Corse (jour 13) Filitosa, Tour de Parata

Jeudi 1 juillet 2010: C’est la dernière journée officielle en sol corse. Aujourd’hui, on fait la route jusqu’à Ajaccio où nous dormirons avant de prendre notre vol pour Genève tôt le matin. On fait un peu de grâce matinée puisque le déjeuner n’est servi qu’à partir de 8h30. C’est une journée ensoleillée comme les précédentes, nous sommes vraiment chanceux.

Après une visite éclair du port et de la baie de Propriano, on se dirige vers Olmeto où les gens s’arrêtent habituellement parce que le seul feux sur la route tourne au rouge. Comme notre livre-guide touristique nous a conseillé de s’y arrêter, on suit son conseil. C’est petit, charmant, mais sans plus. Toutefois, la voie à un sens dans le centre du village qui est régulé par un feu de circulation est un véritable échec parce que les voitures ne suivent pas les indications et ça créée de gros bouchons où les voitures doivent reculer, passer sur le trottoir pour faire passer l’autre…bref, c’est la cacophonie!

Notre prochain arrêt tombe à pic, car on commence à être un peu engourdi de rester assis à circuler dans les routes sinueuses. Nous nous arrêtons au site mégalithique de Filitosa. C’est un autre site préhistorique avec des statues-menhirs, mais ce site est beaucoup mieux entretenu et est classé par l’Unesco comme patrimoine national. Le site s’étend sur près de 3 hectares dans un paysage de maquis à fougères et d’oliviers. Ici, on va en apprendre un peu plus sur la signification et la construction des mégalithes datant de 3’000 ans avant JC.  Outre les grandes roches avec les visages sculptés, on voit quelques “maisons” ou abris construits dans la roche. Chaque roche est sablée et polie, mais le plus impressionnant c’est que c’est fait avec les moyens de l’époque, soit rien de très sophistiqué. Ce fut beaucoup plus enrichissant que notre arrêt de la veille.
[Photos de Filitosa]

Ensuite, on fait la route directe jusqu’à Ajaccio où nous voulons aller marcher sur la pointe de Parata avec la tour du même nom. Pour s’y rendre, on suit la route panoramique toujours en serpetin pendant environ une heure. Arrivés sur la pointe de Parata, on suit le petit sentier aménagé pour monter jusqu’à la tour avec une vue sur la mer et les îles sanguinaires. On ne peut monter dans la tour, parce que l’accès ne se fait que par une échelle qui a été intentionnellement enlevée.

Les îles sanguinaires est en fait un archipel de quatre îlots qui prolongent la pointe de Parata. Les îles sont le site de nidification pour de nombreuses espèces d’oiseaux qui n’ont aucun prédateur et aussi contient plus de 150 espèces de plantes différentes. Nous n’y sommes pas allés par manque de temps, mais les îles ne sont plus habitées et il n’y a que 4 tours comme bâtisses.
[Photos de la tour de Parata]

On retourne au centre-ville pour rendre notre voiture de location, mais il y a un petit problème, c’est fermé et ça devait être encore ouvert à cette heure-là. On a beau essayer toutes les portes, téléphoner à l’agence de Ajaccio, celle de l’aéroport, il n’y a aucune réponse. Par chance, la porte bouge assez et on peut lancer nos clés à l’intérieur, on a assez attendu pour rien après eux, pas fort!

Arrivés à l’hotel, on se prépare pour aller souper, notre dernier repas en Corse. Lors de notre recherche de restaurant, on voit un orchestre sur la place publique et on s’arrête pour profiter du spectacle. Marc-André a fait un paparazzi de lui, je crois que nous avions quelques photos de chaque musicien et nous avons fait une sélection serrée des photos…. :-) Nous étions là au bon moment, on ne peut rien demander mieux. Finalement, on trouve une petite terrasse où on mange une bonne pizza et une escalope viennoise….de très grandes portions.

En conclusion, malgré que la Corse appartienne à la France, on voit bien qu’elle s’y distingue assez clairement et les corses ont leur propre personnalité et caractéristiques. Ils sont accueillants et chaleureux, même si parfois un peu campagnards. L’île est magnifique avec ces montagnes à perte de vue, la plage, la mer. Nous avons eu du temps magnifique et parfait pour chaque activité que nous avons fait (frais pour le hicking et chaud pour la plage). On y mange bien, les menus sont variés et frais.

A qui voudrait voir la Corse, je lui dis, “mais qu’est-ce que tu attends????”…..franchement, très belle destination.

Demain matin, nous prenons l’avion à 8h, mais il est bien sûr en retard…disons qu’Easyjet (compagnie aérienne à bas prix) éprouve quelques difficultés à respecter ses horaires, mais heureusement on fini par partir et atterrir à Genève..vous vous souvenez notre péripétie du départ, même si on décolle, nous ne sommes pas certains d’atterrir :-)

Brigitte

[Photos du retour]
[Photos des panoramiques de la Corse]

Corse (jour 12) Sartène, Campomoro et Propriano

Mercredi 30 juin 2010: Aujourd’hui, on fera un peu de route parsemé de quelques arrêts touristiques. Nous partons assez tôt puisque nous sommes réveillés de bonne heure. La route est sinueuse et malgré les beaux paysages, Brigitte doit rester bien concentrée sinon elle a peur ou mal au coeur avec tous ces virages. Mais je suis prudent alors il n’y a pas de risque.

Par le plus pur des hasards, on s’arrête dans une halte routière avec vue panoramique pour regarder ce que tous ces gens ont l’air de trouver si intéressant. Ca nous prend quand même quelques minutes avant de réaliser que nous sommes sur le site de Roccapina avec la tête de lion qui découpe le ciel et la mer sur son promontoire (il n’y a aucune pancarte l’annonçant, mais c’était une destination qu’on avait mis sur notre liste). En fait, c’est une sculpture naturelle qui est le produit de l’érosion. Voyez-vous le lion à droite sur la photo?

Ensuite, on poursuit notre chemin pour se rendre aux menhirs de Palaggiu, un site datant de 3’000 ans avant JC. C’était encore une fois super mal indiqué et ce n’est que sur le retour que nous avons aperçu une petite pancarte annonçant le site. En fait, heureusement que le site était mentionné dans le livre touristique, sinon nous n’aurions jamais pu arriver ici. Le site est fermé, il y a de grosses roches qui bloquent l’accès en voiture à l’entrée. On la laisse sur le bord de la route et on marche presque 30 minutes avant d’atteindre l’endroit où sont présentées les pierres. Le chemin est indiqué par des flèches tracées dans le sable ou avec des petits cailloux, bref pas très touristique. Mais nous n’étions pas les seuls fous, il y avait d’autres touristes avec leur guide touritisque.
Des menhirs, c’est quoi? En fait, ce sont des roches à silhouette humaine dont certaines dépassent 3 mètres. Le site contient plus de 258 monolithes, ce qui représente la plus grande concentration de ce type en Méditerranée. Le site n’étant pas bien entretenu, nous n’avons vu que quelques pierres. Je m’attendais à voir plus des formes humaines ou un peu de sculpture. Plusieurs d’entre elles sont couchées et sont orientées nord-sud sauf une tournée est-ouest.  Il parait que certaines sont ornées d’épées, mais nous ne les avons pas trouvées.

