Lundi 29 août 2011: En cette dernière journée en ville, Amélie nous a proposé une activité complètement originale et surtout du jamais fait pour nous, une visite de la ville en moto et sidecar avec guide (shanghaisideways). Une façon originale de voir la ville et surtout de découvrir des coins moins connus. Le chauffeur nous laisse au point de prise en charge et ce, assez tôt pour nous prendre le temps de diner avant notre tour guidé d’une durée de quatre heures qui commence à 2hpm. On est accompagné par Gilles qui doit aller rencontrer un fournisseur tout près, mais il ne fera pas la visite avec nous, pas cette fois-ci.
Ce matin, nous avons fait la grâce matinée et avons paressé dans le lit avant de se lever pour faire cette belle activité. Après le diner indien, on ressort du resto et dans la rue nous attendent les deux motos tel que prévu. Une très jolie jeune fille, une Française qui est avec un chauffeur Chinois, Mickael. Elle est habituellement dans les bureau, mais aime bien être guide quelques jours par semaine. Comme elle ne connait pas bien les rues et le parcours, elle a besoin d’un chauffeur expérimenter pour la guider. Sinon, en temps normal, nous aurions été sur la même moto, un derrière sur le banc et un dans le side car. Toutefois, nous sommes chanceux, nous avons deux side cars; Brigitte sera avec Mickael et moi avec Floride (c’est son nom).
Le side car est considéré non pas comme une moto avec une roue en plus, mais comme une voiture avec une roue en moins, donc le port du casque n’est pas obligatoire pour le conducteur ni pour les passagers. En fait, on a appris que pour le scooter, aucun permis n’est requis, c’est donc la raison pour laquelle il y a autant de scooters et vélomoteurs partout en Chine. Ca roule dans tout les sens, à toute vitesse, avec 1, 2, 3, 4, 5 personnes dessus et autant de boîtes et sacs qu’ils peuvent attacher ici et là. Donc, tout ceci pour dire que nous avons décidé de rouler à la chinoise, c’est-à-dire sans casque. Nous embarquons dans des motos de réplique chinoises des motos russes datant de la deuxième guerre mondiale, mais les véhicules n’ont que 20 ans. C’est un départ!
Nous sommes dans la concession française et on se promène dans les rues avant de faire notre premier arrêt à l’endroit où étaient les anciennes usines d’acier. Maintenant, c’est converti en espace créatif pour les artistes qui exposent leurs oeuvres, toujours sujet à l’approbation gouvernementale préalable. C’est n’est pas de l’Art dénonciateur de quoi que ce soit, mais bien un moyen d’expression, surtout par les sculptures. Nous nous installons sur un banc de parc où notre guide nous explique un peu le trajet que nous ferons et en profite pour nous faire un petit résumé de l’histoire de Shanghai.
A l’époque, Shanghai n’était qu’un petit village de pêcheurs. Ils faisent le commerce avec les Français pour la soie, le thé et de la porcelaine en échange d’argent. Les Anglais ont commencé à vendre de l’opium à Shanghai qui était cultivé sur les terres indiennes. Les habitants sont vites devenus accros et les effets dévastateurs de l’opium ont assaillis les chinois. Le gouvernement mécontent a décidé d’attaquer le prochain bateau qui arrivera avec de l’opium. Malheureusement pour eux, c’est un bateau anglais et comme c’est une troupe importante, les Chinois perdent. Les Anglais s’installent donc sur une bande de terre au nord du canal. Ensuite, après l’attaque de Pearl Harbor, les Américains se sont installés un peu plus haut pour contrôler l’accès à la rivière. Enfin, les Français ont installés leur concession au sud de celle des Anglais. Ainsi, le petit village de Shanghai de l’époque est entouré par les étrangers qui s’amusent à appeler cette partie le « Chinatown »…c’est ironique non?
Ainsi, la première partie de notre parcours se concentre sur les diverses rues de la concession française où le style des maisons est classique, les allées sont bordées d’arbres de type platane, c’est résidentiel et il y un bel atmosphère. Ici, le nom des rues était français et les lois françaises s’appliquaient, mais ce temps est révolu. Ici, nous nous sommes arrêtés dans des endroits cachés et on a découvert des trésors de l’époque des années 20-30. On oublie rapidement que nous sommes en Chine et on se croirait vraiment dans les années 20-30 à cause des meubles externes, le décor et les meubles à l’intérieur de ce qui est maintenant un restaurant très cher, le YonFoo Elite.
Nous poursuivons la découverte en side car jusqu’à une église orthodoxe russe qui est remarquable par son style extérieur. Malheureusement, l’endroit est barricadé et on ne peut le visiter, mais on prend quand même le temps de s’y arrêter. Cette église était en fait le siège de la milice russe qui faisait la « sécurité » sur la concession française…ils s’entendaient bien. Juste en face, c’est la maison du plus grand gangster chinois qui faisait le trafic de l’opium. Chacun pouvait se surveiller de près et selon les histoires, tout semblait bien se passer. Nous avons pu entrer dans la bâtisse du gangster qui est maintenant transformée en hôtel, le Mansion. Plusieurs objets d’époque font partie du décor. Encore une fois, nous ne ressentons pas trop le style chinois.
Nous voilà repartis de plus belle en moto avec avec le vent dans les cheveux jusqu’à la Place du Peuple (People Square). A l’époque, c’était un très grand hippodrome où seuls les étrangers avaient accès. Les Chinois ont alors fait construire la plus grande tour de l’époque afin d’avoir une vue sur les courses de chevaux et bien évidemment, les étrangers n’avaient pas le droit d’y monter. A l’époque de Mao, voulant reprendre possession de cet espace, il a démoli l’hippodrome et fait construire la mairie, le musée de Shanghai et l’opéra. Maintenant, on voit que de grands édifices ont été construits en conservant une voie rappelant la forme originale de hippodrome.
