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Chine (jours 29) Shanghai en sidecar

Lundi 29 août 2011: En cette dernière journée en ville, Amélie nous a proposé une activité complètement originale et surtout du jamais fait pour nous, une visite de la ville en moto et sidecar avec guide (shanghaisideways). Une façon originale de voir la ville et surtout de découvrir des coins moins connus. Le chauffeur nous laisse au point de prise en charge et ce, assez tôt pour nous prendre le temps de diner avant notre tour guidé d’une durée de quatre heures qui commence à 2hpm. On est accompagné par Gilles qui doit aller rencontrer un fournisseur tout près, mais il ne fera pas la visite avec nous, pas cette fois-ci.

Ce matin, nous avons fait la grâce matinée et avons paressé dans le lit avant de se lever pour faire cette belle activité. Après le diner indien, on ressort du resto et dans la rue nous attendent les deux motos tel que prévu. Une très jolie jeune fille, une Française qui est avec un chauffeur Chinois, Mickael. Elle est habituellement dans les bureau, mais aime bien être guide quelques jours par semaine. Comme elle ne connait pas bien les rues et le parcours, elle a besoin d’un chauffeur expérimenter pour la guider. Sinon, en temps normal, nous aurions été sur la même moto, un derrière sur le banc et un dans le side car. Toutefois, nous sommes chanceux, nous avons deux side cars; Brigitte sera avec Mickael et moi avec Floride (c’est son nom).

Le side car est considéré non pas comme une moto avec une roue en plus, mais comme une voiture avec une roue en moins, donc le port du casque n’est pas obligatoire pour le conducteur ni pour les passagers. En fait, on a appris que pour le scooter, aucun permis n’est requis, c’est donc la raison pour laquelle il y a autant de scooters et vélomoteurs partout en Chine. Ca roule dans tout les sens, à toute vitesse, avec 1, 2, 3, 4, 5 personnes dessus et autant de boîtes et sacs qu’ils peuvent attacher ici et là. Donc, tout ceci pour dire que nous avons décidé de rouler à la chinoise, c’est-à-dire sans casque. Nous embarquons dans des motos de réplique chinoises des motos russes datant de la deuxième guerre mondiale, mais les véhicules n’ont que 20 ans. C’est un départ!

Nous sommes dans la concession française et on se promène dans les rues avant de faire notre premier arrêt à l’endroit où étaient les anciennes usines d’acier. Maintenant, c’est converti en espace créatif pour les artistes qui exposent leurs oeuvres, toujours sujet à l’approbation gouvernementale préalable. C’est n’est pas de l’Art dénonciateur de quoi que ce soit, mais bien un moyen d’expression, surtout par les sculptures. Nous nous installons sur un banc de parc où notre guide nous explique un peu le trajet que nous ferons et en profite pour nous faire un petit résumé de l’histoire de Shanghai.

A l’époque, Shanghai n’était qu’un petit village de pêcheurs. Ils faisent le commerce avec les Français pour la soie, le thé et de la porcelaine en échange d’argent. Les Anglais ont commencé à vendre de l’opium à Shanghai qui était cultivé sur les terres indiennes. Les habitants sont vites devenus accros et les effets dévastateurs de l’opium ont assaillis les chinois. Le gouvernement mécontent a décidé d’attaquer le prochain bateau qui arrivera avec de l’opium. Malheureusement pour eux, c’est un bateau anglais et comme c’est une troupe importante, les Chinois perdent. Les Anglais s’installent donc sur une bande de terre au nord du canal. Ensuite, après l’attaque de Pearl Harbor, les Américains se sont installés un peu plus haut pour contrôler l’accès à la rivière. Enfin, les Français ont installés leur concession au sud de celle des Anglais. Ainsi, le petit village de Shanghai de l’époque est entouré par les étrangers qui s’amusent à appeler cette partie le « Chinatown »…c’est ironique non?

Ainsi, la première partie de notre parcours se concentre sur les diverses rues de la concession française où le style des maisons est classique, les allées sont bordées d’arbres de type platane, c’est résidentiel et il y un bel atmosphère. Ici, le nom des rues était français et les lois françaises s’appliquaient, mais ce temps est révolu. Ici, nous nous sommes arrêtés dans des endroits cachés et on a découvert des trésors de l’époque des années 20-30. On oublie rapidement que nous sommes en Chine et on se croirait vraiment dans les années 20-30 à cause des meubles externes, le décor et les meubles à l’intérieur de ce qui est maintenant un restaurant très cher, le YonFoo Elite.

Nous poursuivons la découverte en side car jusqu’à une église orthodoxe russe qui est remarquable par son style extérieur. Malheureusement, l’endroit est barricadé et on ne peut le visiter, mais on prend quand même le temps de s’y arrêter. Cette église était en fait le siège de la milice russe qui faisait la « sécurité » sur la concession française…ils s’entendaient bien. Juste en face, c’est la maison du plus grand gangster chinois qui faisait le trafic de l’opium. Chacun pouvait se surveiller de près et selon les histoires, tout semblait bien se passer. Nous avons pu entrer dans la bâtisse du gangster qui est maintenant transformée en hôtel, le Mansion. Plusieurs objets d’époque font partie du décor. Encore une fois, nous ne ressentons pas trop le style chinois.

Nous voilà repartis de plus belle en moto avec avec le vent dans les cheveux jusqu’à la Place du Peuple (People Square). A l’époque, c’était un très grand hippodrome où seuls les étrangers avaient accès. Les Chinois ont alors fait construire la plus grande tour de l’époque afin d’avoir une vue sur les courses de chevaux et bien évidemment, les étrangers n’avaient pas le droit d’y monter. A l’époque de Mao, voulant reprendre possession de cet espace, il a démoli l’hippodrome et fait construire la mairie, le musée de Shanghai et l’opéra. Maintenant, on voit que de grands édifices ont été construits en conservant une voie rappelant la forme originale de hippodrome.

Nous sommes maintenant dans la section de la concession anglaise qui est facilement remarquable par le changement d’atmosphère puisqu’ici c’est plus dynamique, commercial et avec des gratte-ciel. On circule dans les rues de la concession anglaise en direction du 1933….mystère. Arrivés devant le 1933, notre guide nous demande à quoi ce building peut bien avoir servi. Nos réponses ne sont pas bonnes et lorsqu’elle nous dit que c’était le plus grand abattoir d’Asie, on peut juste la croire. Les bêtes y entraient vivantes, montaient au 4e étage, se faisaient abattre et dépecer. On brulait les carcasses sur place et on pouvait même envoyer la viande par bateau avec le petit canal qui passe à deux pas. C’est une grande structure circulaire en béton qui a du style avec les formes sur les murs. Maintenant, c’est converti en magasins et boutiques, mais vu l’utilité passé, ça ne respecte pas le Feng Shui et les Chinois ne se ruent pas ici. Nous entrons à l’intérieur pour voir de nos propres yeux cette belle structure qui est un succès architectural.

On passe par le Bund que nous avions vu samedi soir en soirée. Maintenant que nous avons nos appareils photos, on demande à notre guide de s’arrêter pour prendre quelques photos, même si les buildings ne sont pas encore illuminés. Ensuite, ils nous conduisent dans la partie chinoise de la ville, celle qui a conservé les maisons typique et l’ambiance. Ça ressemble aux vieux quartiers que nous avions vu dans les autres villes. C’est l’heure du repas pour les Chinois (ils mangent très tôt, vers 5-6hpm) et on peut voir les dames cuisiner dans leur minuscule cuisine ou simplement à l’extérieur. Les lavabos sont à l’extérieur des maisons et des planches pour laver le linge sont encore utilisées! Les fils électriques se comptes par centaine, si une maison a un problème avec sa télévision, bonne chance pour trouver le bon fil.

Notre tour tire à sa fin et on reprend la direction du point de rencontre. Lors du parcours, nous avons eu l’occasion de circuler dans les petites rues, mais aussi sur de grandes artères au centre de la circulation. Heureusement que ça fait un mois que nous sommes en Chine et qu’on connait leur façon de conduire, sinon nous aurions été stressés tout le long du trajet. Toutefois, les chauffeurs des side cars sont très prudents et en aucun cas ne font des manœuvres pour nous mettre en danger. Selon nous, c’est la façon idéale de visiter Shanghai vu l’étendu de la ville. Aussi, c’est une façon moderne de visiter une ville qui a évolué rapidement et qui n’a pas trop conservé le côté typique chinois. On sent ici beaucoup l’influence des étrangers qui se sont établis depuis longtemps.

Sans trop le savoir, c’était très bien de terminer notre périple par Shanghai. Au début, nous sommes très intéressés par le côté chinois que nous connaissons, c’est-à-dire des pagodes, des chinois typiques, des villages et des vieilles villes. Shanghai, c’est tout autre chose et en fin de voyage, au moment où nous sommes un peu tannés de voir les « chinoiseries », c’est comme de mettre la cerise sur le sundae. On boucle la boucle par une ville chinoise qui reflète la progression, l’avancement et le futur.

[Photos de Chine (jour 29) Shanghai - Sidecar]

Brigitte

Chine (jours 28)- Shanghai, brunch, parc et massage

Dimanche 28 août 2011: Aujoud’hui on ne met pas de cadran, il n’y a pas de stress pour se lever, c’est dimanche et c’est ma fête. On a réservé pour aller bruncher à midi dans un endroit qui est, selon Amélie, très bon et avec beaucoup de choix. Le restaurant est à environ trente minutes de chez eux à Shishan dans un grand resort d’un hôtel, Le Méridien. C’est un endroit pour les conférences et c’est aménagé de façon très chaleureuse. On entre dans l’immense salle à diner où il y a déjà passablement de gens, surtout des expatriés, mais aussi quelques Chinois assez riches.

C’est vraiment le plus grand buffet que j’ai jamais vu. Pour ceux qui ont connu le Movenpick de la place Bonnaventure à Montréal, c’est pareil. Il y a de petits îlot avec 2-3 chefs qui font de la bouffe sous un thème. Ici les sushis, la viande, les pâtes, les fruits de mer, BBQ avec des grillades, les jus frais, les shooter de vodka, les fruits, les omelettes, les burger-frites et bien sûr deux grands kiosques de desserts, gâteau avec finalement les glaces (crème glacée) avec tous les coulis et les bonbons possible. Nous avons mangé trois assiettes chacun, presque jamais la même chose et je suis convaincu qu’en considérant tous nos plats combinés, il y a encore beaucoup de mets que nous n’avons pas goûté. C’est assez cher, mais vu la diversité et surtout la qualité et le choix, ce n’est pas si cher et c’est vraiment bon.

Rassasiés, il faut vraiment se bouger, car on roule et on va se coucher sinon. On propose une balade dans un grand parc tout près, le parc des sculptures annexé à l’hôtel. C’est un immense espace vert créé de toute pièce par un mécène très riche qui voulait un espace de détente, de verdure pour les résidents. Sur le site, il y a des manèges, des espaces de jeux, des restaurants, des bars, des coins tranquilles, un immense lac artificiel avec une promenade qui en fait le tour, une plage et des dizaines de sentiers. Nous avons monté dans l’arbre de thé, avons fait un tour de manège de bateau, sauté sur la trampoline jusqu’à ce qu’on n’ait plus de souffle, monté à la petite chapelle et marché autour du lac au beau grand soleil. Nous y avons passé un peu plus de deux heures à se promener pour profiter de la magnifique journée et surtout digérer.

De retour à la maison, on fait chacun nos petites affaires, question de profiter de la journée de congé, la dernière avant le retour officiel à l’école pour Tristan. Vers sept heures, on va se faire masser, un massage à l’huile d’une heure sur tout le corps. On est quatre et ils ont 4 masseurs/es, c’est parfait. On entre tous ensemble et on en ressortira tous en même temps. Je ne peux pas parler pour les autres, mais ça a été un bon moment qui passe toujours trop vite, après une heure je pensais que ça faisait seulement quinze minutes, mais non c’est fini, dommage, j’en aurais pris encore une autre heure. Ce n’est pas cher et c’est très reposant, une activité à renouveler, mais à Montréal, ce n’est pas aussi facile ni aussi économique,

Donc, ce fut une journée pas typiquement chinoise, mais après un mois, les ruelles, les pagodes, les temples et le riz, on a compris le concept et ça fait du bien de vivre dans un autre environnement, toujours en chine, mais de façon différente. Les expatriés vivent bien avec les Chinois, mais de façon plutôt américaine ou à la française, ce qui fait un joyeux mélange de genre auquel je pourrais m’habituer. On est extrêmement chanceux d’avoir avec nous des gens qui vivent ici depuis 15 ans et qui ont su garder leur racine, sans pour autant vivre dans une bulle.

[Photos de Chine (jour 28) Shanghai - Parc à Sheshan]

Marc-André

Chine (jour 27)- Shanghai, un peu de tout

Samedi 27 août 2011: On prend notre temps en ce samedi matin pour bien se réveiller et profiter du week-end avec nos hôtes. Nous avons décidé de faire les boutiques du vrai et du faux et ensuite, nous verrons en fonction de la température et de nos goûts. C’est terminé la course aux activités afin de respecter le programme, nous avons un horaire libre pour découvrir Shanghai et nous le ferons de façon différente.