Avec toute notre bonne volonté, nous avons essayé de trouver en vain le site des mégalithes de Cauria qui est à peine à quelques km de là, il n’y a aucune indication. On ne perd pas de temps et on reprend la route jusqu’à Sartène où nous prendrons une pause pour le diner. Il fait encore assez chaud et humide, c’est très collant. Dès notre arrivée dans la ville, on repère une terrasse avec brumisateur à l’ombre où on s’arrête pour manger un hamburger et une salade.

Nous avons la vue sur la place publique qui est assez animée. C’est le point de rencontre pour les discussions, la détente et le marché, mais autrefois c’était où se trouvait la guillotine. La ville située à 330 mètres d’altitude a environ 3’500 habitants. Sartène est une ville fortifiée et l’échauguette est le symbole de la sitée; en fait c’est un rampart qui protège la vieille ville fait à même les maisons, donc les maisons font office de rampart. D’ailleurs, c’était pour les protéger contre les attaques des barbares qui ont sanglanté leur histoire.

Nous avions pris un audio-guide qui nous a fait balader dans la vieille ville et nous a raconté plein de choses intéressantes sur la ville. Nous avons vu le four municipal prêté par le boulanger et où les femmes pouvaient faire cuire leur propre pain.  Les bâtisses sont bien entretenues, c’est assez class malgré qu’elles datent de plusieurs centaines d’années. La marche à travers les petites ruelles a ouvert notre appétit, mais c’est surtout de la gourmandise parce qu’on a mangé un sundae au chocolat avec crème fouettée. Ah oui, j’ai aussi trouvé un chandail qui représente super bien notre voyage en Corse….c’est un chandail du GR20, je suis super content de mon achat, c’est un beau souvenir.

On reprend la route sinueuse pour Campomoro où on se rend jusqu’au bout de la route, dans un cul-de-sac. On descend pour faire la suite à pied en longeant la baie magnifique avec du sable blanc, l’eau claire et les bateaux à l’encre. Pour aller jusqu’à la tour de Campomoro, on doit emprunter un sentier ombragé à travers les arbustes avant d’atteindre le sommet où trône la tour en question. Tout en haut, on a une vue époustouflante à 360 degrés sur la mer, la baie et la terre. La tour est encore en très bon état. On a marché sur les murs / forteresses pour bien sentir le temps où le gardiens montaient la garde pour protéger le territoire, guarantir la sécurité du village.

Après avoir mangé notre melon d’eau sur les remparts, on redescend jusqu’à la voiture pour notre destination finale de la journée. A Propriano, nous avons réservé une chambre d’hôte dans un superbe domaine ou villa fleuri avec piscine creusée. On se croirait dans un autre pays tellement ça fait maison du sud. Dommage, on arrive comme la piscine ferme, mais heureusement que la douche de notre chambre est toujours en service!

On prend notre souper à l’hotel directement sur le bord de la piscine. C’est très très beau, très sympathique avec un superbe coucher de soleil. Pour souper, nous prenons du foie gras, du pigeon rôti et du thon avec oignons caramélisés….un délice pas trop économique!

On réalise que nos journées de vacances sont bien remplies, mais que nous avons le temps de profiter de tout ce que nous faisons.  On découvre plein de belles choses, autant culturel que panoramique et en plus on se repose. Des vacances bien méritées qu’on savoure pleinement jusqu’à présent…..et ce n’est pas fini, heureusement!

MAM

[Photos de la route pour Propriano]
[Photos de Sartène]
[Vidéo sur la route pour Propriano, 2:16 minutes]

Corse (jour 11) Bonifacio

Mardi 29 juin 2010: Ce matin on se lève tôt parce que Marc-André veut des photos avec le soleil de début de journée. De toute façon, on est habitués de se lever tôt après notre semaine de hicking et à 7h on est déjà assez réveillés. A 7h30, nous sommes donc à l’extérieur, mais quelques nuages cachent le soleil et l’effet voulu n’est pas là. On prend quand même le temps de descendre les marches sur le bord de la falaise pour aller sur une petite plage de galets sous Bonifacio. C’est le calme total, il n’y a que le bruit des vagues. On a une vue sur le très pittoresque “grain de sable”, gros bloc isolé se dressant à une dizaine de mètres dans les flots (la roche derrière moi, coupée, à droite de la photo).

Ensuite, c’est l’heure du petit déjeuner où on se régale! On a mangé sur le quai du port à la terrasse de l’hotel. Un bon petit buffet et des sachets de thé excellent. Un petit déjeuner que nous avons pris le temps de savourer. On a profité de l’activité du port, tout en étant bien assis confortablement à siroter notre thé. C’est là qu’on se rend compte qu’on oublie de prendre le temps de…oublie de profiter de la vie. Alors, là on profite de la vie!

Etant sur le quai, on achète nos billets pour la croisière de cet après-midi pour l’archipel des Lavezzi. En attendant, nous avons la vieille ville / citadelle de Bonifacio à visiter tout en haut de la falaise. La montée est pentue et nous avons eu une pensée pour les chevaux à l’époque qui passaient par ici pour apporter tous les produits et qui devaient en aracher. Encore aujourd’hui, il fait super chaud déjà en avant-midi.

En faisant la visite de la ville, on croise un groupe et leur guide qui racontait qu’il ne pleut que très rarement à Bonifacio à cause du vent. D’ailleurs, il vente plus de 300 jours par année, ce qui laisse peu de jours pour la pluie. Les habitants du 15, 16 et 17e siècle on construit des rigoles sur les toits des maisons ainsi qu’entre les maisons pour récupérer l’eau de pluie. D’ailleurs on le voit sur quelques photos de la vieille ville, des petites passerelles entre les maisons.

La vieille ville est vraiment un vestige d’où on voit l’histoire, les combats avec une vue imprenable sur le port et les falaises. On a visité une des tour qui contient des petites salles d’exposition avec des scènes de l’époque: le marché, une prison, le commerce….Dans la tour il fait bien frais en cette journée chaude et c’est beaucoup plus grand que ça en a l’air de l’extérieur avec ces 4 étages. Ils avaient de bonnes idées dans le temps et c’étaient de vrais petit architectes qui savaient construire des choses solides puisque nous pouvons encore aujourd’hui s’y promener. C’est là qu’on se rend compte que notre histoire au Québec est toute jeune…..ici et ailleurs en Europe, on parle d’histoire datant de plus de 2000 ans.

