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Islande (jour 13) Blue Lagoon

Lundi 12 septembre 2011: Nous voici déjà rendus à notre dernière journée en Islande et nous terminons avec la cerise sur le sundae puisque nous passerons du temps au Blue Lagoon pour profiter des bains dans les sources thermales et un bon massage. Avant d’arriver à ce moment de la journée pour se gâter, on fait un tour sur la péninsule de Reykjanes, au sud-ouest.

Sur la route, on fait quelques arrêts, dont le premier pour voir un petit village de pêcheurs avec de minuscules maisons, simples et colorées sur le bord de l’océan. Aussi, un peu plus loin, nous nous sommes arrêtés dans une aire de repos pour regarder les pancartes informatiques et nous avons vu un escalier de bois qui descend dans le sol. En fait, il mène dans une cave formée par la lave et on prend le temps d’aller voir de plus près. C’est assez haut et large, mais c’est dommage que le plafond se soit écroulé, alors nous avons une cave à ciel ouvert.

Un moment que nous avons bien aimé est celui où nous avons vu un phare au loin et que nous avons emprunté le chemin en gravelle pour s’y rendre. Arrivés au bord de l’eau, nous avons marché jusqu’en haut de la butte et nous avions une belle vue sur l’océan, le rivage, le phare et au loin de la vapeur provenant de sources thermales. D’ailleurs, nous avons fait le chemin pour aller voir ces sources de plus proches juste après cet arrêt. Nous sommes restés sur le sentier aménagé pour éviter d’aller trop près de la marmite de la sorcière provenant de la légende disant qu’une sorcière habitait ici et s’occupait de sa grande marmite de boue qui bouillait. Les vapeurs transportant l’odeur de souffre nous envahit de temps à autre selon la direction du vent. Le sol chaud est multicolore à plusieurs endroits et c’est très spécial.

On poursuit notre route qui fait le tour de la péninsule jusqu’à Keflavik, là où nous arrêterons manger. Finalement cette ville n’a pas vraiment de charme. Il y a une grande rue commerciale, mais sans uniformité ni ambiance. Nous avons regardé pour des restaurants et c’est surtout de style fast food. On s’arrête chez Quiznoz pour manger des wraps, mais c’est annexé à une station service, alors pour le décor, ça fait dure. Bref, au moins le sandwich est excellent.

Quelques minutes plus tard, nous arrivons au Blue Lagoon situé au milieu des champs de lave et de lichen alimenté par l’eau de la centrale électrique géothermique voisine. La particularité de cette station thermale est la création d’un lac totalement artificiel de plus de 200 m de long dans une zone volcanique. L’eau utilisée dans le lagon est naturellement riche en sels minéraux, silicates et algues bleu-vertes. Ce sont ces algues qui donnent au lagon sa couleur bleue turquoise laiteuse. Grâce à un forage à plus de 2’000 mètres de profondeur, la centrale extrait une eau sous pression à 240°C réchauffée par l’activité volcanique de l’île qui permet de produire de l’électricité géothermique et de chauffer les villes de Grindavik et la capitale Reykjavik. L’eau chargée en silice ressort de la centrale entre 30 et 39°C et alimente directement la station thermale et le lac artificiel pour le plus grand bonheur des islandais et des curistes.

Le massage pour lequel j’avais fait la réservation la veille a été mal pris en note et au lieu d’avoir un traitement suivi d’un massage, nous n’avons que le massage. Les plages horaires étant complètes, il n’est pas possible de réparer leur erreur, alors on accepte le massage, c’est quand même mieux que rien. Mais avant de se faire masser, on va dans les bains. Une immense piscine naturelle s’étend derrière le bâtiment moderne. Plusieurs mini baies sont autour du grand lagon et les courants d’eau chaudes se promènent. Il y a aussi deux bains à vapeur, un sauna et une chute massage.

Munis de notre bracelet high tech qui ouvre notre casier, nous permet d’acheter des boissons au bar et de ne payer qu’en sortant, nous entrons dans l’eau. Elle est effectivement chaude, juste assez pour rester longtemps sans avoir trop chaud, mais avec quelques courant d’eau plus chaude à certains endroits. Des bols de silice blanche est à disposition pour se faire un masque facial, alors on s’enduit le visage et on attend que le masque sèche. Ah que ça fait du bien! Il fait une magnifique journée, le soleil est au rendez-vous, on ne peut demander mieux.

L’eau rend notre peau toute douce et nos muscles commencent à se détendre. Toutefois, ce n’est que sous les mains expertes du masseur qu’ils sont bien détendus. Nous avons pris un massage extérieur fait dans l’eau. On s’étend sur un matelas flottant, une couverte mouillée nous recouvre pour nous garder au chaud et le masseur nous fait le massage dans l’eau en nous faisant naviguer. Nous sommes sur le dos et le massage se fait en passant ses mains puissantes entre notre dos et le matelas. C’est un massage particulier, mais qui ne perd pas son efficacité. Aussi, on dirait qu’on danse avec lui dans l’eau puisque les mouvements qu’il fait pour changer de position nous fait virevolter sur la surface de l’eau. Pour nous garder au chaud, il fait en sorte de nous immerger un peu dans l’eau chaude de façon régulière tout en laissant notre tête sortie. C’est vraiment spécial et relaxant.

Les plaisirs de la vie ne peuvent durer éternellement, il est maintenant l’heure de rentrer au guesthouse pour être à l’heure pour le rendez-vous donné à la personne qui vient récupérer le véhicule. C’est ce qui est bien avec la compagnie que nous avons choisie (viking car rental via extreme island) c’est qu’ils viennent chercher le véhicule à l’heure et l’endroit que tu veux. Une fois le véhicule rendu, nous pouvons profiter des installations du guesthouse. Nous sommes dans le sous-sol très bien aménagé d’une maison, Thverholt à Keyflavik. C’est zen, simple et chaleureux. Nous avons deux repas lyophilisés que nous prenons ce soir puisqu’il y a une cuisine aménagée. Aussi, on refait la disposition de nos valises afin de remettre les vêtements chauds dans la grosse valise que nous laisserons à l’aéroport pendant nos quelques jours en Pologne.

Pendant que je rattrape le retard dans l’écriture des posts, Marc-André part à la recherche d’aurores boréales. Il marche dans le boisé derrière la maison lorsque le ciel commence à s’éclairer de vert. Il passe alors plus d’une heure à l’extérieur à prendre plusieurs photos dans des angles différents. C’est tout gelé qu’il revient se glisser sous les couvertes du lit, fier des belles photos prises.

Brigitte

[Photos du Blue Lagoon et pointe sud]

[Photos Best of Islande - psd et panos]

[Vidéo de l'Islande, 28:37 minutes]

Islande (jour 12) Tour à cheval guidé

Dimanche 11 septembre 2011: Pour une deuxième journée consécutive, nous avons pris un voyage d’un jour organisé. Aujourd’hui, nous avons sélectionné un tour à cheval avec www.extremeiceland.is (viking tour) dans la région de Reykjanes, à quelques minutes à peine de Reykjavik. Cette fois-ci, nous serons plusieurs puisque la navette qui vient nous chercher à l’hôtel est pleine. Nous avons choisi un tour qui dure toute la journée, incluant le diner servi sur place.

Arrivés au centre équestre, on visionne une vidéo sur les positions, mouvements et actions que nous devons mettre en pratique pendant que nous montons le cheval. Les chevaux islandais ont une démarche particulière et notre posture est différente de ceux que nous avons l’habitude de monter. Nos casques sur la tête, on nous attribue un cheval en fonction de notre expérience et ensuite un guide vient vérifier la selle et nous fait monter. Une fois tout le monde installé, nous partons pour une première partie, celle de l’introduction et l’acclimatation.

On ne peut pas dire que je suis super confiante. Je n’ai pas fait beaucoup de cheval dans ma vie, mais tant qu’on marche, ça va. Ils nous ont fait faire un peu de trot et là ça s’est gâté un peu. Je me cramponnais à la selle comme ils nous avaient montré si on n’était pas confiant. En temps normal, je ne devrais que tenir les reines, mais là je me sens stressée. Aussi, je ne suis pas capable de suivre la cadence alors mes fesses cognent sur la selle. Ils séparent ensuite les gens en deux groupes, les rapides et les lents. Je reste avec les lents parce que si je vais avec les rapides, nous ferons plus de trots, rythme que je ne maîtrise pas. Toutefois, puisque nous avons pris le Viking Tour, nous devons aller avec le groupe des rapides. En fait, lors de la réservation, ce tour était déjà catégorisé pour les personnes intermédiaires. Courage, je vais être capable de suivre. Marc-André, lui, est plus confiant et plus à l’aise.

La fin de l’introduction se termine par une montée de colline au galop que je fais très bien et où je me suis sentie à l’aise. Je me dis que ce ne sera pas si pire finalement. On rentre dans l’enclos avec nos chevaux et on enlève les selles et les mors par nous-même en suivant les instructions des guides. Ce n’est pas difficile une fois qu’on sait comment faire. Un petit goûter nous est servi, pas très complet puisqu’une soupe aux légumes et poulet avec du pain sont au menu. On comprendra plus tard que de retourner faire du trot en après-midi, c’était bien de ne pas avoir trop mangé.

Lors de notre deuxième sortie, nous sommes quatre plus la guide dont deux filles qui ont l’habitude de faire du cheval. Je réalise alors que je n’ai fait du cheval que deux fois dans ma vie et que jamais nous n’avions fait de trot ni de galop, que de la marche au pas. Nous repartons tout doucement et je suis bien contente. Je sens que ma selle penche vers la gauche et je compense en me penchant vers la droite. Après quelques séquences au trot, j’avise la guide qui réajuste la selle, mais je sens encore que ça penche un peu. Je réussis à bien tenir et suivre le rythme tout en continuant de me faire taper les fesses sur la selle. Marc-André a le même problème que moi, celui du rythme. On a beau regarder les autres, examiner leur position, on ne réussit pas à les imiter et on continue à se faire tabasser les fesses. Faut croire que nous n’avons pas assimiler le rythme des chevaux islandais.

Nous traversons un grand champs de lave et le paysage est magnifique. Il y a beaucoup de gens dans les champs qui cueillent des bleuets sauvages puisque c’est la saison. Je suis plus à l’aise sur mon cheval et lors du trot je réussis à ne tenir que les reines et non plus la selle comme ce matin. C’est beaucoup mieux comme ça. On fait une pause d’une vingtaine de minutes près d’un enclos de moutons et d’une grotte. On se dégourdit les jambes pendant que les chevaux prennent une pause et broutent de l’herbe. On marche jusqu’à l’enclos fait en roche, mais les moutons n’y sont pas. On en profite pour cueillir un peu de bleuets, c’est bon!

On remet les selles sur notre cheval et la guide s’assure que nous avons bien attaché les sangles avant de repartir. Durant cette dernière partie, nous faisons un peu de galop, mais je retiens mon cheval et on ne fait que du trot. Cet après-midi, je n’ai pas du tout le bon rythme pour le galop alors je ne risque rien, je ne fais que rejoindre le groupe un peu plus loin au trot. Nous croisons un autobus et mon cheval prend panique et part dans le champs. En restant calme, je réussis à le retenir et l’empêcher de partir à l’épouvante. Ouf, je m’en suis bien sortie. La promenade commence à être longue et on sent la fatigue nous gagner, on n’est pas habitué de faire du cheval. Enfin, on voit les enclos et c’est avec plaisir qu’on descend de nos chevaux. Bien heureux de notre randonnée, on a fait une activité différente et on a profité d’une particularité de l’Islande. Toutefois, nous devrons vivre avec des membres endoloris pour quelques jours, surtout les fesses et l’intérieur des cuisses.