Tristan et Amélie nous accompagnent pour nous faire découvrir quelques endroits de Shanghai. Nous commençons par le marché du faux à Pearl City. Dans un grand building à plusieurs étages, les marques fausses sont vendues à prix plus que réduit. Ici, on peut se faire plaisir, mais la qualité n’est pas garantie. On va dans une boutique de DVD/CD où sont copiés des séries, films, cartoons et musique avec les pochettes reproduites. Tout est parfaitement reproduit, c’est à s’y méprendre. Une chance qu’il n’y a pas de place dans nos bagages puisqu’il y aurait quelques DVD qui ont attiré notre attention. Toutefois, pour ce qui est de la musique, nous voulons encourager les artistes, alors pas question d’acheter des copies.

Avant de partir pour un autre marché, celui du vrai dans les vieux quartiers, nous allons mangé dans un restaurant de style américain où on peut avoir plusieurs sortes de hamburgers. Nos papilles salivent, voici un goût qu’ils reconnaissent et apprécie après un mois de nourriture épicée et chinoise. Même si c’est du fast food, il n’y a pas toute la graisse des fast food américains et on peut considérer le tout comme acceptable pour notre ligne.

Le chauffeur, qui n’est jamais très loin avec la voiture, nous reprend pour nous conduire à Tai Kang Road où sont situées les petites ruelles assaillies par les boutiques artisanales, de souvenir, d’art et les restaurants. Les bâtisses ne sont pas très hautes et les ruelles sont très étroites. Il y a plein de monde qui fouinent dans les boutiques et les produits offerts sont intéressants. Nous sommes loin des babioles vendues dans les rues par les vendeurs itinérants. Les boutiques sont décorées avec goût, ça sent bon et nous ne sommes pas sollicités. Nous avons vu de belles galeries de photos et les clichés sont très bien. Nous avons trouvé des cônes d’encens à bon prix pour bien embaumer notre future maison, question de ramener un peu de Chine avec nous.

Nous laissons derrière nous les boutiques pour aller vers un peu plus d’action pour les garçons qui veulent faire du karting (go kart). Amélie et moi préférons les regarder et faire des photos et vidéos pour immortaliser leur course. Et c’est un départ, les premiers tours sont pour découvrir la piste et ensuite ils sont en terrain connu pour avoir un peu plus de challenge avec les autres pilotes. Marc-André trouve rapidement ceux qu’il veut rattraper et dépasser pour mettre de l’action tandis que Tristan est concentré à ne pas faire de collision et bien faire ses virages. On voit qu’il prend plus de confiance à chaque tour et fait même quelques dérapages lors des derniers virages. Les huit minutes que durent le circuit sont suffisantes, ils ont bien chaud et viennent s’hydrater avec nous avant de repartir pour leur deuxième circuit où ils ont autant de plaisir.

[Photos de Chine (jour 27) Shanghai - Go cart]

Nous repartons pour la maison afin de prendre une douche avant de rejoindre des amis à eux pour le souper au restaurant Lost Heaven. C’est un restaurant qui offre différentes cuisines asiatiques dans un cadre charmeur. On se commande quelques plats qu’on partage et c’est très bon. Pour un troisième soir consécutif, nous buvons avec plaisir du bon vin…que c’est bon après presqu’un mois de sevrage involontaire! A l’heure du dessert, grâce à la complicité avec Amélie, un gâteau avec chandelle arrive pour mon chéri afin de souligner son anniversaire (même si ce n’est que le lendemain). Une seule chandelle sur le gâteau permet de garder secret son âge!

Après le repas, nous faisons un arrêt sur le Bund pour voir Shanghai de nuit. Le Bund est en fait une rivière qui fait un coude autour de Pudong où sont situées quelques tours dont celle de télévision et le décapsuleur toutes illuminées. D’ailleurs, Shanghai de nuit est magnifique, mais il vous faudra aller voir sur internet sur d’autres sites puisque nous n’avions ni l’un ni l’autre notre caméra pour avoir quelques clichés. Toutefois, on a pu profiter un peu de la vue avant que les nuages cachent le haut des buildings et que les lumières s’éteignent. C’est donc un signe qu’il est l’heure de rentrer.

[Photos de Chine (jour 27) Shanghai - Ruelles et ville]

Brigitte

Chine (jour 26) Hangzhou

Vendredi 26 août 2011: Nous accompagnons Amélie dans un voyage d’affaire à Hangzhou où elle rencontrera un fournisseur. Elle s’en va dans une petite ville à 45 minutes de train rapide (350 km/hr) et c’est très joli, alors pendant qu’elle parlera affaire, nous ferons nos touristes dans la ville. Le train file à toute allure et c’est presque en un clin d’oeil que nous atteignons notre destination. On nous conduit chez le fournisseur et malgré qu’il soit encore tôt, on va diner avec lui, question d’avoir l’après-midi libre pour travailler ou visiter.

Nous allons dans un grand restaurant à deux pas de ses bureaux, mais il se fait un plaisir de nous y conduire lui-même dans sa Porsche Cayennes! Une succession de plats arrivent sur la table, il se fait un honneur de nous recevoir selon les standards chinois. En fait, que ce soit pour un repas d’affaires ou entre amis, celui qui invite veut épater la galerie et montrer qu’il est soit riche, attentionné, que l’autre est important….. en commandant plein de plats. Évidemment, il y a deux, même trois fois trop de nourriture, mais les invités ont un buffet devant eux. Ainsi, nous avons très bien mangé, les plats étaient bons et goûteux, tout particulièrement la soupe de canard était un délice.

De retour au bureau, le fournisseur d’Amélie nous a planifié notre escapade dans la ville. Il a d’ailleurs mobilisé son chauffeur et une traductrice pour nous accompagner durant notre visite… très gentille attention de sa part! On laisse Amélie et Ben travailler et nous partons à la découverte de cette ville qu’ils surnomment « paradis terrestre » dans notre livre. Ils ne sont pas guides, mais ils connaissent bien la ville. On se dirige alors au lac de l’Ouest puisqu’il y a plusieurs choses à y visiter.

On prend des billets pour prendre un bateau qui nous amène sur la petite île Santan Yinyue. En fait, c’est la plus grande des trois îles du lac de l’Ouest. Sur l’île, il y a des sentiers qui la serpentent et plusieurs plans d’eau. La curiosité principale est constituée des trois stupas en pierre d’une hauteur de 2 mètres chacune et érigée dans le lac. Dans la partie sphérique de la stoupa, il y a cinq trous et lorsque la nuit tombe, s’il y a la lune qui éclaire, on dit que le reflet de la lune, des lampes et des stoupas donnent un spectacle magnifique. A nos yeux, ce ne sont que trois poteaux plantés en triangle dans l’eau. Toutefois, la marche dans l’île est agréable et reposante, il y a tout ici de ce que nous aimons de la nature: l’eau, la verdure et le calme.

Nous reprenons le bateau pour se rendre à l’autre extrémité du lac où nous visitons le temple Yue Fei. Contrairement aux temples que nous avons visités jusqu’à présent qui étaient tous religieux, celui-ci fut érigé en l’honneur d’un homme loyal envers la Chine. Ils ont fait ce lieu pour le remercier, mais aussi pour montrer à la population tout ce qu’il a fait pour la Chine. Dans les faits, l’architecture des bâtisses, autant intérieur qu’extérieur, est très semblable aux autres temples. Par contre, on remarque plus de verdure ici puisqu’il y a des parcs entre les bâtiments et même un bassin avec poissons rouges. Il y a une grande salle avec sa statue imposante. Enfin, sa tombe particulière est disposée dans le jardin. En fait, c’est une grande butte de terre qui fait office de tombeau. Une fois la visite terminée, on retourne sur les rives du lac de l’Ouest.

Puisque nous sommes à l’autre extrémité du lac, il nous faut revenir au point de départ. Pour se faire, les Chinois ont construit une grande allée qui traverse le lac avec des ponts à quelques endroits pour laisser passer les petits bateaux. C’est un lac artificiel, alors ils l’ont fait à leur goût! On marche donc sur l’allée bien heureux que le beau temps ait été de la partie et que la pluie n’ait pas écouté les prévisions météorologiques qui annonçaient même des orages. Ici, on profite bien de notre interprète qui nous accompagne puisque nous manquerions bien des choses. Elle nous montre le Pont Brisé sous neige (Duanqiao cangxue). On dit que le pont brisé a été nommé ainsi à cause de la rupture de la digue ici. Aussi, ce pont marque la ligne de démarcation entre le lac extérieur et le lac intérieur. Ils disent que l’hiver lorsqu’il neige, c’est le meilleur endroit pour admirer le lac de l’Ouest.

Il y a plusieurs petits embranchements et notre interprète nous permet de ne pas se perdre. Elle semble être inquiète par le temps, mais on lui demande à chaque embranchement ce qu’il y a à voir par là et on insiste pour aller voir puisque, selon nous, nous avons amplement le temps de visiter encore….il reste quand même plus d’une heure et nous ne sommes pas à une heure de marche de la voiture. Heureusement que Marc-André à fait toutes ses demandes puisque nous sommes arrivés pile poil à l’heure à l’auto. Lors de notre promenade, nous avons marché dans des sentiers entre les bambous, vu des bassins de poissons rouges, marché sur le pont des carpes rouges qui ouvraient très grand leur bouche pour avaler l’eau, marché sur des galeries qui longent l’eau et vu plein de beaux paysages. Ça fait très changement des sites touristiques que nous avons vus et ça tombe bien dans le programme puisque nous avions besoin de changement.

[Photos de Chine (jour 26) Hangzhou - Lac de l'ouest]

On se dirige vers la pagode avec une vue sur le lac de l’Ouest. Nous empruntons deux escaliers roulants, à l’extérieur pour atteindre la base de la pagode….ah ces Chinois, rien ne les arrête! La pagode originale a été détruite lors de la révolution, mais a été reconstruite par dessus avec des matériaux plus solides. On voit encore les vestiges de la base qui ont été conservés pour souvenir. On fait donc l’ascension de quelques étages dans un ascenseur avant de poursuivre par les escaliers. De là haut, on a une vue sur le lac, mais aussi sur les hauts buildings de la ville.

Accompagnés de notre chauffeur et de notre interprète, on se dirige à la gare pour reprendre le train et retourner à Shanghai. On retrouve Amélie dans le train qui a couru avec des échantillons, ses sacs et une grosse boite de raisins que son fournisseur lui a donnée. Nous mangerons des raisins pour les prochains jours tellement il y en a! De retour à la maison, nous avons commandé de la pizza chez Fred, un Français qui a ouvert une pizzeria dans la résidence. Encore une fois, nous passons une excellente soirée avec nos hôtes.

[Photos de Chine (jour 26) Hangzhou - Pagode]

Brigitte

Chine (jour 25) Arrivée à Shanghai

Jeudi 25 août 2011: Après avoir mangé notre dernier petit déjeuner chinois tôt le matin, nous sommes prêts pour partir à l’aéroport dès 8ham. C’est un peu tôt, mais selon le chauffeur, il y aura du trafic et mieux vaut arriver trop tôt que trop serré. Finalement, on arrive beaucoup trop tôt, mais nous avons une connexion internet et on peut se mettre à jour dans nos emails et posts.

Nous procédons à l’embarquement à l’heure, mais on reste sur la piste pendant une heure pour attendre notre créneau de décollage à cause du fort achalandage. Une fois décollés, nous avons un court vol de deux heures et on nous sert un diner correct. A l’aéroport, notre chauffeur nous attend pour nous conduire chez Amélie, la cousine de Marc-André, chez qui nous logerons les prochains jours.

En fait, nous arrivons chez DSM, l’entreprise d’Amélie, qui fait le design, la production et la distribution de costumes pour hommes. Nous sommes très bien accueillis et à travers ses tâches qui doivent continuer malgré notre présence, elle nous explique comment ça a commencé, l’évolution et ce qu’ils font maintenant. Ensuite, nous l’accompagnons dans une visite d’usine de production située tout près des bureaux pour découvrir ce monde d’ouvriers du tissus. Cette usine n’appartient pas à Amélie, c’est un fournisseur spécialisé en couture qui travaille pour elle. C’est comme on s’imagine, de grandes lignes de machines à coudre opérées par des chinois avec des piles de vêtements. Chacun fait une petite partie de couture et le fait sur chaque morceau, disons qu’il est le spécialiste de cette couture! Les étapes se succèdent pour coudre chaque pièce jusqu’à l’assemblage final. Il y a une ligne de production distincte pour le veston et pour le pantalon et chacune des lignes a environ 150 personnes/étapes. Un vrai travail de fourmi!

Nous avons l’occasion de voir Amélie oeuvrer dans son domaine, elle examine les pièces, donne ses consignes pour s’assurer de la qualité de la couture et du pressage pour avoir un produit fini à son goût et à celui du client. Elle travaille avec son contrôleur de qualité qui est sur place à l’usine et on perd des bouts de la conversation puisqu’elle discute en chinois, bien oui, elle parle chinois. Amélie est en Chine depuis quinze ans, donc elle est bien établie et connait très bien…elle parle même chinois qu’elle a appris par elle-même avec l’aide de ses employés! C’était vraiment bien de voir ça puisque la Chine est un important marché de fabrication et nous l’avons vu de nos propres yeux, du moins une petite partie. Ça s’ajoute à notre culture et enrichi notre voyage puisqu’aucun programme touristique n’offre ça dans leur itinéraire; merci Amélie!

