qu’il n’y avait aucune prise dans la roche. Après quelques passages sous la végétation (style lianes / bambou) qui formait des arches, on atteint finalement la rivière que nous devrons franchir les pieds dans l’eau.

Avant de la traverser, nous prenons quelques minutes pour se rafraîchir puisqu’il fait très chaud et humide. Le groupe de Français y est déjà et nous invite à les rejoindre dans l’eau. Maintenant que nous sommes en maillot et trempés, on peut remettre les sacs et faire la traversée. J’en ai jusqu’aux cuisses, mais je suis assez grande pour ne rien mouiller. De l’autre côté de la rive, nous prenons notre pic-nic avec Dorren, l’Australienne de 79 ans! Elle est avec nous depuis le premier soir, marche seule et nous rejoint pour le repas.

La première partie devait prendre 2h selon le topoguide, mais nous sommes beaucoup plus lents, mais rien ne presse. La suite du sentier passe en zig-zag sur la rivière, par trois fois on doit la traverser sur des roches sans se mouiller. Cette petite traversée est sur le plat, disons que c’est le calme avant la tempête puisque pour les trois prochaines heures, nous aurons droit à une montée soutenue d’environ 700 mètres sur 8 km. Le paysage est splendide, la vue sur les montagnes de l’autre côté de la vallée est magnifique. L’effort est constant, mais il n’y a pas trop de difficulté pour la montée, sauf la chaleur et les quelques maringouins.

Une partie du groupe de Français qui s’était posé près de la rivière nous rattrape dans la dernière partie de la montée, ce sont des gazelles. Vivement une petite descente sur un sentier gazonné pour enfin arriver dans un mignon petit village, Aurére. Tout au plus, il y a 10 maisons dont 4 gîtes et une école. C’est très mignon et rustique. Nous ne sommes que 4 personnes à coucher ce soir au gîte, le groupe de Français étant dans un autre gîte et l’Australienne couche dans sa tente tout près.

Nous avons pris notre douche à l’eau chaude avant de relaxer et en attendant le souper qui tarde à venir. Près de 8:00pm, nous avons une belle salade de choux, un punch au rhum, du riz, des lentilles blanches, de la saucisse de porc, du poulet et une portion de gâteau. Encore une fois, la nourriture est délicieuse et abondante. Nous sommes avec 2 autres personnes, des Réunionnais qui y sont pour travailler, en fait ils changent les batteries des panneaux solaires. D’ailleurs, ici il y en a partout, c’est la seule façon d’avoir l’électricité. Donc un des 2 garçons nous parle en français durant le repas, c’est très agréable et différent que de discuter avec des touristes comme nous. Marie-Annick, la responsable du gîte a aussi discuté avec nous. Elle nous a même offert de téléphoner pour nous dans nos prochains gîtes pour réserver les soupers. Elle apprend l’anglais et nous avons échangé avec elle sur divers sujets.

Brigitte

[Photos de La Réunion (jour 3) Dos D'Âne à Aurére]

La Réunion (jour 2) Descente glissante

Lundi 27 juin:

marche – aller-retour du gîte Roche Écrite (1837m) @ la Roche Écrite (2276m) De 8:00am à 11:50am et ensuite gîte Roche Écrite (1837m) @ Dos d’Âne (918m) – De 12:15pm à 6:00pm
nuit – Gîte Les Acacias

Aujourd’hui, on sait, selon notre topo-guide, que ce sera une journée de descente pour arriver à D’os d’Âne. D’abord, on se lève assez tôt pour un petite excursion à la Roche Écrite, un sommet tout près du gîte avec une belle vue sur les cirques de Mafate et de Salazie. Ce matin, même si c’est frais, il y a un ciel tout bleu et il fera beau soleil.

On début notre journée vers 8:00am pour l’ascension. C’est assez facile, on passe à travers des forêts pour ensuite marcher sur des roches volcaniques jusqu’au sommet. La vue est magnifique, il n’y a aucun nuage. On croisera le groupe de 7 Français qui se sont levés très tôt pour voir le lever du soleil au sommet et qui sont sur leur retour vers le gîte.