C’est notre dernière soirée à Reykjavik et nous avons réservé au Perlan, restaurant très réputé en Islande. Le restaurant tournant est au cinquième étage au dessus d’une terrasse panoramique. Le bâtiment était à l’origine un réservoir où est stockée l’eau chaude d’origine géothermique. En 1991, les réservoirs ont été rénovés et une structure hémisphérique fut mis au dessus et c’est là qu’est le restaurant. Nous avons pris le menu dégustation, soit cinq plats accompagnés de vin à chacun des mets. Ainsi, nous avons eu un carpaccio de veau en amuse-bouche, du saumon fumé, un petit médaillon de St-Jacques et un morceau de homard fris séparés en deux entrées, suivies de filet d’agneau pour Marc-André et de poisson pour moi et enfin une tarte style gâteau au fromage. Le repas était délicieux et bien accompagné par le vin. Le fait que le restaurant tourne peut donner quelques vertiges, mais en mangeant les yeux dans les yeux, les maux disparaissent. Nous nous sommes bien gâtés et avons eu un délicieux repas pour pas si cher que ça.

Brigitte

[Photos d'équitation et Le Perlan]

Islande (jour 11) Hicking guidé au Silver Circle

Samedi 10 septembre 2011: Aujourd’hui, nous nous sommes payés un tour guidé (mountainguides.is) que nous avions réservé lors de notre planification. Notre guide vient nous chercher à 8:30am et sera avec nous toute la journée pour nous faire découvrir la région au nord et nord-ouest de Reykjavik. Nous aurons l’occasion d’avoir un tour privé puisque personne d’autre ne s’est joint à nous. C’est parfait comme ça, on pourra marcher à notre rythme puisque la première partie est consacrée à une randonnée d’environ trois heures.

Notre guide, Maria, prend le volant et ça fait tout drôle de se faire conduire puisque je conduis à tous les jours depuis deux semaines. On ne se préoccupe plus de quelle route on prend, on se contente de regarder le paysage et d’écouter ses explications sur ce que nous croisons. Nous partons vers le fjord Hvalfjörður (fjord des baleines) en prenant la route qui longe le bord de l’eau. En route, Maria nous montre l’usine d’aluminium de l’autre côté du fjord, au loin l’endroit où ils dépècent les 200 baleines pêchées par année et en profite pour nous en dire davantage sur la vie sur l’île.

Nous avons une magnifique journée qui se présente à nous et c’est parfait pour la randonnée prévue au programme qui nous fera découvrir la plus haute cascade d’Islande, Glymur, avec une hauteur de 190 mètres. Nous partons donc avec la guide en tête dans le sentier sous les gros rayons de soleil. Le vent souffle et on est quand même bien habillés, mais avec l’effort qu’on fournit lors de l’ascension, nous enlevons quelques morceaux. On traverse une petite rivière sur un boyau de bois et une corde pour se tenir et garder l’équilibre. Je suis rendue moins peureuse et c’est sans hésitation que j’ai franchi l’obstacle. Juste après, nous avons commencé la vraie ascension plus soutenue pour se rendre tout en haut et avoir une belle vue sur une partie de la chute. Nous ne pouvons la voir au complet puisqu’elle tombe dans un canyon étroit.

Une fois en haut, elle nous propose de prendre une collation avant de faire la descente par le même chemin. Marc-André n’aimant pas repasser sur ses pas demande s’il y a un autre chemin pour redescendre. Nous sommes chanceux, il y en a un autre qui franchi la rivière tout en haut et redescend de l’autre côté du canyon. Cette rivière est beaucoup plus large et il n’y a pas de pont ni série de rochers pour nous permettre de traverser au sec. Nous devons la franchir à gué et comme nos bottes ne sont pas imperméables, il est préférable de les enlever et de traverser pieds nus. Notre guide a des bottes imperméables et nous aide à traverser en nous tenant la main dans les passages difficiles ou glissants. L’eau est glacée, mais nos pieds tiennent le coup jusqu’à l’autre rive. Finalement, nous terminons la randonnée en 2.5h, ce qui est très bien. Nous avons eu un beau panorama tout au long de la randonnée.

Ensuite, on se dirige vers Þingvellir que nous avons déjà visité au tout début de notre périple en Islande. On fait quand même escale sur ce site très important et on en profite pour prendre les explications de la guide qui clarifie plusieurs choses que nous n’avions pas comprises lors de notre première visite. Ainsi, on comprend que le parlement ne réfère pas à un bâtiment, mais plutôt à l’endroit où les gens se rencontraient pour prendre des décisions et ce, au grand air. Elle nous explique plus en détail le mouvement des plaques tectoniques qui se séparent ici, mais aussi à divers autres endroits sur l’île. Ce n’est pas qu’une ligne droite, mais la séparation peut s’étendre sur plusieurs kilomètres de larges avec plusieurs crevasses. D’ailleurs, elle nous en monte quelques unes au loin.

On prend une pause diner dans un café tout près avant de reprendre la route autour du lac Þingvallavatn. En chemin, on s’arrête au milieu de nul part et notre guide sort les casques avec les lumières frontales; nous partons à la découverte d’une grotte, celle de Gjábakkahellir, longue de 364 mètres formée par la lave. Lors de la coulée de lave, la partie supérieure a figée, mais la lave bouillante encore en dessous a continué son avancée laissant derrière elle un tunnel vide sous la lave durcie. Cette grotte est ouverte aux deux extrémités, ce qui facilite sa visite. Il fait bien noir à l’intérieur, mais avec nos lampes torches, on éclaire juste assez pour voir devant nous. Il est difficile de marcher sur les gros morceaux de lave détachés qui sont en fait de grosses roches avec des formes particulières. A quelques endroits, le plafond est très bas, mais il est majoritairement élevé ce qui nous permet de marcher bien droit la plupart du temps. A l’intérieur, les parois offrent différentes couleurs et formes selon les minéraux. La visite est très intéressante malgré que ce soit trop court. C’est une découverte qu’on ne peut faire qu’avec un guide puisqu’il n’y a aucune indication et il est presque impossible pour nous de le trouver par nous-même. D’ailleurs, on ne s’y serait pas aventuré seuls.

A l’extrémité sud du lac Þingvallavatn, on s’arrête pour faire une petite randonnée de trente minutes sur une colline qui offre une vue sur le lac et les environs. C’est une marche très facile à travers les bosquets, les herbes et la mousse qui recouvre la lave durcie. Ce fut bref, mais on s’est bien dégourdis puisqu’on commençait à s’endormir sur le siège arrière de la vagonette. Nous arrivons finalement à notre hôtel vers 5hpm et avons toute la soirée devant nous pour retourner par nos propres moyens à Reykjavik.

Nous trouvons un petit restaurant sympathique au centre-ville et lorsque nous retournons vers la voiture, de belles aurores boréales vertes dansent dans le ciel. Heureusement que nous avons l’appareil photo avec nous, on va sur le bord de l’eau et on prend plusieurs photos. Il y a plein de gens qui s’émerveillent devant ce phénomène rare pour nous, touristes. Plusieurs essaient de prendre des photos, mais rien ne ressort puisque nous n’avons pas les bonnes programmation. Grâce à l’appareil performant et professionnel de Marc-André, on réussit à prendre de très belles photos. Nous sommes très contents de les avoir vues, c’est un des premier soir où le ciel est bien dégagé et qu’on peut les voir. Aussi, nous pensions devoir attendre minuit pour les admirer, mais dès 10h30pm elles éclairaient déjà le ciel. Nous étions au bon endroit au bon moment.

Brigitte

[Photos du tour guidé au Silver Circle]

Islande (jour 10) Randonnée au Landmannalaugar

Vendredi 9 septembre 2011: Le ciel est tout bleu et il n’y a aucun nuage, ce sera une magnifique journée ensoleillée, mais le froid reste de la partie avec une température à peine entre 2 et 5 degrés celcius. C’est idéal pour notre activité de la journée, une randonnée dans une région des plus spectaculaires de l’Islande, le Landmannalaugar.

Nous prenons la route 208, non asphaltée jusqu’au bout où est installé un camping. Sur la route pour s’y rendre, on remarque le paysage particulier. L’activité volcanique y a forgé des cratères rougeâtres, des montagnes de rhyolite, des vallons et des champs de cendre qui côtoient des lacs d’un bleu profond. Les couleurs du paysage varient du noir au jaune pâle en passant par le rouge et le bleu.

Une fois arrivés au camping, on voit la coulée de lave, le Laugarhraun, qui s’arrête juste derrière. Il y a des sentiers plus ou moins balisés qui le parcourent, mais nous choisissons un autre sentier pour voir plus de paysages et qui dure plus longtemps, celui de Sodurnamur. On débute par une rude montée, ici ils ne se sont pas cassé la tête, ils ont fait le sentier en ligne presque droite pour atteindre directement le sommet au lieu de faire de grands zig-zags. Un pas à la fois nous mène au sommet de la première montagne, pas très haute en altitude, mais qui nous offre déjà un bon panorama. S’ensuit d’autres montées tout aussi rudes sur les autres montagnes avoisinantes et ce, pendant environ un peu plus d’une heure. Nous avons de minis répits puisqu’il faut bien redescendre un peu de temps à autre pour changer de montagne. La vue est magnifique sur les environs et on profite du panorama.

Nous contournons le camping vers le nord et ensuite vers l’est sur les montagnes avant de redescendre dans la vallée et la coulée de lave pour finalement rejoindre le camping. La descente est assez aisée et nous sommes maintenant dans la grande vallée entourée des montagnes. Là on se sent petit comparativement à lorsque nous étions tout en haut des montagnes. Nous traversons facilement la vallée en faisant attention de ne pas marcher dans l’eau puisqu’il y a plusieurs petits cours d’eau. Nous atteignons rapidement la dernière section, celle de la coulée de lave. Ainsi, on se promène entre les rochers de laves qui ont figé avec le contact de l’air frais. Autour de nous, toutes les roches sont noires et la verdure n’a pas encore pris possession de l’endroit même si quelques arbustes ont pris place.

Notre randonnée a duré 3 heures et selon le temps requis du plan de l’information touristique c’était entre 3-4 heures. Nous sommes pas mal fiers de nous, surtout à cause des bonnes montées. Le Landmaalaugar est très reconnu pour un trekking, le Laugavegur, qui va de Landmannalaugar à Porsmork. Cette randonnée est longue de 54 km et se fait habituellement en quatre jours. Nous aurions pu faire ce trajet si nous l’avions planifié, mais il faut coucher en tente et à cette époque-ci de l’année, il fait déjà assez froid avec le vent, alors nous avons laissé tomber.

[Photos de la randonnée au Landmannalaugar]

Après la randonnée, on reprend la route pour visiter davantage de cette belle île qu’est l’Islande. Nous n’avons pas beaucoup d’arrêts de prévus, mais le paysage qui défile est magnifique et évolue d’un kilomètre à l’autre. Nous traversons des champs de lave durcie et ils sont tous différents les uns des autres; à certains endroits ce sont de gros monticules, d’autres de petits cailloux ou même de la poussière comme dans un désert. Une fois terminée le paysage lunaire des highland, nous reprenons la route asphaltée entourée de verdure. Les fermes et leurs animaux commencent à faire partie du décor.