Nous sommes maintenant dans la section de la concession anglaise qui est facilement remarquable par le changement d’atmosphère puisqu’ici c’est plus dynamique, commercial et avec des gratte-ciel. On circule dans les rues de la concession anglaise en direction du 1933….mystère. Arrivés devant le 1933, notre guide nous demande à quoi ce building peut bien avoir servi. Nos réponses ne sont pas bonnes et lorsqu’elle nous dit que c’était le plus grand abattoir d’Asie, on peut juste la croire. Les bêtes y entraient vivantes, montaient au 4e étage, se faisaient abattre et dépecer. On brulait les carcasses sur place et on pouvait même envoyer la viande par bateau avec le petit canal qui passe à deux pas. C’est une grande structure circulaire en béton qui a du style avec les formes sur les murs. Maintenant, c’est converti en magasins et boutiques, mais vu l’utilité passé, ça ne respecte pas le Feng Shui et les Chinois ne se ruent pas ici. Nous entrons à l’intérieur pour voir de nos propres yeux cette belle structure qui est un succès architectural.
On passe par le Bund que nous avions vu samedi soir en soirée. Maintenant que nous avons nos appareils photos, on demande à notre guide de s’arrêter pour prendre quelques photos, même si les buildings ne sont pas encore illuminés. Ensuite, ils nous conduisent dans la partie chinoise de la ville, celle qui a conservé les maisons typique et l’ambiance. Ça ressemble aux vieux quartiers que nous avions vu dans les autres villes. C’est l’heure du repas pour les Chinois (ils mangent très tôt, vers 5-6hpm) et on peut voir les dames cuisiner dans leur minuscule cuisine ou simplement à l’extérieur. Les lavabos sont à l’extérieur des maisons et des planches pour laver le linge sont encore utilisées! Les fils électriques se comptes par centaine, si une maison a un problème avec sa télévision, bonne chance pour trouver le bon fil.
Notre tour tire à sa fin et on reprend la direction du point de rencontre. Lors du parcours, nous avons eu l’occasion de circuler dans les petites rues, mais aussi sur de grandes artères au centre de la circulation. Heureusement que ça fait un mois que nous sommes en Chine et qu’on connait leur façon de conduire, sinon nous aurions été stressés tout le long du trajet. Toutefois, les chauffeurs des side cars sont très prudents et en aucun cas ne font des manœuvres pour nous mettre en danger. Selon nous, c’est la façon idéale de visiter Shanghai vu l’étendu de la ville. Aussi, c’est une façon moderne de visiter une ville qui a évolué rapidement et qui n’a pas trop conservé le côté typique chinois. On sent ici beaucoup l’influence des étrangers qui se sont établis depuis longtemps.
Sans trop le savoir, c’était très bien de terminer notre périple par Shanghai. Au début, nous sommes très intéressés par le côté chinois que nous connaissons, c’est-à-dire des pagodes, des chinois typiques, des villages et des vieilles villes. Shanghai, c’est tout autre chose et en fin de voyage, au moment où nous sommes un peu tannés de voir les « chinoiseries », c’est comme de mettre la cerise sur le sundae. On boucle la boucle par une ville chinoise qui reflète la progression, l’avancement et le futur.
[Photos de Chine (jour 29) Shanghai - Sidecar]
Brigitte
Dimanche 28 août 2011: Aujoud’hui on ne met pas de cadran, il n’y a pas de stress pour se lever, c’est dimanche et c’est ma fête. On a réservé pour aller bruncher à midi dans un endroit qui est, selon Amélie, très bon et avec beaucoup de choix. Le restaurant est à environ trente minutes de chez eux à Shishan dans un grand resort d’un hôtel, Le Méridien. C’est un endroit pour les conférences et c’est aménagé de façon très chaleureuse. On entre dans l’immense salle à diner où il y a déjà passablement de gens, surtout des expatriés, mais aussi quelques Chinois assez riches.
Rassasiés, il faut vraiment se bouger, car on roule et on va se coucher sinon. On propose une balade dans un grand parc tout près, le parc des sculptures annexé à l’hôtel. C’est un immense espace vert créé de toute pièce par un mécène très riche qui voulait un espace de détente, de verdure pour les résidents. Sur le site, il y a des manèges, des espaces de jeux, des restaurants, des bars, des coins tranquilles, un immense lac artificiel avec une promenade qui en fait le tour, une plage et des dizaines de sentiers. Nous avons monté dans l’arbre de thé, avons fait un tour de manège de bateau, sauté sur la trampoline jusqu’à ce qu’on n’ait plus de souffle, monté à la petite chapelle et marché autour du lac au beau grand soleil. Nous y avons passé un peu plus de deux heures à se promener pour profiter de la magnifique journée et surtout digérer.
Donc, ce fut une journée pas typiquement chinoise, mais après un mois, les ruelles, les pagodes, les temples et le riz, on a compris le concept et ça fait du bien de vivre dans un autre environnement, toujours en chine, mais de façon différente. Les expatriés vivent bien avec les Chinois, mais de façon plutôt américaine ou à la française, ce qui fait un joyeux mélange de genre auquel je pourrais m’habituer. On est extrêmement chanceux d’avoir avec nous des gens qui vivent ici depuis 15 ans et qui ont su garder leur racine, sans pour autant vivre dans une bulle.
Samedi 27 août 2011: On prend notre temps en ce samedi matin pour bien se réveiller et profiter du week-end avec nos hôtes. Nous avons décidé de faire les boutiques du vrai et du faux et ensuite, nous verrons en fonction de la température et de nos goûts. C’est terminé la course aux activités afin de respecter le programme, nous avons un horaire libre pour découvrir Shanghai et nous le ferons de façon différente.