Notre visite se poursuit avec le célèbre escalier du roi d’Aragon. Taillé par l’homme directement dans le calcaire et composé de 189 marches, cet escalier à 45 degrés aurait, selon la légende, été creusé en seulement une nuit par les troupes du roi d’Aragon pour pénétrer dans la ville incognito en passant par la mer. Plus probablement creusé sur une durée plus longue par les moines franciscains pour accéder à une source d’eau potable située en bas de l’escalier. Bref, peu importe ces origines, nous avons descendu toutes ces marches, ces hautes marches de plus de 30cm de hauteur. Finalement, tout en bas des escaliers, il y a un petit passage creusé à même la roche (photo ci-jointe) qui nous fait longer la falaise au bord de l’eau. C’est tout simplement magnifique! C’est quand même incroyable de marcher exactement au même endroit que ces gens au 15e siècle (fait en 1420).

Après avoir remonté ces hautes marches, on continue notre promenade dans la vieille ville. On visite quelques églises dont une qui datait du 13e siècle. C’est vieux, il y a peu de richesses, c’est peu entretenu et défraichi, on sent que ça été utilisé.

Nous avons rapidement fait le tour de la citadelle. Ce n’est pas très grand et malgré les touristes, c’est assez calme. Il y a peu d’espace, seulement des ruelles et des maisons, alors il y a peu de vie (contrairement à Porto-Vecchio avec sa grande place publique et les bistros).

Le soleil nous plombe sur la tête et on cuit. On se dirige vers l’hotel pour se rafraichir et récupérer notre sac pour notre petite croisière et escale à la plage. On se prend un panini et une salade tout près de l’hotel avant de rejoindre le bateau pour le départ en début d’après-midi. Après quelques 30 minutes de bateau, on arrive à l’archipel des Lavezzi. Le Lavezzi est un archipel d’îles désertes, sans habitation exception du phare . Il fut construit sur l’île suite au naufrage, le 15 février 1855, de la Sémillante qui sombra avec ses 773 passagers. Cette pointe de l’île est l’une des zones les plus dangereuses de la Méditerranée à cause des écueils, des courants et du mauvais temps.

Nous descendons sur la plus grande île et marchons jusqu’à une de ces petites plages dans les criques à l’abri des regards. On s’installe dans un petit coin et on va faire une petite saucette dans l’eau fraiche. Il y a peu de vagues, alors Marc-André va nager un peu plus loin tandis que je me fais dorer au soleil. Rien de mieux que de relaxer avec la chaleur du soleil. De toute façon, il n’y a pas grand chose d’autre à faire ici que de profiter de la plage ou marcher sur les sentiers de l’île. On a notre lot de marche, alors on opte pour la plage jusqu’à ce que la dernière navette parte de l’ile vers 5h30.

Lors du trajet du retour, le guide du bateau nous fait découvrir ce que nous voyons autour. On passe à côté d’une île de miliardaires, l’île de Cavallo avec ces demeures immenses, un aérodrome privé, un pipeline privé et où un litre d’eau coûte aussi cher que le pastis. Nous sommes passés devant une roche qui a la forme d’un navire et aussi devant une grotte qui a une forme du chapeau de Napoléon….je n’ai pas vu son chapeau! Ensuite, nous sommes entrés dans la grotte de Sdragonato avec le bateau. Au dessus, il y a une ouverture dans la même forme que la Corse…bref, on y est resté trop peu pour bien profiter de ce moment et tout bien voir ce qu’il nous montrait. On a quand même pu entrevoir à quel point c’est beau. Notre guide est intéressant et à un brin d’humour, ce qui a fait du voyage de retour un bon moment.

Descendus à quelques pas de notre hotel, on s’y arrête pour prendre une douche, enlever le sable, le sel de mer et la sueur afin d’être bien confortable pour le souper. De nouveau présentables, on se rend souper tôt pour essayer d’attraper le coucher du soleil sur la pointe de l’île. Après avoir mangé un steak et des pâtes dans le port, on se dirige vers le cimetière marin avec ces grandes tombes et monuments avant d’arriver à la pointe de l’île. Le soleil est un peu trop bas et il y a un peu de brouillard, alors les photos ne sont pas aussi belles qu’espérées, mais tout de même belles.

On rentre à l’hotel assez satisfaits de notre belle et longue journée de visite à Bonifacio, mais la fatigue nous rattrape au galop.

Brigitte

[Photos de Bonifacio]
[Photos de Lavezzi]
[Vidéo de Bonifacio, 4:41 minutes]

Corse (jour 10) baignade sur la route de Bonifacio

Lundi 28 juin 2010: On prend notre petit déjeuner sur la terrasse de l’hotel Panorama à Porto-Vecchio avant d’aller récupérer notre voiture que nous avons louée. La propriétaire de l’hotel nous offre gentiment de nous conduire au centre-ville, ce qui nous évite une bonne marche de 30 minutes. Elle est vraiment gentille, merci!

Nous avons décidé de louer une voiture afin d’être autonomes et surtout parce qu’il n’y a pas encore de bus qui fait la navette entre les villes qu’on veut visiter. Comme ça, on n’est pas obligé de suivre un horaire et on peut aller où bon nous semble. Ainsi, notre première destination est la rivière du Cavu où il y a des piscines naturelles. C’est situé à Sainte-Lucie, un peu au nord de Porto-Vecchio et c’est tout simplement magnifique. C’est d’ailleurs mon coup de coeur de la Corse.

En fait, c’est une série de vasques naturelles peu profondes avec de l’eau claire, quelques petites cascades qui font soit de belles glissades ou offrent un bon massage. On peut nager tranquillement pour passer d’un bassin à l’autre. C’est un petit paradis découvert au bout d’une route sans pavement. En ce début d’été, il y a peu de gens, alors on profite de la quiétude de l’endroit. On a ainsi traversé et nagé dans les piscines naturelles durant une heure environ avant de s’arrêter pour se faire bronzer au soleil.

C’est maintenant l’heure du diner et sur la route on s’arrête au Géant, une gigantesque épicerie où on s’achète de la rillette, du pain et des fruits pour notre pic-nic que nous dégusterons sur la prochaine plage. On serpente sur la route qui nous mène à la plage de Rondinara , classée meilleure plage de France et 3e d’Europe située dans une baie calme. Le sable est parfait, la plage est grande et on peut aller loin dans l’eau avant d’en avoir par dessus la tête. L’eau est d’un bleu azur et le fonds est super propre avec très peu d’algues. Comme on le voit sur la photo, il y a beaucoup de parasols, mais on a réussi à se trouver un endroit à l’ombre près des arbres. Malgré la quantité de gens à la plage, il reste encore de l’espace et nous ne sommes pas tassés comme des sardines. Aussi, même s’il y a plein d’enfants, c’est étonnament calme.

