Jeudi 1 juillet 2010: C’est la dernière journée officielle en sol corse. Aujourd’hui, on fait la route jusqu’à Ajaccio où nous dormirons avant de prendre notre vol pour Genève tôt le matin. On fait un peu de grâce matinée puisque le déjeuner n’est servi qu’à partir de 8h30. C’est une journée ensoleillée comme les précédentes, nous sommes vraiment chanceux.
Après une visite éclair du port et de la baie de Propriano, on se dirige vers Olmeto où les gens s’arrêtent habituellement parce que le seul feux sur la route tourne au rouge. Comme notre livre-guide touristique nous a conseillé de s’y arrêter, on suit son conseil. C’est petit, charmant, mais sans plus. Toutefois, la voie à un sens dans le centre du village qui est régulé par un feu de circulation est un véritable échec parce que les voitures ne suivent pas les indications et ça créée de gros bouchons où les voitures doivent reculer, passer sur le trottoir pour faire passer l’autre…bref, c’est la cacophonie!
Notre prochain arrêt tombe à pic, car on commence à être un peu engourdi de rester assis à circuler dans les routes sinueuses. Nous nous arrêtons au site mégalithique de Filitosa. C’est un autre site préhistorique avec des statues-menhirs, mais ce site est beaucoup mieux entretenu et est classé par l’Unesco comme patrimoine national. Le site s’étend sur près de 3 hectares dans un paysage de maquis à fougères et d’oliviers. Ici, on va en apprendre un peu plus sur la signification et la construction des mégalithes datant de 3’000 ans avant JC. Outre les grandes roches avec les visages sculptés, on voit quelques “maisons” ou abris construits dans la roche. Chaque roche est sablée et polie, mais le plus impressionnant c’est que c’est fait avec les moyens de l’époque, soit rien de très sophistiqué. Ce fut beaucoup plus enrichissant que notre arrêt de la veille.
[Photos de Filitosa]
Ensuite, on fait la route directe jusqu’à Ajaccio où nous voulons aller marcher sur la pointe de Parata avec la tour du même nom. Pour s’y rendre, on suit la route panoramique toujours en serpetin pendant environ une heure. Arrivés sur la pointe de Parata, on suit le petit sentier aménagé pour monter jusqu’à la tour avec une vue sur la mer et les îles sanguinaires. On ne peut monter dans la tour, parce que l’accès ne se fait que par une échelle qui a été intentionnellement enlevée.
Les îles sanguinaires est en fait un archipel de quatre îlots qui prolongent la pointe de Parata. Les îles sont le site de nidification pour de nombreuses espèces d’oiseaux qui n’ont aucun prédateur et aussi contient plus de 150 espèces de plantes différentes. Nous n’y sommes pas allés par manque de temps, mais les îles ne sont plus habitées et il n’y a que 4 tours comme bâtisses.
[Photos de la tour de Parata]
On retourne au centre-ville pour rendre notre voiture de location, mais il y a un petit problème, c’est fermé et ça devait être encore ouvert à cette heure-là. On a beau essayer toutes les portes, téléphoner à l’agence de Ajaccio, celle de l’aéroport, il n’y a aucune réponse. Par chance, la porte bouge assez et on peut lancer nos clés à l’intérieur, on a assez attendu pour rien après eux, pas fort!
Arrivés à l’hotel, on se prépare pour aller souper, notre dernier repas en Corse. Lors de notre recherche de restaurant, on voit un orchestre sur la place publique et on s’arrête pour profiter du spectacle. Marc-André a fait un paparazzi de lui, je crois que nous avions quelques photos de chaque musicien et nous avons fait une sélection serrée des photos….
Nous étions là au bon moment, on ne peut rien demander mieux. Finalement, on trouve une petite terrasse où on mange une bonne pizza et une escalope viennoise….de très grandes portions.
En conclusion, malgré que la Corse appartienne à la France, on voit bien qu’elle s’y distingue assez clairement et les corses ont leur propre personnalité et caractéristiques. Ils sont accueillants et chaleureux, même si parfois un peu campagnards. L’île est magnifique avec ces montagnes à perte de vue, la plage, la mer. Nous avons eu du temps magnifique et parfait pour chaque activité que nous avons fait (frais pour le hicking et chaud pour la plage). On y mange bien, les menus sont variés et frais.
A qui voudrait voir la Corse, je lui dis, “mais qu’est-ce que tu attends????”…..franchement, très belle destination.