Le chauffeur, qui n’est jamais très loin avec la voiture, nous reprend pour nous conduire à Tai Kang Road où sont situées les petites ruelles assaillies par les boutiques artisanales, de souvenir, d’art et les restaurants. Les bâtisses ne sont pas très hautes et les ruelles sont très étroites. Il y a plein de monde qui fouinent dans les boutiques et les produits offerts sont intéressants. Nous sommes loin des babioles vendues dans les rues par les vendeurs itinérants. Les boutiques sont décorées avec goût, ça sent bon et nous ne sommes pas sollicités. Nous avons vu de belles galeries de photos et les clichés sont très bien. Nous avons trouvé des cônes d’encens à bon prix pour bien embaumer notre future maison, question de ramener un peu de Chine avec nous.
Nous repartons pour la maison afin de prendre une douche avant de rejoindre des amis à eux pour le souper au restaurant Lost Heaven. C’est un restaurant qui offre différentes cuisines asiatiques dans un cadre charmeur. On se commande quelques plats qu’on partage et c’est très bon. Pour un troisième soir consécutif, nous buvons avec plaisir du bon vin…que c’est bon après presqu’un mois de sevrage involontaire! A l’heure du dessert, grâce à la complicité avec Amélie, un gâteau avec chandelle arrive pour mon chéri afin de souligner son anniversaire (même si ce n’est que le lendemain). Une seule chandelle sur le gâteau permet de garder secret son âge!
Vendredi 26 août 2011: Nous accompagnons Amélie dans un voyage d’affaire à Hangzhou où elle rencontrera un fournisseur. Elle s’en va dans une petite ville à 45 minutes de train rapide (350 km/hr) et c’est très joli, alors pendant qu’elle parlera affaire, nous ferons nos touristes dans la ville. Le train file à toute allure et c’est presque en un clin d’oeil que nous atteignons notre destination. On nous conduit chez le fournisseur et malgré qu’il soit encore tôt, on va diner avec lui, question d’avoir l’après-midi libre pour travailler ou visiter.
De retour au bureau, le fournisseur d’Amélie nous a planifié notre escapade dans la ville. Il a d’ailleurs mobilisé son chauffeur et une traductrice pour nous accompagner durant notre visite… très gentille attention de sa part! On laisse Amélie et Ben travailler et nous partons à la découverte de cette ville qu’ils surnomment « paradis terrestre » dans notre livre. Ils ne sont pas guides, mais ils connaissent bien la ville. On se dirige alors au lac de l’Ouest puisqu’il y a plusieurs choses à y visiter.
Puisque nous sommes à l’autre extrémité du lac, il nous faut revenir au point de départ. Pour se faire, les Chinois ont construit une grande allée qui traverse le lac avec des ponts à quelques endroits pour laisser passer les petits bateaux. C’est un lac artificiel, alors ils l’ont fait à leur goût! On marche donc sur l’allée bien heureux que le beau temps ait été de la partie et que la pluie n’ait pas écouté les prévisions météorologiques qui annonçaient même des orages. Ici, on profite bien de notre interprète qui nous accompagne puisque nous manquerions bien des choses. Elle nous montre le Pont Brisé sous neige (Duanqiao cangxue). On dit que le pont brisé a été nommé ainsi à cause de la rupture de la digue ici. Aussi, ce pont marque la ligne de démarcation entre le lac extérieur et le lac intérieur. Ils disent que l’hiver lorsqu’il neige, c’est le meilleur endroit pour admirer le lac de l’Ouest.
On se dirige vers la pagode avec une vue sur le lac de l’Ouest. Nous empruntons deux escaliers roulants, à l’extérieur pour atteindre la base de la pagode….ah ces Chinois, rien ne les arrête! La pagode originale a été détruite lors de la révolution, mais a été reconstruite par dessus avec des matériaux plus solides. On voit encore les vestiges de la base qui ont été conservés pour souvenir. On fait donc l’ascension de quelques étages dans un ascenseur avant de poursuivre par les escaliers. De là haut, on a une vue sur le lac, mais aussi sur les hauts buildings de la ville.
Jeudi 25 août 2011: Après avoir mangé notre dernier petit déjeuner chinois tôt le matin, nous sommes prêts pour partir à l’aéroport dès 8ham. C’est un peu tôt, mais selon le chauffeur, il y aura du trafic et mieux vaut arriver trop tôt que trop serré. Finalement, on arrive beaucoup trop tôt, mais nous avons une connexion internet et on peut se mettre à jour dans nos emails et posts.
Mercredi 24 août 2011: Nos quelques jours à Beijing prennent fin aujourd’hui, mais nous avons encore toute la journée à profiter avant de faire nos au revoir. D’abord, on se rend dans la vieille ville pour faire un tour de vélo. Selon le programme, on devait se rendre au temple lama, mais selon la guide, il y a trop de circulation et elle nous propose de faire un autre itinéraire plus agréable. Aussi, elle ne sait pas faire de vélo alors elle demande à son amie de nous accompagner, elle s’est bien débrouillée pour respecter le programme et ne pas qu’on subisse le fait qu’elle ne sache pas en faire.
Nous rendons les vélos et quittons la ville pour se rendre au Palais d’été situé à 20 km à l’ouest du centre-ville. C’est en fait le plus grand jardin impérial de Chine qui occupe 2.9 millions de mètres carrés dont trois quarts sont un lac artificiel. Il y a évidemment plusieurs bâtiments, mais nous n’en visitons qu’un seul. Ce n’est pas grave puisque ça ressemble beaucoup au palais impérial et que le plus intéressant reste le grand parc. On se balade sur la promenade qui longe le lac et on rejoint rapidement une galerie couverte très longue. Sur les plafonds et le haut des murs, il y a des petites peintures toutes différentes les unes des autres.
De retour en vieille ville, on embarque dans un pousse-pousse (carrosse deux place tiré par un vélo) pour serpenter à travers les hutongs (ruelles pékinoises) et s’arrêter devant une petite maison traditionnelle où la dame nous attend. Elle nous conduit à la salle à manger où quatre tables sont installées…nous ne serons pas ses seuls invités! En fait, nous ne mangerons pas avec eux, mais goûterons plutôt à de la cuisine fait maison. Comme nous sommes les premiers arrivés, on a l’occasion de voir la minuscule cuisine où les plats sont préparés et cuits.