Pendant environ une heure, nous profitons de l’eau et on nage et nage et nage. On est allé jusqu’à l’extrémité gauche de la plage en nageant à environ une vingtaine de mètres du bord et on touchait encore le fonds. Ca fait du bien de nager, car malgré l’effort à fournir nous ne transpirons pas parce que nous sommes au frais dans l’eau….astucieux! On a une superbe journée pour profiter de l’eau et du soleil, ça c’est de vraies vacances!

En fin d’après-midi, on a notre quota de soleil et on reprend la voiture pour se rendre à Bonifacio où nous passerons les deux prochaines nuits. A peine arrivés dans la ville, nous trouvons notre hotel avec vue directe sur le port de plaisance, dans le coeur de l’action. L’hotel La Caravelle est carrément construit à flanc de montagne, car un des murs est la roche de la falaise. Ainsi, nous sommes arrivés au niveau 5 avec la réception (soit la route supérieure) et lorsqu’on descend au zero, c’est le restaurant qui est au niveau de la mer. Notre chambre est au deuxième étage avec vue sur le port. Une chambre de luxe avec l’air climatisé, un grand bain, des robes de chambres et pantoufles ainsi qu’un bidet. Après le confort de base des refuges en montagne, les toilettes sans porte ni cuvette, on se croirait dans un palais, ou presque!

Juste avant d’aller souper, on fait une petite balade sur le cap de Pertusato en direction du phare. Le sentier longe la falaise grugée par les vagues et le vent. La roche est blanche et est typique de Bonifacio. En fait, c’est une roche calcaire assez granitique. D’ailleurs, on le voit bien sur les photos, ce ne sont pas des roches lisses, mais plutôt inégales, striées ou je ne sais comment on pourrait les qualifier….à voir sur les photos pour comprendre, une image vaut mille mots. La balade dura au moins deux heures sur un petit sentier plat, mais parsemés de petits cailloux. C’est dommage qu’il y ait des nuages assez bas en fin de journée, car on ne voit pas les îles au loin. Ce n’est que la mer qui s’étend à perte de vue devant nous.

Notre ventre commence à crier famine, alors on ne met pas trop longtemps à choisir un resto à notre retour de randonnée. Ce soir, au menu nous avons aubergines gratinées (nouvelle découverte pour moi) et moules pour Brigitte en entrées suivi de veau en sauce et loup (poisson —–un entier avec la tête dans l’assiette). C’est bon, mais un poisson entier, c’est de l’ouvrage à manger avec toutes les arrêtes…pas trop souvent.

On profite de la lumière résiduelle après le coucher du soleil pour prendre quelques photos de la falaise de Bonifacio avant de sentir le confort du lit douillet pour une bonne nuit de sommeil.

MAM

[Photos de la route de Bonifacio]

[Vidéo de la route de Bonifacio, 1:24 minutes]

Corse (jour 9) Porto-Vecchio

Dimanche 27 juin 2010: C’est la première journée de notre deuxième partie de nos vacances. C’est le début des vacances relaxes afin de visiter les villes du sud de la Corse ainsi que les plages qui croiseront notre route.

J’en profite pour vous présenter rapidement la Corse, question d’enrichir votre voyage culturel et historique à travers le notre. La Corse, surnommée île de beauté, est une île de la mer Méditerranée située au sud de la France, au nord de la Sardègne, à l’est de l’Espagne et à l’ouest de l’Italie. La Corse fait partie de la France suite au traité de Versailles signé en 1768. Quelques 294’000 habitants se partagent les 8’680 km2 de l’île plutôt boisée et montagneuse.

Les corses sont principalement catholiques et parlent le corse, langue en voie d’extinction. Cette langue fait l’objet de plusieurs revendications et on a pu remarquer que la partie en français sur les pancartes routières qui sont inscrites en français et corse (souvent très peu de différence à l’écrit) a été biffée afin de ne conserver que le nom en corse. Du côté de la gastronomie corse, elle est étroitement liée aux produits du terroir tel que la charcuterie de porc, la chataîgne, les agrumes, le fromage de brebis et de chèvres et l’huile d’olive.

Savez-vous pourquoi il y a autant d’oliviers et de châtaigners sur l’île? Ceci date de plusieurs centaines d’années où l’empereur ou quelconque dirigeant obligeait les colons  planter 4 arbres fruitiers dont 1 châtaigner et 1 olivier, ce qui lui permettait de les exploiter. Pas fou comme idée!

Aujourd’hui, nous sommes à Porto-Vecchio, une ville au sud-est de la Corse sur la côte de la mer Tyrrhénienne (on en apprend encore, je ne connaissais pas cette mer là!). Elle est la 3e ville de Corse en population et nous allons visiter la vieille ville. En fait, c’est une citadelle bordée d’une forteresse et de bastions et par laquelle une seule entrée donnait accès à l’époque, soit par la porte Génoise. Durant la matinée, nous avons fait un tour guidé de la citadelle avec un audioguide. Nous avons appris que la ville a fait l’objet de plusieurs tentatives d’occupation par des pirates et barbares parce qu’il y a une baie près de la ville où ils aimaient bien se cacher. Maintenant, heureusement les barbares n’y sont plus et la ville est une station balnéaire très prisée par les touristes.

Lors de la visite de la vieille ville, nous nous sommes arrêtés devant la plus vieille maison de la ville avec la date de construction gravée sur le mur extérieur. Alors, sur une des photos vous verrez 1723 à gauche d’une petite porte devant laquelle Marc-André devra se plier en deux pour entrer! Au centre de la vieille ville, il y a la place publique à côté de l’église où la vie bat son plein. En été, les terrasses s’étendent sur la place au plaisir des résidents et touristes. D’ailleurs, nous nous arrêtons sur une terrasse avec brumisateur (il fait tellement chaud que ça nous rafraichi bien). Nous dégustons une délicieuse salade fraîcheur (cantaloupe, tomate, concombre, melon d’eau, pamplemousse, laitue et saumon fumé) et un tartare de saumon accompagné d’une frite et un pain maison….le tout arrosé d’une bonne bouteille de rosé. Après tout, c’est les vacances, il faut se gâter. Et avec cette chaleur, on profite le plus longtemps possible du brumisateur avant de retourner dans la chaleur.

En après-midi, avant de descendre l’allée qui nous mène au vieux port, je vais magasiner des souliers d’été en toile blanche, car les gougounes sont super inconfortables et mes bottes de rando sont un peu trop grosses pour une simple balade en ville. Bingo, c’est trouvé!  Donc, nous sommes descendus au port voir de plus près les bateaux de riches et se tremper les pieds dans l’eau. La température est infernale, il fait super chaud. On est bien content d’être en ville sur le bord de l’eau et non à la montagne en hicking. Le tour est vite fait et on remonte à la vieille ville pour se prendre une crème glacée. C’est la période du mondial de foot (soccer) et toutes les terrasses ont une télévision qui diffuse le match. Alors, on s’installe pour déguster notre crème glacée devant le match de l’Allemagne contre l’Angleterre gagné par l’Allemagne.

