Samedi et dimanche 14-15 août 2010: On part en train pour 2 jours de découverte de la Suisse, d’ailleurs nos prochains voyages jusqu’à Noël seront sous le thème de “la découverte de la Suisse”. Après 3.75 heures de train et trois changements, on arrive finalement dans le petit village de Innertkirchen dans la partie de l’Oberland-bernois. Située au sud du canton de Berne, c’est la partie la plus élevée du canton.
Le temps est incertain, les nuages sont gris et la pluie menace. On décide d’aller faire un petit hicking dans le coin et découvrir une curiosité régionale. Sur notre chemin se trouvent les gorges de l’Aar qui sont situées entre les villages de Meiringen et Innertkirchen, dans la vallée du Hasli. Les gorges s’étendent sur 1400 mètres avec une profondeur de 200 mètres et peuvent être admirées depuis plus de 100 ans en utilisant une passerelle et en passant par des tunnels.
Cette randonnée est une découverte de la nature d’un genre particulier. C’est super bien aménagé, accessible pour la famille et surtout un peu à l’abri de la pluie. On découvre de superbes grottes naturelles dans le bruit assourdissant de l’eau qui s’engrouffre à travers les rochers. L’air est saturé d’eau et on est presque toujours dans la brume. Nous commençons le trajet là où l’Aar est plus large et se dirige dans une grande crevasse de roches. Les passerelles sont bien accrochées d’un côté de la paroi et on serpente au dessus du fort courant de l’Aar. Plus on avance, plus la distance avec l’autre rocher rétréci pour finalement pouvoir presque le toucher. Là, le bruit est vraiment intense, on sent toute la puissance de l’eau avec le courant à fort débit. On ressort au grand air de l’autre côté de la montagne et il nous faut marcher pour revenir au village.
Donc à la sortie, on se fait un autre petit hicking d’une heure pour le retour à l’hotel, question de se reposer un peu, car on est parti très tôt et la fatigue nous rattrape. On fait même un petit dodo avant d’aller manger un très bon souper dans un resto d’un hotel autour (il n’y a pas beaucoup de choix dans ce petit village). On en profite pour essayer de trouver quelqu’un qui peut nous donner des indications pour aller au pont du trift et étant donner que l’office de tourisme est fermé la fin de semaine (eh oui !) la serveuse s’arrange pour nous donner des infos.
[Photos des grottes de l'Aar]
Le lendemain, on s’est levé tôt pour avoir le plus de temps pour marcher sans se presser. On prend un bus postal et arrive à 9h30 à la base du téléphérique où on décline gentimment l’offre de la dame de monter et on fait la montée de 2h30 à pied. Une montée assez soutenue parmi les moutons, les vaches et les torrents d’eau de source qui descendent de la montagne. Ca fait du bien de faire un peu d’exercices, car on passe toutes nos journées assis devant l’ordi. Arrivés là où s’arrête le téléphérique, il nous reste encore 1h30 de montée pour atteindre le fameux pont du trift. Il est le plus long pont suspendu du monde avec ses 170 mètres (560 pieds) à une hauteur de 100 mètres du sol. Le pont traverse le lac du trift avec une vue sur le glacier, près de Gadmen en Suisse. Le pont est tout neuf, il a été refait en 2009, complété en 6 semaines et reçoit maintenant près de 20,000 visiteurs par année.
Habituellement les marches en montagne sont plutôt monotones avec toujours quelques belles vues, mais celle-là est magnifique du début à la fin, avec des vues époustouflantes, des chutes d’eau et des nuages accrochés aux montagnes. Le pont à la fin parait presque triste, tout petit accroché entre les deux rives. Mais, vu sa hauteur, sa longueur et son emplacement, une fois sur le pont, tu te sens tout petit et impressionné par tout ce qui t’entoure. Brigitte n’aime pas trop les hauteurs, mais à quand même fait la traversée bien agrippée aux cordes et il ne fallait pas que je fasse bouger le pont. Heureusement, on était seul sur le pont autant à l’aller qu’au retour. Dès que nous avons terminé, plusieurs personnes sont arrivées en même temps et le pont était assez achalandé.
On a croisé très peu de gens à l’aller et un peu plus au retour à cause du temps incertain. Nous avons passé la journée sous les nuages, mais qui se sont dispersés le temps que nous étions au pont du trift et qu’on admirait la belle vue sur le glacier. Nous sommes restés un peu pour souffler et profiter de la vue, prendre quelques photos avant de redescendre, car il faut reprendre le bus et les quatres trains pour revenir sur Genève pas trop tard.
On a refait la descente à la pluie battante, mais heureusement nous avions nos punchos pour nous couvrir un peu et la journée était presque finie. On est redescendu en gondolle quetion de laisser un peu d’argent dans la communauté et se sauver 2h30 de marche dans la pluie. Le retour à Genève se passe bien entre les petits dodos et les transferts.