Après avoir terminé sa journée de travail, nous appelons le chauffeur pour nous conduire à la maison. Vous avez bien compris, elle a son propre chauffeur, non pas pour faire comme dans les grands films et faire sa diva, mais ici c’est indispensable. Pour l’entreprise qui a besoin de faire beaucoup de courses et d’aller-retour et aussi parce que la conduite en Chine est périlleuse, alors mieux vaut ne pas conduire par soi-même. Toutefois, elle conduit quand même à quelques occasions. Ainsi, nous avons un chauffeur à disposition pour nous conduire où on veut.

Ils habitent dans un très joli quartier à l’extérieur du centre et ils ont une grande maison. Ils ont comme voisins principalement des expatriés comme eux (Français et Allemand). On rencontre Gilles, son mari, et Tristan, leur garçon de 11 ans. Nous passons une excellente soirée, les discussions vont dans tous les sens et on savoure le repas qui nous est servi (non, il n’est pas chinois!) accompagné de bon vin.

Brigitte

Chine (jour 24) Dernière journée chargée à Beijing

Mercredi 24 août 2011: Nos quelques jours à Beijing prennent fin aujourd’hui, mais nous avons encore toute la journée à profiter avant de faire nos au revoir. D’abord, on se rend dans la vieille ville pour faire un tour de vélo. Selon le programme, on devait se rendre au temple lama, mais selon la guide, il y a trop de circulation et elle nous propose de faire un autre itinéraire plus agréable. Aussi, elle ne sait pas faire de vélo alors elle demande à son amie de nous accompagner, elle s’est bien débrouillée pour respecter le programme et ne pas qu’on subisse le fait qu’elle ne sache pas en faire.

On débute le circuit au coeur de la vieille ville composée de petites ruelles nommées hutong qui entourent la Cité interdite. De chaque côté, les maisons traditionnelles à cour carrée s’alignent dans un style uniforme en brique grise. Les hutongs étroites sont calmes puisque nous sommes en pleine semaine et qu’il est encore tôt. On se dirige rapidement vers le lac Qianhai au nord de la Cité interdite autour duquel nous nous promenons à vélo. Le lac n’est pas très grand puisque nous voyons l’autre rive, mais au moins il y a de la verdure et les foules sont loin de nous même s’il y a un peu d’activité. Le tour n’est pas très long et nous avons roulé presque à pas de tortue comparativement à notre vitesse habituelle.

Nous rendons les vélos et quittons la ville pour se rendre au Palais d’été situé à 20 km à l’ouest du centre-ville. C’est en fait le plus grand jardin impérial de Chine qui occupe 2.9 millions de mètres carrés dont trois quarts sont un lac artificiel. Il y a évidemment plusieurs bâtiments, mais nous n’en visitons qu’un seul. Ce n’est pas grave puisque ça ressemble beaucoup au palais impérial et que le plus intéressant reste le grand parc. On se balade sur la promenade qui longe le lac et on rejoint rapidement une galerie couverte très longue. Sur les plafonds et le haut des murs, il y a des petites peintures toutes différentes les unes des autres.

Le lac est beaucoup trop grand pour que nous puissions en faire le tour, alors on embarque sur un bateau dragon qui nous amène rapidement sur l’île. Pendant la courte navigation, nous avons une belle vue sur le temple bouddhiste construit en flanc de montagne. Arrivés sur la minuscule île, on se dirige directement vers le pont aux 17 arches pour rejoindre la terre ferme. Plusieurs pédalo-ponton naviguent sur l’eau pour profiter du beau temps et du calme qu’offre ce palais d’été. Nous ne restons pas plus longtemps puisque nous avons une invitation pour diner chez l’habitant.

[Photos de Chine (jour 24) Beijing - Palais d'été]

De retour en vieille ville, on embarque dans un pousse-pousse (carrosse deux place tiré par un vélo) pour serpenter à travers les hutongs (ruelles pékinoises) et s’arrêter devant une petite maison traditionnelle où la dame nous attend. Elle nous conduit à la salle à manger où quatre tables sont installées…nous ne serons pas ses seuls invités! En fait, nous ne mangerons pas avec eux, mais goûterons plutôt à de la cuisine fait maison. Comme nous sommes les premiers arrivés, on a l’occasion de voir la minuscule cuisine où les plats sont préparés et cuits.

Ils n’attendent pas les autres convives et nous servent nos plats sur notre petite table ronde. Comme le veut la tradition chinoise, plusieurs plats arrivent et s’entassent sur la table. Nous avons droit à des brocolis, raviolis, pilons de poulet, arachides rôties, courgettes, boeuf en lanières avec poivrons, chacun un bol de riz et une assiette de melon d’eau. C’était très bon, savoureux et suffisant! A la fin du repas, la cuisinière est venue à notre table pour nous montrer comment confectionner les petits raviolis. Nous avons eu l’occasion de mettre en pratique nos apprentissage avec trois raviolis que nous avons fait nous-même. En fait, c’est une petite pâte ronde plus mince qu’une crêpe et beaucoup plus petite dans laquelle on insère le contenu et là commence la spécialité pour faire le ravioli. Il y a une technique spéciale pour replier proprement la pâte afin de former une demi-lune. Ce fut très bref, il ne fallait quand même pas s’attendre à un cour complet de cuisine!

Nos pousse-pousses nous attendent pour compléter notre découverte de la vieille ville. Ils nous déposent tout près de l’atelier du maître du cerf-volant qui nous montre comment il confectionne les très spéciaux cerf-volant chinois. Le maître nous accueille dans son petit atelier où sont accrochés plein de cerf-volant. En chinois et quelques mots anglais, il nous explique et montre les diverses étapes de la confection. Notre guide nous traduit en français afin que nous puissions comprendre. En premier, il faut faire le cadre avec du bambou, mais attention, ici on ne parle pas de cerf-volant simple en losange, mais des aigles, oiseaux, dragons…. Ensuite, il faut recouvrir avec de la soie et ensuite du papier à certains endroits pour durcir la forme. Enfin, il faut peinturer même si ça ne contribue pas à le faire voler. Finalement, le maître nous a montré des vidéos lorsqu’il a fait voler ces cerfs-volant dont un en forme d’aigle qui ressemble vraiment à un vrai. On part et il nous donne à chacun un petit cadeau, des mini cerf-volant que nous ferons voler dans le ciel québécois.

[Photos de Chine (jour 24) Beijing - Balade en pousse-pousse et fabrique de cerf-volant]

On retrouve notre chauffeur qui nous conduit au temple bouddhiste de Yong Hegong. Une fois à l’intérieur, notre guide se rend compte que nous ne devions pas le visiter, mais seulement faire du vélo jusqu’ici. Maintenant il est trop tard et on en profite pour le visiter, l’agence s’occupera des coûts additionnels, ce n’est pas notre faute. Le site ressemble beaucoup aux autres temples que nous avons visités au Tibet. Toutefois, l’origine de celui-ci est différente puisqu’il a été construit lorsqu’un des empereurs a été intronisé. Habituellement, la maison du nouvel empereur doit être détruite ou transformée en temple. La demeure de celui-ci est tellement belle qu’elle a été transformée en temple et dédiée aux lamas de la région.

[Photos de Chine (jour 24) Beijing - Temple bouddhiste]

Après la visite du temple, nous pensons que nous avons terminé notre journée, mais il nous reste encore une activité, celle de la dégustation du thé. Une chance que la guide est là, c’est quelque chose que nous aimons beaucoup et que nous n’aurions pas aimé manquer. C’est un peu plus commercial que notre première expérience à Guilin, mais les thés goûtés sont différents et très bons. Pour la première fois, on goûte à du Pu-er et du thé blanc. Le blanc est très fade et beaucoup plus doux que le thé vert. On achète du Pu-er puisque c’est assez très boen, mais difficile d’en trouver sur le marché et c’est bien moins cher ici. On s’est aussi acheté du thé oolong au ginseng.

Maintenant c’est vrai, nous avons terminé toutes les activités prévues à Beijing, mais nous n’avons pas encore goûté au canard laqué, plat super réputé à Beijing. Notre guide nous a dit que c’est très cher dans les restaurants, mais qu’ils en servent à l’hôtel pour un prix raisonnable. Ainsi, le choix du restaurant pour ce soir sera facile puisque nous ne pouvons pas repartir sans en avoir mangé. Finalement, le repas s’avère être tout à fait délicieux, du canard c’est excellent. On a aussi un gros plat de riz fris, des brocolis et une petite assiette de boeuf en sauce tomate.

Nous passons notre dernière soirée à Beijing à l’hôtel puisqu’il est déjà très tard et il n’y a rien vraiment à faire autour. On relaxe et prépare nos sacs puisque nous prenons un avion local demain matin pour se rendre à Shanghai, dernière destination de notre voyage en Chine.

[Photos de Chine (jour 24) Beijing - Dégustation de thé]

Brigitte

Chine (jour 23) Beijing – La Grande Muraille

Mardi 23 août 2011: Nous voici rendus à ce jour où nous verrons enfin de nos propres yeux la célèbre Grande Muraille de Chine. Je vous le dis tout de suite et c’est même confirmé par les astronautes, la Grande Muraille n’est pas visible de l’espace. C’est simplement physiologiquement impossible. C’est l’équivalent de demander à notre oeil de voir un trait de crayon de 1mm d’épaisseur à 1 kilomètre de distance, c’est un mythe. De l’espace, on peut voir les continents, les déserts et des nuages c’est tout.

Revenons à nos moutons…ce matin avant d’aller à la Grande Muraille, on fait un arrêt au Temple du ciel qui est en fait un immense parc avec plusieurs bâtiments destinés aux cérémonies impériales pour rendre hommage au Ciel et prier pour les bonnes moissons. La cérémonie exécutée par l’empereur se fait deux fois par année, soit au solstice d’hiver et à l’équinoxe d’été. Tout y est construit pour être conforme aux idéologies chinoises. Par exemple, tous les escaliers ont neuf marches puisque neuf signifie longévité; le plafond du temple est séparé en trois niveau dont un niveau a douze arcs représentant les douze mois de l’année…

Ici, c’est aussi un endroit très prisé par les gens pour faire du tai-chi sur la grande place. Les gens paient ou prennent un abonnement pour entrer sur le site. Dans les rues, on ne voit que des jeunes de 20-30 ans partout, mais ici c’est la place des plus vieux. Ils sont regroupés en petits groupes de 5 à 20 personnes et font de la danse, du tai-chi sous toutes ses formes ou n’importe quel sport de détente avec une sorte de professeur, le tout agrémenté par de la musique. Il y a même des cours de danse plus classique ici et là. On peut se joindre aux groupes sans problème et c’est ici que Brigitte a pratiqué ses premiers mouvements de tai-chi. Évidemment, ça manque de fluidité, mais avec un peu de pratique, elle pourra effectuer les mouvements les plus simples. Elle a même expérimenté quelques mouvements avec un deuxième groupe qui faisait du tai-chi avec une raquette et une balle et l’objectif est de faire tournoyer la raquette sans faire tomber la balle!

[Photos de Chine (jour 23) Beijing - Temple du ciel]

Ensuite, on prend la direction de la Grande Muraille Matianyu à 90 kilomètres de l’hôtel. Sur la route, on s’arrête dans une fabrique de cloisonnerie où ils fabriquent les vases, assiettes, bols typiques chinois. On nous présente les étapes de production en commençant par la formation en bronze du morceau, bien oui, ils ne sont pas en porcelaine, mais en bronze alors c’est incassable! Ensuite, ils prennent des fils de bronze qu’ils plient et tordent pour coller sur les vases et faire les formes et dessins sur la pièce. Ensuite, ils remplissent avec de la couleur les différentes cloisons sur la pièce avant de faire chauffer et polir. Ces objets nécessitent de grands talents et ce, à toutes les étapes de la fabrication. Durant la visite, je me suis fait un ami…un petit chat blanc et caramel a bien apprécié mes câlins. Nous avons terminé la visite dans la boutique où se succédaient les pièces fabriquées allant de tous les styles, grandeurs et prix.

[Photos de Chine (jour 23) Beijing - Fabrique de cloisonnerie]

Nous arrivons enfin au site de la Grande Muraille, section Mutianyu. La Grande Muraille est une fortification militaire construite pour marquer et défendre la frontière nord de la Chine. C’est la structure architecturale la plus importante jamais construite par l’homme à la fois en longueur, en surface et en masse. La longueur de la muraille est d’environ 6’500 km et traverse neuf provinces au nord de la Chine sur l’axe est-ouest. En moyenne, la Grande Muraille mesure 6 à 7 m de hauteur et 4 à 5 m de largeur. Évidemment, elle n’est pas construite que sur du plat et ainsi suit le relief du sol jusqu’au sommet de quelques montagnes. Les murs sont construits de pierres et de briques, mais aussi de quelques corps humains des travailleurs morts sur le chantier ou envahisseurs qui ont été enterrés sur place au lieu de les ramener en ville située souvent assez loin.

La Grande Muraille est une des principales attractions touristiques du pays. Les endroits les plus fréquentés sont les passes de Badaling, Mutianyu, Simatai, Juyongguan, Xifengkou, Jiayuguan et Shanhaiguan. Nous nous concentrons sur la section de Mutianyu. C’est une partie vraiment moins commerciale et moins touristique que les autres. La section de Badaling est plus courte et est assaillie par les touristes en meute, ici c’est nettement plus tranquille et on peut marcher sans se faire pousser, enfin! On commence à en avoir assez de se faire pousser!!! Pendant notre longue balade au gros soleil et à la chaleur écrasante, nous rencontrons peut être cinquante personnes toutes aussi en sueur que nous.