La vieille ville est principalement composée de terrasses, de restaurants et de petites boutiques de souvenirs ou produits corses. Nous avons terminé le tour et mon talon d’Achile commence à me faire souffrir. On décide alors de poursuivre notre repos à l’hotel parce que nous allons avoir encore beaucoup de marche à faire durant les prochains jours, mieux vaut ne pas abuser des petites douleurs. Pour le souper, on déniche une pizzéria avec trois terrasses panoramiques avec vue sur le port. Le service est un peu brusque, mais la nourriture est bonne.

En résumé et conclusion, Porto-Vecchio est petit, mais la vie qui y règne est intense et continue.

Brigitte

[Photos de Porto-Vecchio]

Corse (jour 8) Descente finale jusqu’à Conca

Samedi 26 juin 2010: Ce matin on se réveille et on a un peu de difficulté à croire que c’est notre dernière journée du GR20 sud. Pour éviter de courir et d’être stressés, il faut partir assez tôt, car on a un bus-navette qui nous transportera de Conca à Porto-Vecchio à 5h.  Alors, go les jambes, on est fin prêts à partir dès 7h30, tout excité. Déjà, il fait chaud et humide, ça parait qu’on s’approche de la mer!

On débute notre journée par une rando en forêt avec une vue sur les aiguilles et canyons environnants. Pendant une certaine distance, on marche à travers les fougères qui sont plus grandes que moi et c’est assez plat. Aujourd’hui, nous n’avons qu’une seule montée, sinon ce n’est que de la descente, il faut qu’on retrouve le niveau de la mer après avoir été entre 1000 et 2000 mètres d’altitude durant ces 6 jours de marche.

La montée était assez sportive, mais comme nous sommes des habitués on connait notre rythme et ça va super bien. Malgré la fatigue de notre corps, il ne nous fait pas souffrir. Tout en haut, on prend une pause et on savoure une dernière fois le paysage alpin avant d’entamer notre descente finale.

Par endroits, la descente est assez rude et abrupte. On se fait dépasser par des gens qui participent à une course et ils courent littéralement dans la descente. Il faut être super bien entrainés pour ça et surtout avoir une bonne technique, car je ne me sens pas du tout à l’aise de courir dans la descente parmi tous ces cailloux et roches. Un peu avant midi, on arrive à une chute où on fait une pause dîner avec d’autres randonneurs. Marc-André en profite pour faire une petite saucette….l’eau est froide et vous pouvez voir sa baignade dans le vidéo.

On repart pour le leg final toujours en descente. On croise des gens en sens inverse qui commencent leur GR20. Un mec nous a dit qu’il trouvait sa montée rude et on s’est dit dans notre tête qu’il n’avait encore rien vu! Mais bon, vive l’innocence….c’est qui nous a permis de passer au travers! Aussi, à l’heure qu’il était, on trouvait que c’était tard pour commencer une randonnée d’une telle longueur. Ils sentaient encore bon comme nous il y a 6 jours!!!

A 2h30, on atteint notre destination finale et quelques pancartes nous accueillent en nous félicitant de notre périple….et les larmes qui reviennent, toujours de joie. Le sentiment de mission accomplie, de dépassement de soi, d’un défi réalisé s’empare de nous. Au petit village de Conca, on retrouve le couple d’anglais qui nous serrent dans leurs bras, tellement fiers de nous tel des parents. Ils ont été tellement fins et encourageants avec nous que chaque soir nous étions très contents de les revoir. On a félicité aussi les autres randonneurs qui étaient sur place, qui ont croisé notre route ces derniers jours et qui comprennent mieux que quiconque ce que nous venons de vivre. On ne pourra jamais assez bien vous raconter ce que nous avons vécu, nous avons beau avoir pris plusieurs photos et pris des vidéos, c’était bien sûr dans les moments les plus faciles, car dans les endroits risqués ou difficiles, on avait d’autres choses à penser. Pour ceux qui ont soif d’aventure et qui aiment les grandes randonnées, c’est une superbe expérience à vivre……nous pourrions nous joindre à vous pour la partie nord.

On a finalement amplement de temps devant nous avant la prochaine navette, alors on profite pour prendre un verre avec nos nouveaux amis et les yeux de chacun pétillent. Le trajet en bus dure environ 30 minutes et c’est maintenant le temps de quitter les randonneurs et de retrouver notre hotel. Nous avons dû marcher 30 minutes pour atteindre le centre-ville où notre hotel est situé. On savoure l’eau chaude qui coule sur notre corps, on se rase, je lave mes cheveux (enfin!!!) et nous sommes maintenant vraiment propres et on sent bon. Maintenant, il faut trouver une buanderie pour laver tout notre linge qui n’est pas très propre et qui sent la sueur.

On visite un peu la vieille ville durant le lavage et ensuite on se trouve un magnifique petit resto où on a vraiment bien mangé. Nous sommes assez fatigués alors on ne tarde pas à regagner l’hotel et le lit douillet pour une bonne longue nuit de sommeil, enfin seuls dans notre chambre.

MISSION ACCOMPLIE!!!!! YOUPPI!!!!!

Départ: I Paliri
Arrivée: Conca
Altitude: montée 700m, descente 1670m
Longueur: 14 km
Temps avec pause : 7h

Brigitte

[Photos GR20 Conca]

[Vidéo jusqu'à Conca, 1:44 minutes]

Corse (jour 7) Parmi les fleurs jusqu’à I Paliri

Vendredi 25 juin 2010: Ce matin nous aurions dormi encore un peu plus longtemps, mais comme il fait chaud au 3e niveau du refuge, on se lève à 6h30. Ce matin, j’ai étonamment mal nul part. Hier, j’avais mal aux genoux à cause des descentes, mais lorsque je me suis cogné le gros orteil, le mal a changé de place. Tant mieux, ce matin tout va bien.

On commence notre randonnée à 8h15 et on a opté pour la randonnée traditionnelle. Plusieurs randonneurs prennent l’alternative alpine qui est plus sportive à cause du dénivelé à traverser, mais nous voulons profiter de la route des fleurs décrite dans le livre et notre journée est déjà assez bien chargée. Même si selon le livre l’alternative est de durée égale à la route traditionnelle, nous savons que pour nous se sera plus long, alors on n’exagère pas.

La première partie de notre journée commence en forêt avec de belles montées courtes alternées avec des descentes un peu plus longues. Environ à un tiers du trajet, on s’arrête à une source où Brigitte prend son petit déjeuner, car elle a eu de la difficulté à déjeuner ce matin.