MAM et Brigitte
Samedi 24 juillet 2010: depuis plus d’un mois ici c’est la canicule. Des 33 degrés toute la journée, des nuits où il est difficile de dormir, des journées où je colle sur ma chaise tellement je sue. Mais comme le temps change vite, ce vendredi les températures sont passées de 30 à 20 en une journée et on se surprend même à fermer les fenêtres pour dormir! Donc ce samedi et dimanche, avec une température plus raisonnable, du beau soleil et un ciel bleu on se motive pour faire une activité chaque jour.
Après la pause diner, on repart pour la traversée jusqu’au restaurant et au téléphérique. Comme on est des vrais, on redescend à pied. On déteste descendre, car c’est très dur sur les genoux, mais tant qu’à faire de l’exercice, autant le ressentir le lendemain. On a passé la journée, montée et descente avec un monsieur retraité, sportif, musicien, tapissier décorateur et polyglottes. Je ne croyais pas ça possible, durant TOUT le temps, il m’a raconté diverses histoires de sa vie, de sa famille, de musique etc… j’ai trouvé quelqu’un qui parle plus que moi…. incroyable! Nous allons sans doute profiter de sa maison dans les îles Canaries durant les vacances de Noël.
Samedi 26 juin 2010: Ce matin on se réveille et on a un peu de difficulté à croire que c’est notre dernière journée du GR20 sud. Pour éviter de courir et d’être stressés, il faut partir assez tôt, car on a un bus-navette qui nous transportera de Conca à Porto-Vecchio à 5h. Alors, go les jambes, on est fin prêts à partir dès 7h30, tout excité. Déjà, il fait chaud et humide, ça parait qu’on s’approche de la mer!
A 2h30, on atteint notre destination finale et quelques pancartes nous accueillent en nous félicitant de notre périple….et les larmes qui reviennent, toujours de joie. Le sentiment de mission accomplie, de dépassement de soi, d’un défi réalisé s’empare de nous. Au petit village de Conca, on retrouve le couple d’anglais qui nous serrent dans leurs bras, tellement fiers de nous tel des parents. Ils ont été tellement fins et encourageants avec nous que chaque soir nous étions très contents de les revoir. On a félicité aussi les autres randonneurs qui étaient sur place, qui ont croisé notre route ces derniers jours et qui comprennent mieux que quiconque ce que nous venons de vivre. On ne pourra jamais assez bien vous raconter ce que nous avons vécu, nous avons beau avoir pris plusieurs photos et pris des vidéos, c’était bien sûr dans les moments les plus faciles, car dans les endroits risqués ou difficiles, on avait d’autres choses à penser. Pour ceux qui ont soif d’aventure et qui aiment les grandes randonnées, c’est une superbe expérience à vivre……nous pourrions nous joindre à vous pour la partie nord.
Vendredi 25 juin 2010: Ce matin nous aurions dormi encore un peu plus longtemps, mais comme il fait chaud au 3e niveau du refuge, on se lève à 6h30. Ce matin, j’ai étonamment mal nul part. Hier, j’avais mal aux genoux à cause des descentes, mais lorsque je me suis cogné le gros orteil, le mal a changé de place. Tant mieux, ce matin tout va bien.
Les 5 km à faire pour atteindre le refuge de I Paliri est valloneux et surtout en forêt. Comme il y a plus de gens qui passent sur cette partie du sentier, on remarque qu’il est plus aménagé que le reste du GR20, car il y a des murets de pierres pour solidifier certaines parties et des marches aménagées, ce qui enlève un peu du cachet du sentier naturel. Ici les marques sont bien évidentes, mais à certains endroits on a constaté que les marques sont défraichies ou que l’écorce était tombée en partie là où la marque était ou que la végétation avait pris le dessus et caché la marque sur les roches.
Lundi 24 juin 2010: En ce matin de la St-Jean (ce qu’on n’a réalisé que plus tard), on est prêt pour une autre journée de randonnée. On a bien dormi dans un dortoir de plus en plus basic, mais où le confort est toujours là. Je prends un petit déjeuner (Brigitte ne peut rien avaler ce matin) et on est prêt à partir à 7h30….le plus tôt que nous soyions jamais parti. On sait déjà qu’on va avoir une longue journée et comme on ne veut pas arriver aussi tard que la veille, mieux vaut partir plus tôt.