Nous arrivons rapidement à Stong dans la vallée de la Thjorsá où une maison d’époque a été reconstituée. En fait, des fouilles archéologiques ont mis à jour les ruines de cette ancienne ferme viking ensevelie sous la cendre par la terrible éruption du volcan Hekla en 1104. Il ne reste pas grand chose sur pied à part les fondations en pierre. Les recherches ont permis aux archéologues d’avoir une idée précise des matériaux utilisés, des proportions et de la disposition des pièces. Nous avons pu visiter ces vestiges, protégés des intempéries par un hangar en tôle ondulée. Les fondations sont des roches empilées les unes sur les autres sur environ un mètre (max trois pieds) et par dessus la terre avec du gazon. Les pièces sont assez grandes, mais on a de la difficulté à comprendre comment c’était aménagé.

Une réplique exacte de cette ferme a été construite quelques kilomètres plus loin à Skeljastadir en se basant sur les plans de la ferme de Stong et sur les descriptions d’habitat médiéval extraites des sagas. La ferme reconstituée s’appelle Thjodveldisbaer. Nous sommes en dehors de la saison estivale, alors nous ne pouvons visiter l’intérieur qui nous aurait fait découvrir l’aménagement. Toutefois, on peut avoir une bonne idée de l’extérieur avec la maison tout gazonnée. A l’extérieur, une petite église en bois debout jouxte la ferme, fermée elle aussi. Nous sommes un peu déçus de ne pouvoir voir l’intérieur et on ne peut même pas regarder à travers les fenêtres puisqu’il n’y en a même pas!

On reprend la route en direction de Reykjavik qu’on fait plus ou moins directement. On avait vu sur le guide routier une indication de site intéressant, mais finalement arrivés au village, il n’y a rien. Sans doute est-ce le village en soit qui est un point intéressant, mais nous ne voyons pas pour quelle raison. On ne cherche pas plus et on se dirige alors à Reykjavik puisqu’il commence à se faire tard.

Nous avons réservé à l’hôtel Smari qui n’est pas tout à fait à Reykjavik, mais dans une ville avoisinante. Nous avons réussi à trouver la rue sur la carte, mais avons de la difficulté à se situer avec tous ses noms complexes. On s’arrête dans une station service et le commis nous explique le chemin….c’est juste derrière. L’hôtel n’est pas super bien situé, un peu à l’extérieur du centre et entouré de commerces. Toutefois, nous sommes à quelques pas du plus grand centre commercial de l’Islande, le Smaralind. Nous ne sommes pas ici pour magasiner, mais c’est là que nous irons souper ce soir au Friday’s. Il y a une bonne ambiance et nous avons bien mangé. Nous nous sommes laissés tenter par les desserts, c’était de trop, mais bien bon. Toutefois, la facture n’a pas été trop grosse puisqu’ils ont oublié de nous les charger… On roule presque jusqu’à l’hôtel, mais le fait de marcher à l’air frais facilite la digestion avant d’aller sombrer dans un profond sommeil.

[Photos près de Landmannalaugar]

Brigitte

Islande (jour 9) Traversée du highland (hautes terres) islandais

Jeudi 8 septembre 2011: Nous sommes rendus à la journée la plus trépidante et aventureuse de notre voyage, celle de la traversée des hautes terres. C’est une route en gravier d’une longueur de 240 km qui traverse du nord-est au sud-ouest l’Islande à travers le centre non habité, montagneux et aride. Selon nos recherches, la traversée devrait durer 10 heures puisqu’ils estiment que nous rouleront à environ 30-40km/hr. Comme nous voulons faire quelques arrêts pour faire des photos et se dégourdir, on ne veut pas partir trop tard pour éviter d’arriver à une heure décente au gîte.

Nous faisons le plein d’essence à la dernière station service (à Fossholl) avant de prendre la route 842 se changeant en F26 qui fait la traversée. Juste avant de l’emprunter, nous voyons une affiche pour un site intéressant, une autre chute que nous voyons de la route. On prend quelques minutes pour voir de plus près les chutes de Godafoss. Celles-ci sont différentes par la couleur verte de l’eau. Sans doute que la couleur de l’eau change à chaque jour en fonction des nuages, mais jusqu’ici nous avions vu des chutes bleu ou brunes, alors ça fait bien différent.

Cet arrêt fait, nous voici prêts pour commencer cette aventure. La première partie, soit le chemin 842, commence très bien puisque la route est bien tapée et il n’y a pas de trous alors on peut rouler à une très bonne vitesse (70-80km/hr). C’est certainement dû au fait qu’il y a des fermes et que ce tronçon est bien entretenu. Après trente minutes, on arrive maintenant sur la vraie route de la traversée, la F26. Nous aurions pu emprunter la F35, mais elle est plus à l’ouest. Au début du chemin, nous croisons les chutes de Aldeyjarfoss et on décide de s’y arrêter aussi. Sur le reste du chemin, ce sera comme un désert avec peu ou pas d’arrêts, alors on profite de ceux qu’on a lorsqu’il y en a. On descend une pente à pied pendant quelques minutes avant d’avoir la chute qui coule au fond du canyon.

Et voilà, c’est vrai, nous sommes partis pour une longue route. Le chemin est moins cahoteux qu’on le pensait et on roule quand même à 50km/hr, ce qui n’est pas mal et plus rapide que ce que google avait calculé. On ne sait pas si c’est comme ça habituellement, mais nous profitons de cette chance. D’une part, on roule plus vite alors on arrivera plus tôt, mais c’est aussi plus agréable et on se fait moins brasser. Autour de nous, il n’y a que des roches, des cailloux et de la terre à perte de vue étendus sur des collines.

Durant le deuxième tiers du chemin, on commence à voir des accumulations de neige qui est tombée la veille. Plus on monte en altitude, plus il y a de la neige accumulée sur le chemin. A certains endroits, il y a beaucoup de neige qui monte jusqu’au plancher du camion et on doit suivre les traces des camions passés avant nous. Notre camion est haut, alors nous n’avons aucune difficulté dans ces tronçons, mais il faut être vigilant pour ne pas rester pris. En gros, c’était une des plus grande difficulté lors de notre trajet.

L’autre difficulté, ou plutôt particularité puisque nous n’avons eu aucune difficulté, était les passages à gué de rivières. Nous avions trois rivières à traverser directement dans l’eau, mais elles n’étaient pas larges ni creuses alors c’était presque comme traverser une grande flaque d’eau. Nous n’avons pas pris de chance, on a mis les quatre roues motrices pour s’assurer de ne pas rester pris. Je suis très fière de moi, j’ai traversé les rivières comme une grande. Nous avions vu des vidéos de traversées de rivières, mais c’était beaucoup plus difficile que celles que nous avons traversées. Tout doit dépendre de la saison à laquelle on y passe et la quantité de pluie qui est tombée. Alors, pour ceux qui feront la traversée un de ces jours, ayez en tête que ça peut être pire que ce que nous avons vécu et filmé.

Au final, la traversée a pris beaucoup moins de temps que prévu, nous avons mis 7 heures entre la ville de Fossholl et Hrauneyjar pour un total de 240km. Il a fait très beau grâce au fort vent qui a chassé les nuages toute la journée. Nous sommes arrivés au gîte vers 5h30pm et avons marché un peu derrière dans les champs pour se dégourdir. Avec les joues rougies par le vent frais, nous sommes rentrés pour se réchauffer et préparer notre journée de demain. Nous avons mangé un bon hamburger bien garni à défaut d’avoir une cuisine qui offrait de la nourriture gastronomique. C’est un grand gîte avec beaucoup de monde puisque c’est un endroit bien populaire pour faire des expéditions, alors c’est terminé le calme que nous avions dans les guesthouse. Heureusement que dans le long corridor des chambres c’est le calme plat, nous pourrons bien dormir.

Brigitte

[Photos de la traversée des hautes terres]

Islande (jour 8) Mývatn

Mercredi 7 septembre 2011: A notre réveil, on constate qu’il pleut fort et le ciel est bien couvert. On espère que le temps changera durant notre petit déjeuner, mais il y a de faibles chances puisque c’est ce qu’annonçaient les prévisions météorologiques. On prend donc notre temps puisque de toute façon nous restons une deuxième nuit à cette ferme et que nous n’avons pas de route à faire. Tout est à proximité et comme nous n’avons que des activités extérieures de prévues, mieux vaut attendre que ça cesse ou du moins diminue. Peine perdue, il est 11ham et la pluie tombe toujours autant. On prend notre courage à deux mains et on va affronter le mauvais temps, sinon on ne visitera rien.

Nous sommes dans la région de Mývatn (en islandais « le lac des mouches ») dont le point central est un lac du même nom autour duquel les villages sont situés. Le nom du lac vient des nuées d’insectes (Chironomidae) dont se nourrissent les canards qui peuplent les bords du lac en été. La superficie du lac est de 37 km2 et nous en avons fait le tour en voiture avec l’espoir d’apercevoir quelques oiseaux ou canards, mais ils se sont mis à l’abri. Il y a deux villages principaux dans la région de Mývatn, celui de Skutustadir où nous couchons et celui de Reykjahlíð. Nous nous sommes arrêtés à l’église de ce dernier village et avons repris la route à l’abri et au chaud dans le camion.

On remarque une indication pour un site intéressant et on prend le petit chemin de terre en direction de Grjótagjá. A peine deux kilomètres plus loin et on voit de petites affiches. On fait une remarquable découverte, de belles caves avec des bassins d’eau chaude provenant de sources thermales. Dans la première cave, deux personnes se baignent et nous donnent envie de les imiter. Nous avons nos costumes de bain avec nous alors la décision est vite prise. Une fois enfilés, on trempe nos orteils qui sont vite ébouillantées! On essaie de les tremper petit à petit, mais c’est beaucoup trop chaud pour nous, alors on remet nos vêtements chaud pour retourner dans la tempête.

Je vous ai déjà mentionné qu’en Islande le temps changeait rapidement et que la pluie alternait avec le soleil, mais aujourd’hui la pluie a décidé d’alterner avec la neige! Oui, oui, de la neige! Ce n’est pas surprenant puisqu’il fait à peine 2 degrés celcius. Heureusement que nous sommes bien habillés, mais la neige c’est quand même mieux que de la grosse pluie. Bref, au début c’était de petits flocons tout gênés qui fondaient, mais ils ont vite pris de l’assurance et se sont solidifiés pour s’accumuler. Le vent souffle fort et la neige tombe en diagonale à toute vitesse.

Nous arrivons à Hverir, quelques minutes à peine de Grjotagja pour admirer les marmites de boue en ébullition sur le mont Namaskaro. En descendant la colline, on aperçoit de la vapeur qui sort du sol et quelques voitures stationnées, ce sont des touristes aussi braves que nous. On enfile nos punchos par dessus nos manteaux pour essayer de se garder au sec malgré la neige fondante, mais avec le vent et le froid, nos punchos ne résistent pas. On fait un rapide tour des installations pour voir de plus près ces trous d’où sort la vapeur et bouillonne de la boue. La senteur de soufre est bien présente et on ne peut pas dire que ça sent bon.