Fidèle au livre, le trajet serpente effectivement dans une nouvelle végétation qui privilégie plutôt les fleurs. On se croirait presque dans un sentier botanique avec des plantes vertes et une végétation très différente de ce que nous avons vu les autres jours, mais ce n’est pas très fleuri. On alterne entre sentier en forêt et à découvert, mais on apprécie l’ombre de la forêt, car c’est une journée chaude. A certains endroits, on se croirait dans un canyon à cause des roches et le manque de végétation soudain.

Une montée d’environ 3 km pendant un peu plus de 2h nous mène à Bavella. C’est un village très touristique, un point de départ pour plusieurs randonnées courtes et il y a beaucoup de monde. En fait, nous avons un choc de voir toutes les voitures, de croiser autant de gens et d’entendre tout ce bruit de la civilisation……on réalise que nous étions bien dans notre nature avec les quelques autres randonneurs. On prend quand même une pause ici avant de poursuivre notre route, car nous irons jusqu’à I Paliri (contrairement au livre qui proposait de s’arrêter ici)….une chance, car nous ne sommes pas encore prêts à réintégrer les touristes et l’activité de la civilisation.

Les 5 km à faire pour atteindre le refuge de I Paliri est valloneux et surtout en forêt. Comme il y a plus de gens qui passent sur cette partie du sentier, on remarque qu’il est plus aménagé que le reste du GR20, car il y a des murets de pierres pour solidifier certaines parties et des marches aménagées, ce qui enlève un peu du cachet du sentier naturel. Ici les marques sont bien évidentes, mais à certains endroits on a constaté que les marques sont défraichies ou que l’écorce était tombée en partie là où la marque était ou que la végétation avait pris le dessus et caché la marque sur les roches.

La vue du refuge à 6h15 sous le beau soleil fut appréciée au tournant du sentier et cette fois ça n’a pris que quelques minutes avant de l’atteindre. Belle surprise, on retrouve notre couple d’amis anglais qui ont changé leurs plans puisqu’il n’y avait plus de place à Bavella. Nous prenons notre souper avec d’autres français et un italien dans la section du “self service” et ce fut bien agréable. On fait vraiment de belles rencontres et on échange sur nos expériences.

Le site du refuge est vraiment bien, c’est bien entretenu.  Ah oui, on a découvert les toilettes turques….il n’y a pas de toilette en fait, juste une place sur le plancher pour mettre tes pieds et un trou…avec en prime un tuyau pour nettoyer! Des fois, mieux vaut aller directement dans le bois :-)

C’est notre dernière nuit en refuge, car demain est la dernière journée de notre périple GR20 sud!

Départ: Asinau
Arrivée: I Paliri
Altitude: montée 380m, descente 695m
Longueur: 16 km
Temps avec pause : 10h
Rating du gîte : 4/5

MAM

[Photos GR20 I Paliri]

[Vidéo jusqu'à I Paliri, 1:24 minutes]

Corse (jour 6) Descente infernale pour Asinau

Lundi 24 juin 2010: En ce matin de la St-Jean (ce qu’on n’a réalisé que plus tard), on est prêt pour une autre journée de randonnée. On a bien dormi dans un dortoir de plus en plus basic, mais où le confort est toujours là. Je prends un petit déjeuner (Brigitte ne peut rien avaler ce matin) et on est prêt à partir à 7h30….le plus tôt que nous soyions jamais parti. On sait déjà qu’on va avoir une longue journée et comme on ne veut pas arriver aussi tard que la veille, mieux vaut partir plus tôt.

On commence donc déjà dans un sentier rocheux pendant 1.5h. Ca n’avance pas super vite, mais la vue est grandiose autant à droite qu’à gauche. Le temps est encore aujourd’hui en notre faveur, il fait frais, mais soleil sauf tout en haut où le vent souffle les nuages qui filent à toute allure sur le sentier (voir au début du vidéo). Après le sentier rocheux, on poursuit sur un chemin plus plat et en descente. C’est presque trop facile comparé à ce que nous avons fait hier, mais on apprécie beaucoup.

Comme Brigitte n’a rien mangé, un arrêt s’impose pour essayer de manger quelques noix et fruits secs. On s’arrête alors dans une clairière où il y a une grosse roche et quelques cochons sauvages. Dès que nous prenons place sur la roche et qu’on commence à manger, les cochons se dégênent et s’approchent. En fait, nous sommes encerclés de cochons qui fouinent le sol avec leur museau à la recherche de racines à manger. En fait, ils ravagent vraiment tout sur leur passage et on dirait que le sol a été labouré. Ils ne sont pas méchants, on ne se sent pas menacés, c’est juste comique d’avoir autant de compagnie!

Pour le reste de la matinée, notre chemin se poursuit dans une grande vallée à découvert. Il y a un petit sentier peu large avec des bosquets qui nous égratignent les jambes au passage. C’est le moment de gagner en vitesse puisqu’il n’y a aucune difficulté. On traverse une petite rivière où quelques personnes se sont arrêtées pour prendre leur pic-nic. On choisi de s’y installer aussi, car il y a de l’ombre et un beau gazon verdoyant. Ce sera aussi l’occasion de rafraîchir nos pieds dans l’eau froide et saisissante de la rivière. On aimerait rester encore plus longtemps, mais la seconde partie de la journée s’annonce plus difficile avec une montée de 600m sur 5km suivie d’une descente abrupte de  600m sur seulement 2km.

Heureusement la montée s’avère quand même facile parce qu’on monte le dénivelé sur une longue distance. Vers 2h15 pm, on s’arrête à une aire de bivouac (tente) pour prendre une autre collation. Le temps se couvre et la pluie menace de tomber. On met nos manteaux parce qu’avec le vent il commence à faire plus froid. Finalement, on s’en sauve avec quelques petites gouttes de pluie seulement. On est maintenant arrivés sur la crête où la montée se poursuit. Au sommet, on devait avoir une vue superbe sur les montagnes environnantes, mais on ne voit que les nuages et encore des nuages. Ils montent de plus en plus et on ne voit pas très loin devant nous. 

Il est 4h15 et on entame notre descente pour le gîte d’Asinau auquel on prévoit arriver vers 5h30 (toujours selon les estimations du guide). Finalement, nous arrivons à 7h15, mais dans un meilleur état d’esprit que la veille. La descente infernale, comme nous avons baptisé notre post, représente bien la descente que nous avons fait. Le sable et l’eau sur les roches, le dénivelé et la fatigue ont rendu la descente très difficile et fait en sorte de ralentir beaucoup la cadence pour que la descente prenne 3h au lieu de 1h. Il fallait être très prudent et on est passé proche de perdre pied ou de glisser à quelques reprises. Heureusement, nous sommes arrivés en un seul morceau sans blessure au gîte où nos amis anglais nous ont applaudit lorsqu’on a franchi la porte. (ils sont vraiment impressionnés par nos performances surtout pour une première fois).