Nos pousse-pousses nous attendent pour compléter notre découverte de la vieille ville. Ils nous déposent tout près de l’atelier du maître du cerf-volant qui nous montre comment il confectionne les très spéciaux cerf-volant chinois. Le maître nous accueille dans son petit atelier où sont accrochés plein de cerf-volant. En chinois et quelques mots anglais, il nous explique et montre les diverses étapes de la confection. Notre guide nous traduit en français afin que nous puissions comprendre. En premier, il faut faire le cadre avec du bambou, mais attention, ici on ne parle pas de cerf-volant simple en losange, mais des aigles, oiseaux, dragons…. Ensuite, il faut recouvrir avec de la soie et ensuite du papier à certains endroits pour durcir la forme. Enfin, il faut peinturer même si ça ne contribue pas à le faire voler. Finalement, le maître nous a montré des vidéos lorsqu’il a fait voler ces cerfs-volant dont un en forme d’aigle qui ressemble vraiment à un vrai. On part et il nous donne à chacun un petit cadeau, des mini cerf-volant que nous ferons voler dans le ciel québécois.
Après la visite du temple, nous pensons que nous avons terminé notre journée, mais il nous reste encore une activité, celle de la dégustation du thé. Une chance que la guide est là, c’est quelque chose que nous aimons beaucoup et que nous n’aurions pas aimé manquer. C’est un peu plus commercial que notre première expérience à Guilin, mais les thés goûtés sont différents et très bons. Pour la première fois, on goûte à du Pu-er et du thé blanc. Le blanc est très fade et beaucoup plus doux que le thé vert. On achète du Pu-er puisque c’est assez très boen, mais difficile d’en trouver sur le marché et c’est bien moins cher ici. On s’est aussi acheté du thé oolong au ginseng.
Mardi 23 août 2011: Nous voici rendus à ce jour où nous verrons enfin de nos propres yeux la célèbre Grande Muraille de Chine. Je vous le dis tout de suite et c’est même confirmé par les astronautes, la Grande Muraille n’est pas visible de l’espace. C’est simplement physiologiquement impossible. C’est l’équivalent de demander à notre oeil de voir un trait de crayon de 1mm d’épaisseur à 1 kilomètre de distance, c’est un mythe. De l’espace, on peut voir les continents, les déserts et des nuages c’est tout.
Ensuite, on prend la direction de la Grande Muraille Matianyu à 90 kilomètres de l’hôtel. Sur la route, on s’arrête dans une fabrique de cloisonnerie où ils fabriquent les vases, assiettes, bols typiques chinois. On nous présente les étapes de production en commençant par la formation en bronze du morceau, bien oui, ils ne sont pas en porcelaine, mais en bronze alors c’est incassable! Ensuite, ils prennent des fils de bronze qu’ils plient et tordent pour coller sur les vases et faire les formes et dessins sur la pièce. Ensuite, ils remplissent avec de la couleur les différentes cloisons sur la pièce avant de faire chauffer et polir. Ces objets nécessitent de grands talents et ce, à toutes les étapes de la fabrication. Durant la visite, je me suis fait un ami…un petit chat blanc et caramel a bien apprécié mes câlins. Nous avons terminé la visite dans la boutique où se succédaient les pièces fabriquées allant de tous les styles, grandeurs et prix.
La Grande Muraille est une des principales attractions touristiques du pays. Les endroits les plus fréquentés sont les passes de Badaling, Mutianyu, Simatai, Juyongguan, Xifengkou, Jiayuguan et Shanhaiguan. Nous nous concentrons sur la section de Mutianyu. C’est une partie vraiment moins commerciale et moins touristique que les autres. La section de Badaling est plus courte et est assaillie par les touristes en meute, ici c’est nettement plus tranquille et on peut marcher sans se faire pousser, enfin! On commence à en avoir assez de se faire pousser!!! Pendant notre longue balade au gros soleil et à la chaleur écrasante, nous rencontrons peut être cinquante personnes toutes aussi en sueur que nous.
Juste avant d’arriver à l’hôtel, on s’arrête dans un magasin d’état où ils fabriquent de la soie. Vous savez sans doute que la Chine a une histoire très ancienne avec la soie et est le point de départ de la célèbre route de la soie qui traverse le pays jusqu’à Rome. On voit dans quelques bocaux remplis de formols les vers à soie aux diverses étapes de leur vie, en passant des larves, vers, chenilles et enfin cocon. C’est à l’étape de cocon que la soie est créée. En fait, le cocon en forme de petit oeuf est une boule de soie. Ils n’ont qu’à tirer sur un petit fil de plusieurs cocons pour faire un fil assez fort et en faire des bobines. Ensuite, plusieurs utilisations sont possibles avant d’arriver au tissu final dans la forme que nous connaissons. C’est très beau ce qu’ils font, très intéressant, mais très cher et surtout on n’est pas acheteur de draps, vêtements et tapis.
Tout d’abord, opéra signifie pour moi du chant avec de la musique. Ici, c’est plus un spectacle de théâtre combinant le chant, la danse, les beaux-arts et la littérature. C’est assez déstabilisant et ça ne ressemble à rien de ce que j’ai déjà vu. Brigitte, après le premier acte est prête à sortir, mais moi je leur donne encore une chance. C’est vraiment bizarre, un peu acté en en mettant vraiment trop, beaucoup de gestuelle et mimes, peu de chant et de parole. Heureusement qu’il y a un panneau avec affichage en anglais qui explique l’histoire et écrit les paroles de ce qui est dit sur scène. D’ailleurs, ils parlent plutôt qu’ils ne chantent enterrés par une musique assourdissante. Il y a sur scène des musiciens avec des instruments d’époque qui jouent à tue-tête et avec un ton assez aigu. Ce ne sont pas des instruments que nous connaissons et le son n’est pas très agréable, surtout à cette intensité.