Ce phénomène est créé par les eaux superficielles froides qui s’infiltrent jusqu’aux inclusions de magma et se transforment en vapeur sous l’effet de la chaleur. La vapeur remonte, accompagnée de gaz contenant de l’hydrogène sulfuré qui donne aux sources chaudes leur odeur caractéristique. Dans les zones de sources chaudes, le mélange de l’hydrogène sulfuré avec l’air ambiant donne naissance à des dépôts de soufre. Près des évents de vapeur se forme en outre un mélange de silice et de gypse. Dans les marmites de boue, l’hydrogène sulfuré remonte au travers de l’eau de surface, donnant de l’acide sulfurique qui rend l’eau acide. Celle-ci dissout la roche et la terre pour former la boue caractéristique de ces marmites et de leur voisinage.

La neige gicle notre visage et c’est avec les joues bien rouges, refroidies par le temps que nous retrouvons le calme et la chaleur du camion. On profite de ce moment au chaud pour grignoter et se sécher un peu. Juste en face, il y a la route qui mène à Kafla et au cratère Víti. La route monte en altitude et la neige n’est plus fondante du tout et s’accumule. C’est sur une route enneigée et avec une visibilité réduite que nous arrivons au bout du chemin quelques kilomètres plus loin. On fait quelques pas pour arriver au cratère Víti qui est en fait un cercle d’une circonférence d’environ 300 mètres. Ce cratère a été formé suite à la puissante explosion de 1724. D’ailleurs, cette explosion a marquée le début des activités nommées Myvatnseldar qui ont durées cinq ans et sont reconnues comme la plus longue éruption en Islande. Nous avons pris à peine quelques secondes pour faire un petit vidéo et prendre deux-trois photos, on ne voit pas très loin et il fait froid. C’est tellement dommage parce que nous aurions pu faire une belle randonnée sur la montagne Krafla s’il avait fait un peu plus beau, mais là avec cette neige, on ne voit pas le sentier et il n’y a pas de panorama, ça ne vaut pas la peine d’y passer plus de temps.

Sur notre programme que nous avons préparé sur cette région, nous avons noté qu’il faut faire une randonnée à Dimmuborgir et qu’il faut voir le cratère explosif sur le mont Hverfjall juste à côté. Vu la température, on laisse tomber la randonnée, mais on fait quand même la montée pour se rendre tout en haut du mont Hverfjall et voir son grand cratère. Nous sommes passés par le trajet plus facile puisqu’il fait l’ascension du côté moins pentu, mais il y a aussi un sentier qui passe de l’autre côté et qui est plus difficile. C’est aussi par là que nous aurions monté si nous avions fait la grande randonnée en partant du site de Dimmuborgir.

Le Hverfjall (en islandais la « montagne de la source chaude ») est un volcan situé sur le site du lac Mývatn. Il est apparu il y a 2 500 ans et est le résultat d’une seule éruption appartenant au cycle de Hverfjall du Krafla. Le cône fait environ 250 mètres de haut et 200 mètres de profondeur pour un diamètre de 1 200 mètres. Nous avons fait la montée assez facilement, mais arrivés en haut le vent soufflait encore plus fort. Nous n’avions pas une très belle vue à cause de la neige, mais sinon par temps clair nous aurions eu un magnifique panorama sur le lac et les montagnes environnantes. N’ayant pas cette chance, on ne passe pas de temps là haut et on redescend rapidement.

Nous nous dirigeons vers Dimmuborgir, à peine quelques centaines de mètres plus loin sur la route. Arrivés sur place, nous sommes un peu plus bas et à l’abri du vent, ainsi la promenade sur le site de formation de laves est agréable. Devant nous s’étendent des centaines de monticules formés par de la lave. En fait, ces formations sont dues à l’érosion d’un lac de lave situé à l’origine sur des terrains humides. Les échappements de vapeur d’eau du terrain ont refroidi la lave lors de leur remontée dans le lac, provoquant des formations en colonnes. Ces colonnes étant moins sensibles à l’érosion que la lave environnante, elles ont émergé au cours du temps et c’est ce qu’on voit aujourd’hui.

Il y a plusieurs sentiers qui nous font découvrir le site et chacun a une distance et durée différente. Les sentiers, jaune, rouge et bleu sont très clairement indiqués et il y a des cartes pour nous situer à plusieurs occasions sur le parcours. Avec les flocons de neige qui tombent, la visite du site est féérique. Les rochers de lave sont particuliers et les plus intéressants sont ceux qui ont un trou. A mi-parcours, on bifurque pour poursuivre sur le sentier qu’ils qualifient de difficile. Toutefois, il n’y a aucune réelle difficulté sauf qu’il n’est pas plat et passe plutôt à travers les rochers, nous faisant gravir des roches, passer sur de petits passages. Bref, le genre de sentier un peu plus sportif et qui nous fait découvrir de belles choses et sous un angle différent. L’heure que nous avons passée sur le site a été fort agréable et si ce n’eut été de la température et de l’heure, nous aurions passé plus de temps.

Il est maintenant l’heure de récompenser et réchauffer notre corps et d’aller se détendre dans une source thermale aménagée. Nous allons donc à Jarðböðin við Mývatn (nature bath) avec un lagon d’eau tiède, des bains vapeur et un sauna chaud. Nous passons un bon moment dans le lagon près d’une source chaude et ce, au grand air avec la neige qui continue de tomber. On alterne entre les bains pour tirer des bienfaits de chacun jusqu’à ce nous soyons bien détendus et que notre ventre crie famine.

Brigitte

[Photos de Mývatn]

Islande (jour 7)Vers le nord

Mardi 6 septembre 2011: Nous avons changé notre programme de la journée puisque, après réflexion et analyse de la carte, on s’est rendu compte que ce que nous avions planifié ne fait pas de sens. Nous voulions aller voir Askja, un grand rassemblement de caldeira dont une qui est partiellement remplie d’eau (Öskjuvatn). Pour s’y rendre, nous devions faire une centaine de kilomètres sur une route en gravier et en plus, il fallait revenir. Le tout nous aurait pris beaucoup trop de temps pour n’aller voir que ça et il fallait aussi ajouter le temps de route pour se rendre à notre destination de la journée. Consensus obtenu, on refait notre itinéraire pour décharger la journée de demain et devancer quelques activités pour aujourd’hui.

Ainsi, juste avant d’arriver à Mývatn, notre destination finale de la journée, on prend la route 864 vers le nord pour se rendre aux célèbres chutes de Dettifoss. La route est en gravier, mais bien entretenue et on peut bien rouler, presque comme sur une route asphaltée. Après environ 30 kilomètres, nous sommes arrivés et on se joint aux autres touristes pour visiter le site. On s’habille chaudement pour ne pas prendre froid et surtout se cacher du vent qui souffle. Il fait environ 12 degrés celcius, mais avec le vent, c’est assez frais.

Nous sommes au Parc National de Jökulsárgljúfur, le plus large et plus spectaculaire canyon de l’Islande avec ses 25km de long, 500m de large et une profondeur qui excède les 100m à plusieurs endroits. Au fond du canyon coule le fleuve Jökulsá á Fjöllum qui se jette successivement dans quatre chutes, celles de Selfoss, Dettifoss, Hafragilsfoss et Réttarfoss. Le parking est à la chute de Dettifoss puisqu’elle est la plus grande avec ses 45m de haut et 100m de large. Nous sommes tout en haut de la chute et on peut s’approcher tout près du bord pour voir le fond où atterrit l’eau projetée. De voir l’eau descendre à pleine vitesse combinée avec le bruit assourdissant et la hauteur, ça donne le vertige et je ne reste pas trop longtemps sur le bord. Marc-André, plus aventureux et désireux d’aller toujours plus loin et plus proche du point d’intérêt s’avance sur le rocher le plus près du bord et s’installe pour prendre ses belles photos. Ça me stresse un peu, mais il est prudent et avance doucement sans mouvement brusque.

On remonte le fleuve, non pas dans l’eau je vous rassure, mais par le sentier qui le longe. La chute de Selfoss n’est qu’à seulement 1.4km au sud de Dettifoss et on peut s’y rendre à pied. On marche sur les cailloux et le sable noir pendant environ trente minutes pour finalement atteindre cette superbe chute. Malgré qu’elle ne fasse que 10m de haut, elle est impressionnante avec sa multitude de chutes successives et la chute principale en forme de U. La vue est superbe de notre rive, mais ceux qui ont pris le chemin asphalté (la route 862) de l’autre côté du fleuve n’ont pas accès à cette belle vue. Ça vaut vraiment la peine de faire le trajet par la route 864 même si elle n’est pas asphaltée et pas besoin d’avoir de camion, c’est accessible en voiture. Ceci étant dit, on regarde l’eau du fleuve se diriger par des différents chemins, ici elle a l’embarras du choix avec les diverses chutes. On ne sent l’activité qu’à quelques mètres de la chute, là où l’eau se fracasse sur les rochers avant de tomber de plusieurs mètres, mais avant d’arriver là, l’eau coule doucement.

On revient sur nos pas par le même sentier, la petite marche a valu le déplacement, ce que ne font pas tous les touristes qui se contentent de Dettifoss. Il n’y a pas de sentier pour se rendre à celle de Hafragilsfoss, mais on peut s’y rendre en voiture. Nous avons une vue plongeante sur cette chute et la suite du fleuve qui coule doucement dans le canyon. D’en haut, on voit bien le trajet de l’eau qui poursuit sa descente et sur le panorama environnant. C’est bien de combiner la vue sur la nature, ici une chute en l’occurrence et ses alentours, avec une activité sportive tout aussi simple que de la marche. La randonnée n’a pas besoin d’être longue ni difficile pour être appréciée, seulement bien aménagée avec un environnement intéressant et nous sommes comblés.

Un autre site important du Parc National de Jökulsárgljúfur est la gorge d’Ásbyrgi située plus au nord, à environ 40 km des chutes de Dettifoss par le chemin 864. La particularité de cette gorge est qu’elle est en forme de fer à cheval, le canyon est d’une longueur de 3.5km avec une hauteur de 100 mètres. A l’époque, le fleuve Jökulsá á Fjöllum, le même que celui des chutes visitées plus tôt, passait par ici, ce qui aurait créé la forme du canyon, mais le fleuve ne passe plus par ce site de nos jours. Toutefois, la légende racontant qu’un des huit pieds du cheval du dieu germanique, Odin, serait à l’origine de la forme caractéristique de ce canyon lorsqu’il aurait touché le sol est beaucoup plus intéressante.

On s’est rendu en camion jusqu’au bout de la route qui nous a mené au fond de la forme de fer à cheval. De là, nous avons emprunté le sentier le plus court pour avoir un point de vue. Dans la gorge, où il y avait probablement une grande chute d’eau autrefois, on trouve aujourd’hui un petit lac avec beaucoup de canards d’espèces différentes. Il y a aussi (fait assez rare en Islande) un bois de bouleaux. Ainsi, nous avons marché une vingtaine de minutes dans cet endroit avant de revenir au camion. Cherchant une autre alternative pour avoir un meilleur point de vue et surtout voir la forme particulière de ce site, on examine la carte de plus près. On voit différents sentiers de randonnées, mais il ne nous reste pas assez de temps devant nous pour faire le plus long qui longe le canyon d’en haut. Toutefois, il y a un parcours moins long sur un rocher au centre du canyon qui nous offre un bon compromis.