Demain matin, nous prenons l’avion à 8h, mais il est bien sûr en retard…disons qu’Easyjet (compagnie aérienne à bas prix) éprouve quelques difficultés à respecter ses horaires, mais heureusement on fini par partir et atterrir à Genève..vous vous souvenez notre péripétie du départ, même si on décolle, nous ne sommes pas certains d’atterrir
Brigitte
Mercredi 30 juin 2010: Aujourd’hui, on fera un peu de route parsemé de quelques arrêts touristiques. Nous partons assez tôt puisque nous sommes réveillés de bonne heure. La route est sinueuse et malgré les beaux paysages, Brigitte doit rester bien concentrée sinon elle a peur ou mal au coeur avec tous ces virages. Mais je suis prudent alors il n’y a pas de risque.
Ensuite, on poursuit notre chemin pour se rendre aux menhirs de Palaggiu, un site datant de 3’000 ans avant JC. C’était encore une fois super mal indiqué et ce n’est que sur le retour que nous avons aperçu une petite pancarte annonçant le site. En fait, heureusement que le site était mentionné dans le livre touristique, sinon nous n’aurions jamais pu arriver ici. Le site est fermé, il y a de grosses roches qui bloquent l’accès en voiture à l’entrée. On la laisse sur le bord de la route et on marche presque 30 minutes avant d’atteindre l’endroit où sont présentées les pierres. Le chemin est indiqué par des flèches tracées dans le sable ou avec des petits cailloux, bref pas très touristique. Mais nous n’étions pas les seuls fous, il y avait d’autres touristes avec leur guide touritisque.
Nous avons la vue sur la place publique qui est assez animée. C’est le point de rencontre pour les discussions, la détente et le marché, mais autrefois c’était où se trouvait la guillotine. La ville située à 330 mètres d’altitude a environ 3’500 habitants. Sartène est une ville fortifiée et l’échauguette est le symbole de la sitée; en fait c’est un rampart qui protège la vieille ville fait à même les maisons, donc les maisons font office de rampart. D’ailleurs, c’était pour les protéger contre les attaques des barbares qui ont sanglanté leur histoire.
Mardi 29 juin 2010: Ce matin on se lève tôt parce que Marc-André veut des photos avec le soleil de début de journée. De toute façon, on est habitués de se lever tôt après notre semaine de hicking et à 7h on est déjà assez réveillés. A 7h30, nous sommes donc à l’extérieur, mais quelques nuages cachent le soleil et l’effet voulu n’est pas là. On prend quand même le temps de descendre les marches sur le bord de la falaise pour aller sur une petite plage de galets sous Bonifacio. C’est le calme total, il n’y a que le bruit des vagues. On a une vue sur le très pittoresque “grain de sable”, gros bloc isolé se dressant à une dizaine de mètres dans les flots (la roche derrière moi, coupée, à droite de la photo).
Notre visite se poursuit avec le célèbre escalier du roi d’Aragon. Taillé par l’homme directement dans le calcaire et composé de 189 marches, cet escalier à 45 degrés aurait, selon la légende, été creusé en seulement une nuit par les troupes du roi d’Aragon pour pénétrer dans la ville incognito en passant par la mer. Plus probablement creusé sur une durée plus longue par les moines franciscains pour accéder à une source d’eau potable située en bas de l’escalier. Bref, peu importe ces origines, nous avons descendu toutes ces marches, ces hautes marches de plus de 30cm de hauteur. Finalement, tout en bas des escaliers, il y a un petit passage creusé à même la roche (photo ci-jointe) qui nous fait longer la falaise au bord de l’eau. C’est tout simplement magnifique! C’est quand même incroyable de marcher exactement au même endroit que ces gens au 15e siècle (fait en 1420).
Nous descendons sur la plus grande île et marchons jusqu’à une de ces petites plages dans les criques à l’abri des regards. On s’installe dans un petit coin et on va faire une petite saucette dans l’eau fraiche. Il y a peu de vagues, alors Marc-André va nager un peu plus loin tandis que je me fais dorer au soleil. Rien de mieux que de relaxer avec la chaleur du soleil. De toute façon, il n’y a pas grand chose d’autre à faire ici que de profiter de la plage ou marcher sur les sentiers de l’île. On a notre lot de marche, alors on opte pour la plage jusqu’à ce que la dernière navette parte de l’ile vers 5h30.
Lundi 28 juin 2010: On prend notre petit déjeuner sur la terrasse de l’hotel Panorama à Porto-Vecchio avant d’aller récupérer notre voiture que nous avons louée. La propriétaire de l’hotel nous offre gentiment de nous conduire au centre-ville, ce qui nous évite une bonne marche de 30 minutes. Elle est vraiment gentille, merci!