Ici aussi la douche est froide, alors on se lave rapidement à la débarbouillette pour se rafraîchir…ça fait du bien même si on apprécierait plutôt une bonne douche chaude! Ensuite, on se prépare deux petits plats liophilysés et c’est encore aussi bon. On est chanceux, il y a des places libres pour manger à l’intérieur bien au chaud. Un bon petit thé nous relaxe avant d’aller retrouver notre lit qui est au 3e niveau des couchettes…..oui, oui, on doit monter une échelle pour s’y rendre. Disons qu’il vaut mieux ne pas avoir une envie de pipi en pleine nuit, car la descente risque d’être périlleuse! Il fait chaud à l’intérieur et surtout au plafond où nous dormons, mais la fatigue prend le dessus et on s’endort rapidement.

Départ: Usciolu
Arrivée: Asinau
Altitude: montée 1010m, descente 1225m
Longueur: 17 km
Temps avec pause : 11h45
Commentaire: malgré la finale, la randonnée en soi n’est pas difficile
Rating du gîte : 3/5 – une des toilettes n’avait pas de porte

MAM

[Photos GR20 Asinau]

[Vidéo jusqu'à Asinau, 2:24 minutes]

Corse (jour 5) Comme des chèvres de montagne pour Usciolu

Mercredi 23 juin 2010: Après une bonne et longue nuit de sommeil, on se réveille à 6h sans cadran et on était les premiers levés. Ce n’est pas étonnant, on était couché longtemps avant tout le monde! C’est quand même surprenant que ce soit aussi silencieux pour un grand dortoir de 20 lits, chacun est respectueux de l’autre. On prend un petit déjeuner rapido, repacte nos sacs et on est prêt à partir à 8h tapant.

On commence la journée en force avec une longue montée assez abrupte dans la forêt. Après 45 minutes, on sort de la forêt et nous avons chaud. On enlève des pelures et on se met de la crème solaire sur nos bras, ce n’est pas le temps d’avoir un coup de soleil. D’ailleurs, heureusement qu’on se mettait de la crème solaire sur le visage et dans le cou à tous les jours, car sinon on aurait été calcinés. Le groupe de français (les 2 ados et les 3 dames) nous ont rejoint et on fait ensemble une bonne partie de la marche de la matinée.

Le sentier zigzague entre les bosquets au grand soleil et les arbres pendant quelques minutes avant de nous mener une deuxième fois en forêt pour poursuivre la montée. Et c’est comme ça que nous commençons notre longue ascension de 2km; en premier lieu en forêt où le sol est fait de terre et ensuite on sort de forêt et les caillous font leur apparition. La montée est exigeante au niveau cardiovasculaire, mais pas très difficile musculairement. L’effort est récompensé au fur et à mesure par la vue qui s’offre à nous jusqu’au sommet, bref un premier sommet car on ne fait que ça arriver à un sommet avant de réaliser que nous marchons vers un autre sommet….on marche maintenant sur les crêtes des montagnes.

Environ 2.5h après notre départ, on atteint le refuge Prati où nous aurions dû coucher hier soir. Une chance qu’on n’a pas fait cette partie là hier, on aurait pleuré je crois. Mais ce matin, frais et dispo, ça été plutôt facile. On prend donc notre collation au refuge et on fait le plein d’eau avant d’affronter les autres sommets qui se présentent devant nous. On quitte la petite vallée pour commencer une autre montée dans les grosses roches. On croise 2 personnes qui refont une beauté aux marques blanches et rouges, chacun avec leur couleur.
[Photos GR20 Usciolu 1/2]

Il nous faut juger chaque pas que nous faisons maintenant puisque nous sommes dans un sentier difficile et surtout périlleux. Il y a le vide d’un côté et la roche de l’autre, un petit passage, de l’escalade ou tout simplement une trace sur une roche qui montre que les gens ont marché là (c’est là que tu es content que tes souliers agrippent bien la paroi rocheuse et ne dérapent pas). A chaque pas, on se dit que le pire est derrière nous, mais on s’est trompé. Il faut mettre son cerveau à off, sinon il pense à ce qui pourrait arriver si…..et c’est là qu’on panique et qu’on fige. Mais rien n’est arrivé, nous sommes arrivés sains et saufs, on a repoussé nos limites au maximum et on est super fier de nous.

On a re-retrouvé les français à qui on se joint pour manger notre pic-nic de midi. Heureusement que nous sommes à l’abri du vent, parce qu’il souffle et nous refroidit bien vite. On ne reste pas trop longtemps et on repart où se poursuit notre randonnée dans les roches. Cette fois-ci, c’est plutôt de la descente, mais attention la descente dans les grosses roches n’est pas de tout repos et c’est parfois aussi difficile que la montée. Alors, on y va un pas à la fois, à notre rythme tout en essayant de prendre des pauses de quelques secondes pour contempler les paysages qui défilent sous nos yeux. Bien sûr, pas question de marcher sans regarder devant nous, c’est trop risqué. On passe d’un côté de la crête à l’autre en alternant montées et descentes sans grand dénivelé toutefois.

Nous arrivons finalement à un endroit plus terreux et on laisse les rochers derrière nous. On a croisé quelques vaches couchées des deux côtés du sentier et elles n’ont même pas bronché lorsque nous sommes passés. Une montée vraiment en zigzague nous attend et on commence à sentir la fatigue nous gagner parce que notre rythme à ralenti. Ce qui nous encourage, c’est que nous approchons de notre objectif. Selon le livre, nous avions planifié arriver vers 5-6h et nous y sommes presque.

A un moment donné, les marques se font plus difficile à trouver parmi les bosquets et les roches. Nous savons que la fin du trajet se termine par une descente, alors on continue à descendre la pente pour se rendre dans la vallée. On se rend compte qu’on ne trouve plus les marques blanches et rouges et le sentier n’est plus aussi clair, bref il n’y a plus de sentier. On regarde au loin et on ne voit pas de sentier plus bas……on se rend à l’évidence que nous avons perdu le chemin. On est claqué et surtout on a juste hâte d’arriver au refuge, mais par quel chemin? On reprend espoir lorsqu’on voit deux personnes tout en haut de la crête…..le chemin doit être là alors on prend notre courage à deux pieds et on remonte la pente. On est à une centaine de mètres plus bas et on attaque la montée en direct, pas de zigzag qui prend plus de temps. Ce fut une excellente idée, car on a retrouvé le chemin. C’est donc le coeur un peu plus léger et moins stressés que nous reprenons la route, mais là plus question d’avancer si on ne voit pas de marque. Depuis cet instant, on crie “OK” à chaque marque qu’on voit ce qui nous garde focus sur le sentier.