On peut atteindre ce rocher nommé Eyjan (signifie l’île) d’une hauteur d’environ 25m et longueur de 500m par le camping près de l’information touristique. Nous atteignons le bout du rocher en trente minutes et avons finalement une vue sur l’ensemble du canyon. Sa forme en fer à cheval prend alors un peu plus de sens à nos yeux, mais à notre avis c’est un fer à cheval très allongé. De là-haut, nous avons une belle vue et il fait beau soleil en cette fin d’après-midi. On reprend le chemin inverse pour rejoindre le camion et se diriger vers notre guesthouse à Mývatn.

Nous prenons la route qui longe la côte au nord de l’île, question d’avoir une vue différente. Le chemin serpente à travers les vallons, les champs et nous arrivons rapidement à notre destination. Ici, nous avons l’embarras du choix pour les restaurants puisqu’il y a deux hôtels à côté qui ont des restaurants. Nous optons pour celui qui offre un buffet afin de goûter à plus de plats. Surprise, le couple que nous avons croisé lors des deux derniers guesthouse est au même endroit que nous ici aussi….on se fait un gros sourire, ils sont aussi surpris que nous de cette coïncidence. Bien rassasiés, on retourne dans notre chambre de la grande maison qui nous accueille.

Brigitte

[Photos des chutes et du fer à cheval]

Islande (jour 6) Route des fjords

Lundi 5 septembre 2011: C’est sous la pluie que nous débutons la journée et ce sera comme ça presque toute la journée. Heureusement, nous faisons principalement de la route, alors nous n’en subirons pas trop les conséquences. Pendant quelques kilomètres, nous sommes sous une petite pluie fine, les kilomètres suivants c’est dans le brouillard, ensuite, une pluie forte ou du soleil, tout ceci en alternance tout au long de la journée. Nous n’avons pas beaucoup d’arrêts selon notre programme, les attraits principaux sur ce tronçon étant les villages et le paysage.

A peine quelques kilomètres de route et nous avons le premier village, celui de Hofn. C’est un village de pêcheurs avec de petites maisons, mais comme il pleut, on fait un tour rapide en camion avant de reprendre la route. Le chemin serpente en suivant le bas des montagnes et le bord de l’eau. A certains moments, nous sommes tout près de l’eau tandis que d’autres fois nous en sommes un peu éloigné. La route est assez plate, mais avec des vallons à quelques endroits. La vue sur la côte et les montagnes est magnifique lorsqu’elle est dégagée.

Nous arrivons au village de Djupivogur et il fait beau. Nous en profitons pour aller marcher sur le sentier balisé qui nous fait découvrir des étangs propices à la nidification de plusieurs espèces d’oiseaux. Nous ne voyons pas beaucoup d’oiseaux puisque ce n’est pas la bonne période, mais la promenade est agréable. Ca fait du bien de se dégourdir les jambes et de respirer l’air marin et frais. Notre promenade dure environ une heure et de retour au village on trouve un restaurant pour diner puisque c’est l’heure du repas. Rien de très spécial ni typique, mais suffisant et bon dans un cadre simple.

Le reste du chemin est très similaire à la première partie. Nous nous arrêtons à plusieurs points de vue afin de profiter des paysages. D’ailleurs, le chemin est très bien aménagé puisqu’il y a des endroits où on peut s’arrêter assez fréquemment. Nous arrivons relativement tôt à la ferme, mais on en profite pour se reposer et marcher autour de la propriété.

Brigitte

[Photos de la route des fjords]

Islande (jour 5) Skaftafell et glaciers

Dimanche 4 septembre 2011: Après un bon petit déjeuner complet, nous sommes prêts pour débuter une autre journée de découverte de l’Islande. D’ailleurs, depuis le début de notre aventure en Islande, nous avons de très bons petits déjeuners avec un choix d’ingrédients pour plaire à tous. Ainsi, le ventre plein, nous sommes d’attaque pour aller découvrir le parc national de Skaftafell. Skaftafell couvre une surface d’environ 1’600 km carrés étendue sur trois vallées et une grande partie de l’espace est occupée par un immense glacier.

Nous profitons du beau temps pour aller faire une randonnée pour découvrir les chutes de Svartifoss et la langue glacière de Skaftafellsjokull. Le soleil tape tellement fort que nous enlevons nos bonnets et manteaux assez rapidement. La montée en pente douce à découvert nous permet de voir le paysage au fur et à mesure de notre avancement. Nous avons une vue sur la mer de lave durcie que nous avons traversée en voiture la veille, les multiples rivières et l’océan tout au fond. Nous arrivons à une première chute, mais on poursuit la montée pour se rendre à la chute principale qui nous a fait choisir ce sentier.

En quarante-cinq minutes, nous atteignons la chute de Svartifoss. Ce qui fait la renommée de cette chute n’est pas sa taille ou sa puissance, mais les magnifiques formations d’orgues basaltiques que l’on peut voir autour (style d’escaliers). Lorsque nous sommes tout en bas face à la chute, nous avons un mur de roche disposé en arc autour de nous. C’est ce mur qui est impressionnant grâce à la forme spéciale de ses roches. D’ailleurs, nous avons déjà vu ce type de roche hier juste à côté de la grotte. C’est tout à fait spécial et particulier.

Nous repartons par un sentier différent qui nous mènera vers la langue glacière de Skaftafellsjokull que nous verrons de haut. Nous marchons à travers de petits bosquets et avons une vue sur les montagnes autour. Lorsque nous arrivons au bout du sentier, au bord d’une falaise, nous avons le glacier qui s’étend devant nous, tout en bas. D’ici nous voyons bien le glacier qui descend, la fin du glacier avec les bouts cassés qui se détachent et qui flottent dans le lac créé par l’eau fondue du glacier ainsi que les différentes rivières qui acheminent l’eau vers l’océan. Lors de la descente, nous sommes dans une forêt de bouleaux, c’est un paysage très différent de ce que l’on peut observer habituellement en Islande.

[Photos du parc Skaftafell]

De retour au camion, on mange notre casse-croûte avant de reprendre la route pour les prochains points d’intérêt. Sur la route, à Fjallsarlon, nous voyons une affiche avec un sigle qui signifie « point d’intérêt » et nous décidons de nous arrêter. Très bonne idée puisque devant nous s’étendent des blocs de glace (glaçons) détachés qui flottent sur un lac. Les glaçons sont d’une couleur bleu, sont de différentes grosseur et formes. La vue est magnifique malgré le temps couvert et les quelques gouttes de pluie qui tombent. Le lac est assez calme et les glaçons ne bougent pas beaucoup sauf les plus petits qui se laissent emporter par le faible courant créé par la rivière qui se dirige vers l’océan.

Ceci n’est qu’un avant-goût du site plus reconnu et plus important, le lagon glacier de Jokulsarlon. Depuis 1932, le glacier Breidamerkurjokull a commencé à fondre à cause du contact avec l’eau salée de l’océan. Cette fonte a créé un gigantesque lagon long d’environ 7 km et avec une profondeur maximum d’environ 280 mètres. De gros, non d’immenses blocs de glace, se sont détachés du glaciers et flottent sur le lagon. Nous arrivons près de la rivière qui connecte le lagon et l’océan. Il y a un très fort courant qui emporte les glaçons au loin. Arrivés à la mer, les blocs se brisent en morceaux à cause des vagues. Nous avons vu des blocs de toutes les grosseurs naviguer devant nous et aussi plusieurs collisions avec les blocs qui sont bloqués dans la rivière. Quelques gigantesques blocs sont devant nous avec du blanc, du bleu et du noir (à cause des cendres du volcan) et nous prenons plusieurs photos. Pendant notre longue pause photo, nous avons eu l’occasion de voir deux phoques nager dans le courant de la rivière. Ils s’amusaient à remonter le courant et à se laisser emporter ensuite.

[Photos du lagon et glacier]

Nous avons traversé de l’autre côté de la rivière pour avoir un point de vue différent et nous avons vu un bateau qui offrait une promenade à travers les glaciers. Malgré l’heure tardive, ils offrent encore des tours et nous sautons sur l’occasion. La balade dure 30-40 minutes pour un coût de 30$ (3’000 ISK) par personne. Nous montons donc à bord du camion-bateau, enfilons nos beaux gilets de sauvetage orange fluo et commençons la balade. On commence sur la terre ferme avant de filer droit dans l’eau avec cet engin roulant et flottant à la fois. On navigue dans le lagon, mais on ne peut s’approcher des glaciers sinon nous pourrions faire comme le Titanic. Il y a une guide à bord avec nous qui nous donne un peu d’information sur le lagon et nous fait même goûter à la glace d’un glaçon repêché sous nos yeux dans le lagon. C’est la seule et unique fois que nous aurons l’occasion de goûter à de la glace aussi vieille! Enfin, ça goûte la même chose. Toutefois, cette glace fond moins vite puisqu’elle provient du glacier et la glace est beaucoup plus dense que celle qui est créé autrement à cause du poids que subit le glacier. Nous terminons le tour de bateau sous la pluie battante et c’est tout trempés que nous retrouvons le camion et reprenons le chemin de la ferme qui nous héberge ce soir.

[Photos tour de bateau sur le lagon]

Brigitte

Islande (jour 4) Pointe sud

Samedi 3 septembre 2011: A notre réveil, nous sommes bien contents de constater que le ciel est clair et qu’il fera beau. Nous ouvrons la fenêtre pour faire entrer l’air frais dans la chambre et c’est le calme plat à l’extérieur. Nous avons la vue sur le pâturage des moutons qui montent dans la montagne. Quelques uns broutent l’herbe tout en haut, elle doit être meilleure que celle d’en bas!

Aujourd’hui, nous visiterons la partie la plus au sud de l’Islande où nous espérons voir des oiseaux, notamment des macareux puisque c’est un paradis pour eux et ils viennent ici pour y nicher en mai et juin. Malheureusement, le ciel s’est couvert et il se met même à pleuvoir à intermittence. Nous ne voyons pas d’oiseaux, nous ne savons pas si c’est à cause de la température ou simplement que nous ne sommes pas dans la bonne période. Toutefois, ça ne nous décourage pas puisque nous avons une superbe vue sur le « Rocher percé » de l’Islande, la plage de sable noir et les côtes. La pluie ne nous empêche pas de visiter puisque nous sommes bien habillés et qu’elle ne tombe pas trop fort.

Notre premier arrêt est Dyrholaey, une péninsule / promontoire de 120 mètres de haut près de la petite ville de Vik. De là haut, nous avons une vue sur l’arche volcanique dont son nom signifie l’île haute avec le passage de porte. En fait, les bateaux peuvent naviguer à travers le trou. Nous ne sommes pas situés au meilleur endroit pour voir le trou d’un bon angle (« rocher percé »), mais n’avons pas trouvé d’autre sentier pour avoir une meilleure vue. De plus, avec la pluie, la visibilité n’est pas très dégagée. Toutefois, je savoure le son des vagues qui se fracassent sur les rochers et la plage, bruit que je ne me lasse pas d’écouter. A quelques reprises, on peut voir un bel arc-en-ciel qui prend fin dans les champs verts, mais toujours trop loin pour valider la légende du sceau rempli de pièces d’or.