La section de la Grande Muraille de Mutianyu est une des sections les mieux conservées et est plus ancienne que celle de Badaling. Cette section comporte 22 miradors (ou tourelles) sur une longueur de 2.3 km. Le parking est situé tout en bas de la colline et nous devons monter pour atteindre la Grande Muraille. Nous avons opté pour la montée à pied, mais il y a un téléphérique et une chaise mécanique pour monter les gens rapidement et sans effort. Une autre caractéristique de la section de Mutianyu est la piste de luge sur roues qui permet de descendre la muraille sur une piste métallique sinueuse, moyen que nous avons utilisé pour descendre…..nous avons eu bien du plaisir!

Une fois atteint la muraille, nous avons marché presque jusqu’au bout de la section restaurée. Comme je vous l’ai dit avant, ce n’est pas plat et nous avons fait notre exercice de la journée avec les douces montées soutenues. On s’est arrêté juste avant une méga montée de 400-500 marches avant de refaire le chemin inverse. Le fait de marcher sur cette célèbre et impressionnante muraille nous fait tout drôle. On est ébahi et réalise la quantité de travail que ça a dû prendre pour construire ce monument, surtout avec les moyens de l’époque. Autour, il n’y a que des arbres et montagnes à perte de vue ou du moins aussi loin que le smog et brouillard nous permet de voir. A la fin de notre marche, la lumière était définitivement plus belle et a on pris quelques bonnes photos malgré l’air toujours aussi épais et le smog permanent.

De retour en bas de la montagne, là où sont tous les kiosques de marchands toujours à l’affût des touristes, nous rejoignons notre guide au petit resto où elle nous attendait et on se prend un boisson fraîche. On reprend la voiture pour deux heures de route vers l’hôtel. On a jasé de tout et de rien lors du retour.

[Photos de Chine (jour 23) Beijing - Grande Muraille]

Juste avant d’arriver à l’hôtel, on s’arrête dans un magasin d’état où ils fabriquent de la soie. Vous savez sans doute que la Chine a une histoire très ancienne avec la soie et est le point de départ de la célèbre route de la soie qui traverse le pays jusqu’à Rome. On voit dans quelques bocaux remplis de formols les vers à soie aux diverses étapes de leur vie, en passant des larves, vers, chenilles et enfin cocon. C’est à l’étape de cocon que la soie est créée. En fait, le cocon en forme de petit oeuf est une boule de soie. Ils n’ont qu’à tirer sur un petit fil de plusieurs cocons pour faire un fil assez fort et en faire des bobines. Ensuite, plusieurs utilisations sont possibles avant d’arriver au tissu final dans la forme que nous connaissons. C’est très beau ce qu’ils font, très intéressant, mais très cher et surtout on n’est pas acheteur de draps, vêtements et tapis.

[Photos de Chine (jour 23) Beijing - Magasin de soie]

Pour la soirée, nous avons acheté des billets pour assister au fameux opéra de Pékin, de renommée internationale et un must à voir selon tous les guides que nous avons lus sur la Chine. On ne sait pas trop à quoi s’attendre, mais on espère seulement ne pas trop se faire casser les oreilles. Après avoir mangé un peu et pris une douche, on est tout frais pour notre spectacle dans un théâtre tout près de l’hôtel. La salle est à moitié pleine, remplie principalement de touristes étrangers qui viennent ici pour s’initier à cet art millénaire. On dit dans les livres que c’est le plus beau fleuron des arts chinois.

Tout d’abord, opéra signifie pour moi du chant avec de la musique. Ici, c’est plus un spectacle de théâtre combinant le chant, la danse, les beaux-arts et la littérature. C’est assez déstabilisant et ça ne ressemble à rien de ce que j’ai déjà vu. Brigitte, après le premier acte est prête à sortir, mais moi je leur donne encore une chance. C’est vraiment bizarre, un peu acté en en mettant vraiment trop, beaucoup de gestuelle et mimes, peu de chant et de parole. Heureusement qu’il y a un panneau avec affichage en anglais qui explique l’histoire et écrit les paroles de ce qui est dit sur scène. D’ailleurs, ils parlent plutôt qu’ils ne chantent enterrés par une musique assourdissante. Il y a sur scène des musiciens avec des instruments d’époque qui jouent à tue-tête et avec un ton assez aigu. Ce ne sont pas des instruments que nous connaissons et le son n’est pas très agréable, surtout à cette intensité.

Au final, c’est une expérience à ne pas renouveler, mais on ne quittera pas Pékin en se demandant ce que nous avons manqué. L’opéra, c’est pour les initiés et on est très néophyte en ce domaine. L’opéra chinois c’est encore plus bizzare et je ne suis pas certain de comprendre ou d’apprécier. De toute façon, c’était une soirée divertissante même si ce n’était pas à notre goût. Regardez le vidéo pour vous faire votre propre idée et dites-vous que c’est représentatif de l’heure de spectacle que nous avons eu… je me répète, c’est bizarre, étrange et déstabilisant.

De retour à l’hôtel, c’est la routine, ménage des photos, écriture des post et dodo.

[Photos de Chine (jour 23) Beijing - Opéra]

Marc-André

Chine (jour 22) Beijing (Pékin), la capitale

Lundi 22 août 2011: Après la nuit dans un train, on a bien dormi et ce matin, tôt vers 7:30 on se réveille question de manger un petit peu, mais ce ne sera pas assez pour passer la journée. On demandera à notre guide d’aller au McDo pour déjeuner, car ce n’est pas nos deux biscuits et notre verre de jus d’orange qui nous soutiendront. On n’est pas fiers de manger du fastfood pour déjeuner, mais on s’y replie puisqu’on connait et que ça bouche un trou. Heureusement que c’est juste en vacances que l’on mange cette cochonnerie, car il y a tellement plein de places meilleures que ça!

On arrive à la gare avec 15 minutes d’avance, ce qui fait qu’on arrive avant notre guide qui a mis plus de 1:45 heure pour venir nous chercher ce matin à cause du trafic. On se retrouve enfin après quelques aller-retour dans la section de quais d’arrivée. On rejoint notre chauffeur dans sa belle voiture noire et on se lance dans le trafic matinal de la capitale chinoise. En effet, Beijing est le centre politique, culturel, scientifique et des échanges internationaux de la Chine. Beijing est le nom en chinois de la ville (selon la phonétique) et Pékin est son nom français/anglais. Nous sommes maintenant dans la partie nord de la Chine, mais le climat est tempéré et semi-humide avec des températures actuelles d’environ 30 degrés. Beijing est l’une des célèbres villes historiques et culturelles de la Chine et compte environ 12 millions d’habitants. Elles est devenue une ville moderne grâce au développement rapide de l’urbanisme et d’espaces verts.

Ce matin, nous commençons par la visite de la place Tian’anmen, la plus grande place municipale publique du monde de 500 par 880 mètres et 440’000 mètres carrés située au centre de la ville. Elle est connue pour des événements plus ou moins glorieux de la Chine que je ne relaterai pas ici, question de rester politiquement correct. D’ailleurs notre guide n’a fait aucune mention de ce fameux événement. On peut par contre dire que cette place est entourée par le Palais de l’Assemblée du peuple, le musée national de Chine et le Monument aux héros du peuple. Aussi en son centre il y a le grand monument à la mémoire du président Mao Zedong. Mao, ce grand président qui a libéré le peuple avec la révolution et a réformé l’écriture pour faciliter l’apprentissage à tout son peuple et a aussi fait entrer la Chine dans la modernité.

On peut critiquer les politiques de la Chine, sa gestion des crises et ses politiques internes, mais il ne faut surtout la juger par rapport à nos références culturelles de l’ouest, mais à ce qu’elle était avant la révolution. Pour un pays comme la Chine, le communisme est révolutionnaire et pour nous les même politiques sont vues comme rétrogradées et dépassées. La Chine par son positionnement, son évolution et la force de sa population est en train de devenir un exemple de succès global tant au niveau politique qu’économique. Il est faux de dire que la Chine est communiste pur, c’est plutôt un système politique d’idéologie communiste avec un système économique capitaliste partiellement ouvert. Juste à voir les petits commerces partout, les commerçants qui installent leur petite nappe directement sur le trottoir, dans un parc ou sur la rue…les commerces, c’est le coeur de la vie de beaucoup de Chinois. Tous les moyens sont bons pour faire de l’argent et même s’il y a de la concurrence, le marché est tellement vaste qu’il y a de la place pour tous. Juste à voir le papier monnaie, c’est sale et usé, ça a dû changer de mains des milliers de fois.

Bon, revenons à la place Tian’anmen où il faut faire la file (encore) et être scannés (encore) et être contrôlés (encore) pour entrer sur une grande place vide et en béton. A part être grande et plein de monde, il n’y a rien vraiment de particulier à voir. Il fait atrocement chaud, plus de 30 degrés et l’humidité est accablante, 100% au moins et selon notre guide, c’est frais aujourd’hui. Elle porte une blouse rouge à manches longues (oui oui), pantalon long, lunettes fumées, chapeau à large bord de type plage, des gants (oui oui) et une ombrelle pour se protéger du soleil que l’on ne voit jamais tellement l’air est épais de smog et pollution; vous verrez par vous-même le contraste avec Brigitte sur une photo d’elles ensemble! Je vous le dit d’avance, les photos sont moches, c’est comme si on avait un grand voile blanc devant nous. Une bâtisse à 100 mètres est déjà pale à l’oeil nu et un à 500 mètres disparait presque derrière une épaisse brume blanche.

[Photos de Chine (jour 22) Beijing - Place Tian'anmen]

On traverse la place pour arriver à la Cité Interdite (ou Palais impérial). Pour y arriver, on passe sous l’avenue ouest-est et de fois 6 voies de large ce qui en fait la plus grande avenue de Chine. Nous arrivons face à la première porte où le portrait de Mao en grand est accroché entre deux slogans populaires. A gauche on peut lire « Vive la république populaire de la Chine » et à droite « Vive la grande union du peuple mondial ». Aussi, on a vu le drapeau de la Chine sur lequel sont dessinées cinq étoiles dont une plus grande qui signifie le communisme et quatre petites représentant les étudiants, les ouvriers, les intellectuels et les paysans. A l’époque de la création du drapeau, les commerçants n’existaient pas encore, raison pour laquelle aucune étoile ne les représente.

Cinq arches permettent de passer la porte dont celle du centre était réservée à l’empereur, les deux autres aux dignitaires et celles à l’extrémité pour la famille de l’empereur. Le Palais est constitué de la cour extérieure contenant les sections administratives seulement accessibles par l’empereur et dignitaires et de la cour intérieure constituée des habitations et jardins où 24 empereurs y ont vécu. Le Palais n’était pas accessible par le peuple, seuls quelques membres sélectes pouvaient y avoir accès. Ce n’est qu’en 1925 que le site a été ouvert au public. La construction du Palais a commencé en 1406 et a pris fin 14 ans après. Il a nécessité 10’000 maîtres d’oeuvre et 1’000’000 d’ouvriers!!!!! et ce, en même temps que la fameuse muraille de Chine était en construction et qui employait une quantité aussi phénoménale de gens, tout le monde travaillait pour cet empereur à cette époque!

On suit notre guide Sophie qui nous commente l’endroit et nous fait passer successivement par les diverses portes. Les portes sont suivies de palais ou de pavillons où l’empereur du temps pouvait recevoir les dirigeants des régions de la Chine, les hauts fonctionnaires, calculer les impôts reçus des paysans et diriger le pays. Nous avons appris que l’empereur pouvait avoir plusieurs femmes, habituellement au nombre de 72. Il y a en fait cinq niveaux ou grades dans ses femmes. En commençant par la plus importante, l’impératrice (la seule avec qui il se mariait), la concubine impériale, la concubine, la fille d’attente et la fille à l’appel. Il pouvait ne jamais avoir vu une de ses femmes qui passait son temps dans le jardin en espérant seulement rencontrer l’empereur….imaginez!

Contrairement au film « le dernier empereur » où le Palais impérial est meublé, maintenant les pièces sont presque vides sauf un trône au centre. On peut admirer de loin, seulement après une bousculade pour se rendre proche de la barrière qui nous offre une petite ouverture pour voir l’intérieur. Nous avons vu principalement trois salles de l’harmonie, en premier celle de l’harmonie suprême pour l’empereur, ensuite celle de l’harmonie parfaite et finalement celle de l’harmonie préservée. Chacune a une particularité et utilité spéciale, mais maintenant ce ne sont que des bâtisses identiques ou presque. A l’époque, il y avait 9’999 pièces et demi puisque 9 représente la longévité pour les Chinois et que 10’000 représente le Palais Céleste. Ainsi l’empereur se voyait juste avant le Palais Céleste. Aussi, sur tous les buildings destinés à l’empereur, il y a des dragons sculptés ou en statues puisque dragon signifie empereur.

La partie la plus intéressante est sans doute les jardins impériaux où l’empereur se reposait et s’amusait (?!) avec ses femmes. C’est extrêmement beau, bien aménagé avec de petits pavillons, des arbres plusieurs fois centenaire, de mini collines de pierre avec balcon et des petits étangs avec poissons. On y a passé plus de la moitié du temps et pris beaucoup de photos, car c’est très joli. On a même visité une boutique où j’ai acheté quatre beaux tableaux qui représentent les quatre saisons dans un style très typique. On a sûrement payé le prix « touriste », mais on a bien négociés et payé un bon prix selon nos standards. En plus, l’argent va à l’artiste qui nous a vendu ses toiles pour ses cours, car il est toujours à l’école des beaux arts… vrai ou non on ne saura pas.