Lundi 22 août 2011: Après la nuit dans un train, on a bien dormi et ce matin, tôt vers 7:30 on se réveille question de manger un petit peu, mais ce ne sera pas assez pour passer la journée. On demandera à notre guide d’aller au McDo pour déjeuner, car ce n’est pas nos deux biscuits et notre verre de jus d’orange qui nous soutiendront. On n’est pas fiers de manger du fastfood pour déjeuner, mais on s’y replie puisqu’on connait et que ça bouche un trou. Heureusement que c’est juste en vacances que l’on mange cette cochonnerie, car il y a tellement plein de places meilleures que ça!
On peut critiquer les politiques de la Chine, sa gestion des crises et ses politiques internes, mais il ne faut surtout la juger par rapport à nos références culturelles de l’ouest, mais à ce qu’elle était avant la révolution. Pour un pays comme la Chine, le communisme est révolutionnaire et pour nous les même politiques sont vues comme rétrogradées et dépassées. La Chine par son positionnement, son évolution et la force de sa population est en train de devenir un exemple de succès global tant au niveau politique qu’économique. Il est faux de dire que la Chine est communiste pur, c’est plutôt un système politique d’idéologie communiste avec un système économique capitaliste partiellement ouvert. Juste à voir les petits commerces partout, les commerçants qui installent leur petite nappe directement sur le trottoir, dans un parc ou sur la rue…les commerces, c’est le coeur de la vie de beaucoup de Chinois. Tous les moyens sont bons pour faire de l’argent et même s’il y a de la concurrence, le marché est tellement vaste qu’il y a de la place pour tous. Juste à voir le papier monnaie, c’est sale et usé, ça a dû changer de mains des milliers de fois.
On traverse la place pour arriver à la Cité Interdite (ou Palais impérial). Pour y arriver, on passe sous l’avenue ouest-est et de fois 6 voies de large ce qui en fait la plus grande avenue de Chine. Nous arrivons face à la première porte où le portrait de Mao en grand est accroché entre deux slogans populaires. A gauche on peut lire « Vive la république populaire de la Chine » et à droite « Vive la grande union du peuple mondial ». Aussi, on a vu le drapeau de la Chine sur lequel sont dessinées cinq étoiles dont une plus grande qui signifie le communisme et quatre petites représentant les étudiants, les ouvriers, les intellectuels et les paysans. A l’époque de la création du drapeau, les commerçants n’existaient pas encore, raison pour laquelle aucune étoile ne les représente.
On suit notre guide Sophie qui nous commente l’endroit et nous fait passer successivement par les diverses portes. Les portes sont suivies de palais ou de pavillons où l’empereur du temps pouvait recevoir les dirigeants des régions de la Chine, les hauts fonctionnaires, calculer les impôts reçus des paysans et diriger le pays. Nous avons appris que l’empereur pouvait avoir plusieurs femmes, habituellement au nombre de 72. Il y a en fait cinq niveaux ou grades dans ses femmes. En commençant par la plus importante, l’impératrice (la seule avec qui il se mariait), la concubine impériale, la concubine, la fille d’attente et la fille à l’appel. Il pouvait ne jamais avoir vu une de ses femmes qui passait son temps dans le jardin en espérant seulement rencontrer l’empereur….imaginez!
La partie la plus intéressante est sans doute les jardins impériaux où l’empereur se reposait et s’amusait (?!) avec ses femmes. C’est extrêmement beau, bien aménagé avec de petits pavillons, des arbres plusieurs fois centenaire, de mini collines de pierre avec balcon et des petits étangs avec poissons. On y a passé plus de la moitié du temps et pris beaucoup de photos, car c’est très joli. On a même visité une boutique où j’ai acheté quatre beaux tableaux qui représentent les quatre saisons dans un style très typique. On a sûrement payé le prix « touriste », mais on a bien négociés et payé un bon prix selon nos standards. En plus, l’argent va à l’artiste qui nous a vendu ses toiles pour ses cours, car il est toujours à l’école des beaux arts… vrai ou non on ne saura pas.
Dimanche 21 août 2011: Nous voici repartis pour une deuxième et dernière journée à Xi’An. Nous débutons la journée par la visite du jardin où est située la petite pagode de l’Oie sauvage. C’est en fait un grand jardin où les citoyens viennent relaxer, faire leur tai chi ou prier. Il y a de la verdure partout et au centre il y a un pavillon carré qui se rétrécit de plus en plus vers le haut d’une hauteur de 13 étages construit sous les Tang. Tout au long de notre petite promenade, il y a de la musique à la mandoline qui joue dans les haut-parleurs, musique traditionnelle. On fait rapidement le tour et heureusement les petites gouttes de pluie ont cessé durant notre promenade.
Ensuite, on se dirige vers la forêt de stèles qui est en fait un musée avec des anciennes stèles où il y a des écritures anciennes. A l’époque, c’était le temple de Confusius, célèbre penseur / philosophe qui a inspiré le premier empereur. Confusius a aussi créé la première école privée qui recevait les enfants pauvres afin de donner une chance à chacun. Il leur a appris non seulement les matières de base, mais aussi à se former sa propre opinion. D’ailleurs, il y a certaines pratiques bouddhiste qui sont basées sur sa philosophie.
Après cette visite, il ne nous reste que la découverte du quartier musulman. Il nous reste encore tout l’après-midi devant nous avant de prendre le train en début de soirée. Nous n’avons pas très faim, mais puisque nous avons amplement de temps, on accepte la proposition de notre guide d’aller manger une fondue chinoise traditionnelle. Nous avons une multitude de plats de viandes, pâtes, légumes et tofu devant nous ainsi qu’une marmitte d’eau bouillonnante individuel. On crée notre bouillon nous-même en ajoutant les ingrédients de notre choix, c’est bien mieux que juste de l’eau. Tout doit être bouilli et ça va assez vite. La viande est bonne, les nouilles aussi. Pour ce qui est des légumes, ça ressemble à des feuilles de salade qu’on fait aussi bouillir et c’est spécial, mais tout de même bon. On a pris notre temps et on s’est bien régalé.