Avant d’être trop trempés, on se remet à l’abri dans le camion et on reprend la route jusqu’à Gardar pour voir les aiguilles de lave noire du Reynisdrangar. La pluie se poursuit toujours à intermittence, mais ça ne nous arrête pas. Nous sommes maintenant plus bas que lors de notre arrêt précédent et marchons maintenant sur la plage de sable noir. Vers l’ouest, on voit le promontoire où nous étions juste avant. En marchant au pied de la falaise dont les roches forment des escaliers, on découvre une grande grotte assez haute et large sans être très profonde. On a marché quelques minutes et on s’est amusé un peu avec les vagues, toujours en essayant de garder nos pieds au sec. C’est dommage qu’il ne fasse pas chaud avec un beau soleil puisque nous serions bien restés un certain temps étendus sur la plage à écouter le bruit des vagues et sans doute marcher pieds nus dans l’eau de l’océan Atlantique. Ce sera pour une autre fois…

[Photos de Dyrholaey et de la grotte]

D’où nous sommes, on voit deux pics de Reynisdrangar et nous espérons mieux les voir lors de notre prochain arrêt à Vik. Juste avant d’arriver au village de Vik, on emprunte une route accessible que par les 4X4 et qui monte jusqu’en haut de la falaise (149 mètres d’altitude). De là, on a une superbe vue sur les aiguilles de Reynisdrangar, sur le village de Vik vers l’est et le « Rocher Percé » vers l’ouest.

De retour au niveau de la mer, on fait quelques courses à l’épicerie de Vik avant de s’arrêter dans un grill pour diner. La pluie continue de tomber encore et encore. Nous nous comptons très chanceux d’avoir fait la randonnée sur le glacier hier, quel bon timing!

On reprend la route pour une plus longue distance cette fois-ci afin de se rendre à Laki. C’est un volcan très connu suite à sa triste célèbre éruption qui a débuté en juin 1783 pour se terminer en début 1784. Cette éruption est considérée comme la plus importante éruption des temps historiques et a eu d’importantes conséquences en Islande et sur le reste de l’Europe. Pour s’y rendre, nous devons emprunter un sentier non asphalté de 45 km accessible seulement par les 4X4. Après quelque kilomètres j’arrive face à une rivière et je constate que la suite du chemin est de l’autre côté….je suis face à la première rivière que je dois traverser en camion. Les paroles du garçon à qui nous avons loué le camion me reviennent alors…. »surtout il ne faut pas paniquer »! On analyse la situation et détermine de quelle façon je dois procéder. Je (Brigitte) conduis puisque le permis de conduire de Marc-André est échu et nous devons attendre notre retour au Québec pour le renouveler, impossible de le faire à distance. Ainsi, je savoure les joies de la conduite en Islande dont celle-ci. Même si Marc-André peut prendre le volant à certaines occasions (il n’y a pas de policier dans ces sentiers), je suis orgueilleuse et je veux le faire. Sans crier gare, je fonce lentement, mais surement et ma première rivière est traversée. C’est à ce moment là que chéri me dit que je dois en traverser sept autres jusqu’au volcan!!!

Nous avons parcouru les douze premiers kilomètres en quarante-cinq minutes environ et établissons que ça nous prendrait beaucoup trop de temps pour se rendre et surtout il faut revenir par le même chemin, et ce pour avoir une vue sur un volcan dont on ne sait même pas si on pourra bien voir vu la visibilité réduite par la pluie qui tombe encore. Nous sommes en fin d’après-midi et on décide de rebrousser chemin. Je retraverse la rivière, cette fois-ci avec plus d’assurance et on refait le chemin chaotique en sens inverse. Nous avons pris la bonne décision puisque nous sommes quand même arrivés à l’hôtel à 6h30pm.

Nous filons sur la N1 jusqu’à Kirkjubaejarklaustur pour voir le kirkjugolf qui est en fait un dallage naturel formé par l’érosion glaciaire. Au milieu d’un champs près de la grande route, il y a une surface rocheuse qui ressemble à un sol d’église, comme s’il ne restait que les fondations d’une ancienne habitation. En fait, ce n’est pas l’oeuvre de l’homme, mais de la nature et c’est à s’y méprendre. En soi, c’est banal et ça n’a l’air de rien, mais quand on réalise comment ça été créé, ça ajoute de l’intérêt. Ce fut un très bref arrêt avant de poursuivre notre route directement jusqu’à l’hôtel.

Sur le chemin, nous sommes passé à travers la coulée de lave de 1783 et ce, pendant environ une trentaine de kilomètres. Tout autour de nous, il n’y a que de la lave, aucune verdure, aucune maison, juste la lave durcie et la route qui la traverse. C’est un endroit très triste et sans vie. Heureusement que nous retrouvons la verdure à la fin de cette coulée de lave qui a tout dévasté à l’époque et qui n’est pas rétabli encore aujourd’hui.

Notre hôtel est situé à 20 km après Skatfafell et comprend un spa et un sauna…c’est le grand luxe. Nous prenons un excellent repas sur place avant d’aller profiter des installations thermales et de se coucher.

Brigitte

[Photos des aiguilles de Reynisdrangar et route]

Islande (jour 3) Chutes d’eau et glacier

Vendredi 2 septembre 2011: Nous dormons très bien dans les lits douillets en Islande et nous sommes réveillés avant le cadran. Une belle journée semble se promettre à nous, mais ici le temps peut changer rapidement et à plusieurs reprises, alors on prend le temps comme il vient. Nous ne ferons pas beaucoup de route aujourd’hui puisque toutes nos activités sont proches l’une de l’autre. Je prends le volant de mon gros camion 4X4 et on se promène dans la partie sud-ouest de l’île.

A droite, l’océan s’étend à perte de vue tandis qu’à gauche les montagnes au loin se succèdent avec des plaines verdoyantes en premier plan. Les paysages sont magnifiques, c’est vaste et on croise parfois des fermes et leurs animaux. Il y a surtout des vaches, moutons et chevaux et on s’est arrêté à quelques reprises pour prendre des photos d’eux. Les moutons sont assez peureux et on doit être rapide pour prendre la photo avant qu’ils ne se sauvent. Les chevaux, eux, sont curieux et s’approchent même de la clôture pour avoir une caresse sur leur museau. On prend vraiment beaucoup de plaisir à être avec eux et à les prendre en photo.

En route, nous apercevons les chutes de Seljalandsofoss que nous avions identifié comme point intéressant à voir lors de notre préparation. La chute, mesurant 65 mètres de hauteur se trouve à proximité de la chute de la Skogafoss. Ce qui est bien en Islande, c’est qu’il y a une route principale, la N1, qui fait le tour de l’île et tous les points intéressants sont indiqués et parfois visibles de cette route. Aussi, tous les points touristiques que nous avons vu jusqu’à présent sont naturels, aménagés et gratuits. Ainsi, nous laissons la voiture dans le stationnement et partons à pied pour voir de plus près cette chute. La particularité de celle-ci et la raison principale qui a fait que nous l’avons mis dans notre programme, c’est que nous pouvons marcher derrière la chute. Il y a un petit sentier qui fait le tour et nous passons à flanc de montagne sous la chute, sans se faire arroser ou du moins quelques gouttes à peine.

La chute est très haute et le débit est assez rapide ce qui fait un bruit assourdissant et crée un souffle puissant. Notre promenade sous la chute est très agréable et nous sommes à peine quelques touristes sur le site. On dirait que nous sommes au fin fond d’un champs tellement c’est calme. Le contraste avec notre voyage en Chine est d’autant plus frappant ici avec le calme, les champs, le peu de monde et l’absence de grandes villes. Une fois le tour de la chute terminé, on longe la montagne vers une deuxième chute beaucoup moins large. On voit une grotte un peu plus haut et on décide d’escalader sur le terrain pentu et glissant pour aller voir de plus près. Ce fut une belle aventure trépidante, nous avons eu chaud, mais nous ne sommes pas tombés malgré les endroits assez glissants.

[Photos des chutes de Seljalandsofoss]

De retour au camion, on reprend la route afin de se rendre à notre rendez-vous avec un guide pour une promenade de trois heures sur le glacier. Nous avons du temps devant nous alors on fait le trajet lentement et on prend le temps de s’arrêter pour photographier le paysage, les fermes et les animaux qui veulent bien se prêter à la séance photo. Nous avons vu plusieurs vieilles bâtisses basses avec du gazon qui remonte sur le toit et aussi certaines construites presque dans le flanc de la montagne. On s’est arrêté pour en visiter une et à l’époque ils croient que la section dans la roche (grotte) servait d’entreposage pour le foin tandis que la partie rectangulaire en bois servait de forge.

Nous empruntons une route non pavée pour atteindre le point de rencontre pour l’exploration glacière avec Islandic Mountain Guide sur le glacier Sólheimajökull constituant une langue glaciaire du Mýrdalsjökull. Le Mýrdalsjökull, en français « le glacier de la vallée du marais », est une calotte glaciaire d’une superficie de 596 km2, il est le quatrième plus grand glacier du pays. Il fond et s’écoule en direction du sud et donne naissance à un torrent qui se jette dans l’océan Atlantique. Nous pourrons explorer une parcelle de cette langue glacière et environ dix autres personnes se joignent à nous pour compléter notre groupe. Le guide nous donne nos crampons et un pic à glace avant de commencer la randonnée sur la section en roche. Un peu plus loin, il nous explique comment installer les crampons à nos chaussures et nous donne quelques consignes.

Nous sommes étonnés de constater que le glacier n’est pas tout blanc, il y a plusieurs endroits noirs, comme si la glace était sale. En fait, c’est parce que le glacier est situé sur un volcan et lors des éruptions précédentes, la cendre a recouvert certaines parties du glacier et y est restée collée, ce qui fait qu’à plusieurs endroits c’est noir. Aussi, la cendre protège le glacier et ralenti relativement la fonte de celui-ci. A la queue leu-leu, nous commençons l’ascension facile sur le glacier. Ce n’est pas de la glace à proprement dit, ça ressemble plutôt à de la neige durcie ce qui fait que nos crampons agrippent bien sans avoir à donner de grands coups de pieds.

A plusieurs endroits, notre guide nous explique ce que nous voyons, tel que crevasses, moulins, glace morte (dead ice)… Les moulins sont de grands trous formés par l’eau qui s’écoule et peuvent être très profonds. Y glisser est souvent fatidique, alors mieux vaut ne pas s’approcher trop près. La glace morte est disposée à l’extérieur du glacier, souvent sur les parois de la montagne. En fait, cette partie du glacier ne sera pas renouvelée puisqu’elle n’est plus dans la trajectoire du glacier qui avance grâce au poids de celui-ci. La glace morte fond lentement puisqu’elle est souvent recouverte de cendre ou roche et diminue d’année en année. Nous avons aussi appris que lors d’éruption volcanique, la lave coule sous le glacier, fait fondre une grande partie du glacier vu la chaleur intense de la lave et crée un grand courant. Cette coulée ramasse tout le sol sous le glacier et descend tout en bas, ce qui crée un espace de roches ou sable noir, nommée ici mer noire. Le glacier avance en moyenne d’environ 100 mètres par année, mais fond quelques 170 mètres ce qui fait qu’il recule un peu à chaque année. En sept ans, le glacier a perdu environ un kilomètre de longueur puisqu’il se rendait presque jusqu’au parking à l’époque.