Finalement, le refuge se pointe devant nous et je craque….je me mets à pleurer, de joie bien sûr. La pression vient de tomber, je suis soulagée, mais nous ne sommes pas encore arrivés, car malgré qu’on voit le refuge, ça prend encore 45 à 60 minutes pour l’atteindre. Enfin, il est 7h30 et je peux toucher aux murs du gîte, enlever mon sac, mais il faut attendre avant que nos lits nous soient assignées. J’ai encore le coeur gros quand on voit le couple d’anglais et leur explique notre mésaventure….pas besoin d’en dire gros, tout se lit dans mon visage, mais les gens sont super gentils et leur support me fait du bien. Une chance que j’étais avec mon chéri, on a fait une bonne équipe.

Donc le site est super grand, il y a des tentes partout et il semble avoir une deuxième partie plus bas. Il y a une caverne d’Alibaba avec plein de provisions et demain matin on s’achètera des  trucs pour se concocter des pic-nic. Je suis tellement épuisée, que je saute la douche, mais Marc-André a pris sa douche froide, très froide. Il a préparé le repas pendant que je buvais le verre de vin que nos amis nous ont offert. Ce soir, on mange du poulet et c’est très bon.

Dès que notre lit nous est assigné, vers 8h30, on ne perd pas de temps à s’installer et à aller se coucher. J’ai tous les muscles de mon corps qui sont tendus, mais comme je prends le temps pour bien les étirer, j’espère que demain ils seront détendus. Bonne nuit!

Départ: Bocca di Verdi
Arrivée: Usciolu
Altitude: montée 1290m, descente 830m
Longueur: 16 km
Temps avec pause : 11h
Commentaire:  plusieurs passages dangeureux et difficiles avec les sacs à dos, marquage rare à quelques endroits, surtout à la fin
Rating du gîte : 2 / 5

Brigitte

[Photos GR20 Usciolu 2/2]
[Vidéo pour Usciolu, 3:01 minutes]

Corse (jour 4) Traversée de ruisseaux et rivières jusqu’à Bocca di Verdi

Mardi 22 juin 2010 : Aujourd’hui, MAM avait planifié faire une route alternative qui est plus haute pour aller sur le mont Renosu et passer par la plaine d’I Pozzi. En discutant avec la gardienne au gîte, elle nous a fortement déconseillé puisqu’il y a encore de la neige et plusieurs crevasses dangereuses. Alors, nous optons pour le chemin traditionnel. Toutefois, on peut faire un détour et aller à I Pozzi, ce que nous ferons.

Ainsi, après avoir pris notre petit déjeuner qui était servi assez tard, on est fin prêt à partir à 8h30. On commence en force avec une descente dans les gros cailloux pendant environ 2 km. C’est difficile de marcher dans les cailloux et surtout de descendre en marchant sur les roches qui sont hautes à certains endroits.

Le temps est beau, le ciel est dégagé, il fait soleil, mais c’est frais ce qui est parfait pour la randonnée. Toutefois, comme il fait frais la nuit, notre linge et nos serviettes ne sèchent pas. Alors, on les accroche au sac de Brigitte pour les faire sécher au soleil durant la journée. Elle a l’air de superman avec la serviette rouge et bleu…..c’est peut-être ce qui l’aide à traverser les rivières…qui sait!

On poursuit notre route en forêt où on traverse le flanc de la montagne dans un sentier de terre qui est nettement moins difficile pour les chevilles. Il y a beaucoup de pins alors le sol est jonché de cocottes et d’aiguilles. Le sentier est parsemé de fleurs, c’est assez plat avec une légère pente ascendante.

Nous avons traversé deux gros ruisseaux assez larges à fort débit. Après avoir cherché la meilleure place pour passer sur les cailloux, on a eu chaud quand Brigitte a perdu pied sur une roche glissante….on a ça sur vidéo ! Finalement, on a choisi un autre passage un peu plus loin, plus étroit et surtout plus haut. Bon, on peut dire qu’on a cherché plusieurs minutes et marché un peu avant de trouver le passage où Brigitte se sentait à l’aise de passer et on a dû refaire le trajet inverse sur l’autre rive pour retrouver le sentier. Disons que Brigitte a repoussé ses limites, parce que les ruisseaux / rivières que nous avons traversées n’étaient pas faciles avec de grands pas des fois à faire. Avec le sac à dos, ça ajoute du piquant ! mais avec les bâtons, ça nous a aidé.

Sur notre chemin en flanc de montagne, nous avons croisé des vaches qui broutaient paisiblement et notre présence ne les a même pas fait sourciller. Ils doivent se dire « encore des randonneurs qui font le GR20 ! ». Ensuite, on a abouti sur le plateau de Gialgone avec une vue superbe sur les environs. On en a profité pour s’arrêter y manger et profiter de la vue.

La suite de la journée est une descente jusqu’au refuge Bocca di Verdi. Nous n’avons pas trouvé ce refuge sur internet pour réserver notre nuit, alors on a opté pour le refuge suivant, Prati, qui est à au moins 2h plus loin. Malgré que la marche jusqu’à Bocca di Verdi est plutôt facile, notre 2h de détour commence à nous rattraper, les genoux sont un peu mous et surtout on ne se sent pas très d’attaque pour affronter les 2h supplémentaires puisque c’est une montée abrupte jusqu’à Prati.

Arrivés au refuge Bocca di Verdi, on tente notre chance pour voir s’ils ont deux places pour nous accueillir….Hourra, on prend les deux dernières places ! Ici, on retrouve le petit groupe français avec qui on avait mangé la veille. Nous dormirons dans le grand dortoir de 20 lits, mais il y a aussi 2 autres petits chalets et la possibilité de poser les tentes. Le dortoir est simple et les lits sont assez serrés, mais après une bonne journée de marche, on n’est pas trop regardant.

Ce soir, on mange nos plats lyophilisés parce que tout ce que l’on ne mange pas on a à le porter. En plus, ça nous permet de manger quand on a faim et ne pas attendre que le repas du refuge soit servi. Ainsi, au menu ce soir nous avons des pates bolognaises et hachis parmentier avec un velouté de légumes en entrée. Pour des plats dans lesquels on met de l’eau pour hydrater et recuire, ce n’est pas si mal et c’est même largement supérieur à nos attentes. C’est goûteux, les portions sont assez grosses et on est bien rassasiés.

A 7h pm, on est prêt à aller se coucher et ce, avant que ceux qui ont pris le repas du refuge aient terminé. Bonne nuit de sommeil bien méritée après cette deuxième belle journée de marche.

MAM

Départ: U Fugone
Arrivée: Bocca di Verdi
Altitude: montée 320m, descente 620m
Longueur: 14 km + 4 km pour I Pozzi
Temps avec pause : 9h
Commentaire: long long
Rating du gîte :

[Photos GR20 Bocca di Verdi]
[Vidéo de GR20 jour 4, 2:18 minutes] *****portez une attention particulière à 1:06 du vidéo!!!