Pour le reste de la matinée, notre chemin se poursuit dans une grande vallée à découvert. Il y a un petit sentier peu large avec des bosquets qui nous égratignent les jambes au passage. C’est le moment de gagner en vitesse puisqu’il n’y a aucune difficulté. On traverse une petite rivière où quelques personnes se sont arrêtées pour prendre leur pic-nic. On choisi de s’y installer aussi, car il y a de l’ombre et un beau gazon verdoyant. Ce sera aussi l’occasion de rafraîchir nos pieds dans l’eau froide et saisissante de la rivière. On aimerait rester encore plus longtemps, mais la seconde partie de la journée s’annonce plus difficile avec une montée de 600m sur 5km suivie d’une descente abrupte de 600m sur seulement 2km.
Mercredi 23 juin 2010: Après une bonne et longue nuit de sommeil, on se réveille à 6h sans cadran et on était les premiers levés. Ce n’est pas étonnant, on était couché longtemps avant tout le monde! C’est quand même surprenant que ce soit aussi silencieux pour un grand dortoir de 20 lits, chacun est respectueux de l’autre. On prend un petit déjeuner rapido, repacte nos sacs et on est prêt à partir à 8h tapant.
Environ 2.5h après notre départ, on atteint le refuge Prati où nous aurions dû coucher hier soir. Une chance qu’on n’a pas fait cette partie là hier, on aurait pleuré je crois. Mais ce matin, frais et dispo, ça été plutôt facile. On prend donc notre collation au refuge et on fait le plein d’eau avant d’affronter les autres sommets qui se présentent devant nous. On quitte la petite vallée pour commencer une autre montée dans les grosses roches. On croise 2 personnes qui refont une beauté aux marques blanches et rouges, chacun avec leur couleur.
On a re-retrouvé les français à qui on se joint pour manger notre pic-nic de midi. Heureusement que nous sommes à l’abri du vent, parce qu’il souffle et nous refroidit bien vite. On ne reste pas trop longtemps et on repart où se poursuit notre randonnée dans les roches. Cette fois-ci, c’est plutôt de la descente, mais attention la descente dans les grosses roches n’est pas de tout repos et c’est parfois aussi difficile que la montée. Alors, on y va un pas à la fois, à notre rythme tout en essayant de prendre des pauses de quelques secondes pour contempler les paysages qui défilent sous nos yeux. Bien sûr, pas question de marcher sans regarder devant nous, c’est trop risqué. On passe d’un côté de la crête à l’autre en alternant montées et descentes sans grand dénivelé toutefois.
Finalement, le refuge se pointe devant nous et je craque….je me mets à pleurer, de joie bien sûr. La pression vient de tomber, je suis soulagée, mais nous ne sommes pas encore arrivés, car malgré qu’on voit le refuge, ça prend encore 45 à 60 minutes pour l’atteindre. Enfin, il est 7h30 et je peux toucher aux murs du gîte, enlever mon sac, mais il faut attendre avant que nos lits nous soient assignées. J’ai encore le coeur gros quand on voit le couple d’anglais et leur explique notre mésaventure….pas besoin d’en dire gros, tout se lit dans mon visage, mais les gens sont super gentils et leur support me fait du bien. Une chance que j’étais avec mon chéri, on a fait une bonne équipe.
Mardi 22 juin 2010 : Aujourd’hui, MAM avait planifié faire une route alternative qui est plus haute pour aller sur le mont Renosu et passer par la plaine d’I Pozzi. En discutant avec la gardienne au gîte, elle nous a fortement déconseillé puisqu’il y a encore de la neige et plusieurs crevasses dangereuses. Alors, nous optons pour le chemin traditionnel. Toutefois, on peut faire un détour et aller à I Pozzi, ce que nous ferons.
Lundi 21 juin 2010: C’est le début officiel de notre défi GR20 sud. Étonnamment, le réveil se fit tout naturellement sans cadran, car le bruit que les autres font même s’ils font attention nous réveille. On prend le petit déjeuner qui nous est servi, c’est assez simple : pain, thé et confiture.
Au milieu de nulle part, au virage du sentier entre roches et quelques arbres, le gîte apparait devant nous. Le refuge est adjacent à un mont de ski où on voit très bien les tire fesses. On ne sait pas quel est le nom du mont, c’est assez petit, mais la pente bien raide.
Dimanche 13 juin 2010: Petit retour en arrière, j’avais oublié de corriger le draft que Marc-André avait préparé……C’est presque le temps pour notre semaine de hicking en Corse (France). Nos sacs sont prêts, nos choses sont achtetées et tout rentre dans les sacs. On est à 10 kilos chacun, c’est léger selon les expériences lues sur internet.
Toujours comme à l’habitude, après 3 heures, on est rendu en haut, on se trouve une petite place pour manger et on redescend presque aussitôt question de profiter du reste de la journée pour faire d’autres choses plus essentielles que excitantes, c-a-d réserver les chambres d’hotel et l’auto. C’est toujours très compliqué, car on vérifie toutes les possibilités et on compare les prix, on lit les review et navigue sur les sites des hotels.