C’est maintenant l’heure du diner et sur la route on s’arrête au Géant, une gigantesque épicerie où on s’achète de la rillette, du pain et des fruits pour notre pic-nic que nous dégusterons sur la prochaine plage. On serpente sur la route qui nous mène à la plage de Rondinara , classée meilleure plage de France et 3e d’Europe située dans une baie calme. Le sable est parfait, la plage est grande et on peut aller loin dans l’eau avant d’en avoir par dessus la tête. L’eau est d’un bleu azur et le fonds est super propre avec très peu d’algues. Comme on le voit sur la photo, il y a beaucoup de parasols, mais on a réussi à se trouver un endroit à l’ombre près des arbres. Malgré la quantité de gens à la plage, il reste encore de l’espace et nous ne sommes pas tassés comme des sardines. Aussi, même s’il y a plein d’enfants, c’est étonnament calme.
Juste avant d’aller souper, on fait une petite balade sur le cap de Pertusato en direction du phare. Le sentier longe la falaise grugée par les vagues et le vent. La roche est blanche et est typique de Bonifacio. En fait, c’est une roche calcaire assez granitique. D’ailleurs, on le voit bien sur les photos, ce ne sont pas des roches lisses, mais plutôt inégales, striées ou je ne sais comment on pourrait les qualifier….à voir sur les photos pour comprendre, une image vaut mille mots. La balade dura au moins deux heures sur un petit sentier plat, mais parsemés de petits cailloux. C’est dommage qu’il y ait des nuages assez bas en fin de journée, car on ne voit pas les îles au loin. Ce n’est que la mer qui s’étend à perte de vue devant nous.
Dimanche 27 juin 2010: C’est la première journée de notre deuxième partie de nos vacances. C’est le début des vacances relaxes afin de visiter les villes du sud de la Corse ainsi que les plages qui croiseront notre route.
Lors de la visite de la vieille ville, nous nous sommes arrêtés devant la plus vieille maison de la ville avec la date de construction gravée sur le mur extérieur. Alors, sur une des photos vous verrez 1723 à gauche d’une petite porte devant laquelle Marc-André devra se plier en deux pour entrer! Au centre de la vieille ville, il y a la place publique à côté de l’église où la vie bat son plein. En été, les terrasses s’étendent sur la place au plaisir des résidents et touristes. D’ailleurs, nous nous arrêtons sur une terrasse avec brumisateur (il fait tellement chaud que ça nous rafraichi bien). Nous dégustons une délicieuse salade fraîcheur (cantaloupe, tomate, concombre, melon d’eau, pamplemousse, laitue et saumon fumé) et un tartare de saumon accompagné d’une frite et un pain maison….le tout arrosé d’une bonne bouteille de rosé. Après tout, c’est les vacances, il faut se gâter. Et avec cette chaleur, on profite le plus longtemps possible du brumisateur avant de retourner dans la chaleur.
Samedi 26 juin 2010: Ce matin on se réveille et on a un peu de difficulté à croire que c’est notre dernière journée du GR20 sud. Pour éviter de courir et d’être stressés, il faut partir assez tôt, car on a un bus-navette qui nous transportera de Conca à Porto-Vecchio à 5h. Alors, go les jambes, on est fin prêts à partir dès 7h30, tout excité. Déjà, il fait chaud et humide, ça parait qu’on s’approche de la mer!
A 2h30, on atteint notre destination finale et quelques pancartes nous accueillent en nous félicitant de notre périple….et les larmes qui reviennent, toujours de joie. Le sentiment de mission accomplie, de dépassement de soi, d’un défi réalisé s’empare de nous. Au petit village de Conca, on retrouve le couple d’anglais qui nous serrent dans leurs bras, tellement fiers de nous tel des parents. Ils ont été tellement fins et encourageants avec nous que chaque soir nous étions très contents de les revoir. On a félicité aussi les autres randonneurs qui étaient sur place, qui ont croisé notre route ces derniers jours et qui comprennent mieux que quiconque ce que nous venons de vivre. On ne pourra jamais assez bien vous raconter ce que nous avons vécu, nous avons beau avoir pris plusieurs photos et pris des vidéos, c’était bien sûr dans les moments les plus faciles, car dans les endroits risqués ou difficiles, on avait d’autres choses à penser. Pour ceux qui ont soif d’aventure et qui aiment les grandes randonnées, c’est une superbe expérience à vivre……nous pourrions nous joindre à vous pour la partie nord.
Vendredi 25 juin 2010: Ce matin nous aurions dormi encore un peu plus longtemps, mais comme il fait chaud au 3e niveau du refuge, on se lève à 6h30. Ce matin, j’ai étonamment mal nul part. Hier, j’avais mal aux genoux à cause des descentes, mais lorsque je me suis cogné le gros orteil, le mal a changé de place. Tant mieux, ce matin tout va bien.