Arrivés au sommet, on prend quelques photos et on est rejoint pas le groupe de trois personnes, 2 Français et une Allemande que l’on a rencontrés la veille. On ne reste pas trop longtemps et on redescend par le même sentier, car la journée sera longue. La descente supposée durer une heure durera 1:30 et la montée aura pris 30 minutes de plus… on est déjà une heure en retard sur notre horaire. On prendra toutefois quand même 15-20 minutes pour manger un peu au gîte avant de partir pour la vraie descente vers Dos d’Âne.
[Photos de La Réunion (jour 2) Roche Écrite]

On fera la descente dans la forêt pour la majeure partie à travers les rochers et surtout sur un sol argileux et détrempé qui est au final très glissant. Brigitte et moi se feront quelques petites frousses en perdant pied et en tombant on se fait quelques égratignures, mais aucune blessure. Moi j’ai presque brisé un bâton en tombant le cul dans la boue. Au final, plus de peur que de mal, ce qui nous force un peu à ralentir le rythme pour faire doublement attention. Ce sol glissant fait que nous prenons de plus en plus de retard sur l’horaire et on arrivera au gite à 6h un peu fatigué, mais sains et saufs.

Vers la fin de notre randonnée, nous marchons sur la crête avec le cirque à notre gauche et la ville à droite. Le ciel est parsemé de nuages. On verra aussi plusieurs dizaines de grosses araignées , des bides, pas dangereuses, mais impressionnantes par leur taille, leur couleur et surtout la quantité. Leurs toiles sont tissées en travers du sentier, juste un peu au dessus de nos têtes. On passera sous elles sans les déranger, tout est bien comme cela.

Le gîte, un peut plus loin dans la ville et surtout à l’extérieur du sentier, est super beau, on a une chambre privée, douche chaude et on peu finalement faire un peu de lavage et finir de faire sécher les vêtements. Le repas est digne des rois, 2 sortes de rhum, salade et omelette de caille en entrée, suivi de riz, fèves en sauce et caille avec toujours leur petite sauce aux piments forts, très très forts. J’en prend un petit peu pour goûter, l’équivalent d’une noisette de beurre. Je commence par goûter la demi d’un petit pois… ma bouche est en feu, je pleure et mon œsophage brûle. C’est très fort. Au final, mélangé avec la sauce, le riz et le vin, je vais finir la porti9n que j’ai prise, et ça c’est très bon…en petite quantité. Le repas est typique puisqu’il n’est pas concevable pour un créole d’avoir un repas sans riz, sans grain (lentilles en sauce) et un cury (mijoté de viande), le tout évidemment accompagné de piment fort.

Comme d’habitude, on se couche assez tôt, il est 9:00pm et on est prêts à se coucher après avoir fait un petit lavage à la main de  quelques vêtements et finir d’écrire les posts. On en profite pour recharger les batteries parce ici on a l’électricité, c’est le grand luxe.

MAM

[Photos de La Réunion (jour 2) Gîte Roche Écrite à Dos D'Âne]

La Réunion (jour 1) Le déluge

Dimanche 26 juin:

marche – Le Brûlé (822m) @ gîte de Roche Écrite (1837m)  – 9:00am à 2:00pm
nuit- Gîte de Roche Écrite (idem que gîte Plaine des Chicots)

Après une bonne nuit à l’hôtel avec l’air climatisé, on est frais et dispo pour notre première journée de randonnée. Nous avions pris les informations pour se rendre à la gare routière, prendre le bus #12 jusqu’au terminus à Providence. De là, on devait prendre le départ du GR-R2,mais nous n’avons pas trouvé le début et nous avons pris la route principale, la D-42. Nous avons marché pendant environ 1h avant que le bus local nous dépasse et s’arrête pour nous prendre. Nos amis rencontrés hier sont à l’intérieur. Nous avons épargné un peu de marche, mais au moins nous commencerons le début au bon endroit.: en fait, on ne pouvait pas  faire plus faux départ que ça même si nous aurions fini par arriver au même endroit.