On s’est promené dans les ruelles par nous-même durant deux bonnes heures en passant par le souk. Nous n’avons pas pu passer dans le quartier sans s’arrêter à la mosquée! Elle fut construite en 742 sous la dynastie Tang et couvre une superficie de 13’000 mètres carrés dont la moitié est une surface bâtie. L’autre moitié est une succession de cours intérieures et au bout il y a la grande salle de prière qui peut accueillir mille fidèles. L’ensemble est trés influencée par le style chinois et si on ne savait pas que nous étions dans une mosquée, on aurait de la difficulté à le dire tellement ça ne ressemble pas au style original. D’ailleurs le minaret se confond avec une pagode. Toutefois, c’est bien présenté et conservé grâce à la contribution annuelle du gouvernement pour rénover le site.
Samedi 20 août 2011: Après une très longue nuit de sommeil, on va déjeuner vers 9h30am à notre hôtel Ibis pour un déjeuner chinois, mais où on peut faire nous-même nos toasts et se faire des sandwichs avec de la petite viande. Bien rassasiés, on rejoint notre guide Sarah pour 10h30am….tard selon nous, mais elle dit que nous avons amplement de temps pour tout voir ce qu’il y a dans notre programme.
A chaque porte, il y a une grande pagode qui a une utilité différente et à chaque 120 mètres il y a une tour de sécurité pour bien protéger les remparts de l’extérieur. Les bâtiments à l’intérieur des remparts ont une hauteur contrôlée tandis qu’à l’extérieur aucune limite n’est imposée, ainsi on remarque bien la différence et la construction de grandes tours à l’extérieur. A l’époque, les portes étaient fermées pendant la nuit, ainsi elles ouvraient le matin dès 7h pour permettre aux travailleurs d’aller à l’extérieur, mais ils devaient rentrer avant 7hpm puisque les portes refermaient à cette heure. Maintenant, elles sont toujours ouvertes et il y a d’ailleurs de grandes artères qui traversent les remparts aux quatre portes, dont une où est la gare principale de train. Imaginez si elle fermait encore la nuit, nous n’aurions pas pu aller à notre hôtel hier soir!
Le site des Fosses de guerriers et de chevaux en terre cuite des Qin est maintenant ouvert aux touristes, ainsi on peut reprendre le programme. La découverte du site a été faite par un paysan qui creusait un puits d’irrigation en 1974 seulement et c’est en 1978 que Jacques Chirac l’a nommé la 8e merveille du monde. En fait, le site contient des milliers de statues en terre cuite de grandeur nature sous terre disposées pour protéger le tombeau du roi. Celui-ci est situé à 1.5 km des guerriers, mais n’a pas encore été déterré puisqu’il y a un niveau de mercure 20 fois plus élevé que la normale. Ils attendent de trouver la bonne technologie avant de faire des fouilles archéologiques plus approfondies sur ce site.
Ensuite, on visite la fosse numéro trois qui est en fait l’état major de l’empereur. C’est nettement plus petit et les cavaliers sont situés tout en bas de la grande galerie qui fait le tour de la fosse. Ici, la plupart des guerriers n’ont pas de tête et n’ont plus d’arme, aucun morceau n’a été retrouvé lors des fouilles. Selon les chercheurs, ils pensent que c’est parce que les vrais ennemis seraient venus sur place et auraient décapités les guerriers et pris leurs armes. On ne sait pas encore si l’armée a réussi à défendre adéquatement le tombeau, nous le saurons seulement lorsque celui-ci sera ouvert, si jamais ce jour arrive…
Entre la visite de deux fosses, nous avons mangé sur place dans un restaurant qui offrait un buffet. C’était un peu cher, mais nous sommes sur un site très touristique et il n’y a qu’un seul restaurant. Toutefois, le repas est bon, surtout les nouilles fait sur place. Après la visite du site très reconnu, on passe quelques minutes dans les boutiques juste pour satisfaire notre curiosité et on retourne à l’hôtel.
La salles est très belle, c’est bien chic et chaleureux. Le repas est très bon et surtout en quantité phénoménale. On a droit à chacun 18 petits raviolis différents, une assiette de crudités et petites viandes, une grosse marmite de soupe et une assiette de fruits pour terminer. Le repas est copieux, très bon, et seulement 2 raviolis sont moins bons, les autres sont vraiment excellents, les meilleurs que nous ayons pu goûter jusqu’à présent. Ensuite, le spectacle présenté en chinois et anglais est au-delà de nos attentes. Les costumes sont magnifiques et colorés, les musiques et danses tout simplement envoûtantes et nous passons une excellente soirée. Les chorégraphies sont assez complexes et bien exécutées. Les décors et éclairages sont dignes des meilleures productions. Le spectacle dure un peu plus d’une heure, c’est court, mais intense. Vraiment un coup de coeur et quelques 300 photos vous montrerons les acteurs de cette histoire très bien présentée.
Jeudi-Vendredi 18-19 août 2011: Aujourd’hui, on se réveille au Tibet, mais c’est vraiment juste pour y déjeuner et faire nos sacs. Ensuite, on part pour 36 heures de train en direction de la ville de Xi’an pour la suite de notre voyage. Notre guide vient nous chercher vers 10h alors nous avons tout notre temps ce matin pour déjeuner et on en profite pour se laver les cheveux.
Mercredi 17 août 2011: De retour dans notre hôtel de la vieille ville où les déjeuners sont bons, on commence bien la dernière journée de visite à Lhasa avec les deux derniers monastères tout près. Ce matin, notre guide nous conduit au monastère de Drepung construit en 1416. C’est la construction de l’un des disciple de Tsongkhapa, il est le plus grand des six monastères de la secte des chapeau jaune (Gelupas). Au plus fort, il y avait 10 000 lamas ici, mais c’est nettement moins aujourd’hui, surtout depuis l’annexion avec la Chine. A l’époque, c’était le domicile du Dalaï Lama avant le déménagement au Potala depuis le 5e Dalaï Lama.