Les 5 km à faire pour atteindre le refuge de I Paliri est valloneux et surtout en forêt. Comme il y a plus de gens qui passent sur cette partie du sentier, on remarque qu’il est plus aménagé que le reste du GR20, car il y a des murets de pierres pour solidifier certaines parties et des marches aménagées, ce qui enlève un peu du cachet du sentier naturel. Ici les marques sont bien évidentes, mais à certains endroits on a constaté que les marques sont défraichies ou que l’écorce était tombée en partie là où la marque était ou que la végétation avait pris le dessus et caché la marque sur les roches.
Lundi 24 juin 2010: En ce matin de la St-Jean (ce qu’on n’a réalisé que plus tard), on est prêt pour une autre journée de randonnée. On a bien dormi dans un dortoir de plus en plus basic, mais où le confort est toujours là. Je prends un petit déjeuner (Brigitte ne peut rien avaler ce matin) et on est prêt à partir à 7h30….le plus tôt que nous soyions jamais parti. On sait déjà qu’on va avoir une longue journée et comme on ne veut pas arriver aussi tard que la veille, mieux vaut partir plus tôt.
Pour le reste de la matinée, notre chemin se poursuit dans une grande vallée à découvert. Il y a un petit sentier peu large avec des bosquets qui nous égratignent les jambes au passage. C’est le moment de gagner en vitesse puisqu’il n’y a aucune difficulté. On traverse une petite rivière où quelques personnes se sont arrêtées pour prendre leur pic-nic. On choisi de s’y installer aussi, car il y a de l’ombre et un beau gazon verdoyant. Ce sera aussi l’occasion de rafraîchir nos pieds dans l’eau froide et saisissante de la rivière. On aimerait rester encore plus longtemps, mais la seconde partie de la journée s’annonce plus difficile avec une montée de 600m sur 5km suivie d’une descente abrupte de 600m sur seulement 2km.
Mercredi 23 juin 2010: Après une bonne et longue nuit de sommeil, on se réveille à 6h sans cadran et on était les premiers levés. Ce n’est pas étonnant, on était couché longtemps avant tout le monde! C’est quand même surprenant que ce soit aussi silencieux pour un grand dortoir de 20 lits, chacun est respectueux de l’autre. On prend un petit déjeuner rapido, repacte nos sacs et on est prêt à partir à 8h tapant.
Environ 2.5h après notre départ, on atteint le refuge Prati où nous aurions dû coucher hier soir. Une chance qu’on n’a pas fait cette partie là hier, on aurait pleuré je crois. Mais ce matin, frais et dispo, ça été plutôt facile. On prend donc notre collation au refuge et on fait le plein d’eau avant d’affronter les autres sommets qui se présentent devant nous. On quitte la petite vallée pour commencer une autre montée dans les grosses roches. On croise 2 personnes qui refont une beauté aux marques blanches et rouges, chacun avec leur couleur.
On a re-retrouvé les français à qui on se joint pour manger notre pic-nic de midi. Heureusement que nous sommes à l’abri du vent, parce qu’il souffle et nous refroidit bien vite. On ne reste pas trop longtemps et on repart où se poursuit notre randonnée dans les roches. Cette fois-ci, c’est plutôt de la descente, mais attention la descente dans les grosses roches n’est pas de tout repos et c’est parfois aussi difficile que la montée. Alors, on y va un pas à la fois, à notre rythme tout en essayant de prendre des pauses de quelques secondes pour contempler les paysages qui défilent sous nos yeux. Bien sûr, pas question de marcher sans regarder devant nous, c’est trop risqué. On passe d’un côté de la crête à l’autre en alternant montées et descentes sans grand dénivelé toutefois.
Finalement, le refuge se pointe devant nous et je craque….je me mets à pleurer, de joie bien sûr. La pression vient de tomber, je suis soulagée, mais nous ne sommes pas encore arrivés, car malgré qu’on voit le refuge, ça prend encore 45 à 60 minutes pour l’atteindre. Enfin, il est 7h30 et je peux toucher aux murs du gîte, enlever mon sac, mais il faut attendre avant que nos lits nous soient assignées. J’ai encore le coeur gros quand on voit le couple d’anglais et leur explique notre mésaventure….pas besoin d’en dire gros, tout se lit dans mon visage, mais les gens sont super gentils et leur support me fait du bien. Une chance que j’étais avec mon chéri, on a fait une bonne équipe.
Mardi 22 juin 2010 : Aujourd’hui, MAM avait planifié faire une route alternative qui est plus haute pour aller sur le mont Renosu et passer par la plaine d’I Pozzi. En discutant avec la gardienne au gîte, elle nous a fortement déconseillé puisqu’il y a encore de la neige et plusieurs crevasses dangereuses. Alors, nous optons pour le chemin traditionnel. Toutefois, on peut faire un détour et aller à I Pozzi, ce que nous ferons.