[Photos de Chine (jour 22) Beijing - Cité Interdite]

La journée se termine tôt, il est 3h et on est déjà à l’hôtel pour se reposer un peu et marcher par nous même dans la ville parmi les petits commerçants (encore) et la vieille ville. Toutefois, ici il n’y a pas de vieille ville comme dans les autres villes que nous avons visitées puisqu’il y a eu une croissance importante ces dix-quinze dernières années. On marche cependant dans les vieilles rues avec des étals des paysans partout avec fruits, légumes et viandes. On se cherche un petit restaurant, mais sans succès alors on se prend quelques plats cuisinés maison par une commerçante et les mangeons dans notre chambre d’hôtel avec un quart de melon d’eau.

[Photos de Chine (jour 22) Beijing - Ville et marché]

Marc-André

Chine (jour 21) Xi’An partie 2

Dimanche 21 août 2011: Nous voici repartis pour une deuxième et dernière journée à Xi’An. Nous débutons la journée par la visite du jardin où est située la petite pagode de l’Oie sauvage. C’est en fait un grand jardin où les citoyens viennent relaxer, faire leur tai chi ou prier. Il y a de la verdure partout et au centre il y a un pavillon carré qui se rétrécit de plus en plus vers le haut d’une hauteur de 13 étages construit sous les Tang. Tout au long de notre petite promenade, il y a de la musique à la mandoline qui joue dans les haut-parleurs, musique traditionnelle. On fait rapidement le tour et heureusement les petites gouttes de pluie ont cessé durant notre promenade.

[Photos de Chine (jour 21) Xian - Parc Big goose pagoda]

Notre deuxième arrêt de la journée est une fabrique de jade, pierre précieuse très importante en Chine. Nous avons appris qu’il y a différentes couleurs de jade et que les objets que nous voyons dans la boutiques sont fabriquées, sculptées d’un seul bloc. D’ailleurs, nous avons vu quelques travailleuses avec la toupie qui sculptaient diverses formes. Certaines ont beaucoup de détails tandis que d’autres sont très simples. Les prix varient beaucoup et c’est quand même assez cher, et ce, malgré le rabais de 40% qu’ils nous offrent. C’est une fabrique gouvernementale et les gens parlent français et nous ont fait la mini présentation sur le jade en français. Ici, nous avons croisé notre premier groupe de Québécois de la journée…nous en avons vu plusieurs autres au cours de cette journée et puis ensuite, plus rien.

[Photos de Chine (jour 21) Xian - Fabrique de jade]

Ensuite, on se dirige vers la forêt de stèles qui est en fait un musée avec des anciennes stèles où il y a des écritures anciennes. A l’époque, c’était le temple de Confusius, célèbre penseur / philosophe qui a inspiré le premier empereur. Confusius a aussi créé la première école privée qui recevait les enfants pauvres afin de donner une chance à chacun. Il leur a appris non seulement les matières de base, mais aussi à se former sa propre opinion. D’ailleurs, il y a certaines pratiques bouddhiste qui sont basées sur sa philosophie.

Sur le site, il y a diverses bâtisses de style chinois et les stèles y sont disposées, bien protégées des intempéries. L’écriture chinoise a beaucoup évolué depuis sa création, en passant par l’écriture cursive, complexe et depuis le président Mao, ils utilisent l’écriture simplifié. D’ailleurs, il a créé cette écriture simplifiée vers 1950 afin de permettre à tous de lire et d’écrire, ce qui ne pouvait se faire avec les sigles complexes. Toutefois, l’écriture complexe est encore utilisée dans certains livres et à la télévision puisque les gens de Hong Kong utilisent encore cette écriture. Aussi, chaque sigle de l’écriture chinoise représente un mot ou un concept, ce ne sont pas des lettres comme notre alphabet. Ainsi, les sigles ont évolué avec le temps et certains ne sont plus utilisés. C’est un peu comme nous, nous n’utilisons plus les mêmes mots que l’époque de Shakespeare et avons beaucoup de difficulté à comprendre les livres de l’époque à cause du vocabulaire. Dons, pour la plupart des Chinois, il n’est pas possible de lire les récits inscrits sur les stèles.

[Photos de Chine (jour 21) Xian - Forêt de stèles]

Après cette visite, il ne nous reste que la découverte du quartier musulman. Il nous reste encore tout l’après-midi devant nous avant de prendre le train en début de soirée. Nous n’avons pas très faim, mais puisque nous avons amplement de temps, on accepte la proposition de notre guide d’aller manger une fondue chinoise traditionnelle. Nous avons une multitude de plats de viandes, pâtes, légumes et tofu devant nous ainsi qu’une marmitte d’eau bouillonnante individuel. On crée notre bouillon nous-même en ajoutant les ingrédients de notre choix, c’est bien mieux que juste de l’eau. Tout doit être bouilli et ça va assez vite. La viande est bonne, les nouilles aussi. Pour ce qui est des légumes, ça ressemble à des feuilles de salade qu’on fait aussi bouillir et c’est spécial, mais tout de même bon. On a pris notre temps et on s’est bien régalé.

Le quartier musulman est situé juste derrière la tour du tambour. D’ailleurs, dans chaque temple ou site à Xi’An, il y a une tour du tambour et celle de la cloche qui servait à l’époque de sonner le début et la fin de la journée. Maintenant, ce ne sont que des pagodes sur lesquelles on peut monter pour avoir une vue sur les alentours. Toutefois, elles ne sont pas très hautes et nous n’aurions pas une vue très différente de celle que nous avons déjà eu du haut des remparts.

Parmi les minorités ethniques, il y en a une dizaine qui sont musulmanes qui ont émigrés il y a très longtemps et sont bien intégrées à la vie chinoise. Dès notre entrée dans le quartier, nous sommes dans une rue très achalandée où il y a plein de petits commerces et la rue grouille de monde. Les commerces offrent des produits différents de ce que nous avons vu jusqu’à présent, mais ça se résume principalement à de la nourriture cuite ou crue, des vêtements et babioles. Ca sent bon et les plats offerts sont d’inspiration musulmane.

[Photos de Chine (jour 21) Xian - Quartier musulman]

On s’est promené dans les ruelles par nous-même durant deux bonnes heures en passant par le souk. Nous n’avons pas pu passer dans le quartier sans s’arrêter à la mosquée! Elle fut construite en 742 sous la dynastie Tang et couvre une superficie de 13’000 mètres carrés dont la moitié est une surface bâtie. L’autre moitié est une succession de cours intérieures et au bout il y a la grande salle de prière qui peut accueillir mille fidèles. L’ensemble est trés influencée par le style chinois et si on ne savait pas que nous étions dans une mosquée, on aurait de la difficulté à le dire tellement ça ne ressemble pas au style original. D’ailleurs le minaret se confond avec une pagode. Toutefois, c’est bien présenté et conservé grâce à la contribution annuelle du gouvernement pour rénover le site.

[Photos de Chine (jour 21) Xian - Grande mosquée]

Nous avons terminé la visite de Xi’An et on prend la direction de la gare de train où nous prendrons un train de nuit avec couchettes molles en première classe. Le trajet sera de courte durée comparativement à notre précédente expédition en train puisqu’elle ne durera que 12 heures, soit une nuit. Le train est plus confortable et propre que l’autre et nous avons passé une très bonne nuit à bord.

Brigitte

Chine (jour 20) Xi’An partie 1

Samedi 20 août 2011: Après une très longue nuit de sommeil, on va déjeuner vers 9h30am à notre hôtel Ibis pour un déjeuner chinois, mais où on peut faire nous-même nos toasts et se faire des sandwichs avec de la petite viande. Bien rassasiés, on rejoint notre guide Sarah pour 10h30am….tard selon nous, mais elle dit que nous avons amplement de temps pour tout voir ce qu’il y a dans notre programme.

Xi’An est une ville située au nord de la Chine, en fait c’est la capitale de la province du Shaanxi et elle compte 8 millions d’habitants, soit l’équivalent de la population de la province du Québec. Les grandes villes comme Beijing et Shanghai disent que Xi’An est une ville en voie de développement puisqu’elle est en forte croissance. Toutefois, pendant plusieurs dynasties, Xi’An était la capitale puisqu’elle éait le point de départ de l’ancienne Route de la Soie, titre qu’elle a perdu au Xe siècle au profit de Beijing.

On se dirige d’abord vers le site de l’Armée en terre cuite, mais nous recevons l’information que c’est fermé puisqu’il y a des diplomates sur le site et que ça ouvrira plus tard. Notre guide refait notre horaire en un tour de main et on s’en va dorénavant sur les remparts de la ville qui sont juste à côté. Malgré que ce soit nuageux, il ne pleut pas, ce qui est parfait pour se promener en plein air sur les remparts.

Les remparts datent du 14e siècle et étaient en terre battue en couche successive, mais depuis le 18e siècle ils sont recouverts de pierre. D’ailleurs, c’est la plus importante et la mieux conservée en Chine. De forme rectangulaire, les remparts couvrent une distance totale de 14 km. La base est d’une largeur entre 15 et 18 mètres tandis qu’en haut c’est large entre 12 et 14 mètres. Disons que ce sont de gros et grands murs biens solides. Sur chacune des faces, il y a une porte principale soit une aux quatre points cardinaux et nous commençons notre visite par la porte de l’est.

A chaque porte, il y a une grande pagode qui a une utilité différente et à chaque 120 mètres il y a une tour de sécurité pour bien protéger les remparts de l’extérieur. Les bâtiments à l’intérieur des remparts ont une hauteur contrôlée tandis qu’à l’extérieur aucune limite n’est imposée, ainsi on remarque bien la différence et la construction de grandes tours à l’extérieur. A l’époque, les portes étaient fermées pendant la nuit, ainsi elles ouvraient le matin dès 7h pour permettre aux travailleurs d’aller à l’extérieur, mais ils devaient rentrer avant 7hpm puisque les portes refermaient à cette heure. Maintenant, elles sont toujours ouvertes et il y a d’ailleurs de grandes artères qui traversent les remparts aux quatre portes, dont une où est la gare principale de train. Imaginez si elle fermait encore la nuit, nous n’aurions pas pu aller à notre hôtel hier soir!

Nous avions donc commencé à marcher sur les remparts, en fait on dirait que c’est une rue surélevée avec des meurtrières sur le mur extérieur. Il y a un parc qui longe le rempart sur toute sa longueur, ce qui crée un peu de verdure dans cette ville polluée par les centrales électriques au charbon. Nous voyons quelques bicyclettes et demandons à notre guide si on peut en faire et nous permettre de faire le tour au complet, à pied c’est juste trop long pour tout faire et on veut tout voir, tant qu’à y être. Nous payons chacun 20 yuans pour 1.5h de bicyclettes et nous voilà partis à la découverte des remparts. On a beaucoup de plaisir à rouler et on rigole bien. Le sol n’est pas uniforme, ce qui nous fait sautiller, mais comme c’est plat, nous n’avons aucune difficulté. Les bicyclettes, tant qu’à elles, sont dans un état douteux, mais nous ont tout de même ramené à bon port sans souci. On fait ainsi le tour du rempart à bicyclette, ça fait du bien de faire un peu d’exercice, de se dégourdir et de visiter en même temps. C’était bien d’avoir la vue sur la ville autour, les vieux bâtiments vers l’intérieur et de faire un peu de sport.

[Photos de Chine (jour 20) Xian - Vélo sur les remparts]

Le site des Fosses de guerriers et de chevaux en terre cuite des Qin est maintenant ouvert aux touristes, ainsi on peut reprendre le programme. La découverte du site a été faite par un paysan qui creusait un puits d’irrigation en 1974 seulement et c’est en 1978 que Jacques Chirac l’a nommé la 8e merveille du monde. En fait, le site contient des milliers de statues en terre cuite de grandeur nature sous terre disposées pour protéger le tombeau du roi. Celui-ci est situé à 1.5 km des guerriers, mais n’a pas encore été déterré puisqu’il y a un niveau de mercure 20 fois plus élevé que la normale. Ils attendent de trouver la bonne technologie avant de faire des fouilles archéologiques plus approfondies sur ce site.

Ainsi, selon la découverte, le roi des Qin aurait fait construire sa propre armée grandeur nature pour protéger son tombeau une fois mort et c’est plus de 500’000 personnes qui auraient travaillé sur ce projet. Il aurait même fait faire des soldats plus grands que la grandeur de l’époque afin de faire peur aux gens de l’au-delà. Chaque statue mesure entre 1.72 et 1.96 mètres et pèsent 110 kg. A ce jour, il y a trois fosses découvertes, mais ils disent qu’il y en aurait près de 400.

Chaque fosse souterraine est construite en allée qui aligne des soldats et des chariots tirés par des chevaux. Chaque allée est séparée par des murs de soutènement et des piliers, le tout recouvert par un toit de bois sous terre. Les toits se sont effondrés, ensevelissant et brisant les statues. Le travail pour déterrer soigneusement les pièces et morceaux est fastidieux et la restauration de chaque statue est un véritable casse-tête. Chaque statue prend environ quatre mois de restauration.