Nous n’aurions pas pu choisir meilleure journée pour faire notre tour sur le glacier puisque le beau temps est au rendez-vous. Ici en Islande, la température change très souvent et il n’est pas rare d’avoir du soleil, du vent et de la pluie dans la même journée, voire dans la même heure ou en même temps. Aujourd’hui, le temps est à prédominance ensoleillé avec quelques gouttes de pluie ici et là. Avec notre guide, nous faisons simplement une randonnée assez facile, ce n’est pas une sortie de spéléologie, ni d’escalade, c’est une découverte du glacier. La marche est agréable, instructive sans être incroyable. C’est une activité originale, instructive et c’est la seule façon d’aller sur un glacier et de faire un peu plus que de prendre une photo de loin. C’est une occasion presque unique puisqu’il n’y a pas des glaciers partout, mais ici il y en a plusieurs. Nous nous promettons d’aller faire du ski sur le glacier au Mont-Blanc, un de ses jours.

Les trois heures que durent notre activité passent à la vitesse de l’éclair et nous aurions marché encore plusieurs heures puisque c’était agréable et pas tellement difficile. Il n’est que 3h pm et avons encore plein de temps devant nous pour faire d’autres activités, surtout que nous sommes juste à côté de notre hôtel. Il y a une autre chute que nous pouvons aller voir, c’est celle de Skogafoss située à Skogar. Skógafoss (Skógá étant le nom de la rivière, signifiant « forêt », et foss signifiant « la chute d’eau ») La rivière Skógá se jette de ses falaises et tombe de 62 mètres en formant une chute d’une largeur de 25 mètres. La chute est une des plus célèbres et des plus visitées du pays.

[Photos du glacier Sólheimajökull]

La chute large et haute fait un vacarme fou tandis qu’autour les moutons broutent calmement de l’herbe dans les champs verts. On s’avance sur le sable noir jusqu’au pied de la chute, mais on ne peut s’avancer trop près puisque l’eau crée un grand courant d’air et projette les gouttelettes d’eau qui nous mouillent rapidement. Un grand escalier permet de monter tout en haut de la chute d’où nous avons une superbe vue en plongée. Un sentier longe le cours d’eau et nous fait découvrir d’autres cascades un peu plus loin. La vue sur la rivière, la plaine et les montagnes autour est magnifique. Nous marchons ainsi pendant un peu plus de trente minutes avant de rebrousser chemin.

[Photos de la chute de Skogafoss]

Une fois de retour en bas, on part à la recherche de la ferme qui nous héberge pour la nuit. Nous trouvons facilement l’endroit qui est plus commercial puisqu’il y a plusieurs chambres dans une bâtisse distincte et un restaurant. Nous prenons le repas ici puisque nous n’avons vu aucun autre restaurant ouvert autour (la saison touristique vient de s’achever). Nos assiettes sont bien garnies et c’est bien bon. Ici il faut s’habituer aux prix, surtout au cours de la devise qui est 100 fois la devise canadienne en plus d’avoir un coût de la vie plus élevé, ainsi notre souper nous a coûté 18’000 ISK (180$). Il n’y avait pas de demi bouteille de vin rouge ni de vin servi au verre alors on s’est gâté avec une bouteille que nous avons bu au complet….c’est beaucoup trop, mais pas de gaspillage….nous avons bu plus que d’habitude et c’est bien ronds que nous traversons le couloir pour retrouver notre chambre. Heureusement que nous n’avions pas besoin de conduire.

Brigitte

Islande (jour 2) Golden Circle / Triangle d’or

Jeudi 1 septembre 2011: C’est sous la pluie que nous commençons cette journée de visite, une petite pluie fine, mais constante. Toutefois, la chance est avec nous puisqu’elle s’arrête en cours de route, avant notre arrivée à notre premier arrêt. Au programme pour aujourd’hui, nous avons la visite du Golden Circle ou Triangle d’or qui est une route très prisée par les touristes. Le circuit est au nord-est de Reykjavik et passe par les villes de Thingvellir (Þingvellir), Geysir et Gulfoss.

Notre premier arrêt est ainsi Thingvellir (en islandais : Plaines du parlement). Thingvellir est un haut lieu de l’histoire islandaise : c’est le lieu de rassemblement originel d’un des plus vieux parlements du monde (l’Alþing) qui y fut fondé dès 930 et l’indépendance de l’Islande y fut proclamée le 17 juin 1944. Aucune bâtisse n’y est installée, le parlement est en plein air au creux d’un canyon. A l’époque, les gens des différentes régions s’y rencontraient pour discuter de politique, économie et tout autre sujet pertinent. De nos jours, l’endroit sert de grande place de rassemblement pour des concerts ou festivals. C’est facile de passer à côté puisque rien n’indique clairement l’endroit, mais le drapeau est à l’endroit où ils se rencontraient.

C’est aussi le lieu où on peut voir clairement la séparation des plaques tectoniques eurasienne et américaine. Nous arrivons donc du côté de la plaque tectonique des Amériques et on voit de l’autre côté de la crevasse celle de l’Europe. Ici, c’est le seul endroit au monde où on peut voir cette séparation au dessus du niveau de la mer, sinon elle est toujours située au fond de l’océan. Encore une fois, il faut bien le savoir, car aucune pancarte ne l’indique sur place sauf un plan en trois dimensions à l’entrée du site. Ces deux caractéristiques uniques font de ce site un endroit exceptionnel et c’est pour cela qu’il est classé au patrimoine de l’UNESCO depuis 2004.

Nous avons donc foulé ce sol riche en histoire et unique en passant dans la crevasse des plaques tectoniques et marchant sur le sol de l’ancien parlement. Dans les faits, ça a l’air d’une simple crevasse, mais sachant ce que c’est, on ressent l’importance de ce que ça représente. Nous nous promenons à l’air frais avec le vent qui souffle sur le sentier qui parcourt le site afin de nous faire découvrir plusieurs points de vue. Que nous soyons tout en haut avec une vue panoramique sur les plaques, le lac, la plaine et les montagnes au loin, directement entre les plaques, tout en bas près de l’église ou près du drapeau national, nous avons toujours une vue sur l’ensemble. On prend le temps de se promener, ça fait tellement du bien de marcher, autonomes et au grand air frais. C’est un vrai contraste avec la température que nous avions en Chine. Ici, on est bien avec notre bonnet et notre foulard.

[Photos de Thingvellir]

Vers midi, après un peu plus d’une heure à marcher sur ce lieu unique, on retourne au véhicule pour reprendre la route. On poursuit sur la même route, un peu plus vers l’est. Au moment où on se dit que nous devrions bientôt arriver à Geysir, on voit un centre d’information. Dès qu’on descend du camion, on s’aperçoit que nous sommes rendus puisque des petits jets de vapeur à la senteur de souffre sifflent juste à côté de nous.

Geysir est le geyser islandais qui a donné son nom à tous les autres. Son nom vient du verbe islandais gjósa, « jaillir ». Une barrière symbolique (un léger cordage au niveau des mollets) forme un périmètre de sécurité peu imposant que peu de gens osent violer. On circule sur le sentier balisé entre les geysers jusqu’à celui qui jailli à intervalle régulier.

Strokkur est un geyser de la région volcanique située près de la rivière Hvítá en Islande. Il est juste à côté de Geysir. Mais contrairement à Geysir, qui peut rester dormant pendant des années, Strokkur est très actif et produit une éruption toutes les 5 à 10 minutes. Il projette de l’eau chaude dans les airs à une hauteur de 20 mètres. L’eau qui s’écoule et qui gicle est très chaude, entre 80-100 degrés celcius. De loin, on entend les voix qui s’exclament et on aperçoit un jet d’eau qui jailli de plusieurs mètres avant de s’arrêter. Nous savons que nous avons quelques minutes d’attente jusqu’au prochain jet et avons le temps de prendre notre position pour être prêt pour faire un vidéo et des photos lors du prochain jaillissement.

[Photos de Geysir]

C’est en fait une grande mare d’eau avec un peu de bouillons jusqu’à ce qu’une grosse bulle d’eau se forme et rapidement se transforme en jet d’eau qui s’élance vers le ciel. Des fois, c’est un petit jet très bref tandis que d’autres fois le jet s’élance très haut. Nous restons pour regarder quelques jets avant de se promener sur le site. Il y a plusieurs autres petites mares d’eau chaude, mais il n’y a plus d’activité dans celles-ci et aucun jet d’eau en sort. Sur le sol, il y a du calcaire partout et l’odeur du soufre emplit l’air. Quand on est près d’une marre, on ressent bien la chaleur en passant dans les nuages de vapeur. Une fois le tour fait, on peut reprendre la route pour voir les chutes situées à quelques kilomètres de là.

Heureusement que nous connaissons les endroits à visiter et leurs noms puisque nous aurions passé à côté de cet arrêt. Pourtant, quand on s’en va voir des chutes de 32 mètres, on s’attend à les voir de loin. Ici, lorsque nous regardons au loin, seulement des plaines s’étendent avec des montagnes au loin. Ainsi, lorsque nous voyons l’annonce pour Gullfoss, nous cherchons les chutes. En descendant du camion, on les entend pourtant, ce qui confirme que nous ne sommes pas très loin. En contournant la boutique souvenirs, on aperçoit les chutes au fond du canyon….c’est là qu’elles se cachent.

Gullfoss (la chute d’or) est une succession de deux chutes d’eau d’Islande situées sur la rivière Hvítá. Son nom provient de l’arc-en-ciel que l’on peut souvent voir au-dessus. D’une hauteur de 32 mètres et d’une largeur de 70 mètres, elle se trouve à quelques kilomètres du site de Geysir et forme avec celui-ci et Þingvellir le cercle d’or.

On commence par le sentier supérieur pour avoir une vue d’ensemble des cascades qui se terminent en énorme chute. Au loin, la rivière arrive doucement, mais prend rapidement de la vitesse pour circuler sur les rochers, former des cascades et enfin faire une descente vertigineuse et créer une méga chute avec un débit de 140 mètres cubes par seconde. L’endroit est grandiose et on veut aller voir ça de plus près par le sentier inférieur. On se rend sur une grosse roche centrale, entre les cascades et la chute. Le bruit de l’eau est très fort, on a de la difficulté à s’entendre. On prend quelques photos avant de retrouver la chaleur du camion.

Sur le chemin, nous avons croisé des camions gigantesques avec des roues larges et grandes. D’ailleurs, on voit beaucoup de gros véhicules, plusieurs camions, mais les mastodontes sont très impressionnants. Pour ceux qui ne vont pas sur les sentiers hors-route ni sur le highland, les voitures sont suffisantes, mais dès que nous quittons les routes principales, un 4X4 est souvent recommandé ou exigé.

Avec la location du camion, nous n’avons pas pris de GPS puisque la plupart de nos activités n’ont pas d’adresse. Nous revenons aux bonnes vieilles méthodes et utilisons les cartes. Dans le camion, il y a deux bons livres / atlas pour les routes, ce qui nous est d’une grande utilité même si les routes sont bien indiquées. Il faut quand même savoir dans quelle direction aller avant de voir la pancarte de la ville que nous cherchons. Marc-André pratique son sens de l’orientation, mais ce n’est pas toujours facile avec les très longs noms avec des lettres qui se succèdent sans rien dire pour nous. Nous retenons les premières lettres seulement et surtout, ça ne vaut pas la peine d’essayer de le prononcer.

Ce soir et pour le reste du voyage, nous dormirons dans des fermes, bref dans les maisons des fermiers ou complexe situé sur une ferme. Nous nous rendons facilement au village, mais avons beaucoup de la difficulté à trouver la ferme. Après quelques va et vient, on demande à la station-service du village qui nous indique le chemin après quelques recherches et appels téléphoniques. Ouf, nous avons finalement trouvé l’endroit. C’est très simple, propre et chaleureux. On est allé mangé dans le restaurant conseillé par le fermier, une pizzeria juste en face. On se reprendra pour manger des mets traditionnels.