Aussi, on a remarqué que les maisons et les monastères sont tous de la même couleur, même le Potala. Ainsi, les maisons sont blanches avec le contour des portes et fenêtres noir, tandis que les monastères ont du rouge tout en haut des maisons en plus du blanc et du noir. Chaque couleur a une signification pour les Tibétains. Ainsi, le blanc c’est la clarté, la pureté. Les fenêtres et portes ont un large cadre noir pour protéger l’entrée, car le noir fait peur, surtout aux démons et mauvais esprits. Comme se sont des ouvertures, ça protège leur maison et les empêche d’entrer. Enfin, seulement pour les monastères, le haut est peint en rouge, ce qui signifie la paix.
Un après l’autre, les monastères se suivent et se ressemblent. A celui-ci, on aura la chance de voir un débat philosophique pratiqué par les moines. Le mercredi a 3h, tous les moines, en tous cas presque 100 se réunissent dans une petite cour intérieure ombragée et s’assoient ici et là. Certains se lèvent et commencent à argumenter en tibétain ou en sanscrit. Ils posent des questions à ceux qui sont assis et ceux-ci répondent par oui ou par non ou argumentent un peu. Les règles ne sont pas très claires, mais ils semblent avoir du plaisir ensemble. Notre guide ne peut pas vraiment nous aider, premièrement, c’est dans une langue tibétaine supérieure avec des mots qu’elle ne comprend pas et deuxièmement c’est une première pour elle aussi.
Après la visite, on s’arrête dans un supermarché avec la guide pour faire nos courses pour les prochaines heures que nous passerons en train. Elle ne nous est pas de grand secours, on dirait qu’elle n’a jamais fait l’épicerie! On achète surtout des grignotines pour nous faire tenir ces longues heures dans le train et compléter les repas. Elle nous fait passer par une rue commerciale que nous n’avions pas encore fait et on complète nos achats avec des bananes. Sur la route, on croise un petit temple très ancien où nous faisons le tour intérieur trois fois comme les pèlerins. Une fois arrivés au chemin que nous connaissons, on laisse notre guide pour retourner à l’hôtel.
Mardi 16 août 2011: C’est fait, on a passé la moitié de notre voyage en Chine. Les prochains jours seront composés de la fin de la visite au Tibet, suivi de 36 heures de train et après ça va débouler à une vitesse folle dans diverses villes, mais aujourd’hui c’est plutôt relax.
Le monastère de Ta Shi Lhun Po est un des quatre monastères de la secte de chapeau jaune et a été fondé en 1447 par le premier Dalaï Lama. Dans les quelques bâtiments du monastère qu’on peut visiter, il y a les tombes des 5-6-7-8-9 ieme Panchen-lama et une stupa en or pour le dixième Panchen-lama mort il y a seulement 23 ans. Le monastère est la résidence de quelques 700 moines, mais peut en accueillir jusqu’à 3’000. Il contient aussi la plus grande statue de Bouddha au monde haute de 36 mètres et représente le Bouddha du futur. La tête faite en or et le corps en bronze dont le métal provient des donations de la population, soit en métal quelconque ou des billets d’argent.
Une chose unique que nous avons vu ici, ce sont les offrandes de stylos. C’est une sorte de rite pour les étudiants universitaires, ils donnent leur vieux stylo et font bénir le nouveau avant le passage d’un test important. Il y a aussi des moines qui font des offrandes dans chaque chapelle, les offrandes doivent être faites et renouvelées à chaque jour. En plus de les occuper entre deux méditations, ça améliore leur karma.
Ensuite, on prend la route pour environ 5h par un chemin différent de celui que l’on a pris hier, heureusement. Ici, les gens roulent en fou et se dépassent et on ne voit jamais de limitation de vitesse. Toutefois, dès l’entrée sur la route qui longe la rivière, on doit se présenter à la police et elle nous remet un papier de l’heure à laquelle on passe. Le reste de la journée se déroule entre rouler à 100 km/h et être arrêté ou rouler à 5km/h toujours sur la même route. Pourquoi? Simplement pour ne pas arriver trop tôt au prochain point de contrôle policier puisqu’on doit passer à l’heure exacte ou après, ce qui calcule la vitesse moyenne du véhicule. Toute infraction, soit arriver plus tôt que prévu se paie 100 yuans par minute. On doit donc attendre le temps minimum avant de se faire étamper l’heure. Les passages et contrôles se succèdent tout au long de la journée et on est habituellement 20 minutes d’avance et ça nous permet, 1 kilomètre avant le poste de contrôle de s’arrêter regarder le paysage, prendre l’air ou simplement attendre la bonne heure. L’heure dite, on reprend la route direction prochain check point. L’objectif de contrôler la vitesse n’est pas atteinte!
Lundi 15 août 2011: Aujourd’hui je n’avais pas trop d’espoir d’être épaté par une journée qui se résume à plus de 6h de route. On vient nous chercher dans une minivan un peu déglinguée, j’aurais aimé passer la journée dans une voiture confortable, mais bon. Ici ils appellent ça un bus et c’est le grand luxe, au moins on a de l’espace pour mes jambes. On doit faire la route qui serpente à travers les montagnes et monter trois cols à plus de 5’000 mètres d’altitude pour rejoindre la deuxième plus grande ville du Tibet, Shigatse, siège du Panchen-lama (juste sous le Dalaï Lama).