Nous avons débuté par la première fosse qui est présentée dans un immense hangar pour bien protéger des intempéries le site. Cette première fosse renferme 6’000 guerriers et chevaux en terre cuite en formation militaire. Tout devant sont présentées les statues restaurées, ce qui nous offre un bel accueil. Dans la seconde partie de cette fosse, il y a une section où les fouilles se poursuivent. Ainsi, on peut voir les parties de bustes ou têtes ou simplement de petits morceaux. Enfin, dans la troisième et dernière section de cette première fosse, on voit l’endroit de travail avec des guerriers en cours de restauration. L’endroit est tout simplement immense avec une passerelle qui fait le tour du hangar et les guerriers un peu plus bas. On ne peut pas aller tout près des statues, mais c’est pour mieux les protéger. Nous avons toutefois une vue de presque tous les angles après s’être faufilé parmi les gens qui s’agglutinent près des barrières.

Ensuite, on visite la fosse numéro trois qui est en fait l’état major de l’empereur. C’est nettement plus petit et les cavaliers sont situés tout en bas de la grande galerie qui fait le tour de la fosse. Ici, la plupart des guerriers n’ont pas de tête et n’ont plus d’arme, aucun morceau n’a été retrouvé lors des fouilles. Selon les chercheurs, ils pensent que c’est parce que les vrais ennemis seraient venus sur place et auraient décapités les guerriers et pris leurs armes. On ne sait pas encore si l’armée a réussi à défendre adéquatement le tombeau, nous le saurons seulement lorsque celui-ci sera ouvert, si jamais ce jour arrive…

Finalement, on arrive à la fosse numéro deux qui est assez grande aussi, mais qui n’est pas encore bien avancée dans les fouilles. On nous a dit que c’était pour nous montrer comment c’était présenté avant et pendant les travaux, mais c’est certainement parce que ça prend énormément de temps et d’argent pour tout déterrer et restaurer et qu’ils ne sont tout simplement pas rendu ici. En attendant, ils nous font profiter de cette étape d’archéologie qui n’est souvent pas montrée au public. Autour de la fosse, il y a les meilleures restaurations de guerriers présentées dans des vitrines. Ainsi, on peut voir les différents grades des guerriers en fonction de leurs vêtements et couvre-chef. C’est une partie très intéressante qui nous permet de voir les détails de près, d’ailleurs jusqu’au dessous de la semelle d’un soldat à genou est fait avec un détail précis.

Entre la visite de deux fosses, nous avons mangé sur place dans un restaurant qui offrait un buffet. C’était un peu cher, mais nous sommes sur un site très touristique et il n’y a qu’un seul restaurant. Toutefois, le repas est bon, surtout les nouilles fait sur place. Après la visite du site très reconnu, on passe quelques minutes dans les boutiques juste pour satisfaire notre curiosité et on retourne à l’hôtel.

[Photos de Chine (jour 20) Xian - Armée en terre cuite]

A Xi’An, ou du moins près de notre hôtel, il n’y a pas beaucoup de chose à faire. Notre guide nous propose d’assister à un souper-spectacle. A cet endroit, on nous sert des petits raviolis, soit la spécialité de la ville suivi d’un spectacle de danse et musique datant de la Dynastie Tang. Pour nous, c’est une occasion unique de faire une pierre deux coups et de meubler notre samedi soir. D’ailleurs, ici ils comparent cette soirée au Moulin Rouge de Paris….je ne suis pas certaine que ce soit vrai, mais on pourra vous le confirmer puisque nous avons des billets pour y aller au Moulin Rouge en septembre!

Notre guide nous racontait que cette ville est reconnue pour la nourriture, la qualité et la quantité. Elle nous a fait remarquer que, en général, les Chinois du nord sont plus grands et gros que ceux du sud et on peut dire que c’est vrai. Ici les hommes sont beaucoup plus gros qu’ailleurs grâce à la nourriture et les femmes plus enrobées à cause de la nourriture.

La salles est très belle, c’est bien chic et chaleureux. Le repas est très bon et surtout en quantité phénoménale. On a droit à chacun 18 petits raviolis différents, une assiette de crudités et petites viandes, une grosse marmite de soupe et une assiette de fruits pour terminer. Le repas est copieux, très bon, et seulement 2 raviolis sont moins bons, les autres sont vraiment excellents, les meilleurs que nous ayons pu goûter jusqu’à présent. Ensuite, le spectacle présenté en chinois et anglais est au-delà de nos attentes. Les costumes sont magnifiques et colorés, les musiques et danses tout simplement envoûtantes et nous passons une excellente soirée. Les chorégraphies sont assez complexes et bien exécutées. Les décors et éclairages sont dignes des meilleures productions. Le spectacle dure un peu plus d’une heure, c’est court, mais intense. Vraiment un coup de coeur et quelques 300 photos vous montrerons les acteurs de cette histoire très bien présentée.

Ici nous sommes en vacances, on profite de chaque moment, on mange, regarde autour, prend des photos. Les Chinois, eux, font tout super vite. Nous avons pris plus d’une heure pour tout manger et ensuite regarder le spectacle relax. Les Chinois de la table d’à côté, ils étaient 18, ont tout englouti la même quantité de nourriture que nous en 30 minutes, avaient fini et desservi la table, ont écouté le spectacle et lors de la dernière scène, ils étaient déjà sortis dehors avant même que moi et Marc-André ayons ramassé nos choses et soyons prêts à quitter. C’est incroyable comment ils font tout très vite, sans profiter du moment.

[Photos de Chine (jour 20) Xian - Spectacle de Quin]

Brigitte

Chine (jours 18 et 19) 36 heures de train

Jeudi-Vendredi 18-19 août 2011: Aujourd’hui, on se réveille au Tibet, mais c’est vraiment juste pour y déjeuner et faire nos sacs. Ensuite, on part pour 36 heures de train en direction de la ville de Xi’an pour la suite de notre voyage. Notre guide vient nous chercher vers 10h alors nous avons tout notre temps ce matin pour déjeuner et on en profite pour se laver les cheveux.

On s’en va à la gare de train en taxi accompagnés de notre guide, il nous remet les billets achetés par l’agence, on sauve ainsi une grosse heure de queue. On ne sait pas si on sera dans des cabines à lits durs ou mous, en première ou en deuxième classe, rien n’est inscrit sur le billet et la guide ne sait pas, ce sera une surprise. La gare est toute neuve, très moderne. On doit passer un premier contrôle avec policier et gardien, un autre avec scan rayon x pour identifier les explosifs et finalement un autre contrôle des billets pour entrer dans la bonne section. Les Chinois aiment bien les contrôles et surtout en territoire tibétain, mais c’est aussi une façon de créer des emplois et occuper tout ce beau monde.

Finalement, on a 1.5h d’attente dans une immense salle avec les autres voyageurs. Presque tout le monde a un immense sac de provisions, comme nous ils ont prévu ce qu’il leur faut pour manger dans le train, car ce n’est pas très frais, c’est cher et surtout pas super bon. On embarque finalement à l’heure dans un wagon première classe, une cabine 4 places avec une maman et sa fille d’environ 7 ans.

On passe la majeure partie de notre temps dans la cabine, assis ou couchés. Les couchettes sont molles, hourra, et c’est plutôt confortable, heureusement vu le nombre d’heures que nous y passerons. Le train ne roule pas très vite et est même quelque fois arrêté pour laisser passer un autre train ou pour une raison inconnue. Même si on demandait, ici c’est toujours la même réponse « je ne sais pas », donc heureux les innocents.

On a amplement de temps pour faire le tri des photos et des vidéos, finaliser nos textes des derniers jours et aussi commencer à penser à notre maison à Laval. Nous faisons des plans pour déterminer les couleurs, rénovations à faire et utilité de chaque pièce. Heureusement qu’il y a une prise dans la cabine, ce qui nous permet de charger notre petit ordinateur et prolonger nos heures de plaisir. Notre temps sera consacré autrement à manger, regarder défiler le paysage ou dormir. Nous n’aurons pas de grandes histoires à raconter, mais ça fait partie du voyage.

Nous arrivons à Xi’an à 9:30pm. Comme d’habitude à la sortie de la gare notre petite guide nous attend avec un papier à notre nom, on la trouve rapidement et prend la direction de notre hôtel; un Ibis, une chaine française, on est en terrain de connaissance. On n’est pas trop fatigué, on ne s’est pas trop emmerdé, mais il faisait chaud dans le train, les cabines n’étaient pas trop aérées ou seulement quelques minutes toutes les heures. Bizarrement, partout ici il y a une télévision, le train ne fait pas exception, mais jamais durant les 36 heures il n’y a eu des émissions sur notre petite télévision individuelle, juste de la neige, rien à regarder. J’aurais même regardé des show chinois s’il y en avait, mais non. La prochaine fois on trainera un gros livre, cette fois nous n’avions pas de place dans les bagages. En fait, je crois que la prochaine bébelle sera un ipad, donc des milliers de programmes et de livres dans un petite plaquette. Nous ne profitons pas de la ville, il est trop tard, alors on va se coucher pour être en pleine forme pour la suite de notre voyage.

[Photos de Chine (jours 18-19) Lhasa-Xian - 36 heures de train]

Brigitte et Marc-André

Chine (jour 17) Lhasa, Monastere de Drepung et Sera

Mercredi 17 août 2011: De retour dans notre hôtel de la vieille ville où les déjeuners sont bons, on commence bien la dernière journée de visite à Lhasa avec les deux derniers monastères tout près. Ce matin, notre guide nous conduit au monastère de Drepung construit en 1416. C’est la construction de l’un des disciple de Tsongkhapa, il est le plus grand des six monastères de la secte des chapeau jaune (Gelupas). Au plus fort, il y avait 10 000 lamas ici, mais c’est nettement moins aujourd’hui, surtout depuis l’annexion avec la Chine. A l’époque, c’était le domicile du Dalaï Lama avant le déménagement au Potala depuis le 5e Dalaï Lama.

A l’entrée, on est impressionnés par les gros fours où les femmes font brûler de l’encens. Ce n’est pas de l’encens traditionnel en bâton commercial, mais naturel fait de branches et de feuilles. C’est une pratique pour purifier, surtout le matin pour leur vêtement. Dans chaque maison, ils font brûler à chaque matin de l’encens, mais aussi ici au monastère. Aussi plutôt que de vous expliquer ce que l’on voit dans les salles, principalement des statues que l’on ne peut photographier, on va vous expliquer brièvement certaines pratiques répandues au Tibet.

Dans tous les monastères, temples et aussi dans les maisons, il y a 7 bols d’eau fraîche remplacés à chaque matin en donation pour un Bouddha. La signification des ces 7 bols est en rapport avec la naissance du Bouddha qui est né de l’aisselle de sa mère (oui c’est original autant que de naître d’une vierge!) donc, le Bouddha nait et fait tout de suite 7 pas. Les 7 bols c’est pour les 7 pas, ainsi 7 est un chiffre précieux et significatif pour les bouddhistes tout comme les chiffres 15 et 25. L’eau sert d’offrande, et pourquoi pas du beurre de yak ou du lait, c’est parce que l’eau ne coûte rien et tout le monde sans exception peut faire à chaque jour cette offrande au Bouddha. D’ailleurs une offrande doit venir du coeur et peut être n’importe quoi, sans devoir acheter quoi que ce soit, ainsi c’est accessible à tous.

Aussi, on a remarqué que les maisons et les monastères sont tous de la même couleur, même le Potala. Ainsi, les maisons sont blanches avec le contour des portes et fenêtres noir, tandis que les monastères ont du rouge tout en haut des maisons en plus du blanc et du noir. Chaque couleur a une signification pour les Tibétains. Ainsi, le blanc c’est la clarté, la pureté. Les fenêtres et portes ont un large cadre noir pour protéger l’entrée, car le noir fait peur, surtout aux démons et mauvais esprits. Comme se sont des ouvertures, ça protège leur maison et les empêche d’entrer. Enfin, seulement pour les monastères, le haut est peint en rouge, ce qui signifie la paix.

Dans le grand hall principal du monastère, les moines sont regroupés autour de deux moines qui « passent un test ». C’est un événement très important pour les deux moines, car ils seront jugés par les maîtres et seront reçus avec un certificat officiel de moine. C’est une débat en tibétain religieux que seuls les moines comprennent, notre guide ne comprend rien. C’est un débat sur la philosophie bouddhiste très avancé. Tous les moines passent par cette étape jusqu’à trois fois pour prouver leurs connaissances, leur érudition et surtout leur grande sagesse en pouvant parler de sujets très compliqués. En fait, il y a un moine qui pose une question à ceux qui subissent le test qui doivent répondre souvent seulement par oui ou non. Celui qui pose la question termine en tapant dans sa main en direction de celui qu’il attend une réponse.

[Photos de Chine (jour 17) Lhasa - Monastère de Drepung]

Cet après-midi, nous avons pris notre repas dans un bon resto (Lhasa kitchen), mais où le service est atrocement lent, 15 minutes pour prendre notre commande, 40 minutes pour être servi et 5 minutes à attendre au comptoir pour finalement payer, mais bon on est en vacances. Notre guide nous attend à la sortie du resto pour aller visiter le monastère de Sera. Ah oui, nous avons changé de guide pour cet après-midi puisque Pempa avait un autre groupe. La guide est encore en apprentissage, commence à apprendre l’anglais, mais au moins peut nous amener au monastère. On n’apprend pas beaucoup avec elle, mais au moins il y a quelqu’un avec nous.