Ainsi, on débute par le sentier à Brûlé pour une durée de 4h. On est avec un couple accompagné d’une jeune fille et 4 locaux qui nous racontent que leur rêve est de faire la traverser de l’île comme nous. Lors de la première partie du sentier, on découvre des goyaviers, de petits fruits rouges avec des pépins. Le trajet se fait ensuite en forêt et nous nous approchons des nuages. On prend le sentier avec de nombreuses marches. Il coupe à plusieurs reprises la route forestière pour déboucher finalement sur une aire de pique-nique à la lisière d’une forêt de cryptomérias. Nous traversons un grand parking, celui de Mamode Camp.

Dès notre entrée dans la forêt après ce parc, la pluie commence à tomber. Au début la pluie est faible et intermittente, mais nous pensions l’avoir échappé belle après les quelques gouttes de pluie que nous avions eu au début. Nous donnerons à cette première étape le nom de Déluge! Eh bien oui, nous avions pris la peine de mettre la crème solaire pour ne pas avoir de coup de soleil, mais c’est la pluie qui est venue au rendez-vous à la moitié du trajet. Nous mettons les ponchos pour nous couvrir et nous ne les enlèverons pas de la journée. D’ailleurs, la pluie a été de plus en plus forte jusqu’au top à notre arrivée au gîte. Dans les derniers mètres, il pleut tellement que la pluie fait des rigoles et des cascades dans les sentiers, les souliers sont plus que trempés, c’est boueux et il commence  à faire de plus en plus froid.

Mais avant d’arriver au gîte, on entre dans la Réserve Naturelle de la Roche Écrite. C’est un sentier en pente douce dans une forêt de bambou et tamarins. La pluie continue de plus belle et l’eau s’accumule et forme de petits trous d’eau. Au début, on faisait attention de ne pas passer dans les flaques d’eau, mais maintenant il y en a partout et surtout la boue est bien présente, il faut faire attention de ne pas glisser. Nos pieds sont tous trempés et il est temps que nous arrivions. Après une pente plus raide et la traversée de petites ravines, nous arrivons au détour d’un chemin face au gîte de la Roche Écrite (aussi nommée gîte de la plaine des Chicots). C’est inespéré que ce soit enfin la fin, on est plus que trempés et gelés jusqu’aux os.

On a retrouvé les amis, Laurent, Martine et Freiderike au gîte qui sont en train de prendre le pic-nic. Nous avons une chambre dans le dortoir de deux chambres de 8 lits. Heureusement, il y a de l’eau chaude pour la douche. Nous avons quand même de la difficulté à se réchauffer par la suite. La soupe et les thés sont bien appréciés. Nous passons du bon temps avec les autres, on discute, on apprend de leur expérience et surtout on essaie de se réchauffer. Nous avons les doit geler et ça prend presque 2h avant qu’ils ne dégèlent. Vers 6:30pm, il fait nuit noire et le souper est servi: soupe, poulet, riz, fèves rouges et petit verre de punch au rhum fait maison très bon. On discute quelques minutes autour de la table à la fin du repas… mais tous sont fatigués et on ne souhaitent qu’un chose, se coucher, se réchauffer et que les chaussures soient sèches demain. Elle ne le seront malheureusement pas et le lendemain certains remettront les vêtements humides. Il fait assez frais dans la chambre, mais la chaleur humaine fera de notre chambre là un endroit des plus chaud des environ. On a bien rêvé à un feu de cheminée, mais il est interdit de faire des feux en montagne. On devra donc enfiler nos vêtements et se réchauffer dans nos sac de couchage. On dormira très bien par contre.

Marc-André

[Photos de La Réunion (jour 1) Le Brûlé à Gîte de Roche Écrite]