On marche un peu pour voir le paysage et prendre quelques photos. A 4’600 mètres d’altitude, il fait beau et suprennament chaud. Les Chinois touristes prennent toujours beaucoup de photos surtout avec des poses débiles… sans commentaire. Nous reprenons la route pour le deuxième col et avons une vue époustouflante sur le lac sacré d’un bleu turquoise hallucinant renforcé par le ciel bleu qui reflète sur lui. Les bus de touristes s’entassent dans un parking sur le bord de la route, mais j’avoue que ça vaut vraiment la peine, la vue est magnifique et on est haut, vraiment haut.
On est resté en Suisse 3 ans, les Alpes, les montagnes, les glaciers, les lacs, on en a vu un et un autre. Devant nous, c’est le paysage le plus beau que mes yeux aient vu. Même les 200 photos que j’ai prises de loin, de près, horizontales ou verticales, panoramiques ou même les vidéos ne pourront en aucun cas vous emporter dans ce paysage, un des plus beau du monde. Le Tibet, c’est ça aussi, des gens et surtout des espaces, presque vierges. Aussi, il y a des centaines, voir des milliers de drapeaux de prières étendus partout sur la montagne qui montre que l’on n’est pas les premiers à passer ici. Les drapeaux de prière qu’on voit souvent au Népal, dans les régions de l’Himalaya et ici même ont cinq couleurs et chaque couleur a une signification différente: rouge – le feu, vert – le bois, jaune – la terre, bleu – l’eau et blanc – l’espace.
Avant d’entrer à Shigatse, on fait une halte pour voir le fort Dzong qu’on ne peut voir que de l’extérieur puisque l’intérieur est en reconstruction. Le fort est située sur une colline afin d’avoir une vue sur les environs et protéger le village et le monastère situés à l’intérieur des remparts. Nous avons aussi l’occasion de visiter le monastère de Palkhor fondé par le Panchen-lama, la plus haute autorité sous le Dalaï Lama ici. On est chanceux, car aujourd’hui les lamas sont dans la salle principale et méditent ensemble, une occasion unique même pour notre guide d’assister à cela. Dans ce monastère, avec un ‘don’ de 20 yuans, on peut ENFIN prendre des photos. Je vous le dis tout de suite, c’est toujours pareil les monastères, mais enfin vous verrez un peu à quoi ça peu ressembler.
Juste à côté du monastère, il y a le plus grand stoupa du monde. C’est un bâtiment de 9 étages avec des dizaine, peut-être même 100 petites chapelles dédiées à une statue. Il y a plein de gens qui font comme un marathon, se promènent avec une pile d’argent et passent de chapelle en chapelle et donnent leur don en argent en fredonnant les 6 mantras du Bouddhisme avant de passer à l’autre. Étant donné que l’on peut ici aussi, avec un donc de 10 yuan, faire des photos, vous verrez les différents Bouddhas et autres statues.
Dimanche 14 août 2011: Notre journée est consacrée au palais d’été et au Potala, mais d’abord on va déjeuner au troisième étage dans le super restaurant de l’hôtel, très beau, chic et surtout rempli de touristes blancs, ce qui s’annonce bien pour le déjeuner (vs que des Chinois dans les autres hôtels). Eh bien oui, on a droit à un petit déjeuner western avec pain rôti, crêpe, bacon, oeuf, jus d’orange et fruit, on pourra commencer la journée le ventre plein. Après une très bonne nuit de sommeil, la journée s’annonce alors excellente.
Sur le site, il y a un grand bassin avec plein de poissons. En fait, ce sont des poissons qui étaient au marché vendus pour consommation par les Chinois et les Tibétains les ont achetés vivants pour les sauver et les ont mis ici. Cette action favorise leur karma et les aidera à avoir une meilleure prochaine vie. Les Tibétains ne mangent pas de poissons puisqu’en tuer un nourrit à peine deux personnes et ils préfèrent limiter la quantité de « meurtre » et tuer un gros animal qui nourrira plus de monde et plus longtemps. D’ailleurs, les Tibétains ne mangent pas d’animal qui a la même dentition que les humains et ainsi ils ne mangent que le yak, mouton, chèvre, vache, cochon et poulet.
Sur notre chemin vers le Potala, on croise l’ancienne porte de la ville de Lhassa qui délimitait la ville et les terres. Nommée TahoGali, ça signifie porte blanche dans le col. Elle est en fait une grande stoupa blanche percée d’une porte puisqu’il y avait à l’époque deux montagnes qui se rejoignaient à cet endroit. Maintenant, il y a trois stoupas blanches alignées. On monte dans une petite tour afin d’avoir une vue sur le Potala qui se dresse devant nous.
Nous assistons à un cours accéléré sur le bouddhisme, on ne peut pas dire que nous comprenons et retenons tout, mais on écoute attentivement et ça donne du sens à ce que l’on voit. Nous avons retenu, en plus de ce qui est écrit précédemment, que le Dalaï Lama est l’être suprême de la religion bouddhiste et qu’il y a plusieurs lamas qu’on peut comparer à des moines. Il y a deux types de lamas, soit ceux qui naissent tel quel, ils sont en fait des êtres spéciaux et choisis dès leur naissance. D’autres ont passé leur vie à étudier le bouddhisme et à méditer et lorsqu’ils ont atteint un certain niveau de sagesse et de supériorité, ils sont reconnus comme lama. Ainsi, à la mort du Dalaï Lama, il est réincarné dans un des lamas qui deviendra le futur Dalaï Lama. Certains sont très jeunes, d’autres plus vieux. Tous les lamas se réunissent dans une grande salle dans le Potala afin d’identifier dans lequel le Dalaï Lama s’est réincarné. Ainsi, il y a toute une démarche afin de le découvrir et de le mettre sur le trône. Actuellement, ils en sont au 14e Dalaï Lama qui est toujours en vie, mais qui habite en Inde pour sa protection (non reconnu par la Chine). On peut voir des photos de tous les Dalaï Lama, sauf celle du 14e qu’il est interdite de posséder depuis l’annexion avec la Chine. Le 5e Dalaï Lama est le plus populaire de tous. Ensuite, il y a les Panchen Lama et ils sont rendus au 11e.