Un après l’autre, les monastères se suivent et se ressemblent. A celui-ci, on aura la chance de voir un débat philosophique pratiqué par les moines. Le mercredi a 3h, tous les moines, en tous cas presque 100 se réunissent dans une petite cour intérieure ombragée et s’assoient ici et là. Certains se lèvent et commencent à argumenter en tibétain ou en sanscrit. Ils posent des questions à ceux qui sont assis et ceux-ci répondent par oui ou par non ou argumentent un peu. Les règles ne sont pas très claires, mais ils semblent avoir du plaisir ensemble. Notre guide ne peut pas vraiment nous aider, premièrement, c’est dans une langue tibétaine supérieure avec des mots qu’elle ne comprend pas et deuxièmement c’est une première pour elle aussi.

La petite cour est envahie de touristes, caméra à la main en train de photographier et filmer le débat philosophique ou spectacle. Les Chinois (ici appelé crocodile par notre guide) les moins subtils et les plus fantasques avancent à côté des moines pour s’assoir avec eux et se faire prendre en photo par leur conjoint. C’est extrêmement impoli et ça gâche le paysage de voir un touriste assi avec les moines.

Le monastère de Sera a été fondé par Jamchen Choje Shakya Yes, disciple de Tsongkhapa en 1419. C’est le second plus important monastère au Tibet. Un monastère à la différence d’un temple, c’est qu’on y enseigne et on y étudie le bouddhisme et les livres anciens ainsi que la résidence des moines. Les temples sont dédiés à un ou plusieurs lamas importants et sont l’endroit pour prier et faire des offrandes. Il y a souvent des moines dans les temples aussi, car c’est une de leur tâche de faire des offrandes au Bouddha, mais aussi collecter l’argent, vendre des babioles bénies et vérifier que personne ne prenne de photos sans avoir payé au préalable.

Après la visite, on s’arrête dans un supermarché avec la guide pour faire nos courses pour les prochaines heures que nous passerons en train. Elle ne nous est pas de grand secours, on dirait qu’elle n’a jamais fait l’épicerie! On achète surtout des grignotines pour nous faire tenir ces longues heures dans le train et compléter les repas. Elle nous fait passer par une rue commerciale que nous n’avions pas encore fait et on complète nos achats avec des bananes. Sur la route, on croise un petit temple très ancien où nous faisons le tour intérieur trois fois comme les pèlerins. Une fois arrivés au chemin que nous connaissons, on laisse notre guide pour retourner à l’hôtel.

La pluie se met à tomber, encore, pendant quelques minutes avant de s’arrêter, ce qui nous permet d’aller souper au restaurant à pied sans se faire mouiller. Cette fois-ci, nous avons choisi d’aller au restaurant de l’hôtel tout près qui sert divers plats de différentes cuisines. Une lasagne et des ribs d’agneau seront nos plats de ce soir. Brigitte a pris un thé local, du thé au beurre, mais ce n’est vraiment pas bon alors elle a recommandé du thé noir, une valeur sure!

[Photos de Chine (jour 17) Lhasa - Monastère de Sera]

Marc-André

Chine (jour 16) Monastère à Shigatse et retour à Lhasa

Mardi 16 août 2011: C’est fait, on a passé la moitié de notre voyage en Chine. Les prochains jours seront composés de la fin de la visite au Tibet, suivi de 36 heures de train et après ça va débouler à une vitesse folle dans diverses villes, mais aujourd’hui c’est plutôt relax.

On a passé la nuit dans un hôtel un peu boboche, mais ça fait la job. Notre guide nous a averti que le déjeuner n’est pas super…mais on se fait servir un plateau garni de deux toasts avec marmelade, banane, pomme, concombre, oignon (!?) et un oeuf dur. On a déjà été nettement moins gâté ont ne partira pas le ventre vide.

Avant de reprendre la route pour Lhasa, on va visiter le monastère Ta Shi Lhun Po. Notre hôtel est vraiment à deux pas du monastère et on rejoint notre guide pour y entrer vers 9h. C’est déjà la foule de pèlerins et touristes. Comme d’habitude, ça pousse et on se fait bousculer pour entrer. Les gens sont tellement pressés d’aller voir, prier, porter des offrandes tel que quelques dollars et une cuiller de beurre de yac. Je ne vois vraiment pas pourquoi autant de presse…question de karma je crois ou sinon simplement c’est la façon de faire des Chinois. D’ailleurs, on le voit aussi dans leur façon de conduire, de marcher dans la rue ou même au moment de se faire servir à un comptoir, il n’y a pas de file et tout le monde passe devant l’autre. On n’est pas habitués à se faire bousculer et ce n’est franchement pas agréable.

Le monastère de Ta Shi Lhun Po est un des quatre monastères de la secte de chapeau jaune et a été fondé en 1447 par le premier Dalaï Lama. Dans les quelques bâtiments du monastère qu’on peut visiter, il y a les tombes des 5-6-7-8-9 ieme Panchen-lama et une stupa en or pour le dixième Panchen-lama mort il y a seulement 23 ans. Le monastère est la résidence de quelques 700 moines, mais peut en accueillir jusqu’à 3’000. Il contient aussi la plus grande statue de Bouddha au monde haute de 36 mètres et représente le Bouddha du futur. La tête faite en or et le corps en bronze dont le métal provient des donations de la population, soit en métal quelconque ou des billets d’argent.

Les différents bâtiments du monastère contiennent de nombreuses chapelles dont une que l’on a visité et qui s’appelle la chapelle des milles statues représentant le chef des chapeaux jaunes. Certaines chapelles sont en très bon état, car elles sont presque neuves. En fait, elles ont été détruites partiellement ou complètement durant la révolution culturelle en Chine et reconstruite par la suite. L’une d’elle contient trois statues, celle de Songzan Gambo grand professeur ayant enseigné à Bouddha lui-même et ses deux meilleurs disciples qui sont les responsables de la construction de deux autres très importants monastères que l’on visitera demain, celui de Sera et de Drepung.

Une chose unique que nous avons vu ici, ce sont les offrandes de stylos. C’est une sorte de rite pour les étudiants universitaires, ils donnent leur vieux stylo et font bénir le nouveau avant le passage d’un test important. Il y a aussi des moines qui font des offrandes dans chaque chapelle, les offrandes doivent être faites et renouvelées à chaque jour. En plus de les occuper entre deux méditations, ça améliore leur karma.

Le guide nous explique des tas de coutumes, de rites et aussi les histoires que les guides chinois racontent aux touristes chinois. Certaines sont farfelues et d’autres inventées et il nous démystifie le vrai du faux. En fait, dans le bouddhisme comme dans toutes les religions, il faut en prendre et en laisser.

Pour notre visite aujourd’hui, il ne fait pas très beau, il pleut un peu et surtout il fait froid. Ce n’est pas super pour visiter les cours intérieures et on passe rapidement à la visite du vieux marché à 5 minutes en voiture de là. Le marché est long de 200 mètres environ avec ses vendeurs de bijoux, tasses et viandes. Il n’est pas très grand et en 10 minutes on a fait le tour. De toute façon, il n’y a rien à acheter ici pour nous, mais notre guide s’est trouvé des petits pots à eau plaqués or pour faire des offrandes à Bouddha, il a l’air content de son achat.

[Photos de Chine (jour 16) Shigatse - Monastère de Tashilunbo]

Ensuite, on prend la route pour environ 5h par un chemin différent de celui que l’on a pris hier, heureusement. Ici, les gens roulent en fou et se dépassent et on ne voit jamais de limitation de vitesse. Toutefois, dès l’entrée sur la route qui longe la rivière, on doit se présenter à la police et elle nous remet un papier de l’heure à laquelle on passe. Le reste de la journée se déroule entre rouler à 100 km/h et être arrêté ou rouler à 5km/h toujours sur la même route. Pourquoi? Simplement pour ne pas arriver trop tôt au prochain point de contrôle policier puisqu’on doit passer à l’heure exacte ou après, ce qui calcule la vitesse moyenne du véhicule. Toute infraction, soit arriver plus tôt que prévu se paie 100 yuans par minute. On doit donc attendre le temps minimum avant de se faire étamper l’heure. Les passages et contrôles se succèdent tout au long de la journée et on est habituellement 20 minutes d’avance et ça nous permet, 1 kilomètre avant le poste de contrôle de s’arrêter regarder le paysage, prendre l’air ou simplement attendre la bonne heure. L’heure dite, on reprend la route direction prochain check point. L’objectif de contrôler la vitesse n’est pas atteinte!

On arrive finalement à Lhasa vers 5h, une heure plus tôt que prévu. On profite des rayons de soleil pour faire un peu de lavage. Quand on a terminé, le tonnerre se met à gronder et il pleut. Heureusement que nous avons une galerie couverte pour étendre le linge qui sèchera plus rapidement que s’il est étendu dans la chambre. Finalement, la pluie ne dure pas longtemps et on peut sortir dans la vieille ville pour souper et marcher un peu, question de se dégourdir.

(Photos à venir)

Marc-André

Chine (jour 15) Vers Shigatse, paysages à couper le souffle

Lundi 15 août 2011: Aujourd’hui je n’avais pas trop d’espoir d’être épaté par une journée qui se résume à plus de 6h de route. On vient nous chercher dans une minivan un peu déglinguée, j’aurais aimé passer la journée dans une voiture confortable, mais bon. Ici ils appellent ça un bus et c’est le grand luxe, au moins on a de l’espace pour mes jambes. On doit faire la route qui serpente à travers les montagnes et monter trois cols à plus de 5’000 mètres d’altitude pour rejoindre la deuxième plus grande ville du Tibet, Shigatse, siège du Panchen-lama (juste sous le Dalaï Lama).

On roule à la queue leu-leu comme d’habitude, car ici il n’y a que des bus de touristes, très peu de voitures personnelles et aussi plein de véhicules de l’armée. Jamais personne ne sait pourquoi, mais l’armée est partout et toujours en mouvement pour montrer sa présence. Après avoir fait quelques dépassements, notre guide nous dit que si on voit quelque chose de beau, on peut demander de s’arrêter, mais il y a déjà des arrêts prévus aux meilleurs points de vue. Je lui facilite la tâche en lui disant que ce sera OUI à toutes ses propositions d’arrêt pour des photos.

Premier col, la voiture fait de son mieux pour monter, mais on croit quelle étouffera à chacun des virages. Le paysage est spectaculaire et la vue alterne entre le bleu du ciel, le blanc des nuages et le vert des plaines. Étonnamment, il y a encore plein de verdure à cette altitude et il ne fait pas si froid que ça. Lors de notre premier arrêt à 4’700 mètres d’altitude, il y a évidemment des Tibétains qui ont installé des étals pour vendre des babioles, mais ici c’est le commerce de l’image qui fait fureur. Les femmes tibétaines demandent 10 yuans pour se faire prendre en photo et les hommes se promènent avec des yaks demandent la même somme pour une photo sur leur animal. Les plus mal foutus ont un gros chien noir auquel ils ont mis une crinière en poil de yak autour du cou et font passer leur chien pour un lion ou je ne sais quoi, n’importe quoi pour faire 10 yuans (1.5$).

On marche un peu pour voir le paysage et prendre quelques photos. A 4’600 mètres d’altitude, il fait beau et suprennament chaud. Les Chinois touristes prennent toujours beaucoup de photos surtout avec des poses débiles… sans commentaire. Nous reprenons la route pour le deuxième col et avons une vue époustouflante sur le lac sacré d’un bleu turquoise hallucinant renforcé par le ciel bleu qui reflète sur lui. Les bus de touristes s’entassent dans un parking sur le bord de la route, mais j’avoue que ça vaut vraiment la peine, la vue est magnifique et on est haut, vraiment haut.

Dans le prochain kilomètre, on monte encore pour atteindre 5’200 mètres avec une vue sur un glacier qui culmine à 7’100 mètres. On roule encore un peu, mais la route est tellement haute qu’on est dans les nuages et quelques fois au dessus. On arrive finalement au glacier, mais le blanc de la glace et des nuages se mêlent et les photos sont assez nulles. Le glacier est petit et bien sûr fond. Toutefois, par temps clair et ensoleillé ça doit être plus grandiose.

On reprend la route pour passer un col nettement plus bas vers les 3’200 mètres et on s’arrête sur le bord de la route, encore un fois. L’endoit est assez quelconque et notre guide nous dit de marcher le long de la route 2-3 minutes pour avoir une vue plus loin sur le lac et les montagnes. Sans trop d’entrain on reprend notre sac photo pour rajouter quelques photos de montagnes à celles que nous avons déjà. Rendus au bout de notre petit sentier, c’est une vue grandiose, époustouflante, incroyable et presque irréelle qui s’offre à nous. Un lac d’un bleu turquoise intense, des montagnes brunes et vertes découpées sur un ciel bleu et les nuages blancs complètent le panorama devant nous. La première photo, même sur le petit écran de l’appareil photo parait retouchée et presque faite dans photoshop tellement c’est magnifique. On lève les yeux et c’est comme cela sur 360 degrés. C’est tellement beau que ça donne presque le goût de pleurer, sans blague.