[Photos de Gulfoss]

Brigitte

Islande (jour 1) Reykjavik

Mercredi 31 août 2011: C’est le début de notre voyage en Islande. Pourquoi visiter cette île située tout au nord de l’Europe tout près du pôle nord? D’abord pour la photo. Les plus belles photos que j’ai eu la chance de voir, avec des ciels magnifiques, des paysages somptueux et des couleurs magiques ont souvent été prises ici. Vous pouvez voir plusieurs de ces photos sur le site d’un photographe professionnel et grand voyageur : http://www.luminous-landscape.com/index.shtml. Aussi, c’est totalement dépaysant, après des 35 degrés en Chine, de venir se refroidir les idées ici, où il fait maximum 10 degrés en cette période ‘chaude’ de l’année ça nous plaisait. Aussi, l’Islande est un pays où la vie est extrêmement cher et à cause de la crise et d’une dévaluation énorme de sa monnaie dans les dernières années, c’est devenu une destination plus ‘accessible’ quoi que c’est toujours le double des prix que l’on paie en Europe.

On atterrit dans la capitale Reykjavik, qui veut dire en islandais « baie des fumées ». C’est la ville la plus peuplée du pays avec environ 120 000 habitants. Si on y ajoute l’agglomération, elle regroupe plus de la moitié de la population de l’île, soit environ 200 000 habitants. Ici, la langue parlée est l’islandais que seuls les habitants de l’île parlent. Pour pouvoir communiquer avec les voyageurs, l’anglais est appris à l’école et bien parlé par tous. Cette langue, l’islandais, sonne un peu comme des mots allemands parlé avec l’accent espagnol, c’est joli et ça sonne bien, sans les sons durs de l’allemand. Aussi dans cette langue, les mots sont collés ensemble pour en former d’autres, vous verrez, jouer au scrabble ici donne des mots qui valent très cher, avec des J, des Z et surtout qui sont pratiquement imprononçables par nous.

Aussi dans tout le pays, il y a des fermiers qui élèvent moutons, chevaux et vaches, mais ne cultivent pas vraiment les terres, car le sol est volcanique et surtout, il fait froid, donc ce n’est pas terrible pour l’agriculture. On peut donc coucher chez l’habitant tout le long de la côte, en suivant la route principale la N1. On passe de ferme en ferme et presque partout on peut coucher dans une maison adjacente à la ferme, soit directement dans la maison du fermier. On a réservé d’avance avec : http://www.farmholidays.is/ les prix sont corrects et le confort très bon. On dort bien, on mange bien, que demander de plus.

Revenons à la capitale, grande ville, assez peuplée et surtout agréable en terme de température. J’ai vu des touristes avec leur tuque, leurs mitaines, leurs grosses botte d’hiver, et les locaux sont en t-shirt et gougoune. Bon, il fait tout de même un chaud 15 degrés, mais ce n’est pas un temps à gougoune. On se promène à travers la ville et on visite les attraits les plus importants. Avant notre départ, comme à notre habitude, une recherche approfondie et une lecture de tout ce qui est écrit sur l’Islande a été faite. On arrive toujours à la conclusion qu’il faut choisir, car même en deux semaines on ne peut tout voir.

Notre visite de Reykjavik débute par un tour de la grande agglomération en voiture ou plutôt en camion. On a loué un gros 4×4 pour visiter par nous même toute l’île. Ici, plusieurs routes ne sont pas asphaltées et certaines passent même dans les rivières, donc les 4×4 sont absolument nécessaire pour ceux qui empruntent ces routes. On peut toutefois se limiter à la route principale avec une petite voiture, mais nous, si on veut faire de la randonnée, voir des volcans et glaciers et surtout traverser les immenses plaines intérieures appelées le Highland, un 4×4 est donc obligatoire. On est très content de notre gros véhicule, mais ici, on s’aperçoit vite que le 4×4 est roi et il y a des véhicules vraiment plus gros, plus haut et avec de plus gros pneus que les nôtres partout. Ici, c’est le paradis des supers jeeps modifiés pour passer partout et amener les gens sur les glaciers, dans la neige et sur les plaines de lave durcie.

Après un tour de reconnaissance de la ville en camion, on s’arrête dans le stationnement de la superbe et très originale église de Hallgrímskirkja qui veut simplement dire : église de Hallgrímur (Pétursson). Construite de 1945 à 1986, elle est en béton et sa flèche mesure 75 m. Elle a été le plus haut bâtiment d’Islande jusqu’à la construction de la tour Smáratorg. Son orgue possède plus de 5 200 tuyaux. Ici les églises sont de confession évangélique-luthérienne. L’église d’Islande ou Église évangélique-luthérienne d’Islande est l’Église nationale en Islande qui est de confession luthérienne qui, elle-même, a le statut de religion d’État. La statue au pied de l’église représente Leifur Eiríksson, fils d’Erik le Rouge, qui a découvert l’Amérique.

Cette église à l’architecture absolument unique est très jolie, sobre, en béton gris, elle ressemble au église d’Europe de confession protestante. On ressent ici une épuration jusque dans le moindre détail, comme on verra dans les maisons, sobre, fonctionnelle, sans fla-fla. Après une brève visite, on ressort et on s’aperçoit que l’on peut monter dans le clocher avec un petit ascenseur. On monte bien évidemment pour avoir une vue sur toute la ville, jusqu’au port car bien sur ici, toute la vie tourne autour de l’eau. C’est un moyen de subsistance pour une grande partie de la population, les pêcheurs, les autres étant fermiers.

On retourne dans la ville se promener dans les petites rue bordées de maisons, toutes très jolies, bien entretenues et également sans fla-fla inutile. Le centre ville, ou la vielle ville, est bordé de magasins, surtout de vêtements, d’articles d’artisanat et de restaurants.  Les vêtements fait ici sont soit très classique, laine de moutons, chaude et résistante, mais aussi par la marque maintenant vendue à travers le monde, 66°North, fondée en 1926 par Hans Kristjánsson en raison de la latitude de l’ile la plus au nord ici, Grímsey. Ce sont des vêtements spécifiquement fait pour les conditions extrêmes que doivent subir les pêcheurs. Reconnue pour leur qualité isolante et leur confort, c’est la marque nationale de l’Islande, quoi que même ici la compétition est forte. J’ai fait un peu de magasinage, mais je n’ai pas eu de coup de coeur pour un manteau, celui que j’ai apporté fera encore l’affaire, jusqu’à ce que je trouve ce qui me plait. Dans un autre ordre d’idée, l’Islande et plus précisément Reykjavik est reconnue pour être la terre natale de la chanteuse Björk (Guðmundsdóttir) qui est une musicienne, chanteuse, compositrice et actrice née ici le 21 novembre 1965 et qui connait un succès à travers le monde, pour son style très… spécial, voir inclassable.

La faim commence à nous tourmenter et ce serait le temps de manger. Comme Brigitte a toujours le goût de manger les choses locales, on fait la recherche des resto avec des plats islandais au menu. N’ayant rien trouvé de vraiment typique, on se rabat sur un resto sympathique et à l’ambiance agréable. C’est de loin l’un de meilleurs repas que l’on a mangés depuis longtemps, Soupe, salade vraiment très bien apprêtée, digne des meilleurs restaurants où on a eu la chance de manger. C’est donc une super première expérience et surtout un léger choc quant à la facture. Pour un diner composé de trois entrées, une facture de 7900 isk. On doit compter un peu pour finalement arriver à la conclusion que c’est 79 $!

Bien rassasiés, on poursuit notre marche qui nous fait passer devant de mignonnes petites maisons et églises, qui de dehors n’ont l’air de absolument rien. La cathédrale nationale (oui nom très ambitieux) a l’air d’une simple maison brune à deux étages avec une croix dessus. Pour l’impression de cathédrale on repassera. L’église est juste à côté d’un bâtiment tout aussi important, mais de l’extérieur qui ne paye pas de mine, l’Althing (Alþingi en islandais) qui est le parlement à une seule Chambre qui fut construit en 1881. Le système parlementaire d’Islande fut fondé en 930 à Þingvellir (les Plaines du Parlement), date qui marque le début de la Nation islandaise et de l’État libre islandais. Il est considéré comme étant le plus vieux parlement d’Europe. On ira visiter ce site demain.

Après quelques détours par les deux ou trois autres rues du centre ville, on se dirige la marre d’eau que l’on voit au loin. Tjörnin (en islandais « l’étang », de « tjörn ») est un lac d’Islande situé au milieu de la capitale Reykjavik. On trouve sur sa rive la mairie ainsi que le Musée national des Arts (Listasafn Íslands). L’université d’Islande est également située à proximité du lac. Durant l’hiver, le lac gèle ordinairement, mais de l’eau chaude provenant des sources géothermiques est introduite dans le lac pour en dégeler une partie pour les oiseaux. Ici il y a même un panneau d’instruction sur comment nourrir les canards, sans nourrir les mouettes. On n’a pas de pain ni pour l’un, ni pour l’autre. On fait le tour du lac et retournons à l’auto en passant par l’hôtel de ville de Reykjavík (Ráðhús Reykjavíkur) qui lui a déjà un peu plus de classe, avec un grand terrain, statue et carte de la ville devant, tout en étant presque une autre grande maison.

[Photos de Reykjavik]

De retour à l’auto, on décide d’aller au musée national de l’Islande, supposément gratuit le mercredi (l’hiver seulement). Il se fait déjà tard, le musée ferme à 5pm. On perd un peu de temps à le chercher, surtout à trouver l’entrée. Il nous reste seulement un peu plus de 30 minutes pour visiter, la dame au comptoir nous fait un rabais et on passe à travers les deux étages d’exposition rapidement. Le premier étage est plus sur l’histoire du peuplement de l’île par les Vikings, les objets usuels et quelques squelettes. Il y a même une coupe transversale de sol exposée entre deux vitres nous montrant les différentes explosions de l’un des volcans les plus connus d’Islande et également l’un des plus actifs. On y voit les différentes couches plus ou moins épaisses de cendre qui a recouvert l’île. Sur le deuxième étage, des bateaux, des maisons (habitation typique) et des explications sur la vie des gens de l’époque.

En cette fin de journée, on est un peu sur le décalage et c’est maintenant le temps d’aller à l’hôtel, un superbe petit hôtel, très rustique de type médiéval viking, en fait c’est son nom, hôtel viking. Les gens son habillés de façon traditionnelle et le restaurant de l’hôtel est très beau et surtout c’était très bon.

Ici, ce qui est le plus surprenant ce sont les gens. L’Islande a longtemps été une possession du Danemark, des gens grands, forts et blonds. Ici, les hommes sont corpulents et blonds, mais le plus surprenant ce sont les femmes, grandes blondes de 6 pieds bâties pour transporter des troncs d’arbre sur leurs épaules. Ici il n’est pas rare que les gens, hommes ou femmes, soient plus grands que moi, des géants. Ils ont gagné le loto génétique. C’est bien, car il faut être grand et fort pour survivre dans des conditions aussi difficile qu’il peut y avoir ici. Une blague, qui n’en est pas une est au sujet de la température. Si tu n’aimes pas la température en Islande, attend 5 minutes, ça va changer. On peut passer de vent, pluie et soleil, dans la même heure!

mam

[Photos du musée National à Reykjavik]