On est resté en Suisse 3 ans, les Alpes, les montagnes, les glaciers, les lacs, on en a vu un et un autre. Devant nous, c’est le paysage le plus beau que mes yeux aient vu. Même les 200 photos que j’ai prises de loin, de près, horizontales ou verticales, panoramiques ou même les vidéos ne pourront en aucun cas vous emporter dans ce paysage, un des plus beau du monde. Le Tibet, c’est ça aussi, des gens et surtout des espaces, presque vierges. Aussi, il y a des centaines, voir des milliers de drapeaux de prières étendus partout sur la montagne qui montre que l’on n’est pas les premiers à passer ici. Les drapeaux de prière qu’on voit souvent au Népal, dans les régions de l’Himalaya et ici même ont cinq couleurs et chaque couleur a une signification différente: rouge – le feu, vert – le bois, jaune – la terre, bleu – l’eau et blanc – l’espace.

Après avoir arpenté la crète du nord au sud, d’un piton à un autre et pris des photos de nous et quelques autres d’un angle différent, il est temps de reprendre le chemin, bien désolés de ne pas pouvoir rester ici tant qu’à y être puisqu’aucune place n’est plus belle qu’ici, je vous le dit. Je remercie notre guide pour l’arrêt qui a permis, je pense, de prendre les meilleures photos de la Chine, du Tibet jusqu’à présent. Nous avons encore 2 heures de route à faire, tout à fait monotone, surtout après le paysage magnifique qu’on vient de voir. On s’est arrêté manger dans un petit restaurant, juste correct question de pas mourir de faim, heureusement que l’on a bien mangé ce matin et que l’on a plein de choses avec nous.

[Photos de Chine (jour 15) Shigatse - Montagne et route vers Shigatse]

Avant d’entrer à Shigatse, on fait une halte pour voir le fort Dzong qu’on ne peut voir que de l’extérieur puisque l’intérieur est en reconstruction. Le fort est située sur une colline afin d’avoir une vue sur les environs et protéger le village et le monastère situés à l’intérieur des remparts. Nous avons aussi l’occasion de visiter le monastère de Palkhor fondé par le Panchen-lama, la plus haute autorité sous le Dalaï Lama ici. On est chanceux, car aujourd’hui les lamas sont dans la salle principale et méditent ensemble, une occasion unique même pour notre guide d’assister à cela. Dans ce monastère, avec un ‘don’ de 20 yuans, on peut ENFIN prendre des photos. Je vous le dis tout de suite, c’est toujours pareil les monastères, mais enfin vous verrez un peu à quoi ça peu ressembler.

Au centre du monastère, il y a la grande salle avec des chapelles situées autour, un peu comme nos églises. Les décorations sont très colorées et mettent de la vie dans chaque pièce. A l’intérieur, c’est une succession de statues de Bouddhas avec des chandelles au beurre de yak qui brûlent et de l’argent partout comme dons aux différentes statues.

Juste à côté du monastère, il y a le plus grand stoupa du monde. C’est un bâtiment de 9 étages avec des dizaine, peut-être même 100 petites chapelles dédiées à une statue. Il y a plein de gens qui font comme un marathon, se promènent avec une pile d’argent et passent de chapelle en chapelle et donnent leur don en argent en fredonnant les 6 mantras du Bouddhisme avant de passer à l’autre. Étant donné que l’on peut ici aussi, avec un donc de 10 yuan, faire des photos, vous verrez les différents Bouddhas et autres statues.

Enfin nous arrivons à l’hôtel après une longue journée de route. Nous repartons avec notre guide dans un super petit resto à deux pas de notre hôtel où nous prenons un excellent souper bien complet. Comme à l’habitude, on marche un peu dans la ville avant d’aller prendre la douche et se coucher. Demain, nous avons aussi une longue journée de route pour retourner à Lhasa après avoir visité un monastère.

[Photos de Chine (jour 15) Shigatse - Monastère]

Marc-André

Chine (jour 14) Lhassa – Le Potala

Dimanche 14 août 2011: Notre journée est consacrée au palais d’été et au Potala, mais d’abord on va déjeuner au troisième étage dans le super restaurant de l’hôtel, très beau, chic et surtout rempli de touristes blancs, ce qui s’annonce bien pour le déjeuner (vs que des Chinois dans les autres hôtels). Eh bien oui, on a droit à un petit déjeuner western avec pain rôti, crêpe, bacon, oeuf, jus d’orange et fruit, on pourra commencer la journée le ventre plein. Après une très bonne nuit de sommeil, la journée s’annonce alors excellente.

Avec notre guide Pempa, on prend le taxi vers les 9h pour aller visiter le Palais d’été des Dalaï Lama, le Norbu Lingka. Le nom veut dire « parc de bijoux » grâce aux offrandes conservées dans le palais, mais c’est plutôt « parc de fleurs » qu’il aurait dû s’appeler, car chaque sentier est bordé de fleurs jaune et rouge en pot. C’est à cet endroit que le 7e Dalaï Lama se baignait et se reposait. Plus tard, les 8e, 13e et 14e Dalaï Lama firent construire chacun leur propre palais sur le site, ce qui crée un ensemble de bâtisses dans un très grand jardin. De nos jours, lors des jours fériés, c’est un lieu de divertissement pour les Tibétains. L’endroit est très joli, calme et aussi bien fleuri.

Nous avons l’opportunité d’entrer dans la résidence du 7e Dalaï Lama, mais encore une fois aucune photo n’est autorisée. L’intérieur est coloré et il y a des peintures représentant l’histoire de la création du Bouddhisme selon les Tibétains qui recouvrent les murs des pièces principales. Ces fresques ont été peintes par le célèbre Amdoushamba ou ses élèves. D’ailleurs, il y a ici la seule représentation peinte du Dalaï Lama actuel (le 14e) puisque toute photo ou peinture de lui est interdite. Nous passons à travers la pièce où il faisait la méditation, celle où il recevait les croyants qui lui faisaient des demandes, sa chambre, salle de bain, salles familiales et salle où il recevait les ministres pour discuter politique, religion et économie.

Sur le site, il y a un grand bassin avec plein de poissons. En fait, ce sont des poissons qui étaient au marché vendus pour consommation par les Chinois et les Tibétains les ont achetés vivants pour les sauver et les ont mis ici. Cette action favorise leur karma et les aidera à avoir une meilleure prochaine vie. Les Tibétains ne mangent pas de poissons puisqu’en tuer un nourrit à peine deux personnes et ils préfèrent limiter la quantité de « meurtre » et tuer un gros animal qui nourrira plus de monde et plus longtemps. D’ailleurs, les Tibétains ne mangent pas d’animal qui a la même dentition que les humains et ainsi ils ne mangent que le yak, mouton, chèvre, vache, cochon et poulet.

Au cours de notre périple en Chine, on croise souvent le Bouddha de la compassion représenté avec plusieurs mains et yeux. Originaire de l’Inde, ce Bouddha arrive au Tibet et il constate qu’il n’y a pas de religion et que c’est la guerre entre les divers villages et qu’il y a le chaos. A ses yeux, l’implantation du Bouddhisme ici sera une tâche ardue et il s’imagine alors qu’il aura besoin de mille bras et mille yeux pour arriver à ses fins, d’où lui vient son nom. Ceci n’est qu’une représentation symbolique puisque personne ne l’a réellement vu et chacun sait qu’il n’existe pas sous cette forme. Toutefois, ils croient en son histoire et le vénèrent.

A l’époque, il y avait plusieurs tigres au Tibet et il y en avait un dans le palais qui était domestiqué. Toutefois, les paysans qui habitaient tout autour du palais voyaient leurs animaux tués par les tigres et se plaignaient aux moines du palais. Un jour, ils tuèrent le tigre, mais il s’avéra qu’il était la réincarnation du protecteur du palais et qu’ils n’auraient pas dû le tuer. Depuis ce temps, la dépouille du tigre est conservée dans le palais en mémoire de cette histoire. Ceci est possible puisqu’ils croient en la réincarnation et le protecteur étant mort s’est réincarné dans le tigre.

[Photos de Chine (jour 14) Lhasa - Palais d'été]

Sur notre chemin vers le Potala, on croise l’ancienne porte de la ville de Lhassa qui délimitait la ville et les terres. Nommée TahoGali, ça signifie porte blanche dans le col. Elle est en fait une grande stoupa blanche percée d’une porte puisqu’il y avait à l’époque deux montagnes qui se rejoignaient à cet endroit. Maintenant, il y a trois stoupas blanches alignées. On monte dans une petite tour afin d’avoir une vue sur le Potala qui se dresse devant nous.

L’accès au Potala est strictement limitée à 2’300 personnes par jour et les billets d’entrée doivent être réservés la veille. Ainsi, nous avons rendez-vous au Potala à midi (heure qui nous est allouée) et avons l’autorisation d’entrer sur le site à partir de 11:20am. Cette limitation a pour objectif de préserver le site ancien qui pourrait s’affaisser s’il y a trop de gens à la fois sur la structure vue la construction ancienne et originale en bois. Nous débutons alors par une longue et lente montée dans les escaliers pour atteindre l’entrée du palais.

Le Potala est le palais le plus élevé du monde et fut reconstruit au 17e siècle par le 5e Dalaï Lama après sa destruction au 8e siècle. Haut de 117 mètres et de 13 étages, le Potala comprend le Palais rouge et le Palais blanc. Le Palais rouge abrite les stoupas des Dalaï Lamas et les salles bouddhiques tandis que le Palais blanc est la résidence et les bureaux administratifs du Dalaï Lama. En fait, il y a au centre le Palais rouge qui est entouré du blanc, le tout situé sur une butte à Lhassa. C’est un lieu très important pour tous les Tibétains qui peuvent venir de très loin pour y prier.

La plus grande partie de la visite se déroule à queu leu-leu ou plutôt en bousculade entre les diverses salles. Ainsi, chaque Dalaï Lama a un trône construit pour lui et à sa mort son corps est mis dans un tombeau conservé dans le Potala. Il y a actuellement 14 trônes pour les 14 Dalaï Lama et seulement 12 tombeaux puisque le 14e Dalaï Lama est toujours vivant et le corps du 6e Dalaï Lama est disparu suite à la fuite de celui-ci. L’intérieur est assez grand, mais c’est sombre. Malgré que chaque trône est différent, ils se ressemblent tous et pour nous, il est difficile, voire impossible de déterminer c’est relatif à quel Dalaï Lama. A l’intérieur, il n’y a qu’une chapelle pour recevoir les offrandes, sinon les gens peuvent laisser leur billet d’argent un peu partout pour l’entretien du bâtiment. Malgré les bousculades et la limitation d’une heure pour visiter l’intérieur, on peut regarder les détails et notre guide prend le temps de nous expliquer ce que nous voyons.

Nous assistons à un cours accéléré sur le bouddhisme, on ne peut pas dire que nous comprenons et retenons tout, mais on écoute attentivement et ça donne du sens à ce que l’on voit. Nous avons retenu, en plus de ce qui est écrit précédemment, que le Dalaï Lama est l’être suprême de la religion bouddhiste et qu’il y a plusieurs lamas qu’on peut comparer à des moines. Il y a deux types de lamas, soit ceux qui naissent tel quel, ils sont en fait des êtres spéciaux et choisis dès leur naissance. D’autres ont passé leur vie à étudier le bouddhisme et à méditer et lorsqu’ils ont atteint un certain niveau de sagesse et de supériorité, ils sont reconnus comme lama. Ainsi, à la mort du Dalaï Lama, il est réincarné dans un des lamas qui deviendra le futur Dalaï Lama. Certains sont très jeunes, d’autres plus vieux. Tous les lamas se réunissent dans une grande salle dans le Potala afin d’identifier dans lequel le Dalaï Lama s’est réincarné. Ainsi, il y a toute une démarche afin de le découvrir et de le mettre sur le trône. Actuellement, ils en sont au 14e Dalaï Lama qui est toujours en vie, mais qui habite en Inde pour sa protection (non reconnu par la Chine). On peut voir des photos de tous les Dalaï Lama, sauf celle du 14e qu’il est interdite de posséder depuis l’annexion avec la Chine. Le 5e Dalaï Lama est le plus populaire de tous. Ensuite, il y a les Panchen Lama et ils sont rendus au 11e.

On marche avec le guide dans les petites rues de Lhassa jusqu’au restaurant Lhassa Kitchen, un autre lieu principalement pour les touristes. Le service est atrocement long, mais le repas est bon et les portions assez complètes. Nous avons terminé le programme de la journée puisqu’il est trop tard pour se rendre et visiter un monastère. On décide de faire quelques courses pour les prochains jours et on retourne à l’hôtel relaxer et écrire le post sur la terrasse que nous avons adopté depuis notre arrivée.

Nous retournons marcher dans la vieille ville en soirée par nous-même en se dirigeant vers le Potala afin de prendre quelques photos de soir. Lorsqu’on arrive au Potala, la nuit n’est pas encore tout à fait tombée alors on décide de marcher un peu plus loin jusqu’à la statue des deux yaks où on s’assoit quelques minutes. En revenant sur nos pas, il est encore trop tôt pour avoir le Potala éclairé, mais on peut prendre quelques photos. Nous décidons de manger dans un restaurant fastfood pas trop loin en attendant la noirceur. Toutefois, dès notre sortie après avoir mangé, la pluie tombe et ce, de plus en plus fort. Heureusement que j’ai mon parapluie dans mon sac, mais il pleut tellement que nos souliers et pantalons sont tout trempés après seulement quelques minutes. Nous arrivons à l’hôtel bien trempés et on savoure l’eau chaude de la douche avant d’aller s’emmitoufler dans les couvertures du lit douillet pour une autre excellente nuit.

[Photos de Chine (jour 14) Lhasa - Potala]

Brigitte et Marc-André